Bonjour, c’est Florent pour discuter de sciences avec vous, et en particulier des impacts potentiels de la réforme de la loi sur la chasse, en votation fin septembre, sur la biodiversité.

Aujourd'hui, nous évoquerons également les conséquences à long terme du confinement sur le réchauffement climatique avec une nouvelle étude parue dans Nature Climate Change.

Florent Hiard, Fribourg
10.08.2020


«Les animaux d'espèces protégées pourront être abattus en grand nombre»

Photo article

Loup au zoo de la Garenne | KEYSTONE/Christian Brun

Après un report en raison de la crise du Covid-19, le peuple suisse se prononcera sur la révision de la loi sur la chasse le 27 septembre prochain. Principal reproche des ONG de protection de l’environnement et des partis écologistes à l’origine du référendum: la simplification des procédures pour la régulation des espèces protégées rendra ces dernières plus vulnérables, en particulier le loup.

A l’opposé, le comité pour le oui à la révision de la loi, formé principalement de l’UDC, du PLR et de l’Union suisse des paysans, s’appuie sur les explications de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV) pour défendre un texte qui présenterait le bon compromis entre protection de la nature et défense des élevages.

Océane Dayer, responsable politique de WWF Suisse, revient pour Heidi.news sur les principaux arguments des opposants.

Heidi.news — Qu'est-ce qui changerait avec cette révision?

Océane Dayer — La loi actuelle permet déjà la régulation des familles de loups et le tir des individus problématiques. Le principal changement porte sur la manière dont les décisions de régulation et de tir sont prises concernant les espèces protégées. Les tirs pourront être autorisés de façon préventive, ce qui signifie que les animaux appartenant à des espèces protégées pourront être abattus en grand nombre alors qu’ils n’ont commis aucun dommage.

Par ailleurs, avec la loi actuelle, les Cantons doivent faire une demande d'autorisation à la Confédération. Avec la révision, les Cantons n'auraient plus qu'à informer la Confédération, ce qui change beaucoup. Les animaux ne s’arrêtent pas aux frontières cantonales et la gestion des espèces protégées ne peut pas être faite correctement avec 26 approches différentes.

De plus, actuellement, pour réguler une espèce, il faut au préalable avoir pris des mesures de protection raisonnables (par exemple la protection des troupeaux). Ce ne sera plus le cas avec la révision. L'OFEV ne fait mention sur ce point que des tirs sur individus problématiques où, effectivement, l'obligation d'avoir pris des mesures de protection est maintenue.

Pourtant, l'OFEV précise bien qu'il garde, tout comme les associations de défense de l'environnement, la possibilité de contester les décisions de régulation.

Rappelons d'abord que l'OFEV n'a pas le choix: du moment que le Parlement a accepté une loi, il doit la défendre. Néanmoins, il faut aussi rappeler que l'OFEV ne peut normalement pas faire campagne directement lors d'un référendum. Or ses prises de position s'y apparentent grandement.

Pour revenir à votre remarque, il est très discutable de faire reposer l'équilibre d'une loi sur les tribunaux. Déjà parce que cela risque de les surcharger mais aussi car notre but n'est pas de passer notre temps à faire des contestations. Il faut aussi prendre en compte les coûts de telles procédures judiciaires. On ne peut quand même pas remettre la protection des espèces aux seules mains du droit de recours!

De plus, le texte de loi est rempli de concepts vagues, qui seront difficiles de définir clairement d'un point de vue légal. Peut-on dire exactement ce qu'est un animal "qui attire l'attention"? C'est pourtant sur ce genre de critère qu'on pourra décider de tirer.

Lire la suite sur Heidi.news (FR)

Découvrez Heidi.news gratuitement. 30 jours d’essai au début de chaque abonnement.


Même deux ans de confinement ne renverseront pas le changement climatique

Photo article

Gaetan Bally/Keystone

Un mal pour un bien? Les mesures de confinement décidées un peu partout dans le monde ont conduit à une baisse brutale des gaz à effet de serre et des autres polluants atmosphériques. «La Nature a repris ses droits» a-t-on pu lire partout. Vraiment? Quelques mois de ralentissement de l’activité humaine ont-ils suffit à corriger des décennies de pollution? D’après une étude publiée dans Nature Climate Change, l’extrapolation des émissions du printemps 2020 jusqu’en décembre 2021 permet d’anticiper l’influence de la pandémie de Covid-19 sur le changement climatique. Et son effet est négligeable. Mais pas celui des politiques de relance verte qui peuvent encore être engagées.

Pourquoi c’est intéressant. Pour construire leur extrapolation, les chercheurs de l’Université de Leeds (Royaume-Uni) en collaboration avec d’autres institutions de recherche européennes et américaines, ont travaillé sur les données de mobilité mises à disposition par les plateformes de Google et Apple. Leur analyse s’appuie donc sur des informations en temps réel ou presque, quand la plupart des études mobilisent des données a posteriori. Cette image en direct de notre émission constitue ainsi une réelle opportunité de réagir.

Lire la suite sur Heidi.news (FR)

Une raison de sourire

Photo article

Copernicus Sentinel data (2019)/ESA/Creative Commons

Bonne nouvelle: il y aurait environ 20% plus de colonies de manchots empereurs en Antarctique que ce que l'on pensait jusqu'alors. Ce sont des images du satellite Sentinel-2 qui ont permis d'arriver à cette conclusion, non pas en permettant de compter ces oiseaux, trop petits pour être détectés... mais leur guano, qui colore sur une plus large surface le blanc éclatant de la banquise! Ces nouvelles colonies sont toutefois petites: elles ne représentent qu'une augmentation de 5 à 10% du nombre de manchots. Plus d'informations sur le site de l'Agence spatiale européenne.


Contenu partenaire Photo logo

Photo article

The new media covering international Geneva. Sign up for the GS Daily Brief for your morning updates and insights on our key themes — climate, global health, peace and humanitarian, technology, and sustainable business and finance — along with opinion pieces from thought-leaders. You can also find Geneva Solutions on Facebook, Twitter, LinkedIn, Instagram, and YouTube.


Séance de rattrapage

Que s'est-il passé la semaine dernière dans votre Flux Sciences?

Photo article

Le glacier de Planpincieux en 2019 | Aosta Valley Region Press Office/Keystone

Risque d'effondrement au Mont Blanc: quels sont les signaux d'alerte à suivre sur un glacier? Face au risque que le glacier de Planpincieux, en Italie, ne libère quelque 500’000 mètres cube de glace sur Courmayeur et le Val Ferret, décision a été prise le 6 août 2020 d’évacuer une trentaine d’habitations. L’occasion de faire le point sur les précédents, et les signaux d’alerte susceptibles de déclencher une évacuation d’urgence.

Heidi.news (FR)

Les questions que pose la future constellation de satellites d'Amazon. Les satellites de la constellation Starlink, de SpaceX, ne seront bientôt plus les seuls à gêner les astronomes. Le projet de constellation Kuiper, d’Amazon, a reçu l’autorisation de l’autorité américaine des télécommunications, la Federal Communications Commission (FCC). Dans ce cadre, la firme de Jeff Bezos pourra déployer la moitié de sa flotte de 3236 satellites d’ici 2026.

Heidi.news (FR)

Comment la Belgique a fourni l’uranium du bombardement d’Hiroshima. Il y a 75 ans, le 6 août 1945 à 8h15, la première bombe atomique de l’histoire s'abattait sur la ville d’Hiroshima au Japon. Trois jours plus tard, la ville de Nagasaki subissait un sort similaire. Ces bombardements atomiques sont le produit d’une formidable course technologique entre l’Allemagne et les États-Unis. Mais aussi, c’est moins connu, celui d’une course aux ressources naturelles et en particulier à l’uranium 235 fissile. Et c’est la Belgique qui a fourni l’uranium aux Américains avant que les nazis ne saisissent le reste de son stock.

Heidi.news (FR)

Explosion à Beyrouth: les zones d'ombre sur les stocks de nitrate d'ammonium en Suisse. Principal suspect dans la catastrophe de Beyrouth, le nitrate d'ammonium est l’un des principaux composés des engrais azotés utilisés en agriculture mais aussi pour la production d'explosifs. En Suisse, son stockage est sujet à plusieurs normes de sécurité. Mais pour connaître l'état de ces stocks, c'est une autre histoire.

Heidi.news (FR)

La consommation d'électricité des principales cryptomonnaies équivaut à celle du Bangladesh. Les cryptomonnaies, par la puissance de calcul requise, consomment une énergie folle. Une nouvelle étude scientifique s’est attachée à chiffrer non seulement la consommation de l’emblématique Bitcoin, mais également celle des autres cryptomonnaies basées sur le même type d’algorithme de validation, appelé preuve de travail. Les prendre en compte alourdirait la consommation d’énergie d’au moins 50%.

Heidi.news (FR)

Pendant ce temps sur Heidi.news

Photo article

Des engrais bio pour sortir les agriculteurs du Burkina de la pauvreté. Suite de notre exploration sur les solutions africaines pour le monde d'après, par Morgane Le Cam. Au Burkina Faso comme sur le reste du continent, la course aux engrais chimiques a fait des dégâts. Si gros que les sols brûlent, menaçant l’avenir de leurs exploitants. Que deviendront ces paysans sans terres fertiles? Un agronome burkinabè a trouvé un moyen d’arrêter l’incendie, avec un engrais biologique.

Heidi.news (FR)

Exit le suicide assisté pour les Suisses de l'étranger? Les Suisses de l’étranger ne pourront plus faire partie de l’organisation d’aide au suicide Exit et bénéficier de l’assistance au suicide. C’est du moins ce que souhaite le Conseil d’administration de l’association Exit Suisse alémanique qui a modifié ses statuts en ce sens. Ces derniers ont été envoyés en consultation jusqu’à la fin septembre, révèle la NZZ am Sontag. C’est l’assemblée générale qui devra trancher en 2021. En Suisse romande, la clause est déjà en vigueur depuis plus de 20 ans: pour devenir membre de l’association Exit Suisse romande, il faut obligatoirement résider sur territoire romand.

Heidi.news (FR)

105 nouveaux cas et pas de nouveau décès en Suisse: les grandes étapes de la pandémie. À la mi-journée, l’OFSP a annoncé 105 nouveaux cas, contre 152 la veille, pas de nouveau décès. La Suisse compte désormais 36'708 cas testés positifs et 1712 décès. Deux nouvelles hospitalisations ont eu lieu en 24 heures. Pour ce qui est de la recherche des contacts, 1301 personnes sont actuellement en isolement et 4071 en quarantaine. 13’856 personnes sont placées en quarantaine après être rentrées d’un pays à risque.

Heidi.news (FR)

Florent Hiard est journaliste scientifique chez Heidi.news, et ancien assistant-diplômé en géosciences à l’Université de Fribourg. N’hésitez pas à lui écrire pour toute question ou commentaire.


Vous avez aimé? Partagez:

Facebook Twitter Linkedin Instagram

Séance de rattrapage avec:

l'édition de vendredi

Bonne soirée!

b696e884-f624-429e-91a6-1af20f5cf9e3.png

Chemin de La Mousse 46
1225 Chêne-Bourg
Suisse