Bonjour, c’est Géraldine à Lausanne, où l'on prépare un 8 mars perturbé par le coronavirus.

Aujourd'hui, je vous raconte les origines de ma collaboration avec Heidi.news et la première «rencontre» que j'y publie sous le signe du cinéma et du féminisme.

Géraldine Savary, Lausanne
07.03.2020


Suis-je capable d’écrire? Est-ce possible de passer d’un coup de l’autre côté du miroir?

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La socialiste vaudoise Géraldine Savary au Conseil des Etats, ici en juin 2019. (KEYSTONE/Peter Klaunzer)

Il y a une année jour pour jour, je siégeais au Conseil des États, comptant le nombre de femmes assises en face de moi (cinq) et de jours qui me séparaient de la fin de mon mandat de parlementaire. Je ne savais pas du tout ce que j’allais devenir. Aujourd’hui, grâce aux mobilisations engagées le 8 mars dernier, de six, les femmes sont passées à douze au Sénat et voilà que je tente un retour à mes premières amours, l'écriture. Comme quoi, tout peut arriver en une année…

Quand l’équipe de Heidi.news m’a approchée pour me proposer une contribution régulière, je me suis demandé, en vrac: suis-je capable d’écrire? Ai-je quelque chose à dire? Est-ce possible de passer d’un coup de l’autre côté du miroir? Et sur quoi vais-je pouvoir m’exprimer, sachant que mon mandat à la PostCom, l’autorité de surveillance du marché postal, m’impose un certain devoir de réserve tant sur les décisions du Conseil fédéral que sur celles du Parlement?

Oubliés donc la chronique politique, le commentaire fielleux sur d’anciens collègues, les leçons de choses d’une ex-sénatrice sur l’état du monde, ou celui du Parti socialiste ou de la ville de Lausanne… La liberté conquise à la fin d’un mandat politique se heurtait vite à de nouvelles contraintes. J’ai compris dès lors qu’on ne repart pas de zéro, ni de nulle part. Ce que vous avez été s’additionne à ce que vous êtes et ces strates font de vous non pas une personne plus libre mais simplement plus consciente de ses forces, de ses vulnérabilités et de ses limites.

Par chance, c’est justement ce qui intéressait Heidi.news: que munie d’une expérience de journaliste, de la connaissance acquise durant toutes ces années de la Suisse ainsi que des actrices et acteurs qui la composent, je raconte des rencontres, je raconte des gens. Des gens que j’ai déjà rencontrés ou que j’ai envie de rencontrer. De faire une interview où ce qu’on est et ce qu’on a été irrigue la narration. De dessiner, article après article, une sorte de constellation dont le tracé serait totalement subjectif, aléatoire et transparent. L’offre m’a paru alléchante. Un peu risquée aussi, à trouver l’équilibre entre la modestie de celle qui écoute et la vanité de celle qui choisit ses interlocutrices et interlocuteurs.

Et donc cela commence maintenant. Le hasard n’a rien à y voir, comme souvent. Demain dimanche, se célèbre la journée internationale de la femme. Depuis plus d’une année, le monde est secoué par les légitimes revendications des femmes à plus d’égalité. Des visages jusque là inconnus sortent de l’ombre. Des paroles tues ou méprisées résonnent dans l’espace public. Dans tous les domaines, culturels, politiques, économiques, médiatiques, les femmes conquièrent leur place, leur liberté, leurs droits, sur le mode «je me case ou je me casse». Profitons-en pour faire une promesse. Je rencontrerai, donnerai visage et paroles à au moins autant de femmes que d’hommes. C’est plus qu’un engagement, c’est une évidence sachant à quel point les talents, les intelligences et la créativité se conjuguent tout autant au féminin qu’au masculin.

Aujourd’hui, je vous présente Joëlle Bertossa, productrice de films. On s’est rencontrées sur un malentendu, et c’est ainsi que parfois débutent les belles histoires. Je voulais l’entendre sur la place des femmes dans le cinéma, sur son travail, peu connu dans la chaîne de production cinématographique suisse, sur les divisions haineuses qui aujourd’hui enveniment le monde du cinéma. Voici ma première «rencontre» pour Heidi.news...


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Sur Heidi.news

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Ma rencontre avec Joëlle Bertossa, productrice de sens. A partir d’aujourd’hui et toutes les deux semaines, Géraldine Savary contribue à Heidi.news au travers d’une «rencontre» afin de dessiner, article après article, une sorte de constellation de personnalités dont le tracé serait totalement subjectif, aléatoire et transparent.

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Niels Ackermann

Adopte un·e collapso. 3e épisode de notre Exploration sur le survivalisme suisse, où l'on rencontre une jeune femme atteinte de cette maladie nouvelle, la solastalgie, sorte de dépression climatique. Elle l’a soignée avec les rebelles de l’extinction, et surtout en trouvant l’amour sur un site de rencontre pour collapsologues.

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Le mythe des «digital natives» cache l’illettrisme numérique. L'édition 2020 du FIFDH (Festival du film et forum international sur les droits humains de Genève) est annulée pour cause de coronavirus. Qu'à cela ne tienne, Heidi.news couvre sa version 2.0 en ligne avec autant (si ce n'est plus) d'assiduité.

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Les mutations du coronavirus en question. Des chercheurs chinois, des universités de Pékin, Shanghai et de l’Institut Pasteur de Shanghai, ont étudié le génome d’échantillons de coronavirus prélevés au fil des cas qui se multiplient à travers le monde depuis décembre 2019. Ils retracent ainsi l’histoire génétique du pathogène et montrent que le virus a divergé en deux types. Une évolution qui pourrait avoir des conséquences cliniques.

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Covid-19, un confinement qui ne dit pas son nom. Ce vendredi 6 mars, on assiste à un tournant dans l’évolution du Covid-19 en Suisse: l’état épidémique a été déclaré par l’Office fédéral de la santé publiques (OFSP) et le Conseil fédéral. Cela signifie que la transmission locale de la maladie est soutenue à l’échelle du pays.

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Frédéric Beigbeder, entre kétamine et coronavirus. Il se dit hypocondriaque, mais ne panique pas. Dans son dernier livre, «L’homme qui pleure de rire» (Grasset, 2020), Frédéric Beigbeder entend dénoncer la «tyrannie du rire». De passage à Genève, il nous fait la bise (trois fois) malgré le coronavirus et nous colporte quelques nouvelles de l’Hexagone. Entretien.

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Quelques bonnes lectures pour la Journée des droits des femmes

Comment la BBC a drastiquement augmenté le nombre de femmes expertes à l'antenne. Il y a ceux qui disent que d'instaurer la parité des experts présents dans les médias pourrait nuire à la qualité des contenus. Et puis il y a ceux (ou plutôt celles) qui le font. Et la qualité des contenus ne diminue pas, au contraire. 500 programmes de la BBC s'y sont mis, 57% ont atteint la parité l'an dernier, les autres y travaillent. Comment? Entretien avec Nina Goswami, journaliste à la BBC, en charge de la supervision du projet 50:50 et responsable de la diversité créative du grand média public britannique.

Heidi.news (FR)

Les victimes de harcèlement chez Unia voient rouge. La Tribune de Genève avait révélé le 6 décembre dernier les comportements de harcèlement sexuel d'un responsable du syndicat d'Unia à Genève. Heidi.news avait aussi recueilli des témoignages et publié un éditorial qui avait provoqué de fortes réactions du syndicat. Trois mois plus tard, les victimes dénoncent être punies pour avoir osé poser certaines conditions pour participer à l'enquête. L'auteur des faits, considéré comme un «grand» syndicaliste, n'a toujours pas été sanctionné.

Communiqué de presse (FR)

Combien de femmes citées dans chaque article? La proportion de femmes interrogées par les médias oscillerait entre 20-30% au niveau mondial. Pour tendre vers la paritié, Heidi.news a lancé un projet appelé Heidi Gender Tracker, soutenu par le fond d'aide à l'innovation Google DNI. Il s'agit d'un algorithme développé à l'EPFL qui comptera, dans chaque article ou chaque rubrique, combien d'hommes et combien de femmes sont citées par les journalistes. Le projet, presque abouti, est «open source»: il pourra être utilisé par tous les médias francophones. Dans quelques jours, nous demanderons à un échantillon de nos lectrices et lecteurs de tester l'algorithme, avant de l'ouvrir à toutes et tous!

Google DNI (EN)

Quel·le féministe êtes-vous? Un «webdossier» consacré aux différents courants actuels du féminisme, chacun défendant une conception bien particulière de la cause des femmes. Près de 80'000 internautes ont défini leur profil. Et vous?

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Comment élever des garçons féministes. De l'importance d'élever les garçons pour qu'ils soient féministes, non seulement pour qu'ils puissent être de solides alliés pour les personnes défavorisées, mais aussi parce que c'est plus sain pour les garçons eux-mêmes.

The Week (EN)

Quelle mesure permettrait de faire avancer les droit des femmes? Dans le cadre de sa journée spéciale «#ToutesFéministes», France Inter a demandé à des féministes de choisir une mesure prioritaire à leurs yeux pour faire avancer l'égalité entre les femmes et les hommes en France. Voici leurs réponses.

France Inter

«Time» corrige le tir et nomme les femmes des 100 dernières années. Pendant 72 ans, «Time» a nommé un «Homme de l'année». Et c'était effectivement presque toujours un homme. En 1999, le titre d'«Homme de l'année» a été remplacé par celui de «Personne de l'année». Si le nom a changé, le choix a souvent été le même. Avec le projet «100 femmes de l'année», le magazine américain tente de corriger le tir en mettant en lumière des femmes influentes qui ont été éclipsées au cours du siècle.

Time (EN)

Séance de rattrapage avec:

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