Bonjour, c’est Lorène pour vous parler d’éducation alors qu'à quelques jours des vacances, des cas de coronavirus ont forcé plusieurs écoles à fermer aux Breuleux, à Bassecourt et à Yverdon-les-Bains.

Au programme ce soir, des jeux vidéo comme outil pédagogique et une remise de diplôme dans son salon.

Lorène Mesot, Genève
Le 02.07.2020


Dire adieu à sa scolarité depuis son salon

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Pixabay / Wokanpadix

Mi-juin, Maya a vécu une cérémonie de remise de maturité insolite. Elle a écouté le discours du directeur devant son écran, sur Google Meet, en compagnie de 200 convives virtuels. Pas de petits fours, de bière ni d’aula pleine à craquer, rien que son salon, sa famille, une amie et son chat. Un étrange adieu à son collège genevois. «En mars, j’étais heureuse d’arrêter. Mais avec le recul, je regrette de ne pas avoir vécu ma dernière semaine de collège comme les volées précédentes, en ayant conscience que c’était la fin de cette époque et en fêtant.»

Afin de mener à bien ces adieux numériques, le collège de Saussure a organisé une répétition générale la semaine précédant la remise. Le but était qu’un maximum d’élèves se connectent en même temps pour tester la capacité du programme. «Finalement, le jour J, seules les personnes qui s’exprimaient avaient leur caméra et leur micro ouverts. Il n’y a pas eu de bug. Le seul bémol était le son catastrophique des compositions de maturité des élèves de musique.»

La cérémonie n’a du reste pas été dénuée d’un certain comique de situation, relève Maya. «Un discours de directeur reste assez rébarbatif même à distance. Sur le chat de la plateforme, les élèves et certains enseignants ont commenté les discours et les morceaux de musique ajoutant de l’intérêt à cette situation assez absurde. Le fait d’écrire et de commenter en live a donné une tournure sympa à l’évènement. Par exemple, lors de la diffusion d’une des compositions où un élève jouait avec des super longs cheveux blonds, un de nos profs a écrit: bravo à mon idéal capillaire.»

Face à l’écran, Maya a pris la parole pour prononcer le traditionnel discours du collégien. «Je me suis amusée à parler du collège comme d’une relation amoureuse. J’en ai conclu que c’était une relation assez toxique, car il voit plusieurs milliers de personnes en même temps que toi, alors que toi, tu n’as pas le droit d’aller voir ailleurs sinon il s’énerve. Il est très possessif le collège. Je stressais un petit peu, du coup j’ai parlé vite, mais les gens ont l’air d’avoir compris. J’étais contente, même si j’aurais préféré le dire directement face au public. J’ai reçu ensuite beaucoup de messages qui m’ont beaucoup touchée.»

«À la fin, le collège a diffusé une vidéo tournée par les professeurs qui nous disaient au revoir à leur manière, les uns après les autres. C’était vraiment chouette. Lorsque la cérémonie s’est terminée, tout le monde a allumé son micro pour applaudir. Le lendemain, nous avons pu aller chercher nos matus par classe au collège. J’avais l’impression qu’en ayant le papier dans mes mains, je réaliserais que c’était vraiment fini, mais toujours pas. Cette année est définitivement bizarre.»

Sur le diplôme, les colonnes réservées aux examens de maturité oraux et écrits sont vides. Et sur la photo de groupe officielle de la volée, réalisée cette même journée, les élèves sont placés en quadrillage à deux mètres de distance. Ils resteront affichés ainsi dans le collège ces prochaines décennies, témoins silencieux de cette année scolaire pas comme les autres.


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«En classe, le jeu vidéo casse les hiérarchies entre bons et mauvais élèves»

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Pixabay / Olichel

Avec l’école à distance, le numérique s’est imposé comme composant essentiel de l’enseignement. Pourtant, l’éducation par le numérique reste encore peu exploitée dans les salles de classe. Le laboratoire Technologies de formation et apprentissage (tefca) de l’Université de Genève travaille sur ces nouveaux outils, notamment les jeux vidéo pédagogiques. Nicolas Szilas, maître d’enseignement et de recherche nous explique comment ces jeux conçus dans un objectif éducatif ouvrent le champ des possibles en cassant le modèle d’enseignement traditionnel.

Heidi.news — Le jeu vidéo reste souvent mal considéré. Quel est son intérêt dans le cadre de l’enseignement?

Il est mal considéré pour différentes raisons, notamment pour son côté chronophage, addictif et potentiellement violent. En tant que chercheurs en éducation, nous regardons aussi les jeux vidéo indépendamment de ces aspects sociétaux. Nous nous concentrons sur le potentiel du médium en lui-même. Et le potentiel est grand. La caractéristique du jeu est que le joueur a une motivation intrinsèque: la finalité est le jeu en soi, c’est le plaisir de jouer qui motive, notamment par sa dynamique et les émotions qu’il procure. Nous essayons d’utiliser cette motivation. Dans tout jeu, il y a un peu d’apprentissage. A minima, il faut progresser dans la partie et connaître les règles. Pour nous, la clé est que cet apprentissage ne soit pas juste abstrait, mais qu’il corresponde à un objectif éducatif.

Au-delà de l’aspect du plaisir comme vecteur d’attention, quelles possibilités ce médium offre-t-il aux enseignants?

Il y a une caractéristique du jeu qui est fondamentale pour l’éducation: il met la personne qui joue en action. Jouer c’est agir sur un système. Cela correspond à une vision active de l’enseignement. Par ailleurs, derrière les mots «jeu vidéo», il y a la notion de système dynamique, avec des règles assez complexes. C’est intéressant, car un texte ou une image restent ordonnés et statiques, alors que le jeu met en scène un processus divers avec des parties qui ne sont jamais les mêmes. Il décuple les possibilités. Cet aspect permet d’aborder des concepts plus complexes comme, par exemple, les épidémies.

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Le monde change, la presse aussi

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Une raison d'espérer

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Keystone / Anthony Anex

Coup de pouce aux restaurateurs romands. Le Passeport Gourmand, en collaboration avec Gault & Millau et L’Illustré, a imaginé le projet solidaire «Tous au resto» afin d’accompagner les restaurants romands dans la sortie de crise. Le principe est simple: chaque client ayant dépensé plus de 50 francs pour un repas peut photographier la quittance et l’envoyer sur le site du projet, il recevra ensuite un bon d’achat d’une valeur allant de 10 à 30 francs chez l'un des partenaires. Peu importe le restaurant où il a dîné pour autant qu’il soit situé en Suisse romande.


«L’apprentissage de commerce en école est trop souvent un choix par défaut»

La crise du coronavirus a mis en lumière les difficultés du canton de Genève en matière d’apprentissage. Il y manque 1000 places pour la rentrée. Hasard du calendrier, alors que les autorités s’alarment de cette situation, la Cour des comptes rend son rapport sur le dispositif Espace Entreprise. Créé en 2011 pour remplacer l’école de commerce, cette formation qui se déroule à plein temps en classe débouche sur un CFC d’employé de commerce. Elle attire chaque année 2500 jeunes.

Dans son audit, la cour souligne la nécessité de cette filière, mais estime qu’elle devrait être mieux connue et mieux valorisée. La magistrate qui a piloté le rapport, Isabelle Terrier, revient pour Heidi.news sur ses principales conclusions. L’occasion aussi de réagir aux accusations virulentes qui lui ont été récemment adressées par une série d’articles du quotidien Le Temps , qui estime que la Cour «terrorise la République».

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Coronavirus sur Heidi.news

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Comment les États-Unis ont perdu le contrôle de l'épidémie. «Clairement nous n’avons pas un contrôle total de la situation actuellement.» La petite phrase d’Anthony Fauci, le principal expert américain des maladies infectieuses devant la commission du Sénat mardi 30 juin a illustré ce que tout le monde sait: la pandémie est hors de contrôle aux États-Unis. Anthony Fauci a même évoqué la possibilité de 100’000 nouveaux cas par jour d’ici trois à six semaines. Un diable sur la muraille pour pousser les autorités à agir? La barre des des 50’000 nouveaux cas franchie le 1er juin rend en tous cas l’hypothèse de Fauci plausible. Et l’historique récent de la gestion de l’épidémie laisse craindre le pire.

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Marcel Salathé: «SwissCovid devrait être l'application la plus ennuyeuse qui soit» Marcel Salathé, professeur en épidémiologie digitale à l’EPFL, a un parcours pour le moins iconoclaste. Touche-à-tout, le Bâlois a d’abord étudié la biologie, appris à coder en autodidacte, lancé plusieurs sites internet à la fin des années 1990, et même joué dans un groupe de rock en ouverture de Lenny Kravitz. Désormais membre de la task force scientifique mise sur pied en mars par la Confédération pour faire face à la crise du coronavirus, il a accordé un entretien à Heidi.news.

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Sans adaptation, les hôpitaux auraient été saturés dès la 5e semaine. Ce mercredi 1 juillet, les directeurs des cinq hôpitaux universitaires suisses se sont réunis en conférence de presse à l’Inselspital de Berne afin de tirer un premier bilan de la pandémie de Covid-19. À cette occasion, ils ont présenté les chiffres relatifs à l’épidémie jusqu’à fin juin. On apprend notamment que le taux de survie total des patients Covid-19 hospitalisés en Suisse est de 88% — et de 81% pour les patients admis en soins intensifs, des résultats jugés positifs. Autre bonne nouvelle: au 26 juin, aucun employé des cinq structures hospitalières n’est décédé, et seuls 14 collaborateurs ont été hospitalisés pour cause de Covid-19.

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Ce que disent les chiffres actuels de l'épidémie de coronavirus en Suisse. Le nombre de contaminations quotidiennes en Suisse est en hausse, avec 137 nouveaux cas en 24 heures. Des foyers épidémiques ont été constatés ces derniers jours dans les cantons de Zurich, Genève, Valais, Fribourg, Vaud, Argovie, Grisons et Zoug. Certains experts alertent, d’autres tempèrent. Alors que penser de cette hausse? Heidi.news fait le point de la situation avec l’OFSP.

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Où voyager sereinement en Europe cet été? Depuis le 15 juin, les frontières suisses sont ouvertes sur le reste de l’Europe, avec plus ou moins de restrictions. Mais la situation sanitaire inhabituelle jouant les prolongations, que risque-t-on en quittant le pays cet été pour profiter du soleil méditerranéen? Après avoir donné certains éléments de réponses sur le plan sanitaire, Heidi.news donne la parole aux agences de voyages.

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Est-ce que je peux prêter mon masque et tuba cet été sur la plage? Cet été, le coronavirus part en vacances avec nous. Sur la plage, à la montagne, au camping, à l'heure de l'apéro... Il va tenter de s'incruster dans nos valises et nos muqueuses. Heidi.news démêle le vrai du faux des questions que l'on se pose sur les vacances et le coronavirus en 25 questions.

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l'édition de mercredi

Bonne soirée!

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