Bonjour, c’est Lorène pour vous parler d'éducation alors que les universitaires expérimentent les examens à distance. Une étudiante témoigne d'importants dysfonctionnements.

Ce soir, nous parlons aussi de l’attractivité de la Suisse pour les élèves internationaux et des perspectives, parfois moroses, des écoles privées.

Lorène Mesot, Genève
11.06.2020


«J’ai eu trois examens la même journée, dont deux à une demie-heure d’intervalle»

«La pire session d’examens de ma vie.» Au téléphone, la voix de Loredana est teintée d’amertume. Si pour beaucoup les examens à distance se déroulent plutôt bien, pour cette étudiante de 22 ans, en deuxième année de Bachelor d’économie et management à l’UNIGE, la session relève du parcours du combattant: «Je partage ma chambre avec ma soeur et je n’ai pas de bureau chez moi. Pendant mes examens, je m‘installe dans la cuisine et demande à ma famille de sortir de l’appartement. Ne pas avoir accès à la bibliothèque pour réviser est aussi très compliqué.»

Etudiante à la Geneva School of Economics and Management (GSEM), l’étudiante a expérimenté TestWe, le logiciel très controversé de surveillance des examens. «C’est n’importe quoi. Le logiciel prend des photos aléatoirement pendant l’examen. J’ai fait tomber ma feuille par terre. J’avais peur de la ramasser et d’être hors champ quand la photo se déclenche.

Il y a eu des bugs informatiques importants. TestWe permet de bloquer les fonctionnalités de l’ordinateur lorsque l’examen est ouvert. La GSEM a renoncé à recourir à ce blocage et décidé de faire des examens «open book» suite aux critiques, seulement lors d’un examen, il y a eu un problème et plusieurs étudiants ont eu un blocage de fonctionnalités. Ils ne pouvaient plus ouvrir les fichiers sur leur ordinateur sans quitter l’examen. Ceux qui n’avaient pas imprimé leurs feuilles de cours sont complètement pénalisés. Ils nous ont avertis qu’il y aurait une adaptation du barème, mais je ne comprends pas pourquoi la faculté s’est obstinée à vouloir utiliser ce logiciel. Mes amies en sciences de l’éducation utilisent Moodle et ça fonctionne très bien.»

Autre problème évoqué: le manque de temps. Pour éviter les tricheries, la durée de nombreux examens a été réduite à une heure. «Pour Introduction à l’économétrie, nous avons eu un QCM de dix questions et deux questions ouvertes à réaliser en une heure avec des formules mathématiques à écrire en format Word, ce qui prend énormément de temps à cause des symboles. Pour International management, c’était 50 questions QCM très longues en anglais à faire en une heure. Rien que lire la question et la réponse prend plus d’une minute.

Pour couronner le tout, j’ai eu trois examens la même journée, dont deux à une demi-heure d’intervalle. Trente minutes pour passer de la psychologie, une faculté où je suis des cours à option, à la comptabilité. Cela n’aurait jamais pu arriver en présentiel. Je n’ai pas osé me plaindre de peur de devoir passer la psychologie en août.»

Loredana relève finalement d'importantes disparités entre les professeurs: «Certains nous ont fait passer des examens à blanc pour essayer la plateforme et ont été très présents dans la préparation à l’examen. En revanche, plusieurs ont complètement disparu de la circulation pendant le confinement et nous ont fait des examens avec un niveau de difficulté similaire, autant de contenu ou presque, et moins de temps.»


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Comment les écoles privées gèrent le danger de perdre leurs riches élèves internationaux

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Keystone / Jean-Christophe Bott

La Suisse demeurera-t-elle une destination de choix pour les élèves internationaux malgré la crise sanitaire et économique? La question ne suscite pas d’inquiétude du côté des universités publiques: les premiers chiffres de l’EPFL et de l’Institut de hautes études internationales et du développement, qui accueillent de nombreux étudiants étrangers, indiquent un taux d’inscriptions comparable à l’année dernière. En revanche, la question est cruciale et la réponse incertaine pour les structures privées dont les frais de scolarité et d’internat sont l’unique source de revenus.

Les écoles privées suisses brillent sur la scène internationale aux côtés d’établissements américains, britanniques et singapouriens. Suite aux mesures relatives au coronavirus, certaines ont d’ores et déjà renoncé aux camps d’été et remboursé les frais d’internat du dernier trimestre, avec des pertes atteignant parfois plusieurs millions de francs. Les perspectives économiques pour la rentrée prochaine sont, quant à elles, très variables selon les écoles.

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Le monde change, la presse aussi

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Nouvelle revue: le Grand confinement. Que restera-t-il de cette année 2020 absolument hors du commun? Heidi.news publie une nouvelle revue exceptionnelle. Vous y trouverez les chroniques d’une journaliste qui a vécu le confinement à ­Milan, ainsi que les voix de quatre experts. Le tout ponctué par des chiffres de la pandémie, et les articles les plus importants parus ce printemps sur notre site.
L’ouvrage est signé de la rédaction de Heidi.news, avec Gea­ Scancarello, Bertrand Kiefer, Cédric Tille, Alexandra ­Calmy et Tibère Adler, éditeur et co-fondateur de Heidi.news.

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L'éducation sur Heidi.news

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Les maigres victoires du Manifeste académique un an après la grève féministe. La grève des femmes du 14 juin 2019 a été l’occasion pour les chercheuses suisses de porter leur combat pour l’égalité sur le devant de la scène. Un Manifeste académique pour la grève féministe, regroupant 20 revendications, avait alors récolté près de 2000 signatures. Un an plus tard, force est de constater que ces demandes, portant sur les nominations, les salaires ou encore la conciliation entre famille et travail, n’ont pas été suivies des changements concrets espérés.

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Rêves et espoirs d'élèves genevois. «Demain le virus ne sera plus qu’un mauvais souvenir.» Dès l’annonce de la fermeture des écoles, le 13 mars, le professeur de français Jean-Marc Cuenet a mobilisé les élèves de son cycle genevois pour garder une trace écrite de ce moment unique. Voici le troisième volet de leurs aventures: les «demains de confinement».

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Une raison d'espérer

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Keystone / Jimin Lai

La Chine a retiré les écailles de pangolin, le fourmilier notoirement connu pour être porteur de coronavirus, de la liste officielle de la pharmacopée de la médecine traditionnelle chinoise, relaie The Guardian. Cette décision devrait offrir un peu de répit à ce mammifère, le plus trafiqué du monde. En 2019, selon l'ONG WildAid, plus de 130 tonnes d’écailles circulant dans des trafics transfrontaliers ont été saisis, ce qui représente environ 400’000 animaux.


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La Confédération concède un coup de pouce aux infirmiers. Le Conseil des Etats a largement adopté le contre-projet indirect du Conseil national à l’initiative «Pour des soins infirmiers forts» mercredi 10 juin. La crise sanitaire actuelle a convaincu les sénateurs du rôle pilier des infirmières dans le système de santé. La Chambre des cantons s’est ainsi prononcée en faveur d’un soutien de 369 millions de francs de la Confédération en faveur de la formation du personnel infirmier, ainsi que de l’extension du champ de compétence des professionnels.

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Masques et transmission, l'OMS fait le point en vidéo. L’Organisation mondiale de la santé a organisé une session de réponses aux questions des internautes. Accompagnée du Dr Michael Ryan, chef des programmes d'intervention d'urgence de l’OMS, la Dre Maria Van Kerkhove, responsable technique Covid-19 pour l'OMS, a abordé les différentes questions de la transmission du virus, dont celles du port du masque mais également la durée de transmission du coronavirus Sars-CoV-2.

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La Suisse était-elle suffisamment préparée? Les ruptures de stock de matériel de protection, comme les masques et les sur-blouses, éveillent certaines interrogations quant au niveau de préparation du pays face à la pandémie. Eclairage avec l’un des hommes les plus aguerris de Suisse: Denis Froidevaux, chef de l’Etat-major cantonal de conduite du canton de Vaud qui pilote l’engagement des partenaires sécuritaires et des services techniques, autorités et communes en cas de situation extraordinaire.

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