Bonjour, c’est Sarah en France, où la vague de Covid-19 s'installe, notamment en région parisienne. A l'hôpital européen Georges-Pompidou, les internes en réanimation ont ouvert un compte Instagram pour communiquer sur leur quotidien.

Au menu ce soir, un témoignage de France voisine sur la préparation d'une maison de retraite médicalisée pour faire face au virus.

Sarah Sermondadaz, Genève
30.03.2020


Se préparer à l’arrivée du Covid-19 en EHPAD, «une attente armée qui épuise les nerfs».

Témoignage de Sylvie*, médecin en EHPAD en région frontalière franco-suisse. En France, les Établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) sont l'équivalent des EMS suisses.

«Pour l’instant, nous attendons la vague, aucun cas n’a encore été détecté dans notre établissement. Nous faisons beaucoup de tests, car les symptômes de la maladie sont encore plus flous et difficiles à identifier chez les personnes âgées. Parfois, il s’agit d’une simple confusion… Jusqu’à présent, ces tests ont été négatifs, mais nous avons conscience d’être assis sur des sables mouvants, car l’expérience ailleurs a montré que la situation évolue vite. On sait que le Covid-19 est à nos portes. Nous avons la chance d’être plutôt bien lotis en ressources humaines et matérielles. Nous avons une équipe stable et soudée. Mais c’est une attente armée qui dure et qui épuise les nerfs.

Nous échappons pour l’instant aux pénuries de masques. Nous en avons suffisamment pour en fournir un par jour à chaque soignant, même si l’idéal serait de pouvoir en distribuer plusieurs, et pour en donner un par semaine à chaque résident, notamment pour ceux qui n’arrivent pas à rester dans leur chambre sans se déplacer. Je parle là de masques chirurgicaux, car les rares masques FFP 2, on ne les jette pas, l’idée étant de trouver un moyen de les stériliser pour les réutiliser plus tard. Paradoxalement, là où l’on pourrait avoir des manques, c’est du côté des surblouses jetables en intissé.

Nous avons l’expérience de la grippe, que l’on sait gérer dans l’établissement. Comme pour la grippe, nous ferons peut-être face à un problème de surmortalité différée, lorsque des résidents affaiblis se montrent ensuite plus vulnérables à d’autres affections les mois suivants. Cette surmortalité différée est encore inconnue pour le coronavirus. Mais entre gérer une épidémie de grippe ou de Covid-19, le niveau de mortalité n’est pas le même, le niveau de stress non plus. Sans compter que notre personnel n’a pas l’habitude de travailler avec un masque toute la journée.

Conformément aux consignes, comme dans les autres EHPAD en France, nous avons mis fin aux visites familiales depuis 2 semaines. C’est difficile pour les familles aussi, même si la plupart comprennent que cela permet d’assurer la sécurité de leurs parents. Depuis quelques jours, les repas se déroulent en chambre, et non plus dans la salle à manger. Mais nous faisons beaucoup d’efforts pour maintenir la qualité de vie. Pour éviter que nos résidents souffrent trop de la solitude, nous voulons essayer de maintenir des animations, par petits groupes de 3 ou 4, bien distanciés les uns les autres, dans de grandes salles. Nous n’aurions pas les moyens humains de porter cette animation dans toutes les chambres. Nous maintenons aussi des promenades par petits groupes de deux dans le jardin intérieur. Nous bénéficions également de la présence d’une psychologue.

Comment le vivent les résidents? Il y a ceux qui n’ont pas toute leur tête ou qui souffrent de la maladie d'Alzheimer, et qui sont en quelque sorte protégés par leurs troubles cognitifs, et les autres, qui sont plus stressés par la situation. Chez ces derniers, on s’assure lors des passages en chambre que la TV n’est pas bloquée en permanence sur une chaîne d’info en continu comme BFM… Après, concernant le maintien des relations sociales avec les familles, la difficulté est aussi que beaucoup de résidents sont durs d’oreille et comprennent mal au téléphone. Pour leur permettre d’échanger malgré tout avec leurs proches, certains soignants leurs prêtent leur téléphone pour qu’ils puissent voir leur famille avec des outils comme Skype. Nous essayons aussi de nous renseigner sur les petites douceurs que leur amènent les familles lors des visites, et de leur apporter de temps en temps les mêmes produits pour qu’ils gardent le moral...

On nous a demandé de préparer des dossiers, avec les familles, pour chaque résident, qui permettront de faciliter les décisions à prendre, s’il devait y avoir des procédures lourdes de réanimation. C’est là tout le problème éthique de la fin de vie et de la qualité de vie, pour des personnes âgées et polypathologiques.»

Prénom d'emprunt, identité et lieu de travail connus de la rédaction


Des internes en réanimation partagent leur quotidien en images

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Instagram/HEGP

Des internes en réanimation chirurgicale à l'hôpital européen Georges-Pompidou ont créé un compte Instagram pour partager leur quotidien avec le public pendant la pandémie de Covid-19. A suivre sur Instagram.


Raisons de sourire ou d'espérer

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Les étoiles, plus belles que jamais. Avec la réduction de la pollution due au confinement et au ralentissement de l’activité économique, le ciel nocturne est exceptionnellement clair (pour autant que la météo soit favorable). C’est le moment idéal pour observer Vénus, connue aussi sous le nom d’«étoile du berger». Les 2, 3 et 4 avril, elle traversera l’amas des Pléiades.

The Times (EN)

Questions pour un balcon. Pendant le confinement, en Italie, les gens chantaient ou jouaient de leur instrument de musique à leur balcon. A Paris, un petit plaisantin a eu l'idée de parodier la célèbre émission française de culture générale Questions pour un champion, pour l'occasion rebaptisée Questions pour un balcon, qu'il rediffuse sur son compte Twitter.

Twitter (FR)

Une inititative «virtuelle» pour aider les entrepreneurs. Le canton de Genève a lancé ce lundi une initiative d'un genre nouveau. Son objectif est d’obtenir du Conseil fédéral une extension des mesures d'aide financière à tous les indépendants ainsi qu’aux cadres dirigeants de PME. Avec l’appui des associations patronales et de la Chambre de l’économie sociale et solidaire, il entend ainsi faire pression pour les aider face à l’impossibilité d’exercer leur activité en raison du coronavirus qui remet en cause la viabilité de leur entreprise. A l'envoi de ce Point Coronavirus, l'initiative «virtuelle» avait déjà recueilli plus de 1400 signatures en à peine plus de 3 heures.

INILAB (FR)

Le coronavirus sur Heidi.news

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Keystone / Ennio Leanza

L’extrême vulnérabilité des femmes de ménage et des nounous Depuis le déclenchement de la crise sanitaire, des milliers de femmes de ménage et de nounous sont subitement privées de tout ou partie de leurs revenus. Venues d’Amérique latine ou des Philippines, ces femmes, le plus souvent sans-papiers, sont prises dans une trappe accentuant leur précarité.

Heidi.news (FR)

Les universités face au casse-tête des examens. Le Conseil fédéral a interdit la tenue des cours dans les hautes écoles le 13 mars dernier. Les universités de Suisse romande dispensent désormais leurs enseignements en ligne. Et s’attaquent au prochain casse-tête: l’organisation de la session d’examens du semestre de printemps, qui doit se dérouler entre fin mai et mi-juillet en fonction des établissements.

Heidi.news (FR)

Un astronaute confiné un an et demi livre ses conseils. L’astronaute français Romain Charles est resté confiné un an et demi dans le cadre de la mission Mars 500 destinée à simuler un aller-retour vers Mars. Il livre ici ses conseils.

Heidi.news (FR)

A Wuhan, les urnes funéraires sèment le doute. Les habitants de Wuhan ont le droit d’aller récupérer les cendres de leurs proches victimes de Covid-19 depuis le 23 mars. Un dissident chinois estime à 45’500 le nombre d’urnes funéraires qui devraient être distribuées ces prochaines semaines dans la ville de plus de 11 millions d’habitants. Pourtant, le bilan officiel des autorités chinoises fait état de 3298 décès dus au virus dans tout le pays.

Heidi.news (FR)

Plus de 15'000 cas en Suisse. A la mi-journée, l’OFSP a annoncé que la Suisse compte 15’475 cas positifs, soit 1201 de plus en 24 heures. 257 décès sont également enregistrés. Depuis le 24 février, 116’700 tests ont été effectués, dont 13% positifs.

Heidi.news (FR)

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