Bonjour, c’est Olivier à Paris, où se tient la Fête des Jardins. Des milliers de personnes sont attendues, pas autant que pour les portes-ouvertes du CERN et de l’EPFL, samedi et dimanche sur l’Arc lémanique! L’occasion d’une réflexion sur la place de la science dans les médias.

L’occasion aussi de vous annoncer que Heidi.news prendra part à une opération mondiale de couverture des questions climatiques, Covering Climate Now. Enfin, si vous voulez devenir membre fondateur, il vous reste trois jours!

Oliver Dessibourg, Paris
Le 14.09.2019


Questionnez la science pour l’ancrer pleinement dans la société!

C’est «journées portes-ouvertes», ce week-end à l’EPFL et au CERN, près de Genève. Des dizaines de milliers de personnes sont attendues sur les deux sites, pour découvrir où et par qui se fait la recherche. Car la science intéresse, impressionne, fascine, tant elle porte un regard vers notre futur, trouve des solutions, élargit le champ des possibles.

Pour autant, la science n’est pas systématiquement péremptoire. Certes, personne (encore que…) ne va nier que la Terre est ronde. Mais il existe moult domaines de recherche où d’absolues conclusions sur d’irrévocables consensus demeurent vaines.

C’est l’inverse que fait valoir une tribune d’un collectif formé notamment de scientifiques et nommé #NoFakeScience, publiée cet été dans plusieurs médias, dont le nôtre. Le plaidoyer qui s’en dégage au premier abord: les médias doivent «restituer les sujets à caractères scientifiques sans déformation sensationnaliste ni idéologique», afin de «restaurer sur le long terme la confiance entre scientifiques, médias et citoyen.» Et cela – est-il entendu – en ne mettant pas en question certains consensus scientifiques plus ou moins solides.

Cette tribune a fait et fait toujours débat deux mois plus tard – et c’est peu dire. Notamment sur les réseaux sociaux, où les signataires du texte sont critiqués pour certains passages caricaturaux, tendancieux ou faux. Il semble aussi qu’entre les lignes, le collectif réglait des comptes avec des journalistes pourtant reconnus qu’ils avaient dans le viseur.

Dès lors, les auteurs #NoFakeScience se sont raidis, l’un d’eux allant jusqu’à proposer dans un tweet que «les associations et les ONG ne soient pas reconnues comme sources d’informations scientifiques.» Quand bien même certaines sont à la pointe dans leur thématiques et tout à fait légitimes dans le débat scientifique public. Bref, d’un côté des scientifiques qui veulent que personne ne se penche sur leur parole d’évangile, et de l’autre une société civile qui juge évident que cette parole puisse être éprouvée.

Disposer d’un traitement médiatique – voire de présentations publiques des avancées scientifiques comme lors de journées portes-ouvertes – aussi corrects et objectifs que possible est un souhait louable. Mais, de l’avis de plusieurs sociologues des sciences, vouloir imposer la science et ses éventuels consensus, vouloir canoniser les scientifiques et leurs institutions (académique, régulatrice, privée, etc.) comme seuls détenteurs de l’expertise, en repoussant d’emblée toute forme de discussion ou de questionnement, relève d’une vision passéiste et éculée.

Celle qui résume le mieux cette problématique est peut-être Virginie Tournay, biologiste, politologue et directrice de recherche à Sciences Po, à Paris, dans une chronique à Pour la science: «L’engagement en faveur de la science porte une contradiction dans les termes: face au succès de propos fantaisistes, il s’agit de convaincre de la véracité d’énoncés scientifiques à l’aide d’une rhétorique et de leviers d’action relevant du militantisme. La visée est double: à la fois assurer la véracité des propos exprimés et conquérir l’attention des publics. Cela nécessite de se déplacer sur le terrain inconfortable de la guerre des opinions sans oublier celui du raisonnement scientifique. L’exercice est délicat. Il suppose d’articuler la légitimité scientifique au combat démocratique sans confondre ces deux manières de créer de la confiance.»

La dévotion que tout un chacun – journaliste ou quidam – devrait porter aux scientifiques, comme l’espère cette tribune, s’avère ainsi contre-productive. Dans les médias – c’est la mission que nous nous sommes donnée à Heidi.news – ou lors de journées-portes ouvertes, la science a besoin d’échanges vifs avec la société, dont les représentants doivent faire montre pour elle autant d’émerveillement que d’esprit sainement critique. Il s’agit de renouveler sans cesse ce contrat social avec des scientifiques qui, de leur côté, doivent oser se mêler au débat, voire se former à la vulgarisation.

La science est belle, fascinante. Elle l’est d’autant plus quand on la questionne. Les portes s’ouvrent au CERN et à l’EPFL: allez-y! (A Lausanne, les transports publics sont même gratuits)! Et questionnez, débattez!


Sur Heidi.news

Un traileur se repose au milieu de la nuit en plein Ultra-Trail du Mont-Blanc (UTMB) à Courmayeur. (AP Photo/Laurent Cipriani)

Objectif Lune (où le traileur fait le bilan) Le graal des ultra traileurs tient en un mot: «Finisher». Arrivé au douzième et dernier épisode de son feuilleton et au bout de la Trace des Ducs de Savoie (TDS), notre explorateur tourne une dernière fois autour de cette question: que reste-t-il une fois que l’ultra-trail est «fini»?

Heidi.news (Les Explorations) (FR, Paywall)

La course mondiale pour le diagnostic précoce du choc septique se joue à Lausanne. L’entreprise lausannoise Abionic a annoncé hier la réussite d’une étude internationale permettant de diagnostiquer le sepsis (appelé septicémie par le passé) de manière précoce. Ces essais cliniques à grande échelle ne sont pas encore validés, mais les recherches menées sont très prometteuses. Urgence médicale vitale, le sepsis tue neuf millions de personnes par an.

Heidi.news (FR, Paywall)

Ce qu’il faut retenir du dernier rapport fédéral sur l’hydraulique. La Confédération revoit à la baisse le potentiel de développement hydroélectrique de la Suisse. Et cela alors que le maintien et le développement de l’hydraulique fait partie des objectifs de la Stratégie énergétique 2050 du pays, qui entend développer les énergies renouvelables afin de réduire la dépendance aux importations d’énergies fossiles. Analyse du récent rapport de l’Office fédéral de l’énergie.

Heidi.news (FR, Paywall)

L’université de Fribourg lance son master en médecine. Ce vendredi 13 septembre, l’Université de Fribourg, en collaboration avec l’Hôpital fribourgeois et le Réseau fribourgeois de santé mentale, inaugure le nouveau bâtiment qui accueillera la première volée d’étudiantes et d’étudiants du master en médecine humaine. La section Médecine de la Faculté des sciences et de médecine ouvre cette formation à quarante personnes la semaine prochaine.

Heidi.news (FR, Paywall)

«Si Vaud était un pays, il serait septième mondial pour la recherche» Les Vaudois sont les champions du nombre de brevets par habitant (1500 par million, contre 956 en moyenne suisse). Pour autant, ces atouts sont encore loin de se transformer en innovations au même niveau. L’analyse de Joao-Antonio Brinca, responsable du département Stratégie et Organisation de la BCV et vice-président de la Fondation pour l’Innovation Technologique.

Heidi.news (FR, Paywall)

L’avenir des thérapies anti-cancer se trouve dans l’ADN de chaque patient Aux Etats-Unis, un tiers des nouveaux médicaments validés depuis 2011 l’ont été sur des bases génétiques ou moléculaires. L’enthousiasme que soulèvent ces succès ne risque-t-il pas de restreindre le champ de recherche des pharmas? Comment, pour valider ces médicaments inédits, mener des essais cliniques de grande taille lorsque l’on sait que le génome est une sources de données éminemment personnelles, et non généralisables? Toute la population y aura-t-elle accès équitablement? Alors qu’une table ronde se tient dimanche sur ce sujet aux portes-ouvertes de l’EPFL, animée par ma collègue de Heidi.news Annick Chevillot, voici quelques pistes de réponses tirées de mon livre récent pour la collection SantéPerSo.

Heidi.news (FR, Paywall)

De bonnes lectures (scientifiques) pour le week-end!

Science is deeply imaginative: why is this treated as a secret? Une excellente réflexion de Tom McLeish, professeur de philosophie au Département de physique de l’Université de York (Grande-Bretagne), qui tourne autout de la citation d’Albert Einstein: «Je suis assez artiste pour puiser librement dans mon imagination. L’imagination est plus importante que la connaissance. La connaissance est limitée. L’imagination encercle le monde.»

Aeon (EN)

Des scientifiques obtiennent deux embryons d’une espèce de rhinocéros éteinte dans la nature. Deux «mères porteuses» d’une espèce proche tenteront de mener à terme la gestation afin de sauver le rhinocéros blanc du Nord, une espèce décimée depuis cinquante ans par les guerres et le braconnage, et désormais presque entièrement éteinte à l’exception de deux femelles, vivant au Kenya.

Le Monde Afrique (FR, Paywall)

The Strange Brain of the World’s Greatest Solo Climber. Dans le monde de la grimpe, Alex Honnold est une légende vivante. En 2008, il devint le premier à gravir la face de Half Dome, dans le parc américain de Yosemite, sans assurage. Un mauvais geste, une mauvaise prise, et c’eut été une longue chute dans le vide de 10 secondes. Pourquoi prend-il ce genre de risque? A-t-il eu peur? Des neuroscientifiques ont tenté de le savoir, en regardant… dans son cerveau, à l’aide notamment d’images IRM.

Medium (EN)

Sexisme dans le football: où en sommes-nous? Ada Hegerberg, récipiendaire du premier Ballon d’Or féminin remis en 2018, a démissionné de sa sélection nationale en 2017, après avoir accusé la Fédération norvégienne de sexisme et de discrimination. Si bien qu’elle n’a pas participé à la Coupe du monde de football féminin organisée en France cet été. Qu’est-ce que cela dit de la situation? Trois auteurs de la ICN Business school font le point sur les mentalités, le financement et la terrible intériorisation par les joueuses femmes de leur soi-disante infériorité par rapport aux hommes.

The Conversation (France) (FR)

You Can’t Keep Your Parents’ Skulls. Mettre la tête de papa sur la cheminée? Est-ce possible de décapiter ses proches – une fois qu’ils sont décédés, cela s’entend – pour conserver leur tête en souvenir? Aux Etats-Unis, c’est quasi impossible. Mais cet article revient dans les détails sur les étapes légales et logistiques pour, théoriquement, pouvoir le faire.

The Atlantic (EN)

Scientifiques et animaux de laboratoire: une relation impossible? En France, la science a recours à près de deux millions d’animaux pour améliorer la vie quotidienne et le savoir humain. Mais, au regard des débats actuels sur l’éthique et le bien-être animal, quelle vision les scientifiques ont-ils de l’utilisation de ces modèles animaux? Cette question sera aussi l’objet d’une table ronde animée par Heidi.news aux portes-ouvertes de l’EPFL dimanche 15 septembre (14h30 au Rolex Center).

Uzbek & Rica (FR)

Heidi.news s’embarque dans l’opération «Covering Climate Now» Dès lundi, Heidi.news participe à une collaboration mondiale de plus de 250 médias, Covering Climate Now, pour renforcer la couverture des sujets climatiques en vue du United Nations Climate Action Summit de New York le 23 septembre. Lancé par la Columbia Journalism Review avec The Nation et The Guardian, ce partenariat vous permettra de lire chez nous des traductions de ces titres ainsi que nos propres enquêtes, notamment dans le cadre de notre série «Que changer pour le climat».

Columbia Journalism Review (EN)

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Bon week-end!

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