Bonjour, c’est Sophie pour évoquer le thème de l'éducation, marqué cette semaine par la réouverture prochaine de l'école obligatoire en Suisse.

Aujourd'hui, je vous parle des préparatifs à l'établissement primaire des Pâquis, à Genève, et je donne la parole aux collégiens, qui portent parfois un regard sévère sur les capacités d'enseignement à distance de leurs profs.

Sophie Gaitzsch, Genève
Le 07.05.2020


Aux Pâquis, l'école se prépare au retour des élèves

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KEYSTONE/Salvatore Di Nolfi

Joël Fuchs dirige l’établissement primaire des Pâquis, à Genève, qui regroupe trois écoles et compte près de 700 élèves pour 72 enseignants. Il raconte à quoi ressemblera le retour en classe le lundi 11 mai, après huit semaines de fermeture pour cause de coronavirus.

«Dans le canton de Genève, en primaire, l’enseignement reprendra par demi-classes. Les enfants fréquenteront l’école soit tous les matins, soit tous les après-midis. Ceux qui viendront le matin auront accès au restaurant scolaire le midi, ceux qui viendront l’après-midi au parascolaire en fin de journée. Parmi les autres aménagements prévus, dans certains bâtiments, les arrivées le matin et les récréations seront échelonnées afin d’éviter des regroupements trop importants au même endroit. Heureusement, Pâquis-Centre, la plus grande de nos trois écoles, dispose de trois préaux et de trois entrées différentes, ce qui nous facilite la tâche.»

«A chaque arrivée en classe, tous les élèves se laveront les mains. Nous n’avons pas des tonnes de lavabos. Cela risque donc de prendre un peu de temps! Les poignées de porte seront désinfectées régulièrement, et nous allons laisser le plus possible les portes ouvertes pour que les élèves n’aient pas à les toucher. Seuls les enfants les plus grands seront tenus de respecter une certaine distance sociale. Chez les plus jeunes, il s’agit de notions sur lesquelles nous travaillerons. Dans les classes, les pupitres seront répartis différemment, pour montrer l’importance de ces nouvelles habitudes à prendre.»

Les conditions de la reprise suscitent-elles des inquiétudes chez les enseignants et les parents? «Aucun enseignant ne m’a fait part d’éventuelles craintes. Quelques-uns, vulnérables face au virus, resteront à la maison. Nous bénéficierons de remplaçants pour les classes concernées. En revanche, un petit nombre de parents ne veulent pas que leurs enfants retournent à l’école. Mais l’école reste obligatoire, malgré les circonstances. Avec ces familles nous devrons discuter, rassurer, expliquer les mesures mises en place. Il faudra entendre leurs inquiétudes et faire preuve de souplesse.»

«Pour les élèves, le temps est long. L’aspect social de l’école leur manque terriblement. Ils ont l’ennui de leurs copains et de leurs enseignants. Il va falloir resserrer les liens qui ont été distendus. Certaines familles se sont retrouvées dans une immense précarité ces dernières semaines, dans l’impossibilité de nourrir leurs enfants. Pour elles, le retour à l’école et à un semblant de normalité est essentiel. Un des défis sera de faire en sorte que tout le monde puisse remonter dans le train. Les enseignants ont fourni un travail fantastique, nous avons pu prêter du matériel informatique à ceux qui n’en n’avaient pas, mais avec 60% d’élèves dont la langue maternelle n’est pas le français, nous en avons perdu certains en route. Mais je crois en l’énergie et au travail des enseignants. Tout est mis en place pour que la reprise se passe bien. Je suis confiant!»


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Les ados racontent l'école à distance

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KEYSTONE/Gaetan Bally

«Nous avions parfois deux cours au même moment.» Contrairement aux élèves de l’école obligatoire qui retrouveront leur classe lundi 11 mai, les collégiens – gymnasiens ou lycéens, en fonction des appellations cantonales – ne recommenceront que le 8 juin. Alors il flotte déjà un petit air de vacances. L’année est validée. Les examens de maturité annulés. Entre motivation en berne et anecdotes cocasses, trois élèves genevois livrent leur expérience de la «continuité pédagogique» par écran interposé.

«Au début, on était super contents. On s’est imaginé qu’il n’y aurait pas d’école pendant un mois, que ce serait là fête.» Jenny*, 16 ans, élève au Collège Rousseau, a vite déchanté. Tout comme leurs enseignants, les élèves ont été plongés du jour au lendemain dans l’eau froide de l’école à distance. «Franchement, personne ne savait comment ça marchait. Certains profs ont simplement continué à donner leur cours comme en classe. Notre prof de math, par exemple, écrivait ses calculs sur un papier devant la caméra pour nous les expliquer. Ça servait à rien.»

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Le monde change, la presse aussi

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Deux raisons d'espérer

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Keystone

Vilnius se mue en immense café en plein air. Les restaurants et bars de la capitale lituanienne ont pu rouvrir en extérieur la semaine dernière. Mais ils doivent répartir leurs tables à deux mètres les unes des autres afin que la distance sociale stricte imposée par le ministère de la santé soit respectée, raconte le Guardian. Pour donner plus d’espace aux établissements, la ville a décidé de mettre à disposition gratuitement ses places, squares et trottoirs.

The Guardian (EN) Photo article

Banksy rend hommage aux infirmières. «Merci pour tout ce que vous faites. J’espère que cela égaye un peu l’endroit, même si ce n’est qu’en noir et blanc.» C’est avec ces mots que le plus célèbre artiste de street-art Banksy a fait don d’une œuvre à l’hôpital de Southampton, en Angleterre. Le tableau d’un mètre carré baptisé «Game Changer» représente un garçon préférant jouer avec une infirmière super-héroïne plutôt qu’avec ses Batman et Spiderman habituels. Il a été installé dans un foyer proche du services des urgences de l’hôpital.

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Et la transmission du virus à l'école?

La réouverture des écoles suisses intervient alors que la question de la contagiosité des enfants continue de faire débat. La task force scientifique Covid-19 de la Confédération a publié vendredi 1er mai une note dans laquelle elle estime que les enfants ne sont pas le «moteur principal» de l’épidémie, mais que «leur rôle dans la transmission reste ouvert et les données ne sont à l’heure actuelle pas suffisamment robustes». Elle s’abstient donc de conclure au plan scientifique et prévient «qu’on ne peut partir du principe que les enfants ne transmettent pas le virus».

Depuis l’annonce le 16 avril d’une reprise des cours dans les établissements primaires, les infectiologues suisses livrent des analyses parfois contradictoires de la situation, comme le rappelait un article d’Heidi.news. Une chose est certaine, toutefois: pas d'inquiétude à avoir pour les élèves. Les enfants infectés par le nouveau coronavirus présentent des symptômes moins sévères que les adultes.

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Coronavirus sur Heidi.news

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Ouverture des frontières: une Europe rouge, orange et verte. Par 129 voix pour et 49 contre, le Conseil national a adopté, mercredi 6 mai, la motion de la commission de politique extérieure demandant au Conseil fédéral d’établir la feuille de route de la réouverture des frontières. Ce dernier a prévu qu’elle se fera par étapes à partir du 11 mai. Elle se complique toutefois de la nécessité de se coordonner avec les autres pays en commençant par ceux voisins de l’espace Schengen. Ce n’est pas gagné.

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Le problème que posent les avions bloqués pour la météo. La qualité des prévisions météo est indirectement victime de la crise du coronavirus. Les modèles météorologiques se basent en effet sur des mesures (température, mais surtout vitesse du vent) réalisées en vol par les avions de ligne, encore largement cloués au sol. Pour pallier leur absence, des météorologues européens exploitent désormais les données du satellite Aeolus, placé en orbite par l’Agence spatiale européenne pour observer la dynamique des vents sur Terre. Ce substitut n’est toutefois pas suffisant.

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A qui profiteront les 57 milliards d'aides? Après trois jours de session marathon, les Parlementaires ont validé les 57 milliards de francs d’aides consenties par le Conseil fédéral pour lutter contre les effets sociaux-économiques de la crise du coronavirus. Jamais le Parlement n’avait eu à s’exprimer sur un montant aussi important. Les débats ont parfois été houleux. La liste du détail des crédits.

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Ce qu'on sait du patient zéro français. Le 3 mai, le Pr. Yves Cohen, chef des services de réanimation des hôpitaux Avicenne de Bobigny, et Jean Verdier, de Bondy dans la région parisienne, ont assuré avoir identifié un cas positif au Covid-19 datant du 27 décembre. C’est grâce à un test PCR réalisé a posteriori à partir d’un prélèvement réalisé sur le patient lors de son hospitalisation. Officiellement, les premiers cas français de Covid-19 ont été enregistrés le 24 janvier 2020 en France et le premier décès serait survenu dans l’Oise le 15 février. L’annonce du Pr. Cohen, accompagnée d’une publication dans l’International Journal of Antimicrobial Agents, suggèrent des cas plus précoces. Les médecins de l’équipe du Pr. Cohen appellent à tester largement les échantillons des patients hospitalisés pour des pneumonies avant le début de l’épidémie.

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Les solutions maliennes au Covid-19. Ce Fablab malien a imaginé un robot pulvérisateur pour nettoyer les hôpitaux, un portique désinfectant qui asperge les passants, une station de lavage des mains automatisée, un chatbot et un prototype de respirateur artificiel. Reportage dans un garage de la banlieue de Bamako.

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Les soignants peuvent désormais se former en ligne. Face à l’urgence sanitaire, les HUG, la Haute école de santé et l’institution genevoise de maintien à domicile ont créé une plateforme d’«e-formation». Celle-ci permet de former le personnel soignant aux particularités de la prise en charge des patients Covid-19. Dans le domaine des soins à domicile, la plateforme est appelée à être largement diffusée auprès des différentes institutions romandes. Elle pourrait jouer un rôle précieux lors de la sortie de crise et permettre une meilleure collaboration entre les médecins traitants, le personnel soignant à domicile et les proches aidants.

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