Bonjour, c’est Adrien à Lausanne, où la police patrouille au bord du lac et sanctionne les regroupements de plus de 5 personnes. Pour l’instant, très peu d’incivilités sont à relever.

Ce soir, on entend le témoignage d’un astreint à la Protection civile dans un EMS, et on reprend des nouvelles des étudiants en médecine après une semaine sur le terrain.

Adrien Miqueu, Lausanne
Le 31.03.2020


«La Protection civile m'envoie en EMS, mais je n'ai pas été testé»

«Il y a quand même beaucoup de gens qui gardent des portes.» Quentin* a dû quitter temporairement son emploi habituel quand il a été mobilisé par la Protection civile (PCi) dans le canton de Vaud. Il s’interroge sur l’efficacité du dispositif. Il y a 2 semaines, la PCi a envoyé un courrier de mobilisation à tous les astreints du canton, et les a répartis entre les EMS, les cliniques et les associations. «Le premier jour, pour attribuer les missions, on se retrouve à une petite cinquantaine dans un endroit pas aéré, proches les uns des autres. Personne n’a été testé. Potentiellement, on a pu tous se contaminer.»

Quentin est affecté dans un EMS vaudois. «Le jour où je suis arrivé, les équipes n’étaient pas informées de ma venue. Après ils m’ont intégré comme si je travaillais là, sans problèmes. Mais le cahier des charges n’est vraiment pas clair.»

Le cahier des charges justement: depuis que les visites ont été interdites, il faut filtrer les entrées, prendre la température du personnel avec un thermomètre laser et leur donner un masque. «Normalement, c’est un masque par jour et par personne. Sachant qu’ils sont censés avoir une efficacité de 4 heures… Alors, certains viennent nous en demander un deuxième dans la journée. Et on leur donne.» Dans l’unité de Quentin, il y a 4 personnes en isolement sur une vingtaine de résidents. Et sur l’établissement, on compte au moins 2 décès de résidents et 6 collaborateurs testés positifs.

«La situation est très tendue, le personnel est très fatigué. Pour ne pas engorger les hôpitaux, on essaye de garder les malades sur place mais c’est très compliqué. Il ne faut surtout pas qu’ils contaminent les autres, ni le personnel. Il y a des problèmes très concrets: quand le plateau repas d’une personne à l’isolement revient, il faut le séparer des autres pour ne rien contaminer. Une fois le loup entré dans la bergerie, c’est dur de tout contenir.»

«Ça donne une ambiance très bizarre: tout le monde a le masque, sauf les résidents. On entend le personnel qui annonce, «Restez dans vos chambres! Ne vous mélangez pas!» J’ai vraiment beaucoup d’admiration pour eux. Ils sont en sous-effectif, super exposés, ils se donnent à fond, ils font tout au mieux.»

Autre mission pour les mobilisés de la PCi: la distribution des repas, la lecture des journaux ou les sorties dans le parc avec les résidents. «C’est pas facile pour moi: j’ai aucune formation là-dedans, on est parachutés en EMS, dans un environnement sous tension. Faut réussir à encaisser, on devient vraiment des accompagnants. Il y avait une grand-maman qui me disait: «Oh mais c’est dimanche aujourd’hui, on va avoir les visites du dimanche après-midi!». J’ai pas eu le cœur de lui dire qu’il n’y allait pas en avoir.»

«On peut quand même se rendre utiles, mais il faudrait plus d’adéquation entre la PCi et les besoins des EMS. Quand j’ai pu faire une balade dans le parc avec une résidente, alors que le personnel n’avait pas le temps, elle était toute contente. Là je me suis senti utile. Ou pour la distribution des repas, on les décharge. Mais je ne suis souvent pas orienté vers les services qui auraient vraiment besoin d’aide.»

Un personnel sous tension donc, mais «que l’on encourage avec café et croissants gratuits toute la journée».

(Prénom d’emprunt, identité connue de la rédaction)


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Les étudiants en médecine sur le terrain depuis une semaine

Pour savoir comment se passait la mobilisation des étudiant.e.s en médecine depuis la dernière fois que je vous en ai parlé, nous avons rappelé Alexander Jucht, délégué des 5e années. «Tout se met en place. On a plus d’une centaine de 4e et 5e années sur le terrain, soit un tiers des volontaires, et ce chiffre augmente chaque jour. Nous sommes engagés dans les hôpitaux, mais aussi les EMS, CMS et les cabinets de généralistes où l’on fait de la télémédecine et des visites à domicile.»

Globalement, les retours sont positifs. «Il y a une grande cohésion dans les équipes, avec toutes les personnes mobilisées, que ce soit avec les médecins, les infirmiers ou les gens de la PCi. Les hôpitaux et les généralistes commencent aussi à proposer le gîte et le couvert pour ceux qui ont des personnes fragiles à la maison.»

«La vague n’est pas trop forte pour l’instant, même si on constate une augmentation du nombre de patients qui arrivent. Actuellement nous ne sommes pas débordés, mais comme on l’entend beaucoup, c’est un marathon, pas un sprint. On prévoit d’être disponibles pour les deux prochains mois.»

Et pour beaucoup d’étudiant.e.s, c’est un baptême du feu. «La première expérience clinique est de toute manière assez lourde. Et ici, c’est décuplé. Pour les 4e années bien sûr, dont c’est le premier stage, mais je vais vous dire, même pour les 5e années… On est confronté à des situations bien plus «réelles». Dans un stage «classique», on est très encadré, on nous dit quoi faire. Là, avec le manque de temps, on doit être le plus autonome possible. On se retrouve avec beaucoup de responsabilités à prendre. C’est pas juste un stage pour «divertir» les étudiants. On se rend vraiment utile.»


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