Bonjour, c’est Sarah pour cette édition consacrée aux sciences.

Ce soir, je vous parle de l’entraînement des astronautes aux temps du coronavirus. Et ma collègue Sophie évoque l’impact du confinement sur les carrières des chercheuses.

Sarah Sermondadaz, Genève/Paris
Le 25.05.2020


Se préparer pour l'espace en pleine pandémie

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Lionel Ferra et Thomas Pesquet en mars, juste avant la crise sanitaire | ESA

Lionel Ferra est instructeur d’astronautes à Cologne en Allemagne pour l’Agence spatiale européenne (ESA). Le premier semestre 2020 ne ressemble décidément à aucun autre, y compris pour les agences spatiales. Tout comme les manœuvres spatiales, l’entraînement des astronautes pour se préparer à l’espace a dû être adapté en raison de la pandémie et de ses contraintes sanitaires. Il explique à Heidi.news ce qui a changé, et quels sont les défis. Entretien.

Heidi.news — En quoi consiste l’entraînement spatial des astronautes que vous formez, comme le Français Thomas Pesquet ou l’Allemand Matthias Maurer?
Lionel Ferra — En tout, l’entraînement spatial dure de quatre à cinq ans. Son enchaînement est assez déterministe: il y a tout d’abord un entraînement de base, qui dure environ deux ans. A son issue, si le futur astronaute ne s’est pas vu assigner de mission spatiale, il reste en attente, tout en continuant d’entretenir les compétences acquises, notamment linguistiques (il faut parler russe pour être envoyé sur la Station spatiale internationale (ISS), ndlr). Lorsqu’il est enfin affecté à une mission, il reçoit un entraînement spécifique aux situations de vol, qui dure environ deux ans.

En réalité, cette phase n’est pas monolithique, mais consiste en de multiples sessions dispensées par les agences spatiales intervenant sur l’ISS, en fonction des tâches de l’astronaute à bord. Par exemple, les Américains et les Russes devant intervenir sur le module-laboratoire européen Colombus sont formés en Europe. Jusqu’à peu, les Européens passaient également du temps en Russie afin d’être entraînés aux capsules Soyouz. Mais avec le contrat passé par la Nasa avec SpaceX et Boeing, les vols habités non-Russes vers l’ISS passeront désormais, si le vol d’essai habité de la capsule Dragon du 27 mai 2020 se passe bien, par des lanceurs privés.

Quel a été l’impact sur les activités de préparation des astronautes de la pandémie, mais aussi de ce changement à venir d’opérateur spatial sur les vols habités?
En réalité, la pandémie n’a pas été notre souci principal. 75% de l’incertitude sur nos plannings d’entraînements vient des questions de disponibilité des capsules de vol, qui seront désormais opérées de façon commerciale par des firmes comme SpaceX ou Boeing. Les déboires de ce dernier ne nous ont d’ailleurs pas aidés. A la clé, c’est un vrai changement de paradigme dans notre façon de travailler, car nous n’achetons plus qu’un simple ticket de taxi. Avant, on pouvait échanger avec l’agence responsable de la capsule pour adapter à la marge la couleur d’un bouton, maintenant ce n’est plus possible. L’accès à la documentation est un peu plus compliqué. Mais d’un autre côté, l’entraînement est un peu moins lourd, SpaceX appliquant pour ses capsules la méthode Tesla, qui est celle d’une forte automatisation.

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Une raison d'espérer

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Keystone / Noah Berger

Depuis le début du mois d’avril, les cas de grippe saisonnière confirmés en laboratoire ont chuté de façon spectaculaire, signant la fin de sa saison dans l’hémisphère nord, indiquent les données récoltées par FluNet, un système de surveillance mondial. Un constat positif, remarque la revue Nature, alors que la grippe saisonnière perdure habituellement jusqu’à fin mai dans cette partie du globe, et qu’en janvier, la saison s’annonçait comme l’une des plus sévères depuis des décennies. Si la pandémie a très certainement influencé le taux de consultations, il semble que les mesures de santé publique telles que la distanciation sociale et une hygiène plus stricte aient eu une influence conséquente.


Dans la recherche, les carrières féminines menacées par le coronavirus

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«Je n’ai jamais rien vu de tel.» Dans un tweet du 18 avril, Elizabeth Hannon, la vice-rédactrice en chef du British Journal for Philosophy of Science s’alarmait de la chute du nombre d’articles soumis par des chercheuses. La tendance, confirmée depuis dans d’autres revues scientifiques, s’explique par une plus grande implication des femmes dans les responsabilités domestiques et familiales depuis le début confinement, les empêchant de consacrer du temps à leurs recherches. Alors que le nombre de publications est un élément primordial des carrières académiques, le fameux «publish or perish», le phénomène inquiète.

Dans les universités suisses, la proportion de femmes baisse lorsque l’on monte dans la hiérarchie académique, un phénomène appelé «leaky pipeline». Le pays ne compte que 22,8% de femmes professeures. Une étude de l’UNIGE sur les obstacles à la progression des chercheuses pointe des institutions imprégnées de préjugés sexistes et hostiles envers la maternité. Dans ce contexte, quelles seront les conséquences de la crise sur les femmes dans la recherche? Les bureaux de l’égalité des universités et le Fonds national suisse de la recherche scientifique (FNS) suivent la problématique de près.

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Séance de rattrapage

Si vous les aviez ratés, voici quelques articles publiés ces derniers jours sur le Flux Sciences.

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Dumbo vs. Darwin. Pourquoi les éléphants d’Afrique ont de plus grandes oreilles que ceux d’Asie? Bienvenue dans ce bonus de PopScience, l’émission de Heidi.news qui utilise le meilleur de la pop culture pour expliquer les bases des plus fascinants (mais parfois très complexes) concepts de la science, en vidéo.

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La revanche de la réalité virtuelle. Qui dit confinement, dit envie d’évasion. Aucune technologie ne pouvait offrir l’impression d’échapper aux quatre murs de son appartement aussi intensément que la réalité virtuelle. Sans surprise, les ventes de casques ont bondi ces trois derniers mois, et les jeux, spectacles, concerts ou expositions se sont multipliés. Un réveil du public qui arrive au meilleur moment, car le secteur a gagné en maturité.

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6,2 milliards de francs pour Horizon Europe. Le Conseil fédéral a transmis ce mercredi son message au Parlement sur le financement d’Horizon Europe, le programme-cadre européen pour la recherche et l’innovation pour la période 2021-2027. Il demande une enveloppe de 6,2 milliards de francs. Ces fonds serviront à couvrir les contributions obligatoires de la Suisse.

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Le coronavirus sur Heidi.news

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Les anticorps qui protègent du coronavirus. Une équipe de recherche américano-suisse, en lien également avec l’Institut Pasteur, a mis au jour un anticorps humain sélectionné sur un malade guéri du Syndrome respiratoire aigu sévère (Sras), à la suite de l’épidémie de 2002-2003. D’après les auteurs de l’étude, publiée le 18 mai dans la revue Nature, cet anticorps dit «neutralisant» pourrait avoir une action contre plusieurs coronavirus apparentés, dont le Sars-CoV-2, responsable de Covid-19.

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Les dangers de la chloroquine. «Nous n’avons pas été en mesure de confirmer un bénéfice de l’hydroxychloroquine ou de la chloroquine (…). Chacun de ces schémas thérapeutiques a été associé à une diminution de la survie à l’hôpital et à une augmentation de la fréquence des arythmies ventriculaires lors du traitement.» Les conclusions de l’étude rétrospective publiée vendredi 22 mai par la revue médicale The Lancet sont assez claires. L’administration de ces deux substances, en association avec des antibiotiques dont l’azithromycine, s’est traduit par un risque accru de décès et de problèmes cardiaques chez les patients hospitalisés.

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IA et imagerie médicale. Développer des algorithmes d’intelligence artificielle capables de tirer parti des larges quantités de données médicales (et en particulier les images médicales) pour mieux soigner les malades du Covid-19: et pourquoi pas? Le monde de la tech chinoise s’est rapidement engouffré dans la brèche, début 2020. C’est désormais au tour de l’Europe et des Etats-Unis de se lancer dans la course.

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Vers une indemnisation de tous les travailleurs genevois. Le réveil a été tardif, la gestation lente au vu de l’urgence, mais le résultat est inédit. Le Conseil d’Etat genevois propose une indemnité financière unique à hauteur de 80% de la perte de revenus de tous les travailleurs du canton, quelle que soit leur situation légale et leur activité professionnelle. Valable entre le 17 mars et le 16 mai, cette compensation s’applique à toute personne résidant à Genève depuis une année et ayant exercé une activité lucrative lors des trois mois précédant le semi-confinement décrété par le Conseil fédéral. Entre 1500 et 3500 personnes pourraient en bénéficier.

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Sarah Sermondadaz est journaliste scientifique et chef d’édition du flux sciences pour Heidi.news. Pour lui écrire, c’est par ici.


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l'édition de vendredi

Bonne soirée!

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