Bonjour, c’est Pierre Hazan à Genève, où je viens de publier un livre très personnel.
À partir de quelques destins de ma famille, j’ai voulu raconter l’engrenage qui a conduit au paroxysme de violence du conflit israélo-palestinien que nous connaissons aujourd’hui.
Moi qui suis né en Égypte, j’ai voulu dire le déracinement forcé des juifs du monde arabe auquel j’appartiens, sans gommer la Nakba et les droits bafoués des Palestiniens.
Notre trajectoire s’entremêle intimement avec celle du Proche-Orient. C’est ce récit fait de drames, mais aussi d’espoir, que j’évoque dans Les Juifs, les Arabes, ma famille et moi (Textuel).
Heidi.news publie le chapitre dédié à mon grand-père Maurice, seul à être resté en Égypte. C’est dans sa villa au Caire qu’a été assassiné en 1994 le ministre britannique en charge du Proche-Orient, sur ordre d’un futur Premier ministre israélien.
Je vous raconte cette incroyable histoire, à laquelle j’ai consacré 15 ans d’enquête… |
Un ministre tué, des sionistes radicaux, et mon grand-père
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Walter Guiness, dit lord Moyne (2e rang, 5e position), a été ministre des Colonies dans le gouvernement de coalition de 1941 de Winston Churchill (1er rang, 5e position). | WikiCommonsWalter Guiness, dit lord Moyne (2e rang, 5e position), a été ministre des Colonies dans le gouvernement de coalition de 1941 de Winston Churchill (1er rang, 5e position). | WikiCommons
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Je ne me souviens plus dans quelles circonstances
ma mère a mentionné qu’un meurtre s’était déroulé dans la maison où elle avait grandi, au Caire, celle de mon grand-père, Maurice Adès (1890-1963). C’était sûrement en passant, sans y prêter attention. Elle ne savait pas qui avait été tué, sauf que « c’était quelqu’un d’important ». Mais qui était cet inconnu « important » abattu dans la maison de Maurice ? Je n’en avais pas la moindre idée et ma mère ne savait rien des assassins et encore moins de leur mobile. C’est dire que je n’avais pas grand-chose à me mettre sous la dent.
Ce n’est qu’en février 2011, lorsque je me rends en Égypte pendant la révolution, que je découvre l’identité aussi bien du meurtrier que de la victime de cette énigmatique affaire survenue dans la villa de mon grand-père, dans le quartier de Zamalek. Le mystère s’éclaircit de manière inattendue, alors que dans les rues le pouvoir du président Hosni Moubarak vacille davantage chaque jour. En surfant sur internet, je tombe sur le site d’un historien cairote, Samir Raafat, amoureux de sa ville, et que je rencontrerai plus tard.
Voilà les lignes qui m’ont permis de percer le mystère : « Le très honorable ministre britannique, lord Moyne, et son chauffeur, le caporal-chef Fuller, ont été abattus à bout portant alors qu’ils sortaient de leur voiture officielle […] Le lieu du crime est la villa n° 4-6 de la rue Hassan-Sabry, qui appartient à l’entrepreneur Maurice Adès. Comme de nombreux habitants prospères de Zamalek, Adès a rapidement profité de l’essor du marché immobilier pendant la guerre pour louer sa villa. » Je réalise que ma mère était loin d’avoir tort : ce « quelqu’un d’important » n’est autre que le Ministre d’État britannique en charge de la politique du Proche-Orient au moment où le sort de la Deuxième Guerre mondiale se joue aussi dans les sables du Nord de l’Afrique.
Toute l’histoire du Proche-Orient
Ce qui était initialement de l’ordre de la curiosité se transforme en fascination dès que je réalise que ce meurtre n’est pas une sordide affaire criminelle. Je me passionne pour cet assassinat et des années durant, dès que l’occasion se présente, je vais poursuivre mon enquête en Égypte, en Israël et en Grande-Bretagne ainsi que par la lecture des archives, y compris en visionnant celles du procès d’Adolf Eichmann à Jérusalem en 1961. À travers les pistes que je suis dans plusieurs pays, pièce après pièce, pendant près de quinze ans, je reconstitue un puzzle fascinant et vertigineux où la micro-histoire de mon grand-père Maurice croise la grande histoire du Proche-Orient, une histoire dont les échos se font entendre encore aujourd’hui.
Dans cette affaire, Maurice apparaît comme un personnage secondaire d’une pièce dont il n’a jamais été l’acteur : il n’a fait que louer sa maison pour des raisons d’argent. Il incarne pourtant à lui seul toutes les identités des protagonistes : celle de la victime, britannique, celle des assassins, Juifs extrémistes et celle des juges qui instruisent l’assassinat, égyptiens. Maurice se retrouve ainsi au centre symbolique de ce triangle. Dans les livres d’histoire qui relatent cet assassinat, mon grand-père est réduit à une note de bas de page. Il représente en réalité la pierre de touche de ce drame, celle qui révèle les véritables tensions à l’œuvre. Sans qu’il s’en doute une seule seconde, c’est sa place et celle des Juifs d’Orient qui se joue sur cette scène de l’histoire…
Lire la suite sur Heidi.news (accès libre)
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Le Big Green Lake, qui donne son nom au comté de Green Lake, par un soir du 28 septembre 2025. | The Atlantic / Caleb AlvaradoLe Big Green Lake, qui donne son nom au comté de Green Lake, par un soir du 28 septembre 2025. | The Atlantic / Caleb Alvarado
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Emily Borgwardt, l’épouse du disparu de Green Lake, Ryan Borgwardt, en octobre 2025. | The Atlantic / Caleb AlvaradoEmily Borgwardt, l’épouse du disparu de Green Lake, Ryan Borgwardt, en octobre 2025. | The Atlantic / Caleb Alvarado
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Pitch Comment, pour Heidi.news
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Trump revient aux fondamentaux et taxe encore un peu plus la Suisse.
Sortis par la porte, pour revenir par la fenêtre? Donald Trump s’est trouvé confronté à un camouflet en février 2026, quand la Cour suprême américaine a invalidé la plupart des droits de douane annoncés en grande pompe lors du «Liberation Day». Aujourd’hui, vendredi 24 juillet, les surtaxes de 10% sur les exportations américaines, imposées notamment à la Suisse et à l’Union européenne, sont devenues caduques, étant limitées à 150 jours.
Qu’à cela ne tienne, l’administration s’est trouvée un nouveau cheval de bataille: le travail forcé. Début juin, le secrétaire au commerce a ainsi annoncé une liste de 60 zones économiques dont elle estime qu’ils ne respectent pas (54 pays, dont la Suisse) ou insuffisamment (l’Union européenne) les restrictions d’import destinées à lutter contre le travail forcé.
Riz de Birmanie, bœuf brésilien, tabac de Birmanie, coton de Chine, sont par exemple identifiés comme des biens problématiques.
12,5% pour la Suisse
Sauf que les États-Unis, fidèle à leur détestation du droit supranational, n’ont jamais ratifié la convention 29 de l’Organisation internationale du travail (OIT) contre le travail forcé. Et que le pays continue de faire travailler ses détenus pour le secteur privé, à des salaires misérables.
Bref, ce n’est pas un regain d’humanisme qui motive Washington, mais la recherche de victoires politiques et d’un moyen de contourner les restrictions de la Cour suprême.
Après plusieurs semaines de suspense, l’administration Trump a finalement annoncé jeudi soir le montant de ces nouveaux droits de douane, en vigueur depuis aujourd’hui et censés s’inscrire dans la durée — à moins bien sûr que d’autres décisions de justice ne viennent les invalider. Ils sont compris entre 10% et 12,5%. Naturellement, la Suisse écope du barême maximum….
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Il est temps de raconter le monde
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«Vivre sous sanctions américaines, c’est vivre dans une incertitude permanente.» Onze juges et procureurs de la Cour pénale internationale ont été sanctionnés par le gouvernement américain en mars dernier, en représailles pour le mandat d’arrêt émis contre Benyamin Netanyahou. Certains ont rendu public l’impact immense sur leur vie quotidienne. Interdiction de voyager aux États-Unis, avoirs bancaires gelés, banissement de tous les produits et services américains: Apple, Microsoft, Amazon, Airbnb, PayPal…
JusticeInfo.net
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La difficile lutte anticorruption en Ukraine. Andrii Yermak, l’ancien chef de cabinet de Volodymyr Zelensky, a démissionné en décembre 2025 sur fond de lourds soupçons de corruption. Depuis, il a été mis en cause dans une autre affaire, dite «Dynasty», du nom d’un lotissement de luxe à Kozyn, près de Kyiv, ayant sans doute servi à blanchir de l’argent. Dans cet article, Oleksandr Klymenko, le chef de la division anticorruption du Parquet national ukrainien, révèle les menaces subies par une des expertes de l’enquête en cours sur ce dossier. Il appelle à la constitution d’une institution nationale forensique dont l’indépendance soit garantie.
Ukrainska Pravda (EN)
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Comment la CPI s’est perdue dans son propre labyrinthe. Accusations de harcèlement, enquête controversée, conclusions de juges écartées par les diplomates: la procédure contre le procureur de la Cour pénale internationale Karim Khan (relevé de ses fonctions hier soir) soulève de vives critiques. Avec, en arrière-plan, les sanctions américaines et les mandats contre des dirigeants israéliens.
Geneva Solutions / Le Temps (EN)
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Un mot sur l’auteur
Journaliste suisse, correspondant aux Nations unies pour les quotidiens Libération et Le Temps, Pierre Hazan a ensuite fait carrière dans la justice internationale, notamment comme médiateur au Centre pour le Dialogue Humanitaire et conseiller éditorial du site JusticeInfo.net, pour la Fondation Hirondelle. Il est l’auteur de nombreux ouvrages sur les thèmes de la paix et de la justice.
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Avenue du Bouchet 2
1209 Genève
Suisse
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