Bonjour, c’est Adrien pour vous parler de santé, alors que la course au vaccin contre Covid-19 pousse des chercheurs à tester leur préparation sur eux-mêmes.

Aujourd'hui, nous faisons le bilan avec deux pharmaciens sur l'évolution de leur métier pendant la crise et sur leur meilleure intégration dans les task forces.

Adrien Miqueu, Lausanne
29.07.2020


Vaccins, tests, masques... les pharmacies s'installent au centre de la crise

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Une pharmacienne en Argovie derrière des panneaux en plexiglas pour la protection contre le coronavirus. Photo: Keystone

À coups de vidéos pédagogiques sur les bons usages du masque et de campagnes de remerciements, les pharmaciens suisses multiplient les actions pour rappeler leur rôle dans le système de santé. Très sollicités au pic de la crise, ils tirent aujourd’hui le bilan de ces mois agités, entre gestion des stock et participation accrue aux task forces.

«On a vu beaucoup d’émissions pendant la pandémie sur la “réalité” des pharmacies, sur le “challenge” de trouver des masques et du gel», raconte Cédric Maître, président de la Société des pharmaciens du Jura. «Je n’étais pas à l’aise avec cela: c’était réduire le rôle des officines à la remise de masques et de gel. Alors que le vrai challenge, c’était de trouver des médicaments, de les remettre dans les bonnes conditions. Et cela, en plus de la situation sanitaire!»

Il faut dire qu’en mars, au pic de l’épidémie, on s’est rué dans les pharmacies. 40% de ventes en plus par rapport à mars 2019. «On a battu des records historiques de vente et d’affluence. En 35 ans, nous n’avions jamais vu cela», se rappelle Cédric Maître. «Il y a eu une sorte de mouvement de panique. Les gens ont beaucoup stocké, comme pour le papier toilette! Il y a même fallu détailler certains médicaments de base: nous vendions le Dafalgan par plaque de 20!»

Maintenant que le pic est passé et les stocks reconstitués, les pharmaciens sont confrontés à un travail quotidien de pédagogie. Christophe Berger, président de la Société Vaudoise de Pharmacie: «Notre rôle aujourd’hui, comme beaucoup de professionnels de santé, c’est avant tout de retransmettre les infos de prévention. C’est un travail de fourmi, client après client, pour expliquer les bons gestes. Nous voyons encore des personnes avec un masque à l’envers.»

Le dépistage avec frottis naso-pharyngé serait par contre compliqué en pharmacie. «Nous n’avons pas l’équipement de protection nécessaire, il faudrait un schéma de passage dans la pharmacie pour éviter les contaminations, et je pense que ce n’est pas vraiment notre rôle», explique Cédric Maître. «En revanche, nous pourrions réaliser des tests sérologiques car le risque de transmission est nul», ajoute Christophe Berger. «Tous les pharmaciens n’ont pas la compétence pour réaliser une prise de sang, il faut pour cela avoir en plus un certificat vaccination et prélèvement sanguin. Mais un test capillaire, en prenant du sang au bout du doigt, ne poserait aucun problème.» Un projet est développé avec PharmaSuisse, la Société Suisse des Pharmaciens, pour qu’à l’automne une prise de sang capillaire prélevée en pharmacie puisse être envoyée dans un laboratoire certifié pour analyse. «Il y a désaccord avec l’OFSP sur ce que l’on peut faire, mais les pharmaciens ont un réel rôle à jouer ici».

Un rôle qui, en temps voulu, pourra s’étendre à la vaccination. «Avec plus de 340’000 contacts quotidiens avec leur patientèle, le personnel des quelque 1800 officines suisses peut sans conteste apporter une contribution significative à la maîtrise d’une pandémie», détaille Nicole Demierre Rossier, porte-parole de Pharmasuisse pour la Suisse romande. Cédric Maître abonde: «Dans les campagnes de vaccination, les pharmacies sont un maillon essentiel du système. Nous le voyons bien pour le vaccin de l’encéphalite à tiques: depuis mai, ça marche du tonnerre! Nous sommes beaucoup plus disponibles que les autres professionnels de santé» Christophe Berger ajoute: «Il y a un groupe de travail, avec des représentants des médecins, de l’État, des CMS, des pharmaciens, pour réfléchir à une vaccination au début de l’année prochaine. Il faut déterminer comment vacciner un maximum, tout en priorisant les cas. C’est bien que nous soyons inclus dès le départ, et pas en cours de route comme cela a pu être le cas avant.»

Car la crise a mis en lumière la place particulière des pharmaciens, tant auprès de la population que des autorités. Cédric Maître: «Les gens se sont rendus compte que quand tout était fermé, les pharmacies sont restées ouvertes. Plusieurs personnes nous ont remercié, comme on a pu remercier les infirmières et les soignants. En mars, au sommet de l’épidémie, mon équipe était au contact, dans une position très exposée.»

Pour le canton de Vaud, Christophe Berger voit une amélioration dans l’inclusion des officines dans les organes de décision. «Nous sommes moins dans la situation “ah, mais il y a les pharmaciens aussi!” qu’il pouvait y avoir avant. Maintenant, nous sommes vraiment dans les task forces.» Dans le canton de Fribourg, on compte également un pharmacien d’officine dans l’Organe de Conduite Sanitaire, mais ce n’est pas le cas du Jura: «Je l’ai proposé, mais rien pour l’instant», déplore Cédric Maître.

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«Il ne faut pas nier l'importance des masques»: la position du Pr Pittet fait débat chez ses pairs

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Patrick Francioli, ancien chef des services de médecine préventive hospitalière et d’infectiologie du CHUV © Gilles Weber, SAM

Dans une interview récente pour Heidi.news, le Pr Didier Pittet, chef du service de prévention et contrôle des infections des HUG, faisait part de sa conviction que le masque n’est surtout utile contre Covid-19 que dans la mesure où les autres précautions (hygiène des mains et distanciation physique) sont mal respectées. Une position qui contraste avec celle d’autres infectiologues romands de renom, dont deux ont signé en mai une tribune au Temps pour défendre l’usage du masque. Parmi eux, le Pr Patrick Francioli, ancien chef des services de médecine préventive hospitalière et d’infectiologie du CHUV et cofondateur de Swissnoso, la société savante pour la prévention des infections nosocomiales. Il nous explique en quoi le masque est, de son point de vue, essentiel.

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Une raison d'espérer

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Charmey. Photo: La Gruyere Tourisme

Musique classique en drive-in. Après le théâtre et le cinéma en drive-in, le concert classique se plie à son tour aux exigences sanitaires. Le Festival du Lied de Fribourg a ainsi pris ses quartiers d’été à Charmey, en Gruyère, sur le parking au pied des pistes. Les spectateurs restent dans leur voiture, un écran géant est installé pour guigner sur la grande scène, et au cas où, le concert est retransmis sur une fréquence FM.

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SOS évènements en péril. Journal de bord, épisode 12. Hippolyte, notre BD-reporter qui doit embarquer à bord de l'Ocean Viking, retourne aux bureaux de SOS Méditerranée à Marseille et retrouve Sabine, en charge de l’évènementiel.

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Des scientifiques se sont inoculés leur propre vaccin. Ce qui suit n’est pas à reproduire chez vous. Car nul ne sait si ce «vaccin» fonctionne, ni si cette démarche, qui semble se situer dans une zone d’ombre du droit, est légale. Au moins 20 scientifiques, affiliés à l’université Harvard et au MIT pour plusieurs d’entre eux, se sont inoculés par voie nasale des fragments de protéines du pathogène (qui ne suffisent pas provoquer une infection à Covid-19) mêlés à de la chitosane, substance que l’on retrouve dans la carapace des crevettes, supposée aider le mélange à passer la membrane des cellules.

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Le «mur de Trump» n'aurait pas été détruit par l'ouragan Hanna. La vidéo du «mur de Trump» se faisant «détruire par l’ouragan Hanna» a déclenché l’hilarité et l’indignation sur les réseaux sociaux. Mais il semble que l’épisode météorologique qui s’est abattu ce week-end sur le Texas ne soit pas responsable de ces images: selon les gardes frontières américains, la vidéo remonterait à juin dernier, lorsque des vents violents ont bel et bien détruit des parties du mur, au Nouveau-Mexique. Elle fait en tout cas ressurgir le débat sur la solidité et l’efficacité du mur.

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Les grandes étapes de la pandémie. À la mi-journée, l’OFSP a annoncé 193 nouveaux cas, contre 132 la veille, pas de nouveaux décès. La Suisse compte désormais 34’802 cas testés positifs et 1703 décès. 14 hospitalisations ont également été enregistrées en 24 heures. Pour ce qui est de la recherche des contacts, 964 personnes sont actuellement en isolement et 3108 contacts en quarantaine. 9164 personnes sont placées en quarantaine après être rentrées d’un pays à risque.

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Adrien Miqueu est doctorant en histoire des sciences à l’UNIL. Malgré son master de physique à l’EPFL, il a préféré être aussi journaliste scientifique et dessinateur de BD. Vous pouvez lui écrire ici.


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