Bonjour, c’est Sami à Lausanne, où j’ai l’impression d’entendre l’arabe partout! Maintenant que je le parle, je ne boude pas mon plaisir à converser avec ces Yéménites, Syriens et autres Marocains rencontrés au hasard des rues.

Ce matin, on évoque les manifestants qui bloquent les routes en Israël pour exiger la fin de la guerre, des prêtres de Gaza City qui restent pour continuer à s’occuper des plus vulnérables, ainsi que de Riad Salamé, l’ancien gouverneur de la Banque du Liban, qui doit payer 20 millions de dollars en cash pour sortir de prison.

photo journaliste

Sami Zaïbi à Lausanne
27.08.2025

Play Podle

Les infos que j'ai retenues pour vous

Photo article

Une manifestante réclame la fin de la guerre, hier près de Modiin, en Israël. Keystone / AP / Ohad Zwigenberg

En Israël, des manifestants bloquent les autoroutes pour exiger la fin de la guerre et le retour des otages. Hier, des milliers de personnes ont pris d’assaut les routes du pays dès les premières heures du matin, dans le cadre d’une journée d’action nationale organisée par le Forum des familles des otages et des disparus. Carrefours et autoroutes ont été bloqués plusieurs heures, parfois à l’aide de pneus en feu, donnant lieu à des embouteillages. Hier se tenait également la réunion du conseil de sécurité israélien, lequel ne s’est pas prononcé sur la proposition de trêve soumise par le Hamas il y a une semaine.

Times of Israel (FR)

Bye bye Bayrou. Hier, les principales formations politiques françaises ont annoncé qu’elles ne voteraient pas la confiance sollicitée par le Premier ministre français, le 8 septembre prochain, à propos du budget. Empêtré depuis plusieurs mois, François Bayrou tente un quitte ou double, qui pousse certains observateurs à parler d’«auto dissolution», tant la manœuvre semble impossible. Rassemblement national, France insoumise, Ecologistes et même le PS ont déclarer ne pas voter la confiance. Jean-Luc Mélanchon a déjà promis de lancer dans la foulée une mesure de destitution d’Emmanuel Macron.

RFI (FR)

Prise d’otages en Colombie. Hier, 34 soldats colombiens ont été pris en otage par des rebelles de l’Etat-Major central, une dissidence des ex-Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), dans le sud du pays. La semaine dernière, le groupe avait déjà perpétré une attaque au camion piégé dans le sud-est du pays, qui avait tué six civils et fait plus de 60 blessés. Suite à cela, une vaste opération avait été lancée par l’armée colombienne, qui a annoncé ce dimanche avoir éliminé dix rebelles et en avoir capturé deux.

RFI (FR)

Sur Heidi.news

Photo article

DR

Pourquoi les prisons genevoises sont-elles pleines à craquer? Une historienne Alix Heiniger revient sur notre série L’Université du crime et le problème de surpopulation chronique à Champ-Dollon. Elle explique pourquoi le taux d’occupation de cette prison, qui se voulait modèle, n’est pas le reflet de la criminalité, mais d’une culture punitive. Genève détient ainsi le record suisse du nombre de prisonniers par habitant.

Heidi.news (FR)

Il est temps de raconter le monde

Photo article

📚 Retrouvez-nous au Livre sur les quais! Du 5 au 7 septembre se tiendra Le livre sur les quais, à Morges. Tout le programme est à découvrir ici.
Comme chaque année, Heidi.news sera présent à l’événement: venez nous voir sur notre stand!
- Découvrez nos revues imprimées, dont la toute dernière édition Migrants TikTok, à paraître le premier jour de l’événement;
- Échangez avec nos journalistes autour de leur travail d’enquête et d’édition;
- Écoutez en avant-première un épisode d’Exploration en audio, et donnez-nous votre avis sur ce nouveau format!
Et d’autres surprises encore… À très bientôt à Morges!

Découvrir le programme de l'événement

Dans mon radar aujourd'hui

Scrutin sans suspense en Egypte. Aujourd’hui et demain, 68 millions d’Egyptiens sont appelés aux urnes pour le second tour des élections à la Chambre haute. L’organe, avant tout consultatif, examine les projets de lois, tandis qu’il revient à l’Assemblée du peuple, la Chambre basse, de les voter. Sur 300 sièges, 100 sont désignés par le président et 100 autres sont élus au scrutin de «listes» (un pluriel de convenance, puisqu’une seule liste, pro-Sissi, est en lice pour ce scrutin). Ne restent dès lors plus que 100 sièges que se disputent 428 candidats, tous affiliés de près ou de loin au régime. Dans ce contexte monochrome, l’unique résultat digne d’intérêt est le taux de participation, de seulement 17,1% au premier tour.

Egypt Today (EN)
Ça m'est arrivé cette semaine.

Gaza et le «shadowbanning». Sur Instagram, je fais attention à ce que je poste en story, ces vidéos courtes visibles pendant seulement 24h. Estimant que ce réseau, comme feu Twitter et désormais X, est foncièrement incompatible avec l’expression d’idées cohérentes et argumentées, et qu’il ne fait qu’enfoncer chacun dans sa propre bulle, j’évite en général tout contenu politique. Je me contente de poster des photos de paysages, de truites que j’ai pêchées ou de mon neveu de 4 ans et demi, dont la petite bouille pourrait à elle seule mettre fin à toutes les guerres du monde.

Il m’arrive aussi de partager des posts que je trouve drôles. C’était le cas l’autre jour avec une vidéo de l’humoriste Hakim Jemili, qui raconte l’interaction hilarante de son fils de 4 ans avec un vieil inconnu qui lui offre gracieusement une citronnade. Sans dire merci, l’enfant fixe le vieil homme, et balance «mais pourquoi t’as qu’une dent toi?». Hakim enfonce le clou avec des blagues certes prévisibles mais qui m’ont quand même fait sourire: l’homme en question «se lave la dent avant d’aller dormir», «il ne faut pas le fâcher pour pas qu’il ait une dent contre nous, déjà que c’est sa dernière», etc.

A la fin de la vidéo, qui dure environ une minute et demie, il évoque la lettre d’un papa de Gaza adressée à tous les papas du monde. «Hier j’ai lu cette lettre, elle m’a bouleversé. Nous, on a la chance de profiter avec notre famille, il y a des gens qui n’ont pas cette chance, il y a des gens qui n’auront plus jamais cette chance. Je pense fort à eux, free Palestine», conclut-il.

Détail qui n’en est pas un, il est possible sur Instagram de savoir combien de personnes ont vu nos stories. Alors que mes photos de truites atteignent en général 300 vues (je compte environ 1200 followers), la vidéo de Hakim Jemili ne dépasse pas les 80. Ce phénomène à un nom: le «shadowbanning». Moins radical que la censure pure et dure, il permet de désamorcer certains contenus en les mettant moins en avant. Concrètement, cela veut dire qu’en haut de l’application, là où figurent les stories publiées par les nombreux comptes et personnes que nous suivons, celles identifiées comme pro-Palestine apparaîtront beaucoup moins souvent que les autres.

Selon plusieurs amis, la causalité est directe. Quand ils postent des articles ou des photos sur les massacres à Gaza, l’algorithme les met de côté, et dès qu’ils publient des contenus sexy ou mignons, l’algorithme les favorise. In fine, le but de l’application est de dépolitiser au maximum les contenus, jusqu’à ce qu’on ne poste plus que des photos de chats. Ou de truites… Je crois qu’Instagram m’a eu.

The Markup (EN)

Mon labo arabe.

Photo article

L’appareil photo de la journaliste Mariam Dagga, 33 ans, tuée par la frappe israélienne alors qu’elle couvrait un premier bombardement sur l’hôpital Nasser. Crédits: Keystone / AP / famille de la victime

La double frappe, crime de guerre israélien à Gaza. Comme vous l’apprenait Lionel hier, l’armée israélienne a tué 20 personnes, dont 5 journalistes dans un bombardement sur l’hôpital Nasser, lundi à Gaza. Les caméras d’une chaîne jordanienne ont filmé la scène. On y voit clairement des membres de la défense civile ainsi que des journalistes s’affairer sur les lieux d’un premier bombardement au moment où s’abat un second missile. Le procédé a un nom: le «double-tap», ou double frappe, considéré comme un crime de guerre dans le droit international et utilisé précédemment par l’Etat islamique, Al-Qaïda ou encore les talibans. Face au tollé international et aux images indéniables, Benyamin Nétanyahou a qualifié cette frappe de «tragique accident» qu’Israël «regrette profondément». Mais selon des soldats cités par des médias hébreux, la frappe en question était «approuvée et coordonnée avec le haut commandement».

Middle East Eye (EN)

Au Liban, Riad Salamé libérable contre 20 millions de dollars en cash. Hier, la chambre d’accusation de Beyrouth a accepté une demande de remise en liberté de l’ancien gouverneur de la Banque du Liban, condamné pour plusieurs affaires de corruption et emprisonné depuis l’année dernière. Il devra simplement s’acquitter d’une caution de 20 millions de dollars et 5 milliards de livres libanaises (55’000 dollars) en espèces (!), et écopera d’une interdiction de quitter le territoire d’un an. Il peut encore faire appel de cette décision pour tenter d’adoucir la douloureuse. S’il a effectivement engrangé 44 millions de dollars d’origine douteuse, comme l’estime la justice libanaise, ça devrait aller.

L’Orient-le-Jour (FR)

En Tunisie, Kaïs Sayed dissout l’Instance d’accès à l’information. Cette entité, créée en 2016 dans le sillage du printemps arabe, avait pour mission de garantir la transparence des actions gouvernementales. Elle était constituée de neuf membres, élus par le Parlement, et comptait des magistrats, avocats, enseignants, journalistes, statisticiens et membres de la société civile. Sa dissolution s’ajoute à celles d’autres organes indépendants, comme la Haute autorité indépendante de la communication audiovisuelle ou l’Instance nationale de lutte contre la corruption. Elle s’inscrit dans le virage autoritaire du président Kaïs Sayed et sa croisade contre les journalistes et la liberté d’expression.

Inkyfada (FR)

Une raison d'espérer

Les prêtres catholiques et orthodoxes resteront à Gaza City pour aider les plus faibles. Les deux clergés ont annoncé, hier dans un communiqué commun, leur intention de demeurer dans la ville, malgré les bombardements et les ordres d’évacuation de l’armée israélienne. Depuis le début de la guerre, beaucoup de déplacés chrétiens et non chrétiens, notamment des enfants et personnes à besoins spéciaux, ont trouvé refuge dans l’église grecque orthodoxe de Saint Porphyrius et l’église catholique de la Sainte Famille. «Nombre d’entre eux sont faibles et souffrent de malnutrition. Quitter Gaza City et tenter de fuir vers le sud reviendrait à les condamner à mort. Pour cette raison, le clergé et les nonnes ont décidé de rester et de continuer à prendre soin de tous ceux qui se trouveront dans leurs murs», écrivent courageusement les prêtres.

Arab News (EN)
En direct de la Trumposphère
«Beaucoup d’Américains aimeraient un dictateur»

L’auteur de la citation est évidemment Donald Trump, qui s’est empressé d’ajouter «je n’aime pas les dictateurs, je ne suis pas un dictateur». Présage ou provocation? Toujours est-il que le président américain musèle un à un les contre-pouvoirs, et suggère qu’il pourrait inconstitutionnellement rempiler pour un troisième mandat.

Sur le fond, Trump n’a pas tout tort. Il y a quelque temps, sur le ton de la blague, il avait dit qu’il voudrait être dictateur «juste pour un jour». Selon une étude de l’Université du Massachusetts 74% des républicains approuveraient une telle idée. D’autres enquêtes et sondages montrent que:

- 44% des républicains pensent que les tribunaux ne devraient même pas être autorisés à examiner les politiques de Trump.

- 28% des républicains pensent qu’un président devrait pouvoir ignorer le congrès ou la Cour suprême lorsque ces institutions «freinent le pays».

- 36% des républicains pensent que Trump devrait pouvoir «suspendre certaines lois et dispositions constitutionnelles pour s’en prendre à ses ennemis politiques».

- 28% des républicains estiment que le pays avait besoin d’un président «prêt à enfreindre certaines règles et lois pour rétablir les choses».

- 24% des républicains avaient déclaré, avant l’élection de 2024, que si Trump perdait, il devrait «faire tout ce qu’il faut» pour prendre le pouvoir.

CNN (EN)

Votre correspondant Lausannois aimant à me définir comme un «arabe raté», je me suis installé en Egypte il y a deux ans pour enfin apprendre cette langue que feu mon père tunisien ne m’a jamais transmise. Au Caire, je suis correspondant pour Le Temps et Libération. Mais ces jours, je suis de retour dans la plus belle ville de Suisse pour prendre le frais.

Vous avez aimé? Partagez:

Facebook Twitter Linkedin Instagram
b696e884-f624-429e-91a6-1af20f5cf9e3.png

Avenue du Bouchet 2
1209 Genève
Suisse