Bonjour, c’est Daniel, Aude et Bruno à Lausanne, où la météo est à la une de tous les médias. Et pas seulement parce que les journalistes adorent parler de la canicule. Qu’on le veuille ou non, la situation climatique dans son ensemble devient préoccupante.

Et la fiction, que peut-elle dire de ces dérèglements? Dans Stand-by, le thriller climatique que nous avons écrit tous les trois et que Heidi.news va publier ces 20 prochaines semaines (le premier épisode est en ligne), l’éruption d’un supervolcan dans la région de Naples vient changer la donne.

Daniel Vuataz, Aude Seigne & Bruno Pellegrino, Lausanne,
le 29 juin 2019


Bienvenue dans Stand-by, notre thriller climatique

Vasko en cavale dans une Italie post-apocalyptique. Illustration: Robin Salomé.

Avant de vous raconter cette histoire de supervolcan, il faut vous parler des deux ingrédients fondamentaux de Stand-by: les séries TV et l’écriture collective. En tant qu’auteur-e-s, nous nous intéressons aux évolutions contemporaines de la narration, aux nouvelles formes et aux expériences littéraires. Depuis la création de l’AJAR en 2012 – ce collectif de 23 auteur-e-s dont nous faisons partie –, nous savons qu’écrire à plusieurs, ça fonctionne vraiment. Et on ne parle pas de collages ou de cadavres exquis, non: nous envisageons concrètement l’écriture d’un texte, depuis sa scénarisation jusqu’à son montage, en passant par les phases de rédaction, comme un travail d’équipe. Les pools de scénaristes qui conçoivent des séries TV ne font pas autre chose.

Il y a une anecdote que nous aimons bien raconter: avec Caroline Coutau, notre éditrice aux éditions Zoé, nous nous sommes rendu compte que nous passions plus de temps à parler de séries que de littérature. Pour quelle raison? C’est pour le savoir qu’un jour de printemps 2016, Caroline nous lâche, comme un défi: «Ça donnerait quoi, au fond, une série TV, mais en livre? Vous aimeriez essayer?»

Quand on met ensemble «série» et «littérature», on pense d’emblée aux feuilletons du XIXe siècle, rez-de-chaussée de la presse quotidienne à ses grandes heures. On pense aussi à la sérialité de certains genres littéraires (la fantasy, la SF, le polar…). Pourtant, l’explosion des séries TV comme divertissement mondialisé, mais aussi comme terrain stimulant d’expérimentation narrative (on les étudie désormais dans toutes les universités!), nous donnait le sentiment qu’il y avait quelque chose de nouveau à essayer.

Mais revenons au volcan et au climat. De quoi allait bien pouvoir parler notre «série TV, mais en livre»? Pour trouver nos sujets d’écriture, nous partons souvent du réel, traquons ces faits, anecdotiques ou non, savoir essentiels ou inutiles, qui nous inspirent et nous permettent d’imaginer un monde légèrement différent du nôtre, dans lequel faire évoluer des personnages qui nous ressemblent.

Un épisode genevois datant de 1816 nous est revenu en tête. Cette année-là, la bien-nommée «année sans été», un temps exécrable sévit au bout du lac (et sur l’Europe entière). Dans une villa cernée par les orages, Mary Shelley s’emmerde sec. Elle se met à griffonner l’histoire d’un certain Frankenstein et de sa créature monstrueuse. Ce que Mary Shelley ne sait pas, c’est que cette météo pourrie est due à l’éruption épique du Tambora, un volcan indonésien, à l’autre bout du monde, survenue quelques mois plus tôt. Ses cendres ont fait le tour de la planète, altérant le climat, établissant un petit âge glaciaire aux répercussions innombrables (on pense même que l’éruption aurait précipité certains événements historiques).

Le pitch de Stand-by est tout trouvé. Ce sera un supervolcan – les Champs Phlégréens, près de Naples, feront l'affaire –, son éruption clouera les avions au sol, plongera l’Europe dans le chaos. Des gens se retrouveront coincés loin de chez eux, et on voudra savoir comment ils se débrouilleront pour rentrer à la maison. L’expérience les transformera en profondeur, de même que leur environnement, comme dans toute bonne série contemporaine.

La saison 1 de Stand-by, qui se focalise sur les premiers jours après l’éruption, a été publiée l'an dernier sous la forme de quatre livres-épisodes que vous trouverez en librairie. Comme un juste retour aux feuilletons des journaux du XIXe, l’histoire se prolonge sur Heidi.news durant les 20 prochaines semaines. Nul besoin d’avoir lu la première saison pour profiter de la deuxième, conçue pour être attrapée au vol.

À l’inverse de Mary Shelley en stand-by sous la pluie genevoise, nous espérons que cette lecture vous apportera un coup de frais – fictionnel – dans ce long été qui s’annonce.


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Staphyloques dorés en jaune | Keystone

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Aimé Raynaud, 24 ans | Guillaume Mégevand pour Heidi.news

Cinquante nuances de foin. Pour le touriste de passage, le foin est parfois considéré comme un simple accessoire pour orner les champs et décorer les granges. Pour les paysans de L’Etivaz, l’herbe séchée est tout à la fois une alchimie, un enjeu stratégique et le combustible de nombreuses controverses enflammées.

Heidi.news (L'Etivaz, épisode 9) (FR, Paywall)

Cavale éperdue dans les montagnes italiennes. Un volcan a explosé à Naples et fait des milliers de victimes. La région est plongée dans le chaos. C’est pourtant là que se rendent Vasko, Nora et Virgile, trois ados en fuite, pris entre l’ivresse de la liberté et les conséquences d’un meurtre. De son côté, Alix, qui les accompagne, cherche à gagner l’œil du cyclone pour disparaître. Nous sommes en Italie, en novembre, quelques semaines après l’éruption.

Heidi.news (Stand-by, épisode 1) (FR)

Résumé de la saison 1 et présentation des personnages. Pour vous aider à prendre la saison 2 au vol.

Heidi.news (FR)

A la recherche du traileur alpha. Qu’est-ce que le trail? Comment est-il né? Plutôt que de tenter de mettre tout le monde d’accord sur une définition, Charlie Buffet est allé chercher ses réponses en Valais, chez Jacques Berlie, mémoire vivante de l’ultra-endurance.

Heidi.news (le trail, épisode 2) (FR)

La norme sur les WC du futur a été élaborée à Genève, mais la Suisse n’en veut pas. Où l’on apprend à fabriquer de faux excréments, homologués par la norme ISO à Genève, qui standardise toutes les productions humaines. Stupeur: sa norme sur des toilettes sans rejet de pathogène et sans besoin d’égout a été rejetée par Berne, prisonnière du puissant lobby du compost.

Heidi.news (les toilettes, épisode 20) (FR, Paywall)

Sept bonnes lectures pour le week-end

Le risque d'éruption des Champs Phlégréens réévalué à la hausse. Vous allez croire que nous sommes obsédés par les volcans, mais voilà. Des chercheurs d'Oxford ont retracé l'origine d'une importante éruption préhistorique qui avait couvert de cendres toute la région méditerranéenne il y a 29 000 ans: c'était nos Campi Flegrei, près de Naples! La recherche, publiée par la revue Geology, réduit considérablement l'intervalle de récurrence du volcan. La dernière éruption a eu lieu en 1528. Des épisodes de soulèvement et d'affaissement dramatiques dans la caldera de 13 km de large à dominante trachytique se sont produits depuis l'époque romaine.

Geology (EN, Paywall)

Quand le Vésuve se réveillera... Cet article de Géo daté du 17 juin aborde plein de choses dont on parle directement dans la saison 2!

Geo (FR)

Le narluga, premier hybride entre un narval et un béluga. Les chercheurs du Musée d'histoire naturelle du Danemark viennent de prouver grâce à des tests ADN qu'un crâne de cétacé au sein de leurs collections est un exemplaire unique, croisement d'une mère narval et d'un père béluga. Le plus étonnant, dans l'animal, ce sont ses 18 dents, toutes différentes et de forme étrange.

Futura Planète (FR)

Netflix et les documentaristes français. Le géant du streaming offre de nouvelles opportunités aux auteurs et aux producteurs de documentaires en France. A condition de travailler à l’américaine...

Telerama (FR)

Dark, saison 2: les Allemands adorent mais pas les journalistes. Dark, la première production allemande de Netflix, dont l'auteur est le Suisse Baran bo Odar, a été lancée en catimini mais est devenue un phénomène mondial. Les journalistes de la Süddeutsche Zeitung ne comprennent pas pourquoi. “Tout devient de plus en plus bizarre, complexe et déroutant”, regrettent-ils.

Courrier International (FR)

Netflix's First Original Arabic Series Stirs Up Outrage in Jordan. Lors d'un voyage d'études à Petra, un groupe d'adolescents sortent en douce le soir pour boire de la bière, fumer de l'herbe et bavarder autour d'un feu. Une fille demande à son petit ami d'y aller doucement. Pas de quoi fouetter un chat. Mais la série Jinn, première production arabe de Netflix et qui avait été présentée comme sujet de fierté nationale, a profondément choqué en Jordanie. Des ministres ont juré de la censurer. Le grand mufti l'a dénoncé comme "une dégradation morale". Les élus ont convoqué une session d'urgence. Le procureur général a exigé que l'unité de lutte contre la cybercriminalité "prenne immédiatement les mesures nécessaires" pour la retirer de Netflix.

Fortune (EN)

Les 100 romans qui ont le plus enthousiasmé Le Monde depuis 1944. Bon, on vous disait qu'on parlait davantage de séries que de littérature, vous venez d'en avoir la démonstration... Mais comme on est quand même des écrivain-e-s, on vous propose aussi cet article du Monde. Il y a des titres vraiment bien (même si seulement 22% de femmes) et les critiques de l'époque, c'était quelque chose.

Le Monde (FR, Paywall)

Bruno, Aude et Daniel. Nés en Suisse romande entre 1985 et 1988, Bruno Pellegrino, Aude Seigne et Daniel Vuataz écrivent romans, nouvelles, essais, seuls ou au sein du collectif AJAR. Leur première saison de Stand-by, parue en 2018, a reçu un prix révélation décerné par la Fondation vaudoise pour la culture. La deuxième saison est une coproduction entre les Editions Zoé et Heidi.news. Voici quelques échos:

«On se passionne pour les personnages autant que pour ce projet éditorial un peu fou et terriblement contemporain. Une seule envie: la suite!» Libraires Ensemble

«Aussi efficace et rythmée qu’une excellente série télé, cette saga vous rendra accro.» Aurélie, Payot Lausanne

«Stand-by est résolument ancré dans son époque, et celle-ci semble horizontale. Elle abolit sans complexes toutes formes de hiérarchie, traitant du revenu inconditionnel de base et de la fidélité dans le couple avec la même passion, érigeant naturellement le Big Mac et la coupe menstruelle au rang des nouvelles mythologies contemporaines.» Salomé Kiner, Le Temps


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