Bonjour, c’est Sophie pour vous parler d'éducation, alors qu'une crèche a été fermée dans le Val-de-Ruz en raison d'un cas positif au Covid-19, entraînant la mise en quarantaine de soixante personnes.

Ce soir, nous évoquons les enfants en bas âge et les écrans pendant le confinement (mais pas que) avec la chercheuse lausannoise Nevena Dimitrova. Et nous revenons sur les tensions entre les enseignants et le Département de l'instruction publique à Genève.

Sophie Gaitzsch, Genève
Le 09.07.2020


Pendant le confinement, 60% des bébés romands regardaient régulièrement des écrans

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Combien de très jeunes enfants utilisent régulièrement des écrans? Et avec quels effets? A la Haute école de travail social et de la santé de Lausanne, la professeure de psychologie Nevena Dimitrova a réalisé en avril et mai de cette année une enquête en Suisse romande auprès des parents de 400 enfants âgés de 1 an à 2 ans et demi pour répondre à ces questions. Particularité de la démarche, elle porte sur l’utilisation des écrans en général, mais aussi sur la manière dont elle a changé durant le confinement.

«Il n’existait jusqu’ici que très peu de données sur les habitudes des enfants de cette catégorie d’âge au niveau national, et aucune portant spécifiquement sur la Suisse romande», souligne Nevena Dimitrova. Et si les pédiatres recommandent de ne pas exposer les enfants de moins de trois ans aux écrans, les résultats de l’étude montrent que la réalité des familles est bien éloignée de cette injonction.

«En Suisse romande, 38% des enfants de 12 à 30 mois regardent régulièrement la télévision ou d’autres écrans, pour visionner un dessin animé, faire un jeu ou communiquer avec leurs grands-parents. Nous constatons par ailleurs que la consommation augmente fortement au cours de la deuxième année de vie: entre 12 et 17 mois, la proportion d’enfants exposés aux écrans est de 17%. Elle passe à 37% entre 18 et 23 mois, et atteint 51% entre 24 et 30 mois.»

Sans surprise, le confinement a entraîné une forte hausse de l’usage des écrans. Il est ainsi passé de 38% à 60% pour l'ensemble des trois groupes d’âges. Si l’on prend en compte uniquement les 24 à 30 mois, la proportion atteint même 81%. Autre conclusion du rapport, la part de jeunes enfants consommant des contenus non adaptés à leur âge est passée de 22% en temps normal à 35% durant le confinement.

Les psychologues ont également examiné le lien entre ces pratiques et les compétences en vocabulaire des bébés. Résultat: ils n’ont pas observé de différence entre les jeunes enfants usagers des écrans et les autres. «Contre toute attente, nous avons même constaté que dans le groupe des 12-17 mois elles étaient meilleures chez les premiers. Pourtant, pour les enfants plus grands, la littérature montre clairement une influence négative sur le langage.»

Comment expliquer ce résultat? Nevena Dimitrova évoque la piste du «co-visionnage». «Les très jeunes enfants regardent des écrans dans plus de 90% des cas en compagnie d’un parent ou de la fratrie. Or beaucoup de parents sont actifs, pointent ce qui se trouve sur l'écran, verbalisent, expliquent. Ceux qui bénéficient de ce type de ‘stratégies’ affichent ainsi un meilleur vocabulaire. Nous observons des résultats similaires dans les moments de lecture partagée.»

De là à dire qu’avoir recours aux smartphone, télévisions et tablettes avec les bébés est une bonne chose, il n’y a qu’un pas que Nevena Dimitrova ne franchit pas. Les effets nocifs des écrans sur la santé physique des enfants, tels que problèmes de vue ou surcharge pondérale, restent une réalité. «Le message, c’est: si vraiment vous devez mettre votre enfant devant un écran, faites-le en dernier recours et avec un accompagnement de qualité!»


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Entre les enseignants et leur département, l’impossible dialogue genevois

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«Nous attendions des indications claires, mais rien n’est venu.» «On s’est sentis lâchés dans le vide.» «Anne Emery-Torracinta, je l’aime bien, mais elle n’écoute rien.» Les enseignants genevois interrogés depuis avril par Heidi.news dans le cadre de plusieurs articles sur l’école durant la crise du coronavirus ne se montrent pas tendres envers leur hiérarchie.

L’école à distance instaurée dans la précipitation, tous les cantons en ont fait la douloureuse expérience. Mais la situation semble particulièrement tendue à Genève. Entre déception et colère, les enseignants regrettent un manque de soutien et de communication de la part du Département de l’instruction publique (DIP). Pour les syndicats, la pandémie a exacerbé des problèmes préexistants.

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Une raison d'espérer

Nouveau coup de pouce vaudois aux apprentis. Le Canton de Vaud avait déjà présenté un plan à 16 millions de francs pour les apprentis et les entreprises formatrices au mois de mai. Il vient de débloquer 3 millions de francs supplémentaires. Cette somme vise à mettre en place six mesures. Le délai pour commencer une formation professionnelle est par exemple repoussé du 31 juillet au 15 novembre. Autre nouveauté: les apprentis qui ont perdu leur emploi durant la crise du Covid-19 bénéficieront d'un encadrement renforcé.

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Ce qui a (déjà) changé depuis le début de Black Lives Matter en Suisse. «Cela fait un mois que mon témoignage sur le racisme en Suisse a été publié. La rédaction en chef de Heidi.news m’a donc demandé si j’avais l’impression que des choses avaient changé, ici en Suisse, depuis le début du mouvement Black Lives Matter. Et je leur ai répondu que OUI!»

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Les lauréats du Prix Leenaards expliquent leur traque de l'origine des maladies auto-immunes. Le prix scientifique de la Fondation Leenaards 2020, doté de 650’000 francs, a été décerné le 29 juin 2020 à l’équipe de recherche menée par les Prs Andrea Ablasser (EPFL) et Michel Gilliet (CHUV). Leur projet vise à améliorer la compréhension des effets de l’hyperactivité du système immunitaire inné et à développer des pistes thérapeutiques associées dans les maladies auto-immunes. Les chercheurs se concentrent sur la voie de signalisation cGAS/STING qui active les signaux inflammatoires contre les virus introduits dans l’organisme. Ils nous en parlent.

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Le premier procès suisse pour crime de guerre est repoussé. Les avocats de Civitas Maxima ont appris ce mercredi le report du premier procès pour crime de guerre en Suisse, celui qui doit avoir lieu à Bellinzone devant le Tribunal Pénal Fédéral contre le chef des rebelles libériens, Alieu Kosiah. Un revers de plus qui ne fait que souligner l’importance de leur mission. Fondateur de cette représentation juridique indépendante de victimes de crimes de guerre basée à Genève, Alain Werner répond à nos questions.

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L'OMS veut un examen de conscience général. L’OMS a installé le comité d’évaluation indépendant promis en mai 2020 lors de l’Assemblée mondiale de la santé, chargé d’évaluer la réponse sanitaire globale à la pandémie. Dans un discours aux Etats membres, le 9 juillet 2020, le directeur général Tedros Ghebreyesus a promis une transparence totale de l’OMS et appelé les pays à faire de même. Le comité sera présidé par l’ex-Premier ministre néozélandaise Helen Clark et Ellen Johnson Sirleaf, ex-présidente du Liberia.

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Une semaine sans décès en Suisse. Les grandes étapes de la pandémie ici et dans le reste du monde. Mis à jour quotidiennement.

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