Bonjour, c’est Sarah à Paris, où la carte des départements français qui pourront entamer leur déconfinement le 11 mai a été dévoilée.

Ce soir, votre Point Coronavirus évolue! Désormais, il se penchera sur les enjeux de la sortie de crise avec une thématique différente chaque jour: lundi sciences, mardi économie, mercredi santé, jeudi éducation et vendredi culture.

Aujourd'hui, je vous parle donc du monde des sciences face à la crise au travers d'une sonde spatiale manoeuvrée en pleine pandémie, des inquiétudes de la reprise des jeunes chercheurs et de l'impact du confinement sur la recherche en glaciologie.

Sarah Sermondadaz, Genève
04.05.2020


Les sommets eux aussi déconfinés

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Considéré comme "mort" l'an dernier, le glacier du Pizol était malgré tout couvert de 3 à 5 m de neige début mai 2020 | Matthias Huss/Twitter

Les explications du glaciologue Matthias Huss. Pas facile d’être glaciologue confiné en télétravail loin des sommets étudiés. Comment alors suivre l'évolution de leur couverture neigeuse? C'est la question qui s'est posée pour l'équipe du réseau des relevés glaciologiques suissses (GLAMOS), géré conjointement par l'ETH Zurich et les Universités de Fribourg et de Zurich. Matthias Huss, directeur de GLAMOS, est aujourd'hui soulagé par la reprise des activités de mesure in situ en haute montagne, au plus près des glaciers. Il raconte les incertitudes des dernières semaines.

Des séries de relevés parfois centenaires. «Dans le cadre du réseau GLAMOS, nous évaluons en avril/mai la couverture neigeuse sur 15 glaciers suisses, ce qui permet de savoir dans quelle mesure ils seront protégés pendant la saison estivale. Nous avons des séries de relevés qui remontent jusqu’à plusieurs décennies, voire un siècle pour une d’entre elle. Cette dernière a été régulièrement mise à jour même pendant les deux guerres mondiales.»

Les incertitudes du confinement. «Les premiers jours du confinement, les universités ont arrêté toutes leurs activités [hors recherche sur le coronavirus, ndlr] en dehors du télétravail. Il était très incertain de savoir si nous pourrions accéder aux glaciers à temps, même avec une autorisation, pour des raisons logistiques. Nous avons dans un premier temps décidé d’annuler les travaux prévus sur le terrain. Heureusement, deux stations gérées par l’Université de Fribourg pour le glacier de la Plaine Morte fournissent des relevés automatisés.»

La reprise. «Avec la levée progressive des mesures de confinement, nous avons reçu la permission des universités de nous rendre sur les glaciers, en tous petits groupes de deux à trois personnes, en suivant les règles d’hygiène. Comme les remontées mécaniques des stations de ski sont à l’arrêt, nous avons accédé aux glaciers grâce à de longues randonnées à ski, et lorsque c’était impossible, en hélicoptère. »

La situation actuelle. «Nous avons réalisé plus de la moitié des relevés prévus, et nous sommes désormais confiants: nous allons pouvoir couvrir au moins 80% des sites prévus. Pour certains glaciers, nous devrons réduire le nombre d’observations, en raison des limites sur la taille des équipes et des problèmes d’accessibilité. Mais de manière générale, nous sommes vraiment soulagés d’avoir pu réaliser les mesures les plus critiques en ces temps difficiles, ce qui n’était pas du tout clair il y a encore six semaines.»


Les manoeuvres spatiales en pleine pandémie

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Elsa Montagnon | ESA

L'espace en télétravail. Le 10 avril, la sonde spatiale BepiColombo, en route vers Mercure, est passée à seulement 12’685 km de la Terre, afin de bénéficier de sa gravité pour la propulser. Une manœuvre loin d’être évidente, qui a été réalisée par les équipes de l’Agence spatiale européenne (ESA) en pleine pandémie mondiale de Covid-19. Elsa Montagnon, responsable des opérations de vol ESA de BepiColombo au Centre européen des opérations spatiales (ESOC) à Darmstadt (Allemagne), explique à Heidi.news le caractère inédit de la situation.

Pourquoi c’est une prouesse. Après qu’un employé du centre spatial de Darmstadt a été testé positif au Covid-19 en mars, de nombreuses équipes ont été placées en quarantaine chez elles. Plusieurs missions dont Solar Orbiter, qui a décollé au début de l’année, mais aussi ExoMars et Mars Express ont brièvement été placées en veille afin de limiter le personnel présent au centre de contrôle. Pour BepiColombo en revanche, impossible de remettre à plus tard la manœuvre de «flyby». Heureusement, les opérations, qui ont mêlé une présence minimale sur site et beaucoup de télétravail, se sont déroulées comme prévu.

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Une raison de sourire

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Sur internet, personne ne sait si vous êtes un chat. Et dans l'espace? Avec le télétravail imposé par le confinement aux ingénieurs des agences spatiales, les charmants matous domestiques peuvent laisser traîner une patte malencontreuse sur de précieuses commandes envoyées à des satellites ou à des sondes spatiales. Evidemment, les ingénieurs ne sont pas connectés en direct à l'espace depuis chez eux, et de multiples garde-fous empêchent cette situation. Il n'empêche que «The Atlantic» a vraiment enquêté sur la question. Un article savoureux, à lire ici, en anglais.


Les inquiétudes des jeunes chercheurs

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Face au Covid-19, la Suisse a mis en place des mesures de distanciation et de restrictions d’accès à ses universités. Mais depuis le 27 avril, les activités reprennent et les laboratoires rouvrent peu à peu. Les jeunes chercheurs, en particulier les doctorants et post-doctorants, s’interrogent sur l’impact qu’aura cette crise sur leur carrière.

Pourquoi c’est compliqué. L’impact de la crise sanitaire sur les activités de recherche se résumera-t-il seulement à quelques semaines d’expérimentations de perdues? A ce stade, il est encore difficile de le dire. Si le temps perdu peut se rattraper à travers des prolongations de contrats, les répercussions de la crise économique à venir sur les trajectoires professionnelles futures des jeunes chercheurs restent incertaines.

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L'UNIGE change (un peu) de cap sur son logiciel de surveillance des examens

Suite à la fronde des étudiants et à un avis défavorable du préposé cantonal à la protection des données, l’Université de Genève (UNIGE) a modifié son projet d’utilisation du logiciel d’examens TestWe pour le rentre moins intrusif. Mais ce choix ne parvient pas à rassurer tout le monde.

Face à la pandémie de coronavirus, les universités suisses ont dû mettre en place de nouvelles manières de faire passer à distance les milliers d’épreuves prévues à la fin du semestre de printemps. La Geneva School of Economics and Management (GSEM) de l’UNIGE a choisi d’avoir recours à TestWe, un logiciel français «anti-triche» qui prend la personne en photo toutes les trois secondes durant l’examen et bloque les fonctionnalités de son ordinateur. Cette décision avait suscité une importante levée de boucliers.

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Coronavirus sur Heidi.news

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Photo aérienne d'une tribu non contactée en Amazonie | G. Miranda/FUNAI/Survival

Si leurs terres sont protégées, les peuples autochtones sont parmi les plus en sécurité de la planète. La crise du coronavirus fait ressurgir les craintes que représentent les épidémies pour de nombreux peuples autochtones de par le monde. En Australie, le gouvernement a bloqué l’accès à de nombreux territoires aborigènes tandis qu’en Amazonie, plusieurs cas de Covid-19 ont déjà été signalés dans des populations pourtant isolées. Marie Ndenga Hagbe, porte-parole de Survival International, nous détaille les risques que représente cette pandémie pour ces populations.

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«La crise ne doit pas nous ramener à des pratiques autoritaires.» La session parlementaire extraordinaire débute ce lundi 4 mai et durera toute la semaine. Elle ne traitera que de la crise du coronavirus. Sa mission: valider les décisions prises par le Conseil fédéral depuis le 13 mars, date d’entrée en vigueur de la situation extraordinaire, et aussi débattre de sujets de santé publique, financiers et sociaux. Entretien avec Pierre-Yves Maillard, conseiller national et membre de la Commission de la sécurité social et de la santé publique, à la veille de cette session, au coût additionnel de près de 4 millions de francs.

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«Faire coïncider protection de la santé et sauvegarde de la démocratie.» Damien Cottier, historien et spécialiste en relations internationales, est membre du Conseil national depuis 2019 où il représente le canton de Neuchâtel. Olivier Français est ingénieur, il siège au Conseil des Etats où il représente le canton de Vaud depuis 2015. Tous deux siègent au sein du groupe libéral-radical (PLR). Ils livrent leur vision de la crise.

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A Genève, des milliers d’invisibles ont reçu des colis alimentaires. Il y avait match ce samedi, à la patinoire des Vernets. Un match d’un genre nouveau, où les bannières des Hôpitaux universitaires de Genève et de Médecins sans frontières ont été substituées aux drapeaux jaunes et grenat du club local. Dans cette rencontre, la performance se mesure en indices de survie et de débrouillardise. Des milliers de personnes ont patienté durant des heures pour recevoir des colis alimentaires et des produits d’hygiène.

Heidi.news (FR)

Sarah Sermondadaz est journaliste scientifique pour Heidi.news et chef d’édition du flux sciences. Pour lui écrire, c’est par ici.


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