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Bonjour, c’est Sophie et Paul à Genève et Paris. Une femme et un homme de la rédaction de Heidi.news pour se pencher sur la chute des frontières de genre, le sujet de notre nouvelle Exploration en six épisodes, «Génération fluide».

Dans son enquête, Sophie s’est particulièrement intéressée aux jeunes. Pourquoi? Ce sont eux qui, en prenant la relève des mouvements qui militent pour la diversité depuis des années, deviennent les acteurs d’une révolution sociétale qui fait passer dans les usages une vision des genres longtemps restée confidentielle.

photo journaliste

Sophie Woeldgen et Paul Ackermann, Genève et Paris

17.10.2020

Génération fluide: tout a déjà changé

Photo article

Post Instagram de Marius Diserens

Paul partait d’un constat: depuis une dizaine d’années, les jeunes contestent le modèle binaire femme/homme d’une façon de plus en plus visible. En s’appuyant sur des phénomènes populaires comme la série Sense8, sur des artistes comme Bilal Hassani, sur des mouvements sociaux comme le militantisme LGBTIQ+ («il n’y a pas assez de lettres dans l’alphabet pour exprimer toute la diversité de l’humanité»), cette génération prolonge une vague venue d’Amérique, où la diversité de genre s’est fait une place. Et comme tout le monde vieillit, ces jeunes rentrent dans l’entreprise, la politique, la création culturelle et y apportent cette vision. Paul a donc demandé à Sophie de raconter cette nouvelle donne.

Mais l’enthousiasme quadragénaire du rédacteur en chef face à un changement aussi fondamental étonnait la jeune journaliste, pas encore trentenaire. Pour elle, cette absence de carcans allait de soi. Et au cours de son enquête, elle s’est rendu compte que pour ceux qui sont encore plus jeunes qu’elle, la vie sans barrières est encore plus évidente. «Les adolescents et jeunes adultes d’aujourd’hui ont accumulé tout un pan de connaissances sur le sujet que leurs aînés n’avaient pas», lui a expliqué Arnaud Alessandrin, professeur à l’université de Bordeaux.

Pour être totalement honnête, quand Paul a proposé le sujet de l’Exploration, Sophie l’a même trouvé… un peu banal. Pendant cette première réunion, Paul a parlé de genre, de non-binarité, de changements générationnels. Mais pourquoi aborder encore une fois ce sujet? N’avons-nous pas déjà lu des tonnes de portraits de personnes qui ne se reconnaissaient pas dans leur sexe biologique? Et puis, pourquoi s’étaler sur un sujet qui concerne la vie privée des individus? Chacun est libre d’être et d’agir comme il le souhaite, non?

Pourtant, Paul était certain qu’on faisait face, là, maintenant, à un tournant. La différence d’âge expliquait-elle cette différence de perception? Sophie s’est donc plongée dans le sujet. Elle a commencé par lire, puis a rencontré des dizaines de personnes. Parmi lesquelles Marius Diserens.

Sophie l’a aperçu pour la première fois au café du Grütli à Genève. Elle venait de démarrer son enquête et cherchait des témoignages. Avec son mascara, son sac à main et sa barbe, il l’intriguait. Assez abruptement, elle l’a abordé. «Je suis journaliste, j’écris un article sur le genre et l’identité, est-ce qu’on pourrait en discuter autour d’un café?» Marius a accepté sans hésiter (voir épisode 1).

Avant qu’il ne s’échappe pour rejoindre son cours de yoga, Sophie a osé une dernière question. «Est-ce que tu te sens femme et tu es en transition, ou est-ce que tu as trouvé ton équilibre?» Sans gêne, il a répondu que non, il ne se voyait pas comme une femme et que oui, son équilibre était ainsi, en tant que Marius, désigné homme mais qui aime porter des attributs féminins. Pour lui, affirmer ses goûts vestimentaires, c’est une revendication de valeurs, d’identité. Car aujourd’hui encore, quelqu’un qui ne correspond pas aux normes le paie. Près de 8% des enfants sont dits «différents», c’est-à-dire qu’ils n’entrent pas entièrement dans les normes de genre. Pour eux, l’école est souvent un calvaire et le soutien de la famille crucial. Un soutien qui permettrait de réduire de 93% les risques pour la santé mentale du jeune.

Récemment, avec un ami d’enfance, Sophie s’est rendu compte du fossé qui sépare sa génération de celle d’après. Cet ami, Tristan, a un frère de 16 ans. Ce dernier fréquente la même école que Tristan et Sophie une dizaine d’années plus tôt. L’ado et ses ami(e)s se sont tous posés la question: suis-je cisgenre, transgenre ou non-binaire? Suis-je hétéro ou homosexuel? Il y a dix ans, transexuel était une insulte et intersexe un mot inconnu. Alors oui, entre Paul et Sophie, il y a une différence de perception. Mais entre Sophie et un adolescent d’aujourd’hui, il y a un fossé. Car pour la génération qui vient, il n’est plus seulement question d’«être tolérant envers les autres», mais plutôt de s‘inclure dans cette diversité, cette fluidité des identités, et de le revendiquer. En une demi-génération, la perception du masculin, du féminin et surtout de l’entre-deux aura donc été bouleversée. C’est de ça dont nous voulons rendre compte avec «Génération fluide», l’Exploration qui commence ce samedi sur Heidi.news. Paul pensait que tout était en train de changer. En fait, tout a déjà changé.

Pendant ce temps sur Heidi.news

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Post Instagram de Marius Diserens

Comment les millennials font tomber les frontières de genre. Premier épisode de notre nouvelle Exploration, «Génération fluide». Marius ne se reconnaît pas dans les stéréotypes de genre. Pour lui, son sexe biologique ne devrait pas restreindre sa liberté de se vêtir autrement. Comme lui, de plus en plus de jeunes contestent le modèle binaire femme/homme. Alors que les connaissances sur le sujet et les argumentaires militants atteignent de plus en plus largement le grand public, les attaques contre ceux qui s’affranchissent du cadre traditionnel se font plus virulentes.

Heidi.news (FR)

La Confédération s’inquiète mais laisse la main aux cantons. La rencontre entre les cantons et Alain Berset, ce vendredi 16 octobre, n’a pas débouché sur de nouvelles mesures fédérales. Les représentants de la Confédération se sont bornés à rappeler l’importance des mesures barrières, face à une deuxième vague qui progresse à vitesse grand V. «Toute la Suisse est infectée», indique Virginie Masserey, responsable de la section contrôle de l’infection de l’OFSP, tout en reconnaissant que la situation dans les hôpitaux est encore sous contrôle.

Heidi.news (FR)

SocialPass critiquée pour son manque de transparence. SocialPass est la seule application de traçage pour restaurateurs homologuée dans le canton de Vaud. Cette application n’a été évaluée que par GastroVaud, la faîtière de la branche, ce qui a suscité des inquiétudes sur la protection des données des utilisateurs. Suite aux requêtes de la Fédération romande des consommateurs et aux discussions internes à l’Etat de Vaud, SocialPass fera l’objet d’un audit externe.

Heidi.news (FR)

VIDÉO - Peut-on continuer à tracer tous les cas contacts? Les concepteurs de SwissCovid, application de traçage de contacts à l’échelle nationale, ont annoncé travailler sur une autre application destinée aux évènements privés. Dans plusieurs cantons, le traçage numérique des cas contacts est de rigueur, plusieurs applications se disputant le marché. Malgré cela, les services de santé publique sont proches de la rupture dans certains cantons, comme Genève.

Heidi.news (FR)

De bonnes lectures pour le week-end

Les super-héros font aussi leur révolution. Pour «Vulture», la série d’Amazon Prime Video «The Boys», dont la deuxième saison vient de se terminer en beauté, sera le dernier clou dans le cercueil du genre super-héros tel que nous le connaissons. Une démonstration historico-culturelle à couper le souffle sur cette satire d’un genre mais aussi de l’Amérique populiste.

Vulture (EN)

Me Too, et maintenant? Après trois ans de «Me Too», bienvenue dans «Act Too» pour transformer les mots en actions. En 2006, Tarana Burke a jeté les bases de ce qui allait devenir l’un des plus grands mouvements de solidarité de l’histoire. Elle parle à «The Independent» des progrès, des problèmes et de ce qui attend le mouvement.

The Independent (EN)

Comment la ligue la plus progressiste en est arrivée là. En combinant action sociale et sport, les femmes de la WNBA, la ligue professionnelle de basket aux Etats-Unis, en ont fait un foyer d’activisme, ouvrant la voie aux autres ligues féminines de haut niveau. Le «New York Times» revient en longueur sur cette épopée.

New York Times (EN)

La championne qui avait choisi une date pour mourir. Le fait de savoir qu’elle avait légalement le droit de mourir a aidé Marieke Vervoort à vivre sa vie. Cela l’a propulsée vers des médailles aux Jeux paralympiques. Mais elle n’a jamais pu échapper à la douleur. Le «New York Times», encore lui, a passé près de trois ans à la suivre alors qu’elle et ses parents vivaient avec sa décision de mourir par euthanasie.

New York Times (EN)

Couvre-feu et surveillance, Orwell à toutes les sauces. Après l’annonce du couvre-feu parisien, plusieurs personnalités politiques ont convoqué le roman «1984». Pas toujours de manière très raisonnable comme le montre «Le Monde»…

Le Monde (FR)

Luchini convoque le Docteur Knock. Pour finir, une pépite oratoire. En vidéo, sur Instagram, Fabrice Luchini déclame «Knock ou le Triomphe de la médecine» de Jules Romains pour dire ce qu’il pense du gouvernement français et de son couvre-feu. Si le fond du message est discutable, le talent d’acteur est comme toujours au rendez-vous.

Fabrice Luchini

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