Bonjour, c’est Pauline à Zurich, où le soleil pousse les gens à sortir au lieu de rester à la maison, et Adrien à Lausanne, où l'UNIL a finalement fermé ses portes vendredi dernier.

Ce soir, on s'intéresse aux étudiants en médecine, mobilisés pour répondre à la crise. On lira aussi le témoignage d'une famille en quarantaine infectée par le COVID-19.

Pauline Broccard et Adrien Miqueu, Zurich et Lausanne
Le 20.03.2020


La mobilisation massive des étudiants en médecine à Lausanne

A Lausanne, les stages en hôpital des 5ème années devaient se terminer le 13 mars. Mais face à l'ampleur que prend l'épidémie de coronavirus, la faculté de médecine a signalé qu'elle aurait besoin de 15 étudiants en renfort. «On a envoyé un mail à notre volée, et 30 minutes plus tard, 80 personnes voulaient s'engager!», s'enthousiasme Alexander Jucht, délégué des 5ème années à Lausanne. «Ça a pris une ampleur inouïe par rapport à nos attentes. La plupart sont prêts à sacrifier leurs vacances pour rejoindre l'effort. Aujourd’hui, on en est à 179 étudiants de 5ème année, et 108 de 4ème. Les 6èmes sont de toute manière en année de stage et intégrés aux équipes.»

Les délégués ont centralisé toutes les demandes, et en parallèle recueilli les besoins des hôpitaux. «On a envoyé nos listes de volontaires, et c'est les hôpitaux qui décideront dans quels services les mettre. Il y aura besoin de monde partout, pas juste en réanimation et en soins intensifs. L'idée est de former des binômes avec les chefs de clinique pour libérer les médecins assistants. Les étudiants auront une formation accélérée dès aujourd'hui, et pourront commencer lundi. Pour celles et ceux qui sont en contact avec des personnes fragiles, mais qui veulent quand même s'engager, ils pourront participer aux axes alternatifs: les hotlines ou les garderies pour les enfants des soignants.»

Les étudiants ont été répartis de façon à ce qu'ils utilisent un minimum les transports en commun, tout en couvrant l'ensemble de la région lausannoise ainsi que les sites travaillant en réseau avec le CHUV, comme à Delémont ou en Valais. «On voit des comportements exemplaires, rajoute Alexander Jucht. Pour protéger leur famille, certains étudiants ont pris un appartement, le temps de leur action.» Le délégué ajoute que personne ne prend ça à la légère: «On a conscience que le travail n'est pas sans danger. Mais il est nécessaire et capital, on peut faire la différence sur le terrain. C'est vrai que l'on est des collaborateurs "idéaux" puisqu'on est jeunes et pour la plupart en bonne santé. Mais il faut que les étudiants se sentent en sécurité.»

Les hôpitaux peuvent aussi compter sur les étudiants étrangers en échange. «Ils nous disent: "je suis coincé ici, je ne peux pas rentrer chez moi, mais j'aimerais tout faire pour ce pays qui m'accueille." En ces temps de xénophobie, que l'on a vu envers les Chinois ou les Italiens, c'est un très beau message.»

Quand aux étudiants des trois premières années, leurs cours se déroulent de manière électronique. Les examens, eux, sont repoussées à une date indéfinie.


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Témoignage d'un pasteur infecté en quarantaine avec sa famille

«On se demande ce qu'il y a de pire: être isolé où entendre sa fille chanter à tue-tête "Libérée, délivrée" de la Reine des Neiges...» Benjamin Corbaz est pasteur à Savigny. Il y a une dizaine de jours, il a commencé à ressentir des douleurs musculaires et à tousser. Il «s'auto-isole» dans une pièce de la maison, mais très vite sa femme présente aussi des symptômes. Éducatrice spécialisée en contact avec des enfants, elle peut rapidement faire un test au CHUV, dimanche dernier. On l'appelle lundi: le test est positif.

A lire sur Heidi.news (FR)

Bien vu

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A l'EPFL, 130 affiches ordonnent aux étudiants qui seraient encore sur le campus de rentrer chez eux. Image postée sur Twitter par Martin Vetterli, le président de l'EPFL, et pointant vers les mesures mises en place par l'école.


Le monde change, la presse aussi

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Les hôpitaux zurichois sur le pied de guerre

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Dagmar Keller est cheffe des urgences à l’hôpital universitaire de Zurich (USZ). Elle nous décrit la situation dans les containers construits pour cette épidémie et ouverts depuis le 26 février.

«C’est une partie additionnelle de l’hôpital, ajoutée aux urgences normales. On a commencé avec un lit, aujourd’hui ce sont 18 places. J’ai formé une nouvelle équipe avec du personnel de l’USZ et des urgences qui fonctionnent indépendamment et très bien. Tous nos médecins sont au front. On en a besoin, car l’état des patients peut dégénérer en quelques heures et ils ont besoin d’aide respiratoire. C’est bien de voir que nos processus fonctionnent en cas d’extrême urgence. Malgré le contexte, nous essayons de mettre en place une sorte de normalité et prenons soin que chacun fasse régulièrement une pause. En dépit de la pression, l’ambiance est bonne. Il y a une forte dynamique de groupe, totalement indépendante de la hiérarchie. Et on nous livre chaque jour des pizzas gratuites, un geste qui fait plaisir.»

Un peu plus loins, à l’hôpital Triemli de Zurich, une infirmière qui travaille dans la station dédiée au coronavirus a accepté de nous raconter à quoi ressemble ce département sous couvert d’anonymat (nom connu de la rédaction):

«C’est une station de 25 lits, avec des portes d’isolation et coupe-feu, qui n’a que des chambres privées et où les visites sont interdites. Une deuxième station a ouvert hier jeudi. Le but est d’atteindre les 50 lits. C’est ici qu’on s’occupe des patients dont l’infection est confirmée, mais aussi de ceux qui attendent leurs résultats. S’ils sont négatifs, ils doivent naturellement quitter la station. Cela amène une grande fluctuation de patients, et beaucoup de travail pour tout stériliser et isoler à chaque fois. On est à court de lunettes jetables, de charlottes et de thermomètres. Le tout demande beaucoup de temps et de concentration. C’est là qu’on doit faire attention à ne pas faire de fautes et à ne pas s’infecter soi-même. J’ai remarqué que les patients deviennent de plus en plus malades et âgés. Les gens ne courent plus aux urgences comme il y a quelques semaines. Toutefois on relève que la solidarité est énorme, tout le monde s’y met: Les mamans travaillent plus que d’habitude, tout le monde fait des heures supplémentaires, moi-même je travaille plus du double de la normale. Déjà maintenant c’est juste. On essaye de se préparer pour le “worst case scenario”, mais j’ai peur d’être à un certain moment en charge de dix à quinze patients, de ne pas être à la hauteur et de ne pas pouvoir porter cette responsabilité.»


Une raison d'espérer

Covid-19 n'a rien à voir avec la grippe dite espagnole. La grippe de 1918 reste dans les mémoires comme une des catastrophes sanitaires les plus terrifiantes de l’histoire, et ajoute à l’anxiété concernant Covid-19. Mais l’étude historique de la «mère de toutes les pandémies» permet de comprendre que ses conséquences sont très dépendantes du contexte sanitaire et de la réponse mise en œuvre.

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Covid-19 sur Heidi.news

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«Je crois que j’ai attrapé le Covid-19.» Depuis le 9 mars, Gea Scancarello et Gabriele Galimberti tiennent pour Heidi.news une chronique, en textes et en images, du confinement à Milan. Aujourd'hui, Gea a de la fièvre. Elle a appelé un médecin: «C'est le Covid, selon toute probabilité.»

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Pas de confinement mais des amendes. La rumeur de l’annonce d’un confinement de la population à domicile enflait depuis plusieurs jours. Mais finalement, c’est non. Le Conseil fédéral ne veut pas obliger les Suisses à rester chez eux et préfère continuer de miser sur la responsabilité de chacun pour freiner la propagation du coronavirus. Il durcit tout de même ses mesures et annonce une amende de 100 francs pour les rassemblements de plus de cinq personnes dans l’espace public.

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Genève annonce des amendes «de 100 à 10'000 francs». Le Conseil d'Etat genevois s'est réuni en séance extraordinaire ce vendredi 20 mars afin de faire le point sur la situation dans l’épidémie de Covid-19. Après une annonce similaire hier dans le canton de Vaud, le Conseil d’Etat informe que les infractions aux mesures cantonales et fédérales destinées à limiter la propagation du virus sont désormais punissables d’amendes pénales allant de 100 à 10'000 francs.

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L’industrie pharma est mobilisée mais doute. La mobilisation du secteur ne fait pas de doute, avec plus de 80 traitements et une dizaine de vaccins en développement. Tous ont mis en avant un niveau de collaboration jamais vu entre l’industrie et les autorités de santé. Mais les patrons de la pharma ne cachent pas les difficultés à massifier la production, que ce soit pour les tests diagnostiques aujourd’hui, ou les traitements et vaccins dans le futur.

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A des chiffres précis, l'OFSP préfère un indice approximatif. Vous voulez savoir combien de personnes sont décédées des suites de Covid-19 dans votre canton? Ou savoir combien de personnes ont été testées positives au coronavirus et le nombre de guérisons en Suisse? L’évolution des modèles statistiques de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) ne permet pas d’obtenir ces informations avec précisions.

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L’art de l’intubation et les risques pour les soignants. En attendant les premiers occupants, cet infirmier au sein d'une unité de Covid-19 des HUG se forme à de nouvelles pratiques de prises en charge, qu'il nous décrit. Il observe d’un œil serein et concentré une situation de crise qui restera unique dans sa carrière médicale. Témoignage.

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Comment les soins à domicile s’organisent face au coronavirus. Confiner les personnes âgées à leur domicile pour les protéger de l’épidémie de coronavirus génère un isolement important: plus de visites du coiffeur, plus de femmes de ménage, plus de visites de la famille, plus de livraisons de repas jusque dans la cuisine. Les centres médico-sociaux et les équipes des infirmières mobile urgences à domicile jouent un rôle important pour rassurer et prodiguer des soins. Reportage ce vendredi 20 mars à Payerne.

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Californie et Argentine confinées. Suivez toutes les grandes étapes de l’épidémie en Suisse et dans le monde grâce à notre récapitulatif régulièrement mis à jour.

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l'édition de jeudi

Bonne soirée!

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