Bonjour, c’est Jade pour vous parler de l'endurance de la culture. Malgré la publication d'un guide pour reprendre le chemin des studios, les compagnies de danse sont toujours dans l'impossibilité de travailler.

Alors que la Comédie de Genève annonce sa fermeture jusqu'en 2021, la cheffe du service de la culture de Vevey nous décrit l'errance sans rencontres artistiques.

Et côté bonnes nouvelles, Iris Jimenez publie sa première «collab» sur Heidi.news

Jade Albasini, Sion
Le 15.05.2020


«Une ville sans culture, c’est comme une gueule de bois»

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Cécile Roten. Photo: Jennifer Santschy

Alors que Cécile Roten prenait la tête du service de la culture de Vevey en 2019, la ville était l’une des destinations phare du «National Geographic» avec son été sous le signe de la Fête des Vignerons. Bonnes joueuses, certaines manifestations avaient déjà dû être déplacées ou annulées pour laisser vibrer l’événement. Double peine un an plus tard, avec un scénario aux antipodes: cette fois, c’est l’onde de choc Covid-19 qui a tout bouleversé.

Les acteurs culturels remplissent aujourd’hui des formulaires. Des mesures de soutien et d’indemnisations nécessaires mais avec leurs limites administratives. «Les catégories sont parfois trop restrictives et produisent des iniquités. Par exemple, la création littéraire est soutenue mais pas l’édition. Une nouvelle œuvre doit pourtant être diffusée», remarque la cheffe de service.

A 36 ans, forte d’un CV impressionnant pour son âge –spécialisée en communication, la Valaisanne d’origine a travaillé pour le Montreux Jazz Festival, Paléo ou encore le Béjart Ballet Lausanne– Cécile Roten craint un appauvrissement de l’offre culturelle. Pour éviter la dégringolade, les Villes ont maintenu les subventions pour les manifestations, les associations et les institutions tout en les encourageant à honorer leurs contrats. «Si le respect des mandats avec les artistes programmés semble évident, il faudrait également assurer les accords, y compris oraux, conclus avec les autres prestataires, comme les photographes qui devaient couvrir la saison ou les graphistes qui allaient réaliser les affiches.»

Le manque d’un statut pour les artistes

Pour Cécile Roten, certains seront inévitablement les oubliés des catégories officielles telles qu’elles ont été définies. De nombreux acteurs culturels étaient déjà en difficulté avant la crise mais celle-ci cristallise davantage leur situation. «L’écosystème est fragile. Les artistes suisses n’ont pas de statut officiel comme par exemple l’intermittence en France.» Ce débat n’est pas nouveau. Déjà amorcée par les faîtières des différentes disciplines, la discussion autour d’une reconnaissance renforcée est d’autant plus brûlante aujourd’hui. «Il n’y a presque pas de filet de sécurité. Cela reste extrêmement difficile de vivre de sa pratique artistique.»

Un travail pourtant essentiel pour la vivacité de la société pour reprendre ses propos. «Les services culturels se battent chaque année pour éviter les coupes dans les budgets alloués à la culture, trop souvent jugés secondaires. Mais si cette crise peut apporter quelque chose, c’est bien de démontrer, mieux que n’importe quel discours, à quoi ressemblent nos villes sans festivals, sans théâtres, sans concerts, sans expositions... «La culture n’est peut-être pas le premier domaine quant il s’agit de survie mais elle constitue la vie», clarifie Cécile Roten. «Une ville sans culture, c’est comme une gueule de bois, cette errance du lendemain quand on a nulle part où aller».

Une réappropriation des espaces culturels

Pour retrouver en douceur le chemin des lieux culturels, des mesures sanitaires ont été mises en place afin d’éviter une deuxième vague. «Quel expérience offre-t-on en les suivant? Est-ce encore un concert sans la sueur et le rapprochement des corps? Si ça doit durer à long terme, certaines activités risquent de s’organiser dans la clandestinité, hors des structures officielles», constate-t-elle.

Au milieu du chaos de ces dernières semaines, Cécile Roten observe le développement des initiatives de médiation et de création digitales. «Il y a eu une accélération de l’exploration numérique pour toucher et interagir avec le public. D’autres formes de consommation ont été découvertes par une audience large. J’espère que face au constat que l’accès physique à l’art peut nous être enlevé du jour au lendemain, qu’on peut être privé de l’expérience sensorielle qui accompagne la réception artistique, de nouveaux publics aient envie d’approcher in situ les créations.»


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La recette d'Iris Jimenez pour retrouver la lumière

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Quand tout va mal, quand on est cerné de tous côtés par des ombres, il faut plutôt chercher la lumière. Et la lumière, cette semaine, viendrait plutôt du côté des dessinateurs. C'est le sujet de la première «collab» d'Iris Jimenez avec Heidi.news:

«Alors que Pierre Wazem a lancé un appel citoyen pour un redémarrage humaniste, alors que Zep milite pour l’utilisation d’une monnaie locale (le 'Léman') avec l’économiste Jean Rossiaud, alors que sort l’ouvrage du dessinateur Valott 'Terrien, T’es rien', dont 2% des ventes seront reversées à la Chaîne du Bonheur, j’ai choisi de m’intéresser à la parution prochaine de 'Heidi contre les zombies', parce que le titre m’amusait et que j’apprécie le talent de Jean-Philippe Kalonji.»

«Après avoir écouté le dessinateur me parler de la genèse du projet, je lui demande s’il a l’habitude de vivre confiné. 'C’est vrai, mon travail ne change pas tellement', me dit-il. Mis à part l’omniprésence de sa fille de 4 ans dans l’appartement. Au fond, d’une certaine manière, les dessinateurs sont toujours confinés, seuls devant leur planche.»

A lire en entier sur Heidi.news (FR, Paywall)

Le monde change, la presse aussi

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Des raisons d'espérer

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Photo: Alex Silva/ Estadão

Bientôt un ciné-drive à Delémont. Un drive-in pour remplacer les cinémas openair de l'été, l'initiative devient la nouvelle tendance en Europe. Au tour de Delémont de préparer le terrain pour ce projet «retour dans les années 50» qui lie confinement et plaisir du 7ème art! Sous l'impulsion des Jurassiens, le directeur Dave Cattin a lancé un financement participatif pour une éventuelle ouverture en juillet. Il reste 30 jours pour récolter les 40'000CHF souhaités.

Le crowdfunding du ciné-drive (FR)

Plateforme solidaire pour clubs et DJs. Fermés jusqu'à nouvel ordre, les clubs ont un nouvel allié: la plateforme solidaire «Save the night» qui mise sur les synergies des publics pour soutenir les acteurs de la vie nocturne suisse avec des appels aux dons et des bons à utiliser dans un avenir post-covid. Après deux semaines, ils ont 15 membres et continuent de s'agrandir via le bouche-à-oreille.

Save the night (FR)

Une Fête de la Danse digitale. En temps normal, qui dit printemps dit Fête nationale de la Danse sur tout le territoire. Pour pallier à l'annulation d'un rassemblement qui avait réuni 90'000 personnes en 2019, Reso -Réseau Danse Suisse- a concocté une version digitale du 15 au 17 mai pour bouger ensemble. DisDance promet un programme animé entre flashmob en ligne, florilège de cours via Zoom et bien d'autres événements.

Le programme de la Fête de la Danse en ligne (FR)

Le PALP en mode covid. Le PALP, le plus audacieux des festivals romands, adapte son offre. «Toute l'équipe travaille avec créativité pour envisager de maintenir en petit comité ce qui sera possible et en proposant de nouvelles rencontres où les distances sociales et les normes seront en vigueur», écrivent-ils. Alors qu'ils planifiaient des brunchs sur télésiège, des silent disco ou encore leur très attendu bal masqué, on attend avec impatience l'annonce des versions transformées.

Le PALP Festival (FR)

La culture sur Heidi.news

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Fearful Symmetries de Ioannis Mandafounis par le Grand Théâtre de Genève. Photo: Grégory Batardon

Les danseurs, confinés à durée indéterminée. La deuxième vague de déconfinement relance les activités de certaines branches culturelles. Mais la danse tâtonne car le contact humain y est indispensable. «Les arts vivants sont dans le coma», ose Olivier Gurtner, responsable presse et relations publiques du Grand Théâtre de Genève avec son ballet composé de 22 talents. «Nous sommes l’un des métiers les plus touchés car il est impossible de ne pas se toucher. Pour le moment, on est complètement bloqué», ajoute Ha-Cam Dinh, responsable de la communication du Béjart Ballet Lausanne et de ses 40 danseurs. Quand le couperet Covid-19 est tombé, ils préparaient «La IXème symphonie», un projet d’envergure avec plus de 200 personnes sur scène. Aujourd’hui, tout est à l’arrêt.

Pour répondre aux attentes des plus optimistes qui envisagent un début de saison à l’automne 2020, les artistes devraient reprendre le chemin des studios au plus tard cet été. Une perspective complexe. «La protection des employés est une vraie question de biopolitique. Même si notre discipline rassemble plutôt des jeunes interprètes, il est impératif de les protéger contre une éventuelle infection», explique Boris Brüderlin, directeur de Reso, Réseau Danse Suisse.

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Joël Dicker nous parle de son roman et de son confinement. Joël Dicker l’admet assez vite, il n’a pas été très productif pendant ce temps d’isolement hors du commun: «Ce n’est pas une période qui m’a inspiré. Pour écrire, j’ai besoin d'être dans un état d’esprit serein, dans un environnement où les choses vont bien. Ce qui est anxiogène me détourne de l’écriture. On ne sait pas ce qui ce passe, ou ce qui va se passer.» Après son confinement à Genève, où il a pu sortir autour de chez lui «dans les parcs», l’auteur suisse nous raconte son premier roman basé dans son pays, entre Genève et Verbier. Et s’inquiète pour la culture post-coronavirus.

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Star Wars explique comment un jumeau peut être plus vieux que l’autre. Saviez-vous que Luke et Leia n’ont plus le même âge, même si ils sont jumeaux? Parce qu'il n'y a pas que le virus dans la vie, nous nous penchons sur le «paradoxe des jumeaux» dans un bonus de PopScience, l’émission de Heidi.news qui utilise le meilleur de la pop culture pour expliquer les bases des plus fascinants (mais parfois très complexes) concepts de la science.

A voir en vidéo sur Heidi.news (FR)

Le coronavirus sur Heidi.news

Non, le coronavirus ne nous en veut pas. «On assiste au retour d’une conception rousseauiste d’une nature sacralisée violentée par une humanité pécheresse.» Le coronavirus n’est pas l’instrument punitif d’une nature offensée par l’arrogance humaine, mais bien une manifestation impersonnelle des enchaînements de causes et d’effets reliant les humains à l’ensemble des processus naturels. C'est la conclusion d'une tribune de l'astrophysicien Thierry Courvoisier, ancien président des académies suisses des sciences, et d'Alex Mauron, fondateur de l'Institut Éthique Histoire Humanités de l'Université de Genève.

Heidi.news (FR)

Des psychiatres de 40 pays pour évaluer la santé mentale post-Covid. La semaine dernière s’est lancée une vaste étude mondiale, pilotée par des chercheurs en psychiatrie. Baptisée Cohfit (Collaborative Outcomes Study on Health and Functioning during Infection Times), elle vise à évaluer l’impact de la crise sanitaire sur la santé mentale et physique de la population. Avec 17 chercheurs impliqués, la Suisse est particulièrement investie dans le projet.

Heidi.news (FR)

Avons-nous la dent dure contre le professeur Raoult? Une de nos lectrices nous trouve exagérément critiques à l’endroit du Pr Raoult, et qualifie de «tendancieux» notre traitement de la polémique entourant le biologiste marseillais et l’intérêt de la chloroquine dans Covid-19. La réponse d’Yvan Pandelé, journaliste du Flux Santé.

Heidi.news (FR)

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