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Bonjour, c’est Fabien à Morges, où je suis bien triste de vous annoncer que l’hebdomadaire Micro va tirer sa révérence, la faute au Covid.

Ce matin, à l’invitation de Heidi.news, je reviens sur cette aventure humaine et éditoriale, qui s’était donné pour but de raconter le quotidien des Romands.

photo journaliste

Fabien Feissli, Morges
25.05.2020



Dans le rétro

D'abord, les faits, bruts. Malgré un début d'année 2020 très encourageant, l'hebdomadaire romand Micro cessera sa publication. Un dernier numéro paraîtra le 30 mai. La pandémie de Covid-19 a fortement impacté les clients principaux du titre: les cafés-restaurants, les cabinets médicaux, les salons de coiffure et les cafétérias. Dans ces conditions, il nous est impossible de reprendre sereinement la parution. Les modestes bénéfices de l'association serviront à rembourser intégralement tous les abonnements souscrits en 2020 et à faire deux dons de CHF 10'000 chacun au journal satirique «Vigousse» et au média en ligne La Torche 2.0.

Sur les cendres du Matin. Voilà pour l'avis mortuaire. Mais, avant de disparaître, Micro a vécu. Et plutôt bien. Tout commence fin 2017 alors que bruissent les rumeurs de la mise à mort prochaine par le groupe Tamedia du quotidien Le Matin (ce qui arrivera le 21 juillet 2018). Très vite, un rêve naît: un journal papier géré par ceux qui le font (au total, une septantaine de journalistes, photographes, dessinateurs, graphistes, etc.) et destiné en priorité aux lieux publics, notamment aux cafés-restaurants. Le 28 janvier 2019, quand nous dévoilons notre projet, celui-ci s'est trouvé un nom, Micro. Il s'agira d'un tri-hebdomadaire centré sur la Suisse romande qui se détachera de la course effrénée à l'actualité pour raconter le quotidien de ceux qui vivent ici. Surtout, le journal ne contiendra aucune publicité, tournera uniquement grâce à ses abonnés et sera géré par une association à but non-lucratif. Le ton est donné, nous ne sommes pas là pour gagner de l'argent mais pour défendre une certaine idée du journalisme.

Le site de Micro (FR)

L'argent reste le nerf de la guerre... Durant près d'un an, nous avons cherché des fonds auprès de mécènes, sans succès. Ceux qui ont des moyens ne soutiennent pas la presse et ceux qui soutiennent la presse n'ont pas de moyens. Nous n'avons sans doute pas les bons réseaux, pas les bons codes, et davantage d'énergie que de budget. Alors nous sacrifions nos salaires à nos convictions pour donner une chance à notre canard de voler de ses propres ailes. Aujourd'hui, notre candeur me saute aux yeux. Toucher une large audience sans ressources est utopique. À l'époque, nous cherchons à réunir CHF 90'000 pour garantir l'impression et la livraison du journal durant les quatre premiers mois.

Darius Rochebin annonce le lancement de Micro (RTS) (FR)

Crowdfunding. Ce 28 janvier 2019, tout repose sur la générosité des Romands. Et, dès les premières heures, ils répondent présents. En quelques jours, le cap du financement participatif est atteint puis dépassé et, le 14 mai 2019, le premier numéro de Micro voit le jour. L'aventure peut commencer.


Du terrain, du terrain, du terrain

Règle essentielle aux yeux de notre rédaction: toujours aller rencontrer en personne nos interlocuteurs. Un principe primordial qui nous a parfois emmenés dans les endroits les plus improbables.

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Photo: Quentin Perrenoud

Aux racines de la gentiane. Cet automne, nous sommes allés dans le Jura bernois à la rencontre de la famille Gyger qui déterre les racines de gentiane pour les distiller. Autant le dire tout de suite, nous n'avons pas eu d'autres choix que de goûter à cette amertume.

Les forçats de l'amertume (FR)

Sept heures de spéléo. Explorer le futur gouffre le plus profond de Suisse romande, une aventure qui ne se refuse pas. Du tombeau de la marmotte au puits des Rollings Stones, Michel et Jacques Demierre se contorsionnent dans le réseau du Folliu depuis plus de vingt ans. Et, dans les recoins les plus étroits, les deux frères se frayent un chemin à coup d'explosifs.

«Nous sommes des chasseurs de vide» (FR)

Dans la peau du King. Président du fan club romand d’Elvis Presley, Christian Pantillon rend régulièrement hommage à son idole en reprenant ses tubes sur scène. Avec son groupe The Memphis Knights, il devient alors Chris Aaron pour la plus grande joie des admirateurs du King.

«Je chante pour rendre hommage à Elvis» (FR)

Pendant ce temps sur Heidi.news

Et si la crise nous avait rendus pires? Paul Ackermann, rédacteur en chef, s'est posé cette question dans son éditorial du week-end. Cette crise ne nous aura pas transformés, elle nous aura rendus davantage nous-mêmes. Jusqu’à la caricature. Elle nous conforte dans nos convictions, nous pousse à voir le monde d’après comme nous rêvions celui d’avant. Les écolos tentent d’imposer une société décroissante en faisant des liens douteux entre coronavirus et climat. Les nationalistes basculent dans la haine de l’autre en exigeant discriminations et frontières étanches. Et la droite devient ultra-libérale, rêvant de nous faire travailler la nuit et le week-end.

Heidi.news (idées) (FR)

Le coronavirus pourrait bien accélérer l'usage de l'intelligence artificielle dans la médecine. Après la Chine, ce sont les start-up européennes et américaines qui se lancent dans la course pour aider au diagnostic grâce à des algorithmes. Présentation des enjeux, à partir de l’exemple de la start-up belge Icometrix, première solution à disposer à la fois du marquage CE en Europe et de celui de la FDA outre-Atlantique.

Heidi.news (sciences) (FR)

Les «gestes barrières» contre le Covid-19 ont évité des milliers de morts de la grippe! Depuis le début avril, les cas de grippe confirmés en laboratoire ont chuté de façon spectaculaire, signant la fin de sa saison dans l’hémisphère nord, indiquent les données récoltées par FluNet, un système de surveillance mondial. Et cela alors que la grippe saisonnière perdure habituellement jusqu’à fin mai dans cette partie du globe.

Heidi.news (santé) (FR)

Donald Trump interdit les voyageurs venant du Brésil. Le Brésil est désormais le deuxième pays le plus touché au monde après les Etats-Unis. Malgré cela, le président Jair Bolsonaro poursuit les bains de foule.

Heidi.news (FR)

What is the role of philanthropy in Covid times? Karin Jestin, independent consultant in strategic philanthropy, stresses that private generosity is on the rise. US$ 10 billion and still going has been pledged by global philanthropy to combat the pandemic. But while philanthropy can inspire state actors, it cannot replace them.

Geneva Solutions (EN)

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Bien vu

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LATORCHE.CH/PARRONE

Chaque semaine dans Micro, les dessinateurs du média satirique en ligne La Torche 2.0 croquaient l'actualité cantonale. Le clin d'œil de Parrone à feu Le Régional me paraît de circonstances. À ce propos, j'en profite pour souhaiter bon courage à nos confrères de L'Illustré et à l'ensemble de la presse romande.


Le monde change, la presse aussi

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Des séances de rédac au bistrot

Afin de pouvoir couvrir librement tous les cantons romands, l'équipe de Micro ne possède pas de locaux fixes. Nos séances de rédaction se tenaient donc dans les cafés-restaurants, en présence de tous ceux qui voulaient y participer, parfois à quatre, parfois à quarante, avec du totché offert par la patronne.

Les légumes, ça se mérite. En parlant de totché, c'est à Delémont que nous a été soufflé l'existence de La Clef des Champs, une coopérative où plus de 200 clients mettent la main au porte-monnaie mais aussi à la pâte pour produire eux-mêmes leurs légumes bio.

«Cette force collective est extraordinaire» (FR)

Cabines: il ne veut pas raccrocher! Par hasard, lors de l'une de nos séances à Sion, nous avons fait la connaissance de Jean-Luc Steiger, l'un des derniers Romands utilisant encore régulièrement les téléphones publics. Et pour cause, il ne possède aucun autre moyen de communication.

L'homme qui pleure les cabines (FR)

Raconter le quotidien des Romands

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Photo: Christian Bonzon

Leurs perruques aident à guérir. Dans la boutique Perruques Michel, à Genève, homme et femmes viennent chercher du réconfort suite à un cancer ou à une autre maladie. Stéphane et Amanda y fabriquent des coiffures médicales sur-mesure.

L'atelier des chevelures sur-mesure (FR)

La rage de perdre. Quand Micro parle de sport, c'est à sa manière. En mai 2019, le FC Treyvaux 2 est statistiquement l'équipe la plus nulle de Romandie. Treize matchs, treize défaites, sept buts marqués, huitante-trois encaissés. Il était donc indispensable d'aller voir jouer cette belle bande de potes.

Ils ont tout perdu sauf la passion (FR)

Papy-mamy en coloc! À vingt ans, on rêve souvent de quitter ses parents pour se mettre en colocation avec les copains. Et pourquoi pas à huitante ans? À Sierre, quatre seniors ont décidé de vivre tous ensemble pour des raisons de santé.

Leur première coloc? À 80 ans (FR)

Il améliore les vaches. Depuis trente ans, José Kohli insémine artificiellement les vaches helvétiques. Grâce à ses conseils, les éleveurs jurassiens et neuchâtelois peuvent améliorer leur troupeau en choisissant les meilleures semences pour leurs bêtes.

Taureaux sur catalogue (FR)

Bâtisseurs de grues. De plus en plus nombreuses dans le paysage, les grues semblent apparaître et disparaître comme par enchantement. Pourtant, derrière ce tour de magie se cachent des hommes qui, de nuit, bâtissent ces structures titanesques. Avec un doigté incroyable.

«On arrose les grues et elles poussent» (FR)

Hémoglobine canine. On connaît le don de sang entre êtres humains, mais saviez-vous que cela existe aussi chez les animaux? En juillet 2019, nous avons visité une clinique lausannoise qui pratique la transfusion entre chiens ou entre chats.

Quand Médor donne son sang (FR)

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La parole aux experts

Rien de plus frustrant pour les journalistes, les spécialistes et donc pour les lecteurs que les longues interviews passionnantes débouchant sur une simple citation ne reflétant pas l'intérêt de la discussion. Très vite, nous avons décidé de tendre le Micro aux experts, tous domaines confondus.

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Photo: Sedrik Nemeth

Sur le cul. Proctologue à Sion, Murielle Mormont est passionnée par son métier. Ses patients ne sont, eux, pas toujours aussi enthousiastes au moment de franchir la porte de son cabinet. C’est là, qu’elle nous a reçus pour un entretien sans tabou.

Arrêtons de serrer les fesses (FR)

Verts de peur. À force d’entendre que la Terre va mal et que les espèces disparaissent, certains sombrent dans l’angoisse. Ce syndrome a un nom: l’éco-anxiété. Dans ses ateliers, Michel Maxime Egger montre que cette peur peut être une chance pour la planète.

«Le problème, c'est cette notion de vie sans avenir» (FR)

Un toit pour tous. Loyers élevés, pénurie, face à un marché du logement toujours aussi tendu, Anne Baehler, présidente de l’Asloca romande, incite les locataires à ne pas avoir peur d'utiliser leurs droits. Elle l'assure, les bailleurs ne sont pas tout-puissants.

«Les locataires ne sont pas des moutons» (FR)

Si vous avez encore le temps

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ILLUSTRATIONS: ANAÏS LOU

Delphine, dix ans de mariage et de violences conjugales. Micro nous a également permis de découvrir de nouveaux talents de la presse romande. En novembre 2019, deux d'entre-elles, la journaliste Lauren von Beust et la dessinatrice Anaïs Lou se sont unies pour nous livrer un excellent dossier sur les violences conjugales. Voici le premier article, le témoignage poignant de Delphine. Comme deux femmes sur cinq, en Suisse, elle a subi des manipulations psychologiques et des rapports sexuels non désirés de la part de son mari.

«Quand il m'a enlevé ma culotte en pleine rue...» (FR)

Pas victime, survivante. Jane, elle, a enduré les violences de son conjoint pendant plus de vingt ans. Survivante, elle raconte la terreur du passé et son impuissance face à une situation qui la dépasse.

«J'ai vu la mort dans ses yeux» (FR)

18'522 cas de violences domestiques en Suisse en 2018. Romy Siegrist est psychologue au sein de l’association Violence que faire, dont l’objectif est de diminuer l’apparition des violences conjugales et de leurs conséquences en proposant un soutien précoce aux personnes concernées. Pour elle, la représentation de genre et particulièrement le concept que l’on appelle «culture du viol» contribuent à la perdurance des stéréotypes autour des femmes victimes de violences conjugales.

«Il y a un imaginaire de la femme battue» (FR)

Fabien Feissli, bio exprès. Cofondateur et président de Micro, Fabien Feissli est journaliste et écrivain. Il a travaillé cinq ans pour feu le quotidien Le Matin où il a notamment réalisé de nombreux reportages en Suisse et à l'étranger. L'un d'eux a été récompensé du Prix Nicolas Bouvier 2018. En tant qu’auteur, il a signé deux polars aux éditions Cousu Mouche: Séance fatale (2013) et En eau salée (2015), avant de se lancer dans la trilogie Lemania, racontant la Romandie de 2049, avec Le Mîlenarium (2017) puis Eva (2018).


Séance de rattrapage avec:

le Point du jour de samedi

Bonne journée!

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Chemin de La Mousse 46
1225 Chêne-Bourg
Suisse
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