Bonjour, c’est Fabrice pour vous parler d’économie et d’une start-up hors-norme en Valais. Elle vient d’achever les premiers vols de son prototype de drone ambulance capable de transporter des patients.

Aujourd’hui, on verra aussi comment la pandémie Covid-19 a fait évoluer l’opinion suisse sur les multinationales responsables et comment Genève reconquiert sa place dans l’horlogerie-joaillerie en misant sur les diamants après l’arrêt de Baselworld.

Fabrice Delaye, Bourgogne
04.08.2020


Un drone-ambulance au-dessus des Alpes

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Dufour Aero

Une campagne de 550 vols tests en Valais Thomas Pfammatter est à la fois pilote d’hélicoptère secouriste pour Air Zermatt et entrepreneur audacieux. Comme il a senti très tôt que le métier de pilote ne lui permettrait pas de joindre les deux bouts, il a ajouté à sa licence un master en finance. Cela a fait de lui un directeur financier dans plusieurs entreprises des sciences de la vie, dont une, Sotax, leader des équipements de tests de laboratoires, installée à Bâle campagne et qu’il a fini par diriger.

Cependant, l’hélicoptère reste une passion. Thomas continue de piloter le tiers ou la moitié de son temps pour Air Zermatt. Le reste, il le consacre désormais à des start-up qu’il a cofondées comme Loriot, un développeur de logiciels pour gérer des réseaux de capteurs et Infra-Sense, qui conçoit des senseurs pour les infrastructures comme les ponts. Surtout, en décembre 2017, il a cofondé Dufour Aerospace après avoir fait partie des débuts de H55, l’entreprise d’électrification des avions dirigée par le co-pilote de Solar Impulse André Borschberg.

Comme H55, le projet de Dufour Aerospace n’est pas sans rappeler les «faucheurs de Marguerite» et autres «merveilleux fous volants» des débuts de l’aviation. C’est que l’électrification de l’aviation et le développement des drones ont rouvert le marché aérien à des start-up innovantes. Un peu partout dans le monde se développent des avions électriques et des projets de drones-taxis, autrement dit des véhicules inspirés par les drones pour le transport de passagers.

Certains volent déjà, comme ceux développé par la start-up allemande Lilium et la chinoise Ehang. Uber a son projet Elevate et Boeing, Airbus ou Bell ont aussi dévoilé des prototypes. Le projet de Dufour Aerospace s’en distingue, sans doute parce qu’il a été imaginé par un pilote et secouriste ainsi qu’un champion de voltige aérienne (Dominique Steffen) et une spécialiste de la simulation informatique venue de Google (Jasmine Kent).

Le aEro VTOL que développe Dufour se situe à mi-chemin entre un hélicoptère et un avion. Un peu comme le Orsprey M22 de l’armée américaine, il décolle à la verticale. Puis ses rotors passent en position horizontale pour voler comme un avion avant de retrouver la position verticale pour atterrir.

Dufour vient d’effectuer la première campagne de 550 vols de son prototype de 4,5 mètres d’envergure. Selon Thomas Pfammatter, «les résultats sont meilleurs que ceux que nous avions obtenus avec nos modèles de simulation informatique.» Une seconde campagne de vols est prévue à l’automne. Mais les données obtenues lors des premiers essais confirment déjà un certain nombre d’hypothèses.

Sans surprise, comme pour un hélicoptère, les manœuvres verticales donnent la possibilité de décoller et d’atterrir un peu partout. Avec l’avantage que la motorisation hybride des quatre rotors est beaucoup plus silencieuse lors de ces phases alimentées par les batteries. Ensuite, la capacité de voler comme un avion horizontalement double la vitesse vis-à-vis d’un hélicoptère classique et augmente de l’ordre d’un tiers la distance parcourable (900 km). Ces caractéristiques orientent le modèle d’affaires de Dufour. «Nous ne cherchons pas à développer un drone-taxi pour la ville», explique Thomas Pfammatter. Lui pense que la première application de cet appareil sera dans la santé.

«Aujourd’hui 0,5% des missions de transport de patients se font par hélicoptère, essentiellement parce que c’est cher», raisonne-t-il. Grâce en particulier à la vitesse gagnée avec un vol horizontal qui mettrait Viège à 15 minutes de Berne contre 5 heures par la route, il pense que les gains de temps, entre autres pour le personnel ambulancier, vont rendre de tels vols compétitifs. «Nous pensons que notre technologie pourra augmenter d’un facteur 10 le transport volant vis-à-vis du transport routier avec une ambulance», affirme-t-il.

Il en est tellement convaincu que Dufour, qui a levé des fonds auprès d’un investisseur allemand et a recruté 25 personnes, développe aussi une version capable de transporter quatre passagers en plus du pilote. Le projet est risqué. Il reste à démontrer que Dufour pourra passer l’épreuve de la certification, dont la barre est élevée dans l’aéronautique. Mais ce projet illustre le genre d’ambitions qu’affichent désormais les start-up helvétiques. Et cela ne fait pas de mal dans le contexte pandémique d’aujourd’hui.


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L'économie sur Heidi.news

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Le Covid-19 favorise l’initiative pour des multinationales responsables. L’Enterprise for Society Center (E4S) de l’UNIL, l’IMD et l’EPFL ont mesuré l’évolution du sentiment des Suisses vis-à-vis de l’initiative sur les multinationales responsables (votation fin novembre). Il ressort de leur enquête menée en janvier puis en mai 2020 que le sentiment de légitimité de cette initiative s’est renforcé à la faveur de la crise pandémique.

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Une raison d’espérer

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Des masques suisses 100% biodégradables. S’ils font partie des mesures les plus simples pour ralentir la pandémie, les masques que l’on voit parfois jetés n’importe où ont aussi un impact environnemental négatif évident. Surtout quand on prend conscience de l’échelle avec une estimation de 450 millions de masques commandés rien que par la Suisse. Et qu’à leur transport, généralement en avion depuis la Chine, s’ajoute le fait que ces masques (chirurgicaux ou FFP2 en polypropylène) se dégradent lentement (450 ans si l’on se base sur des sacs plastiques comparables). Comme Zalfa à Genève, dont nous allons continuer de vous raconter le projet, Nexera une entreprise du Chablais qui fabrique des équipements d’automatisation d’usines, a décidé de réagir en relocalisant une production de masques en Suisse et en choisissant des matériaux 100% biodégradables pour ceux-ci. Résultat: des masques-barrières élaborés à partir de fibres naturelles qui sont lavables 20 fois et aux normes AFNOR assurant une filtration de 90% des particules supérieures à 3 microns.


Le monde change, la presse aussi

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Les Etats-Unis et l’épidémie, récit d’une débâcle aux allures de blessure narcissique. Comment le pays le plus puissant du monde est-il devenu un contre-modèle en matière de gestion de l’épidémie? Incapables de maîtriser la première vague, accusant déjà plus de 150'000 morts, les Etats-Unis se regardent dans le miroir... et n’aiment pas trop ce qu’ils y voient. Dans un long récit, Ed Young, la plume scientifique du quotidien progressiste The Atlantic, a entrepris de tracer les linéaments de ce désastre d’ores et déjà historique. Un long réquisitoire qui joue sur la corde sensible dès son titre: «Comment la pandémie a vaincu l’Amérique».

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