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Bonjour, c’est Sophie, pour vous parler d’éducation, alors qu’approche notre grand débat en partenariat avec le FIFDH. Il aura lieu samedi 6 mars à 16h et sera suivi d’un an de reportages, d’enquêtes et d’interviews pour répondre à la question suivante: «Faut-il réinventer l’école?»

Au menu ce soir: les recettes pour un système scolaire plus égalitaire, des parents qui appellent à l’aide et des concerts dans les préaux.

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Sophie Gaitzsch, Genève

04.03.2021

«Ce fonctionnement en vase clos est lourd pour les familles»

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KEYSTONE/Christian Beutler

L’Ecole des parents, à Genève, répond aux «petits et grands soucis» des parents via une permanence téléphonique et des consultations assurées par des psychologues, mais aussi au travers d’ateliers et de rencontres (pour l’instant en visio-conférence). Alors que les contraintes liées à la pandémie se prolongent, sur fond de ras-le-bol généralisé, comment vont les familles? Nous avons posé la question à Katharina Schindler, directrice de la structure.

«Au printemps, avec le confinement, nous avons modifié notre offre pour renforcer la ligne téléphonique Allô-Parents. Nous avons reçu beaucoup de sollicitations. Aujourd’hui, nous sommes revenus à notre offre normale, mais le rythme des appels reste plus soutenu qu’avant la crise. Les enfants vont à l’école, mais le manque de soupape, l’importante réduction des contacts et activités à l’extérieur du cercle familial pour les enfants comme pour les parents, se fait sentir. Nous ne sommes pas confinés mais ce fonctionnement en vase clos est lourd pour les familles.

Les parents qui nous sollicitent le plus sont ceux d’adolescents. La période actuelle est particulièrement compliquée pour cette tranche d’âge. Ils nous contactent pour nous demander comment faire face à un ado qui décroche de l’école ou avec des questions sur la gestion des écrans qui ont pris encore plus de place. Nous rencontrons aussi des problématiques de violence familiale. Sans les ressources externes habituelles, certains jeunes sont comme une casserole qui bout. Les parents nous confient aussi que le manque de perspective est très difficile à gérer. Ils ne peuvent pas dire à leur ado qui n’en peut plus: ‘allez, il faut tenir jusqu’en avril, après c’est fini’.

Pour les familles avec des enfants plus jeunes, le manque d’aide de l’extérieur se fait sentir. Les gens se mélangent moins et elles ont parfois dû renoncer à des apports précieux, par exemple des grands-parents. S’ils avaient l’habitude de venir s’occuper des enfants deux fois par semaine à midi, par exemple, et qu’ils ont dû arrêter, cela chamboule vite beaucoup de choses. Dans les circonstances actuelles, s’occuper d’enfants en bas âge tout en télétravaillant, même si le couple est solide et partage les tâches, c’est rock n’roll.

Mais tout n’est pas négatif. Certains parents nous racontent que les pères qui travaillaient beaucoup hors du domicile auparavant se sont rendu compte du poids du travail domestique, ce que cela signifie d’être beaucoup à la maison avec les enfants. Et ça, c’est un point positif. Nous sommes en 2021, mais certains n’en avaient pas conscience.»

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«La pandémie a révélé une grande inquiétude liée à la réussite scolaire»

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Keystone

Le confinement du printemps dernier a agi comme un révélateur. Il a exposé l’impréparation des écoles à affronter une crise qui implique leur fermeture, les disparités entre les élèves, mais aussi l’importance de la réussite scolaire dans notre société. Héloïse Durler, professeure spécialisée en sociologie de l’éducation à la Haute école pédagogique Vaud, livre son analyse des effets de cet épisode qui a secoué le système scolaire suisse. Elle souligne que les inégalités n’ont pas disparu avec le retour en classe et que l’école est le reflet de choix politiques.

La pandémie a-t-elle provoqué une prise de conscience autour de la question des inégalités scolaires?
Oui. Avec la fermeture des écoles, elle est soudain devenue centrale. Du côté des établissements, le confinement a agi comme un révélateur. Ils ont été confrontés à des élèves qui décrochent, qui disparaissent. Le contact accru entre parents et enseignants, avec une vue plus directe dans le quotidien des familles, a également eu un effet.

D’un autre côté, la pandémie a mis en lumière une grande inquiétude liée à la réussite scolaire et l’importance des diplômes dans l’accès aux différentes positions sociales. L’idée même de continuité pédagogique n’a pas été débattue, personne n’a imaginé mettre les enfants en vacances pendant cette période. A l’inverse, l’angoisse d’accumuler des retards dans l’apprentissage a dominé.

Comment la situation a-t-elle évolué depuis le printemps dernier?
Pour l’instant, nous ne disposons pas de données pour évaluer ce qu’il s’est passé au cours des derniers mois. Mais le sentiment qui prédomine est que puisque les écoles ont rouvert, l’affaire est réglée. Or il n’y a rien d’automatique. Les inégalités scolaires n’ont pas magiquement disparu avec le retour des élèves en classe. Elles existaient avant la crise, elles existent toujours aujourd’hui.

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Une raison d'espérer

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Harold Cunningham | OSR

A Genève, 15 jours d’école «autrement». Après un an de pandémie, et son lot d’annulations, de contraintes et de frustrations, le DIP offre à tous les élèves de souffler pendant 15 jours. Du 15 au 31 mars, le festival «Mars contre-attaque!» proposera aux classes une cinquantaine d’activités culturelles et sportives. La plupart auront lieu en ligne, quelques-unes en présentiel. Un exemple: emmené par une roulotte, un quintet de l’Orchestre de la Suisse romande se produira dans les préaux, pour un concert de 20 minutes à écouter depuis les fenêtres de la classe.

20 Minutes (FR)

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Des algues dangereuses menacent-elles l’Arctique? L’Arctique pourrait devenir toxique pour une partie de la faune marine, selon une étude qui pointe des modifications préoccupantes dans les aires d’habitat de plusieurs espèces d’algues et phytoplanctons. Ces travaux ont été publiés par des chercheurs danois dans la revue Scientific Reports.

Heidi.news (FR)

Vaccination: les personnes avec des troubles psychiatriques doivent-elles être prioritaires? Alors que la vaccination contre le Covid-19 progresse en Suisse et ce plus rapidement que dans les autres pays européens, se pose la question de la priorisation des personnes souffrants de troubles psychiatriques sévères. Entre urgence et crainte de la stigmatisation, la question fait débat.

Heidi.news (FR)

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