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Bonjour, c’est Rinny à Lausanne, où je me suis demandé ce que vous aimeriez lire ce matin.

Cette semaine, on découvrait que le plan génial de Trump et Netanyahou pour l’Iran, c’était d’éliminer la caste dirigeante, et… de remettre Mahmoud Ahmadinejad à la tête du pays. C’est en tout cas le scoop du New York Times.

Avec l’équipe de Heidi.news, on est un peu restés sans voix.

Mais à vrai dire, notre article daté d’octobre 2025 sur l’ancien et très virulent président iranien contenait quelques indices de cette affaire.

Et sinon, hier soir, il se disait que les hostilités pourraient reprendre dans la nuit entre Téhéran et les États-Unis.

Finalement, j’ai pensé que quand la politique internationale ressemble à un improbable vaudeville, ou à un sempiternel déjà-vu, il vaut mieux changer d’air.

Je vais donc vous entretenir d’un sujet de proximité, une question vous vous êtes sans doute déjà posée: «Pourquoi les petits chiens sont-ils si méchants?». Ce sera la minute canine de votre samedi.

photo journaliste

Rinny Gremaud à Lausanne
23.05.2026

Roquets: il existe des solutions (non violentes)

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Un chihuahua dans un sac à main, St-Moritz. | Keystone / Christian Beutler

Il y a moins d’un an, j’ai déménagé dans un quartier assez dense du centre de Lausanne. De mon immeuble, je sors et, consécutivement, j’entre au moins trois fois par jour. C’est donc six fois par cycle de 24 heures, été comme hiver et par tous les temps, qu’un pinscher nain se presse à la fenêtre d’un immeuble voisin et jappe sans relâche jusqu’à ce que nous ayons disparu de son rayon d’olfaction.

Je dis «nous» parce que, vous l’aurez deviné, si je sors autant, et par tous les temps, c’est que je suis flanquée d’un chien (sinon, il va sans dire que rien ne me ferait quitter mon canapé).

Un pinscher nain, selon le standard de la race, pèse entre 4 et 6 kilos et culmine aux alentours de 30 centimètres, ce qui en fait un relativement grand petit chien, quand on sait que le chihuahua, par exemple, mesure rarement plus de 20 centimètres pour un poids entre 1 et 3 kilos.

Le quartier étant central comme je l’ai dit, et relativement bourgeois, les chiens sont ici très nombreux, généralement petits, voire très petits, et malheureusement pour eux, ils sont désormais condamnés à nous croiser fréquemment, mon très grand chien de 45 kilos et moi.

A force, on se connaît tous.

Il y a la dame qui réprimande mollement son coton de Tuléar alors qu’il nous montre les dents à chaque fois: «Allons allons Bobby, calme-toi enfin, tu vois bien qu’il est gentil…»;

La jeune femme aux très longs ongles qui prend systématiquement dans ses bras son spitz nain bavant et glapissant de rage à notre vue;

Le couple sur la terrasse du tea-room, avec Madame qui, comme elle le ferait avec un sac-à-main, prend sur ses genoux son chihuahua écumant et regarde passer mon grand chien noir comme s’il n’avait rien à faire dans le quartier;

Et cette autre dame qui, je le vois à son attitude, maudit secrètement son yorkshire vindicatif, allant parfois jusqu’à le rudoyer en le soulevant du sol par son harnais tant il devient fou de haine à notre passage.

Pourquoi sont-ils si méchants? nous sommes-nous souvent demandé, mon chien et moi, à propos de ses congénères de petit format.

Nous ne sommes pas les seuls. Dans Google, lorsqu’on tape «pourquoi les chihuahuas», la fonction de remplissage automatique propose en premier «sont agressifs» – proposition suivie, dans l’ordre, de «ont la langue qui pend», «tremblent», «ont les yeux globuleux», «mordent», «aboient tout le temps», et «sont hargneux».

Ce qui me donne envie d’ajouter: «Dans ce cas, pourquoi sont-ils aussi la race de chien la plus répandue en Suisse, dépassant désormais le labrador et le bulldog français?»

Si cette dernière question reste encore une énigme, la recherche scientifique est relativement prolixe sur la corrélation entre petite taille et agressivité (des chiens), sans en faire une règle d’airain: les petits chiens sont plus souvent agressifs, mais tous ne le sont pas nécessairement.

Sachant que l’agressivité trouve souvent son origine dans la peur (chez les canidés mais pas seulement), il semble que les races naines soient aussi fréquemment couardes. Mais là encore, ce n’est pas parce que ces chiens sont petits et que, d’une façon ou d’une autre, ils auraient conscientisé leur propre petitesse. C’est avant tout, disent les études concordantes, parce qu’ils sont mal socialisés. Et mal, voire pas du tout, éduqués.

Il suffit de fréquenter les cani-parcs et les trottoirs de quartiers bobos pour le comprendre:

Le roquet se trouve malgré lui au centre d’un cercle vicieux infernal.

Phase 1: Il est risible. Même quand il montre les dents et qu’il agresse tout ce qui passe, on s’en amuse, on lui pardonne.

Phase 2: Il ne peut pas faire de mal (soi-disant), donc il n’est pas éduqué. On tolère chez lui ce qu’on ne laisserait jamais passer chez un rottweiler ou un dogue allemand.

Phase 3: Il n’est jamais amené à jouer avec de plus gros chiens que lui. Dans la phase 1 parce qu’il est considéré comme trop fragile, et qu’un gros chien risque de le casser en jouant (surtout les teckels nains qui ont la lombalgie facile). Et dans la phase 2 parce qu’à force d’être agressif avec tout le monde, le petit chien se fait parfois grogner et remettre en place par de plus gros, ce qui renforce encore la crainte de ses propriétaires.

(Ma théorie personnelle, c’est que la situation a encore empiré avec l’inflation des prix. Sachant qu’un chihuahua se négocie désormais entre 2500 et 3500 francs la bête – le prix d’un petit sac à main Louis Vuitton – ses propriétaires renâclent généralement à le laisser entre les pattes d’un berger allemand.)

Phase 4: Les propriétaires de petits chiens développent (ou ont déjà au préalable) une peur des grands chiens. Ce que le petit ressent, puisqu’il est une éponge à émotions humaines. Il se trouve alors conforté dans ses propres phobies. Et aboie encore plus. Ce qui encourage davantage les propriétaires à les prendre dans leurs bras dès qu’un grand chien paraît au loin.

Et c’est ainsi que le roquet devient roquet. CQFD.

A ce stade, j’imagine qu’un certain nombre d’entre vous se demande en quoi ce sujet peut bien valoir autant de mots écrits dans un espace aussi précieux que cette newsletter. J’ai moi-même du mal à trouver une conclusion. Si ce n’est qu’à défaut d’avoir passé 3 minutes à lire un article sur un sujet triste et inéluctable, vous venez de comprendre qu’une solution existe à des nuisances de votre vie quotidienne:

Il suffit d’éduquer les gens qui adoptent des petits chiens.

Lorsqu’on en a parlé hier, mon rédacteur en chef qui a des lettres a résumé le sujet ainsi: «Le roquet naît naturellement bon et c’est la société qui le corrompt.» Peut-être n’y a-t-il rien de plus à ajouter.

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Nos enquêtes se poursuivent sur Heidi.news

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Vue de Sion. Image: Keystone. Modifiée par la rédaction.

Viol en Valais: la justice a-t-elle confondu deux soirées? On a vu, dans l’épisode précédent, que le statut d’une femme arrêtée en 2020 lors d’une grande opération anti-drogue en Valais a basculé. Véronique était prévenue, la voilà victime. Lors d’un interrogatoire, elle a en effet raconté aux policiers un viol collectif dont elle aurait été victime deux ans plus tôt. Des suspects sont condamnés. On va voir ce qui ne colle pas, dans les déclarations des uns et des autres. On verra aussi que la date des faits est tout sauf certaine.

«Qui a violé Véronique à Savièse?», épisode 3

Que faire des corps? L’Occident ne sait plus où mettre ses morts. Pendant des siècles, l’Occident a disposé de ses morts presque toujours de la même manière. Mais entre considérations environnementales, nouvelles attentes des familles et urbanisation croissante, le secteur funéraire se retrouve confronté à une question très concrète: comment faire disparaître les corps? Une enquête six pieds sous terre, mais pas seulement.

«La mort est notre métier», épisode 6

Comment faire revenir le jaguar sur trois fois la France. Après avoir mené au cours des 30 dernières années des projets de réensauvagement à grande échelle en Patagonie, Tompkins Conservation lance une initiative encore plus ambitieuse: Jaguar Rivers. Cette fois, il s’agit de reconnecter les zones naturelles protégées d’un espace grand comme trois fois l’Hexagone: le bassin du fleuve Paraná, le deuxième plus grand d’Amérique du Sud après l’Amazone. Entretien croisé.

«Retour vers le sauvage», la suite
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Kris Tompkins avec l’un des jaguars réintroduits dans le parc national d’Iberá en Argentine. | Rewilding Argentina / Sebastian Navajas

Le dessin de la semaine

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Pitch Comment, pour Heidi.news

Après Trump, Poutine à quatre pattes devant l’Empereur de Chine. La séquence est révélatrice, presque caricaturale. Seulement 24 heures après la visite officielle de Donald Trump à Pékin, c’était au tour de Vladimir Poutine, les 19 et 20 mai 2026, de rendre visite au président chinois Xi Jinping. Ce défilé de prétendants, à l’heure où la géopolitique se rappelle au monde, dit quelque chose des nouvelles lignes de force. Au centre, l’Empire du Milieu, autour, les grandes puissances déclinantes du 20e siècle.

Bien sûr, les présidents américain et russe n’ont pas été logés à la même enseigne. Mais la diplomatie est l’art de la subtilité.

Tourisme diplomatique

Donald Trump a été accueilli à sa descente d’avion par le vice-président chinois, avant de rencontrer Xi Jinping sur les marches du palais de l’Assemblée du peuple (symbole de la Chine communiste), place Tian’anmen, avant de visiter le fameux temple du Ciel (symbole de la Chine impériale). Le lendemain, de façon inhabituelle, il a été invité à Zhongnanhai, le siège très privé du gouvernement chinois, en forme de remerciement pour l’accueil qu’il avait réservé à Xi Jinping à Mar-a-Lago en 2017.

Vladimir Poutine a quant à lui été accueilli par le ministre des Affaires étrangères Wang Yi (rang inférieur) puis invité à prendre le thé en compagnie de son homologue chinois le soir même au Grand Palais du Peuple, en signe d’amitié renouvelée. L’ambiance de la visite officielle était chaleureuse mais sans effusions.

Un égal pour rival et un ami subalterne

Traduction de ces subtilités protocolaires: l’un est un rival systémique et pas (encore) un adversaire déclaré, traité avec le respect dû à un égal, tandis que l’autre est un partenaire de confiance («sans limites», selon l’expression de 2022 qui a fait long feu) mais traité comme un inférieur…

Lire la suite sur Heidi.news (accès libre)

Contenu partenaire

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La Maison Rousseau et Littérature à Genève, en partenariat avec Heidi.news, Utopiana Genève et la Nuit des musées, explore notre relation au sauvage: faut-il le ressusciter, l’accompagner, le cartographier, le penser, l’écouter? Du jeudi 28 au dimanche 31 mai 2026, conférences, tables rondes, promenade botanique et expérience sonore composent ces quatre jours où la nature reprend du terrain — dans les paysages comme dans les imaginaires. Y compris, vendredi 29 à 19h, le vernissage de la dernière revue de Heidi.news, Retour vers le sauvage (tome 2).

De bonnes lectures

Grosse fortune, succession et assassinat au menu de cette affaire catalane aux accents shakespeariens. Jonathan Andic, héritier mal-aimé du géant du textile Mango, a-t-il poussé son père du haut d’un ravin? La justice a rouvert l’enquête concernant la mort du milliardaire Isak Andic, tombé d’une falaise en décembre 2024 alors qu’il se promenait seul avec son fils. «Il a chuté en voulant prendre une photo», avait déclaré le fils auprès de la police. Il s’avère que le téléphone du père a été retrouvé dans sa poche avant, et ne contenait aucune image du lieu.

El Pais (ES)

Les Enhanced Games, ou les jeux du transhumanisme s’ouvrent lundi à Los Angeles: des compétitions sous stéroïdes, des records du monde battus à la pelle, et des athlètes qui auront été encouragés à consommer sans restriction les substances que toutes les fédérations sportives interdisent formellement. Pour qui décide d’y participer, c’est un pacte faustien: des primes à la performance qui atteignent le million de dollars, mais un renoncement définitif au rêve olympique. Les organisateurs, eux, y voient l’occasion de promouvoir leur supermarché de «la vie augmentée»: peptides, testostérone, pilules de la longévité, de la concentration ou de la perte de poids.

Vanity Fair (EN)

La der de Stephen Colbert c’est un peu le crépuscule des «late-night shows», cette spécialité médiatique américaine qui fait rire dans le monde entier. Mais pour combien de temps encore? Les satiristes formidables que sont Jon Stewart, John Olivier, Seth Meyers ou Jimmy Kimmel sont toujours plus souvent mis sous pression par Donald Trump et ses avatars propriétaires de médias. Les «late-night hosts» sont-ils un contre-pouvoir en voie de disparition?

La Fabrique de l'information (France Culture)

Heidi Sorry

Comme nous l’a fait remarquer une lectrice avisée, une erreur s’est glissée dans l’introduction de votre newsletter de mercredi en provenance du Caire. C’est bien l’Aïd Al-Adha (la fête du sacrifice) qui sera célébrée la semaine prochaine, et non l’Aïd Al-Fadha (la fête de l’argent) – bien que le précieux métal puisse se frayer un chemin dans les cadeaux des familles les plus aisées. Faut-il y voir un message subliminal du correspondant incriminé, qui de son propre aveu apprécie tout particulièrement les bagues en argent?..

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