Bonjour, c’est Adrien à Lausanne, où des chercheurs en psychologie de l’UNIL participent à l’étude internationale «L’amour à l’époque du Covid».

Aujourd’hui, on se déplace dans le Nord Vaudois, à l’hôpital d’Yverdon, où des étudiants sont venus en renfort pour les dépistages.

Adrien Miqueu, Lausanne
Le 21.04.2020


Une étudiante au tri Covid à Yverdon

«La semaine d’organisation a été assez difficile. Est-ce qu’on allait rester sur le côté à regarder ça de loin?» Nous vous avions expliqué, il y a quelques semaines, que les étudiants en médecine de Lausanne s’étaient portés volontaires sur le front du Covid. Leurs délégués se sont ensuite démenés pour mettre en lien les candidats et les hôpitaux en manque de bras. Floriane Maillard, en 5ème année, a tout de suite répondu à l’appel. «Nous sommes déjà en 5ème, et en même temps nous ne sommes ‘que’ en 5ème! Nous avons un bagage théorique, il nous manque cependant l’expérience des 6èmes. Mais les hôpitaux nous ont accueilli en ayant vraiment réfléchi à comment nous pouvions être utiles, et à ce qui pourrait être intéressant pour nous.»

A Yverdon, l’hôpital avait besoin d’une dizaine de renforts pour aider au dépistage. «Il y a une tente à l’entrée de l’hôpital, avec un premier tri par une infirmière et une assistante médicale. Les gens arrivent ensuite chez nous, dans des container réaménagés. On fait une consultation dirigée, on regarde les symptômes, les facteurs de risque, le milieu professionnel. Si c’est indiqué, on fait le test. On suit les guidelines de l’hôpital. Mais pour nous, il y a aussi du raisonnement clinique. Ce n’est pas juste suivre une liste de procédures. On est tout le temps en train de se dire ‘à quoi d’autre dois-je penser avec ces symptômes, quelles complications dois-je considérer?’ C’est très stimulant.»

Les étudiants sont supervisé par un chef de clinique, auquel ils réfèrent pour les cas les plus sérieux. «Dès qu’il y a un doute, une question, on l’appelle. On a donc une certaine autonomie, mais qui est toujours «supervisable». En 4ème année, le stage consistait plutôt à suivre quelqu’un dans son travail. On pouvait nous déléguer quelques tâches, mais ça restait très encadré. Là, on est vraiment responsables d’un poste. Ça devient sérieux, c’est agréable.»

«L’encadrement est très bienveillant, on nous a vraiment dit dès le départ: ‘ne restez pas avec un doute, appelez-nous’. Car on peut vite se faire du souci, si on pense avoir mal géré une situation. La plus grande peur, c’est de laisser quelqu’un rentrer à la maison alors que ça pourrait empirer. C’est quand même assez impressionnant. Mais il faut bien commencer quelque part. Et en même temps le contexte est très clair, on a une tache attribuée.»

«On a du matériel et il y a beaucoup de rigueur. On se demande bien sûr ce qu’il va se passer, mais pour l’instant tout est sous contrôle. Il y a une effervescence, mais les règles d’hygiène sont très strictes. C’est notre quotidien le nettoyage: on change en permanence de surblouse, de gants, on se lave les mains tout le temps, on change de vêtements quand on arrive…»

«Le risque zéro n’existe pas, donc ce n’est pas impossible que je ramène le virus chez moi. Je vous avoue que c’est un peu difficile à vivre. J’habite chez mes parents, alors j’essaye d’être très stricte dans mes contacts. C’est aussi un souci de cohérence entre ma vie professionnelle et personnelle, il faut que je suive les conseils que je donne… Mais comme pour tout le monde, ce n’est pas toujours facile.»

Au niveau académique, l’année est pour le moins chamboulée. «Il restait des examens, mais ils sont déplacés à une date ultérieure, inconnue pour l’instant. Mais ça va devenir difficile, parce qu’après nous allons tous partir en stage, aux quatre coins de la Suisse. On ne sait pas si les stages commenceront en juin, il va y avoir un gros mix entre hôpitaux, ce qui n’est pas forcément une bonne idée. Certains stages sont également annulés dans les domaines tournant au ralenti, comme en ophtalmologie.»

Les projets de master sont également impactés. «Normalement nous le rendons en décembre, mais la faculté va arranger des délais supplémentaires si nous avons des problèmes pour avancer. Pour une revue de littérature, avec des articles en ligne, pas de problème. Mais s’il faut accéder à des données patients pour une étude, les hôpitaux n’ont pas le temps en ce moment. Moi, je dois consulter des dossiers au CHUV, ce qui ne constitue pas un déplacement prioritaire… On prend ça avec pragmatisme. La faculté nous a dit qu’elle était très fière de notre mobilisation. La priorité maintenant, c’est la pandémie.»


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Une raison d'espérer

Un million de francs récoltés pour les commerçants. Une plateforme de soutien aux commerçants a été mise en place le 18 mars dernier par la Jeune Chambre Internationale Suisse. L’initiative est partie de Fribourg, pour s’étendre à toute la Suisse romande, ainsi qu’à Schwyz et dans les Grisons. Le concept: acheter un bon cadeau dans un commerce local contraint à la fermeture, et le faire valoir à sa réouverture. L’argent permettra ainsi à l’établissement de régler ses frais fixes. En 4 semaines, la plateforme a levé 1’300’000 francs, reversés à 3500 commerçants.

Soutien aux commerçants locaux. (FR)

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L’hôpital d’Yverdon se réorganise

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«Il y a eu une baisse importante de la fréquentation des urgences.» John Nicolet est médecin assistant à la permanence médicale, une partie des urgences dédiée à la médecine interne générale. «Il y a moins d’activité, moins d’entorses etc. Mais il y a des gens qui doivent attendre que leur problème passe tout seul. On se pose vraiment des questions sur les AVC, les infarctus. Du coup nous avons fait une campagne pour que les gens viennent. Les zones Covid et non-Covid sont très séparées, ils peuvent venir sans être du tout mis en contact.»

L’hôpital s’est en effet complètement réorganisé pour faire face à l’afflux de patients. Ceux atteint par le Covid, mais aussi tous les autres malades qui continuent à arriver. Les services ont été séparés en une zone «propre» et une zone «sale», et l’activité de certains secteurs a été réduite, comme en chirurgie.

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«Le CHUV est mobilisé depuis 1152 heures, j’en aurai vécu 24.» Dernier épisode de notre Exploration de 24 heures au CHUV sur le front du coronavirus. «Le jour s’est levé. Je fais le point sur les études cliniques en cours et vais dormir. Les médecins et les soignants continuent: la crise n’est, de loin, pas terminée.»

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La réouverture des écoles inquiète parents et enseignants. Une pétition lancée dans le canton de Vaud pour s’opposer à la réouverture des écoles obligatoires le 11 mai a récolté près de 15’000 signatures. Cette initiative fait écho aux craintes des syndicats d’enseignants. La Fédération des parents d’élèves de Suisse romande confirme que l’inquiétude est palpable parmi ses membres.

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«Et si le virus pouvait se réactiver chez moi?» Gea, notre correspondante à Milan, a été infectée par le Covid-19 il y a un mois. Elle se pensait complètement remise, mais, depuis samedi, certains symptômes reviennent. Muscles douloureux, toux, fièvre… Le virus pourrait-il se «réactiver» chez certains malades? C’est ce que notre journaliste cherche à éclaircir.

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Combien de personnes sont réellement guéries? On ne connaît pas avec certitude le nombre de personnes ayant contracté le coronavirus en Suisse. L’incertitude relative aux données épidémiologiques génère cette question d’une lectrice. La réponse de Lorène Mesot, journaliste au flux santé.

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L’animatrice Mirella Raymond aide le résident Marc-Henri, qui a survécu au Covid-19, à communiquer avec sa famille grâce à un Smartphone. EMS 4 Saisons, établissement médico-social du Pôle Sante Pays-d’Enhaut, à Château-d’Œx, le lundi 20 avril 2020. | Keystone / POOL / Laurent Gilliéron

Les EMS ont dû innover pour s’en sortir. Durement frappés par le Covid-19, les EMS du canton de Vaud entrevoient le bout du tunnel, mais. ils ont dû se réinventer pour survivre à la crise. Reportage à Château-d’Œx.

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Les anticorps contre le coronavirus pourraient-ils faciliter l’infection? La présence d’anticorps contre le coronavirus dans le sang des personnes qui ont été infectées est généralement considérée comme un gage de protection. Mais si, au lieu d’empêcher ce virus de nous nuire une seconde fois, ces anticorps facilitaient au contraire son entrée dans nos cellules? Cette hypothèse, appelée facilitation de l’infection par les anticorps, est à l’étude.

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La Chambre de commerce de Genève dans la blockchain. On peut avoir 155 ans, être confinée et se passionner pour l’innovation numérique. C’est le cas de la Chambre de commerce, d’industrie et de services de Genève (CCIG) dont l’assemblée générale annuelle s’est tenue, hier, en streaming vidéo pour cause de distanciation sociale. Surtout, l’élection de sa nouvelle présidente Laurence de la Serna et les votes sur divers objets comme l’approbation des comptes ou la création d’un barème de cotisations moins chères pour les start-up ont été garantis sur une blockchain.

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Le pétrole vaut moins que rien, et ce n’est pas une formule. Or noir, drôle de nom pour un fluide dont plus personne ne veut. La journée de lundi a été épique sur le marché du brut. Une première absolue dans l’histoire pourtant mouvementée du pétrole, le liquide qui rend fou. Récit.

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Hier, les producteurs américains ont payé pour vendre leur pétrole. Pour la première fois dans l’histoire, le prix du pétrole américain a été négatif. Les producteurs et les négociants se sont trouvés dans la situation inédite de devoir payer pour se débarrasser des barils en leur possession. Principal marché du brut aux Etats-Unis, l’indice West Texas Intermediate (WTI) a clôturé la journée de lundi 20 avril à -37,63 dollars pour un baril échangé.

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Adrien Miqueu est doctorant en histoire des sciences à l’UNIL. Malgré son master de physique à l’EPFL, il a préféré être aussi journaliste scientifique et dessinateur de BD. Vous pouvez lui écrire ici.


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