Je partage | Je m'inscris

Bonjour, c’est Monica pour votre dernière newsletter culture de l’année. Ce soir on fait le point avec la contrebassiste Jocelyne Rudasigwa, très impliquée au sein de la Taskforce Culture dans les réflexions menées pour offrir une meilleure protection aux artistes lors de crises comme celle que nous vivons en ce moment.

Tandis qu’à Genève des artistes ont investi l’espace public à travers les panneaux d’affichages municipaux, nous écouterons le bilan 2020 d’une jeunesse privée d’art vivant. Prenez soin de vous, on se retrouve en 2021!

photo journaliste

Monica Schütz, Genève

18.12.2020

«Ces allers-retours nous laissent dans un état de sidération, nous les artistes»

Photo article

Jocelyne Rudasigwa. Photo: Alain Kissling

Les mesures prises par la Confédération à la mi-décembre ont donné un coup de massue supplémentaire au secteur culturel, déjà à bout de souffle après des mois d’arrêt. Depuis le début de la pandémie, la Taskforce Culture trime auprès des gouvernements pour faire entendre la voix de ceux qui font la culture en Suisse, dans toute sa diversité. Jocelyne Rudasigwa et David Michaud portent le drapeau de SONART (Association suisse de musique) en Romandie.

Contrebassiste de Lausanne, Jocelyne Rudasigwa navigue aussi bien dans le classique, le jazz, l’improvisation, le théâtre musical, la musique contemporaine ou celle dite populaire. Elle enseigne son instrument au Conservatoire de Fribourg et, pour SONART, elle porte la casquette de cheffe de projets Musique contemporaine. Nous avons souhaité prendre avec elle le pouls du secteur musical en Suisse romande.

Heidi.news: Dans quel état se trouvent les musiciens?
Jocelyne Rudasigwa: L’ambiance est morose, pour ne pas dire au fond du bac. Faire de la musique pour nous-mêmes, on le fait tout le temps, c’est même notre essence. Mais ça ne suffit pas, ça ne donne pas du sens à notre métier. Sinon, les retours que j’ai sont beaucoup liés aux aides et à la situation précaire de nombreux musiciennes et musiciens qui vivotaient dans un système qui acceptait cette manière de fonctionner.

En musique, les artistes peuvent jouir de différents statuts, ce qui implique que certains passent entre les mailles du filet social. Quels sont les différents cas de figure?
Il y a tout d’abord ceux qui se sont déclarés indépendants à 100%, c’est-à-dire pour l’entier de leur activité, et assument eux-mêmes leurs charges sociales. Puis il y a la catégorie des musiciens qui sont salariés par des compagnies, des ensembles, des orchestres, ou des écoles – les enseignants. Ceux-là jouissent de contrats fixes.

Mais très souvent il y a une espèce de fragmentation de statut, l’addition d’un petit poste d’enseignement, un autre avec des compagnies et des cachets de concerts avec différents ensembles. Très souvent ces cachets sont déclarés en tant qu’indépendant, car l’obligation pour les compagnies ou les salles de demander une attestation de statut ne date pas de très longtemps. Le système social n’est pas bien compris. Quand on est jeune musicien et qu’on démarre, on ne pense pas à la retraite! On ne se rend pas compte de l’ampleur des situations que certains manquements peuvent engendrer, passés 60 ans ou même avant.

On en vient à la zone grise, les musiciens qui n’ont pas de statut du tout. Du coup, ils passent des années sans cotiser. C’est la double peine. La faute, d’une part, à une ignorance du fonctionnement du système et, d’autre part, à un système qui fonctionne comme ça. J’ajouterai qu’il y a aussi toute une partie, en Suisse romande, qui travaille avec une espèce d’intermittence comme les comédiens, avec des emplois fixes salariés par des compagnies, qui constituent des gains intermédiaires pour le chômage.

En ce qui concerne les entreprises, beaucoup d’entre elles travaillent à la fois pour le culturel et pour l’événementiel ou d’autres manifestations. Si elles ont fait une demande d’aide culture, elles n’ont pas droit au cas de rigueur, alors qu’en fait la culture ne représente qu’une petite partie de leur activité. On est vraiment un secteur avec des taux d’activité très divers. Et cela ne rentre pas dans les cases. Donc on va continuer à faire en sorte que ce soit les cases qui s’adaptent aux individus et non pas l’inverse.

Ce flou autour des statuts des musiciens pourrait sans doute être résolu par les autorités…
Oui, des discussions sont en cours, notamment au sein de groupes de réflexion comprenant des acteurs politiques de premier plan. Il existe vraiment une volonté de faire en sorte que les choses changent. Cette crise met cruellement en lumière une situation qu’on connaissait déjà, mais qui n’était pas forcément visible pour le reste de la société.

Lire la suite sur Heidi.news (FR)

Accédez à tous nos articles et enquêtes. Abonnez-vous

La culture sur Heidi.news

Photo article

Raphëlle Mueller | DR

70 artistes locaux investissent les panneaux d’affichages genevois. La Ville de Genève met à disposition de 70 artistes locaux des panneaux d’affichage dispersés dans tous les quartiers, pour 70 œuvres uniques et éphémères. I LOVE #ArtisteDici, un projet monté en à peine trois semaines par le Fonds municipal d’art contemporain (FMAC), en collaboration avec les lieux de production, à découvrir dans les rues genevoises jusqu’au 27 décembre 2020.

Pourquoi c’est une excellente initiative. «Les artistes plasticiens sont parmi ceux qui sont passés à travers les mailles de tous les filets pour les aides mises en place par la Confédération et le Canton», explique Michèle Freiburghaus Lens, conseillère culturelle, responsable du FMAC et pilote du projet. «Si certains d’entre eux y ont droit, c’est pour des montants très faibles.» La scène est donc fragilisée, aussi parce que cela fait plusieurs mois que ces artistes n’ont plus aucun moyen de diffuser, présenter ou exposer leurs travaux.

Investir l’espace public à travers les panneaux d’affichage, «c’est leur permettre de se remettre sur le devant de la scène et de s’exprimer sur la situation qu’ils vivent aujourd’hui.» Une manière également de provoquer la rencontre avec le public, leur rendre une certaine visibilité et les soutenir financièrement.

Lire la suite sur Heidi.news (FR)
Photo article

DR

Bilan 2020 d’une jeunesse privée d’art vivant. Précarité financière, vie sociale réduite, la pandémie a mis à rude épreuve le psychisme des plus jeunes cette année. Alors que les sorties culturelles remplissaient souvent un rôle d’exutoire, les fermetures à répétition des clubs, des salles de concerts mais aussi des théâtres ont fortement touché la génération Z, ceux nés depuis les années 2000. Les récentes mesures édictées par le Conseil fédéral - de repousser les réouvertures au 22 janvier prochain – ajoutent à leur désarroi et forcent à se demander si 2021 sera tout aussi morose.

Comment réagissent les 18-21 ans. Pour sonder cette tranche de la population, nous avons posé quelques questions à la Culture League, un collectif de jeunes spectateurs et spectatrices qui alimente un Vlog sur Instagram depuis un an. Mandatés par l’AG culturel – un abonnement unique pour les moins de 26 ans qui leur permet d’accéder de manière illimitée à plus de 220 lieux artistiques dans 5 cantons pour CHF 100 par an – ces «critiques en herbe» partagent leurs découvertes sur les réseaux sociaux. Heidi.news leur donne la parole.

«Je ne me sens pas satisfaite, j’ai l’impression de manquer d’un besoin vital», résume Coline Siegrist, 19 ans, de Courroux, au sortir d’une année 2020 culturellement appauvrie par la crise.

Lire la suite sur Heidi.news (FR)
Photo article

Keystone-ATS

Les nouvelles ambitions de l’eNati. Des tacles, des frappes, des dribbles. Tout cela est possible sur écran et en ligne grâce à la plupart des consoles de jeu vidéo. Le sport électronique (eSports) est pris au sérieux par l’Association Suisse de Football (ASF) depuis la création d’une eNati en mars 2020. Et le phénomène prend de l’ampleur.

Pourquoi on en parle. Le sélectionneur national Thomas Temperli a recruté un nouvel élément dans ses rangs début décembre : Manuel Kubli. Il remplace Stefan Beer qui a mis fin à sa carrière. L’équipe nationale d’eSports compte à ce jour cinq joueurs, prêt à en découdre sur FIFA 21.

Lire la suite sur Heidi.news (FR)

Bien vu

Photo article

Current, Rising, le premier opéra d’hyper réalité. Photo: Joanna Scotcher and Figment Productions

Le premier opéra d’hyper réalité au monde sera présenté dès demain au Royal Opera House de Londres. «Current, Rising», de Netia Jones, est une oeuvre d’une durée de 15 minutes inspirée par la libération d’Ariel à la fin de la pièce de Shakespeare «The Tempest, Current, Rising». Une expérience alliant mise en scène historique, excellence artistique et technologie de pointe.

Royal Opera House (EN)

Une raison d'espérer

Photo article

Joël Hefti dans une classe du quartier des Charmilles, à Genève. Photo: David Wagnières

Invasions poétiques dans les écoles genevoises. Les comédiennes et comédien du théâtre Am Stram Gram, à Genève, prennent d’assaut les classes du primaire pour insuffler de la poésie à l’oreille des enfants. Ils apprennent ensemble un fragment du poème puis se réunissent avec le reste de l’école pour déclamer le texte en entier. «Faire vibrer les mots» et «offrir une sensation», il n’y a pas d’âge pour commencer!

Le Temps (FR)

Le média qui explique & explore le 21e siècle

Photo article

Les Explorations de Heidi.news. Heidi.news, c’est des newsletters et des actus quotidiennes, mais aussi des articles de fond et des enquêtes et grands reportages. Découvrez nos Explorations Il n’y a plus d’enfant normal, Voyages en art suisse, ou encore Réinventer l’école, et plongez-vous dans nos Revues imprimées.

Découvrir les Explorations

Sans oublier notre exploration japonaise en bande dessinée

Photo article

De Kip | DR

Enfant de sa génération, De Kip, jeune Suissesse, a été bercée par la pop culture japonaise. Lorsque l’occasion se présente de partir vivre à Tokyo, elle n’hésite pas une seconde. Le rêve devient réalité, du moins c’est ce qu’elle croyait…

Pour Heidi.news, elle raconte son expérience, en textes et en dessins, avec déjà six épisodes publiés et un bonus.

Les six épisodes sur Heidi.news (FR)

Pendant ce temps, sur Heidi.news

Photo article

Confédération

Le Conseil fédéral a tranché: ce sera un Noël reconfiné. Sous pression face au regain épidémique, le Conseil fédéral a décrété ce vendredi un reconfinement du pays à compter de mardi 22 décembre. Les restaurants, établissements culturels et sportifs seront fermés, y compris pendant les fêtes. Il est demandé à l’ensemble de la population de rester chez elle, en renonçant aux voyages et excursions non essentiels. En revanche, les domaines skiables demeurent ouverts.

Pourquoi il reste (un peu) d’espoir. L’exécutif a pris soin de ménager une soupape de décompression. Dans les cantons où la situation épidémiologique est favorable, les restaurants et établissements sportifs pourront demeurer ouverts, à la discrétion des autorités cantonales. Pour disposer de cette marge de manœuvre, un canton devra afficher un taux de reproduction effectif (Re) inférieur à 1 et une incidence sur sept jours inférieure à la moyenne suisse.

De fait, les cantons romands ont des Re juste inférieur à 1 mais des niveaux de circulation virale supérieurs à la moyenne suisse (autour de 4300 cas pour 100’000 habitants, au 18 décembre). En croisant ces deux critères, il s’avère qu’aucun d’eux ne satisfait à ce jour les deux conditions pour échapper au reconfinement décidé par le Conseil fédéral.

Heidi.news (FR)

Une équipe suisse parvient à prédire les crises d’épilepsie. L’épilepsie a cela de cruel que les crises surgissent à l’improviste. Une fatalité auxquelles deux chercheurs suisses veulent remédier. En collaboration avec un neurologue californien, ils ont développé un modèle statistique capable de prédire une crise plusieurs jours à l’avance. Leurs travaux, parus ce vendredi 18 décembre dans le Lancet Neurology, seront évalués chez l’homme en 2021. Avec à la clé, l’espoir d’améliorer le quotidien de millions de patients.

Heidi.news (FR)

Les théories de l’effondrement des collapsologues sont-elles réalistes? Par courriel, un lecteur nous demande si «les théories sur l’effondrement sont réalistes». En creux, la question posée est celle du crédit à accorder à la «collapsologie», courant de pensée qui envisage les risques d’effondrement de notre civilisation industrielle à cause de la catastrophe écologique en cours. De quoi s’agit-il? La réponse de Sarah Sermondadaz, journaliste sciences pour Heidi.news.

Heidi.news (FR)

En Israël, les raisons d’une gestion chaotique du coronavirus. Face à la pandémie de Covid-19, Israël est devenu sur le tard un cas d’école de mauvaise gouvernance, alors que le pays avait été loué pour sa gestion de crise au printemps. Le gouvernement n’a pas augmenté les mesures restrictives pour Hanoukka, la fête des lumières du 10 au 18 décembre, et les centres commerciaux ont même été rouverts. Anatomie d’une gestion sanitaire très critiquée.

Heidi.news (FR)

La neutralité carbone dans l’aviation, ce n’est pas pour demain. Une aviation sans impact climatique, ce n’est pas pour tout de suite. L’Université de Genève organisait ce jeudi 17 décembre une table ronde consacrée à la question. Mais en présence du directeur d’Easyjet Johan Lundgren et celui de la branche romande de Swiss, Lorenzo Stoll, le débat s’est rapidement porté sur le bien fondé d’une taxe sur les billets d’avion, loin de faire l’unanimité autour de la table.

Heidi.news (FR)

Les cantons romands se démènent pour vacciner dès la mi-janvier. Le canton de Vaud ouvre le bal. Ce vendredi 18 décembre en conférence de presse, il a été le premier canton romand a présenté les contours de son dispositif de vaccination contre Covid-19. Dès le 11 janvier, la vaccination débutera dans les EMS et dès le 18 janvier au plus tard, les personnes vulnérables pourront aller se faire vacciner au CHUV. Le canton souhaite vacciner la moitié de sa population d’ici l’été.

Heidi.news (FR)

Quand la migration est une promesse. Pour ce 18 décembre, Journée mondiale des Migrants, Emmanuelle Werner Gillioz raconte le parcours d’un jeune migrant qu’elle a accompagné – et qui a dépassé ses espoirs.

Heidi.news (FR)

Vous avez aimé? Partagez:

Facebook Twitter Linkedin Instagram

Séance de rattrapage avec l'édition du 11.12.2020

À bientôt

b696e884-f624-429e-91a6-1af20f5cf9e3.png

Avenue du Bouchet 2
1209 Genève
Suisse