Bonjour, c’est Yvan pour vous parler de santé alors que Donald Trump ordonne aux hôpitaux d’envoyer leurs infos relatives au coronavirus à une base de données proche de la Maison Blanche et inaccessible au public. On n'est jamais trop prudent.

Aujourd'hui, on vous parle de transmission de Covid-19 entre une mère et son enfant à naître. Et aussi des victimes d'infarctus qui renoncent aux soins depuis le début de l'épidémie.

Yvan Pandelé, Genève
Le 15.07.2020


Covid-19 et femmes enceintes: comme un changement d’atmosphère

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Pixabay / No-longer-here

Les femmes enceintes sont-elles à risque avec Covid-19? Il y a encore quelques mois, au plus fort de l’épidémie, le discours officiel se voulait rassurant. En accord avec les recommandations des agences sanitaires (OMS, ECDC, OFSP), la Confédération avait choisi dans son ordonnance Covid-19 du 13 mars (abrogée le 22 juin) de ne pas faire figurer les femmes enceintes dans la liste des personnes vulnérables.

Dans ses questions et réponses aux patients, qui datent de mars et n’ont pas été réactualisées à ce jour, la Société suisse de gynécologie obstétrique (SSGO) évacuait par ailleurs le risque d’une transmission verticale de la maladie: «Le virus ne semble pas passer de la mère au bébé pendant la grossesse», peut-on y lire.

Ce n’est plus vrai. Des médecins de l’hôpital Antoine-Béclère (AP-HP), en région parisienne, viennent de le démontrer sans ambiguïté: une femme de 23 ans, infectée en fin de grossesse et qui excrétait du virus dans son sang, a transmis Covid-19 à son fœtus. Chez l’enfant, la maladie s’est traduite par une inflammation grave des méninges, d’évolution heureusement favorable.

Les transmissions verticales sont-elles fréquentes? Sans doute pas. Le Dr Daniele De Luca, réanimateur pédiatrique à Béclère, avance le chiffre d’une centaine de cas rapportés dans le monde. Mais l’histoire montre qu’absence de preuve n’est pas preuve d’absence. Et les maigres données sur les précédentes épidémies à coronavirus (Sras et Mers) suggèrent un risque de naissance prématurée et de retard de croissance de l’enfant.

J’en discutais hier avec le Pr David Baud, l’influent chef du service de gynécologie-obstétrique du CHUV, à la pointe sur ces questions en Suisse. Il est catégorique: les recherches des tout derniers mois dessinent un tableau beaucoup moins rassurant qu’on ne le pensait pour les femmes enceintes. Du point de vue de l’impact sur l’enfant, mais aussi – surtout – pour la mère.

L’agence de santé publique suédoise s’est penchée sur la question. Son constat est sans appel: la grossesse majore le risque de Covid-19 sévère chez les femmes enceintes. Difficile de quantifier au vu du faible nombre de cas (53 femmes), mais la grossesse pourrait multiplier par 2 à 4 le risque d’un passage en soins intensifs. Les données hospitalières britanniques, sur une cohorte de 427 femmes enceintes diagnostiquées Covid-19, suggèrent que 10% d’entre elles en passent par là.

«Au début on a dit que les femmes enceintes n’étaient pas touchées par les formes sévères mais à Béclère on a eu des femmes intubées ventilées avec des formes de Covid-19 sévères alors que les séries chinoises disaient l’inverse», témoigne Daniele De Luca (AP-HP).

«Tout ceci est basé sur les premières études venues de Chine, Italie et Etats-Unis, qui disaient que la maladie n’avait pas grand impact sur la grossesse, en tout cas pas plus qu’en population générale», confirme David Baud (CHUV). «Ces rapports étaient très rassurants, peut-être faussement, et je crois qu’on doit revoir notre copie. Les femmes enceintes et leur fœtus sont à risque.»

Le gynécologue vaudois est désormais convaincu de la nécessité d’une prise de conscience. Il m’a indiqué avoir écrit à sa société savante (SSGO) ainsi qu’à l’OFSP pour demander un changement de statut des femmes enceintes. «On protège nos personnes âgées mais pas l’avenir de notre population!»

Au plan politique, ces inquiétudes ont été relayées par la conseillère nationale Sophie Michaud Gigon (Verts). Le 15 juin dernier, celle-ci a déposé une interpellation du Conseil fédéral à propos de la protection des travailleuses enceintes. Au vu du calendrier parlementaire, la réponse devrait intervenir courant septembre. Avant une éventuelle deuxième vague, espérons-le.

La transmission in utero de Covid-19 démontrée. Tout sur le cas français ayant démontré ce que les chercheurs soupçonnaient depuis plusieurs mois: la possibilité formelle d'une transmission de Sars-CoV-2 de la mère à son fœtus, via le sang et le placenta.

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Une victime britannique d'infarctus sur trois a renoncé aux soins en début d'épidémie

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Des chercheurs de plusieurs grandes universités du Royaume-Uni ont publié ce mercredi 15 juillet dans le Lancet une étude préoccupante. Ils montrent que les hôpitaux ont enregistré une réduction impressionnante du nombre d’admissions de patients pour des troubles cardiaques depuis le début de la pandémie. Selon leur analyse, les admissions attendues pour infarctus du myocarde ont diminué d’un tiers sur la période de mi-février à fin mars 2020.

Ces nouvelles données viennent appuyer des études de plusieurs pays signalant une baisse substantielle du nombre de patients se présentant aux urgences avec des troubles cardiaques et un nombre réduit d’interventions. C’est le cas notamment dans certaines régions d'Autriche, d'Italie, d'Espagne et des Etats-Unis. Les chercheurs redoutent que ces renoncements aux soins ne se traduisent par une hausse des complications et des décès évitables, loin des radars du système hospitalier.

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Une raison d'espérer

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Plus la couleur est chaude, plus le pays amorcera sa transition démographique tard dans le siècle. | Vollsett et al., 2020

Un pic de population en 2064. Des chercheurs de l’Institute for Health Metrics and Evaluation de l’université de Washington nous prédisent un pic de population vers 2064, à 9,7 milliards d’individus, suivi d’un déclin jusqu’à 8,8 milliards en 2100. C’est beaucoup moins que les projections de l’ONU, qui ne donnent pas de décrue et nous voient 11 milliards à la fin du 21e siècle. Dans leurs travaux, publiés dans le Lancet, les démographes américains prévoient une convergence mondiale des taux de natalité, avec notamment une chute majeure de la fécondité en Afrique subsaharienne. (Et la Suisse? Population à peu près stable.) Les prévisions à long terme sont toujours audacieuses, mais à l’heure des bouleversements écologiques et des maladies émergentes, le monde peut certainement composer avec un peu moins d’humains.

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La pollution de l'air, facteur aggravant de Covid-19. Des «preuves irréfutables» que la pollution de l’air accroît de façon significative le nombre d’infections à Covid-19, d’admissions à l’hôpital et de décès. C’est ce qu’annoncent des chercheurs basés à Birmingham et à Bâle, dans des travaux relus par des pairs, à paraître dans la revue Environmental and Resource Economics. Ce n’est pas la première étude à évoquer un tel lien dans la littérature scientifique, mais elle vient à l'appui d'une hypothèse de plus en plus plausible.

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Premiers résultats encourageants pour le vaccin de Moderna. Moderna, l’une des firmes qui planchent sur un vaccin contre Covid-19, a dévoilé les premiers résultats de son essai clinique de phase I. Publiés dans le New England Journal of Medicine (NEJM), ils sont globalement encourageants, mais ne permettent pas encore à ce stade de conclure définitivement à l’efficacité du vaccin. Et pour cause, les essais cliniques doivent encore se poursuivre sur ce vaccin. L’entreprise américaine doit débuter un essai de phase III sur 30’000 patients le 27 juillet.

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Prise de pouvoir de Trump sur les données Covid. Le gouvernement de Donald Trump a ordonné aux hôpitaux du pays d’envoyer les données relatives au coronavirus à une base de données centrale à Washington dès ce mercredi 15 juillet. Jusqu’à présent, ces informations indispensables pour surveiller la situation sanitaire étaient recueillies quotidiennement par les CDC (les Centers for Disease Control and Prevention), l’agence du gouvernement chargée du contrôle des maladies. La Maison Blanche affirme que ce nouveau procédé permettra une collecte plus rapide et complète des informations et une meilleure allocation des ressources. Mais cette décision soulève des questions de transparence.

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Légère hausse de cas en Suisse. Les grandes étapes de la pandémie ici et dans le reste du monde. Mis à jour quotidiennement.

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Aux Philippines, Covid-19 provoque une flambée d'autoritarisme. Mardi 14 juillet, Manille a annoncé que les policiers feraient du porte à porte dans les foyers pour déceler un maximum de personnes contaminées. Le cas échéant, elles seront alors escortées dans des locaux d’isolement gouvernementaux. Le ministre de l’Intérieur Eduardo Año a également appelé les citoyens à rapporter les cas qu’ils repéraient dans leur voisinage, et qu’un manque de coopération pourrait aboutir sur des peines d’emprisonnement.

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Les émissions de méthane à leur plus haut niveau jamais enregistré. En matière de gaz à effet de serre, on pense en premier lieu au dioxyde de carbone (CO2). Mais d’autres molécules d’origine humaine sont en cause. Comme le méthane, principalement produit par la digestion du bétail et des fuites lors de l’extraction du gaz et du pétrole, dont les émissions se sont envolées entre 2000 et 2017, selon les calculs du Global Carbon Project.

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