Bonjour, c’est Rinny à Lausanne, où les queues de crevettes bio sont en action à 11,25 francs les 150 grammes.
D’après la Coop, lesdits crustacés ont grandi au Vietnam, dans une ferme aquacole bio.
Je ne m’étais jamais intéressée à l’élevage de crevettes avant de lire la grande enquête de The Outlaw Ocean Project que nous venons de publier en exclusivité suisse, en même temps que d’autres médias internationaux comme The Economist, New York Times, Die Zeit, El País, ou Le Monde.
J’ignorais, par exemple, qu’une crevette est omnivore, et qu’à ce titre, elle est souvent nourrie à la farine de poisson – tout comme les porcelets, les poussins et les dindonneaux.
Vous ne le saviez pas non plus? Lisez plus bas.
—
Au passage, n’hésitez pas à vous inscrire à notre table ronde sur l’argent de nos retraites à l’épreuve de la transparence, lundi soir 18h30 à Lausanne. |
Un saumon sur l’étal d’un poissonnier. | Keystone / DPA / Marcus Brandt
|
|
En Suisse, nous n’avons pas la mer.
Mais nos fleuves et nos rivières se jettent dans quatre mers, et nos décisions – économiques, alimentaires, industrielles – ont des effets directs sur les océans.
🍣 Nous consommons chaque année plus de 75’000 tonnes de poissons et fruits de mer, importés dans 97% des cas. Les espèces que nous mangeons le plus sont le saumon, le thon, la crevette, le stick pané – également connu sous le nom de colin d’Alaska – et le tilapia.
🎩 Les multinationales suisses règnent sur les océans. MSC transporte un cinquième des conteneurs mondiaux, et Glencore investit dans l’extraction de ressources dans les grands fonds marins. Nestlé brasse des millions de tonnes de farines de poissons. tandis que Transocean fore en haute mer…
💝 En même temps, un nombre impressionnant d’ONG basées dans notre pays se sont donné pour mission de préserver les océans.
Heidi.news a décidé de lancer une Exploration au long cours pour interroger le rapport paradoxal de la Suisse avec les écosystèmes marins du monde entier.
|
Dans la banlieue de Dakar, des femmes trient du poisson fumé. L’industrie de la farine de poisson s’est beaucoup développée au Sénégal. | Greenpeace / Clément Tardif
|
|
Premier épisode: le poisson d’élevage n’évite pas la surpêche.
Grande consommatrice de poissons et crevettes d’élevage, la population suisse ignore souvent que les fermes aquacoles nourrissent leurs animaux avec des farines et des huiles de poissons sauvages. Cette enquête révèle aussi la pollution, l’exploitation de la main-d’œuvre et l’insécurité alimentaire provoquée par la surpêche en amont de cette industrie.
Les reportages réalisés pour cet article s’inscrivent dans une enquête plus vaste menée par une équipe internationale de journalistes réunie au sein de The Outlaw Ocean Project.
En Suisse, l’argumentaire des industriels et des pouvoirs publics en faveur de l’aquaculture est simple: la demande de poissons et de fruits de mer augmente, les captures en milieu naturel approchent rapidement de leur limite soutenable, et l’élevage permettrait de répondre à cette demande tout en freinant l’effondrement des écosystèmes océaniques.
À l’échelle mondiale, cet argument écologique – «élever davantage pour pêcher moins» – explique en partie pourquoi l’aquaculture, une industrie de 313 milliards de dollars, est aujourd’hui le secteur alimentaire qui connaît la croissance la plus rapide. Il explique aussi pourquoi la moitié des poissons et des fruits de mer consommés dans le monde provient désormais de l’élevage plutôt que de la pêche en mer.
Le problème de la farine de poisson
Il y a pourtant un problème. «L’argumentaire commercial de l’industrie aquacole est tout simplement faux», affirme Daniel Pauly, directeur du projet Sea Around Us à l’Université de la Colombie-Britannique. Les espèces d’élevage les plus prisées en Suisse – saumon, crevette, truite, bar, daurade – sont nourries avec les poissons sauvages que l’aquaculture prétend épargner.
Elle accélère donc l’épuisement des ressources marines au lieu de le freiner, explique-t-il. Les deux tiers de la production aquacole mondiale sont constitués d’espèces nourries avec des farines et des huiles de poisson, obtenues en cuisant et en broyant des poissons sauvages. Dans certains élevages, un saumon consomme plus de six fois son poids en poissons pêchés.
Les inquiétudes dépassent largement le sort des océans. La vaste enquête que nous avons menée le démontre: les aliments qui font tourner l’essentiel de cette industrie ont de multiples coûts cachés. Notamment, la disparition d’emplois dans la pêche artisanale, l’exposition chronique à des substances chimiques, des morts de travailleurs qui auraient pu être évitées, des manifestations violentes souvent déclenchées par la puanteur des usines de farine de poisson, et des tensions géopolitiques croissantes entre pays qui se disputent des sources de protéines qui deviennent rares.
Les pays pauvres en paient le prix
Ces conséquences sociales et environnementales, que les économistes appellent des «externalités», sont surtout supportées par les pays pauvres où la matière première est pêchée et transformée, loin des lieux où sont consommés les poissons et fruits de mer haut de gamme ainsi produits…
Lire la suite sur Heidi.news
|
|
Pendant ce temps sur Heidi.news
|
Annemasse, France. 19 avril 2024. Sortie au Bistrock pour Cédric, ancien croupier reconverti dans diverses activités de commerce en ligne. | Niels Ackermann (Lundi13), pour Heidi.news
|
Illustration: Gregory Gilbert-Lodge pour Reportagen et Heidi.news
|
|
Pitch Comment, pour Heidi.news
|
|
Répression des lycéens: ça rentre mieux comme ça.
Ce n’est pas mai 68, il suffit de lire les slogans pour s’en rendre compte. «L’imagination au pouvoir!», «Faites l’amour, pas la guerre!» ont laissé la place à «Études, logement, dignité» et «Bouffe ma chatte, pas mon avenir». Il y a comme une perte de sens qui étreint les lycéens français, descendus en masse dans la rue. Et alors que les sceptiques ironisent sur la dénonciation du 8-18 heures, les spécialistes de l’éducation insistent plus volontiers sur le manque profond de moyens et de perspectives.
Mais quel que soit le sens qu’on donne au mouvement — et les déclencheurs qu’on lui prête, de l’extrême gauche à l’interdiction du portable —, la réponse des autorités s’inscrit dans une ligne bien connue. Tout en multipliant les signaux d’écoute, le gouvernement s’active pour accélérer son projet de loi «casseurs-payeurs» et assume une réponse policière raide comme un piquet — «il n’y a aucune consigne de retenue», a martelé le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez sur TF1, avant un rappel à l’ordre général venu de l’Elysée.
On n’arrête pas le progrès
Difficile de ne pas voir la filiation avec le mouvement des Gilets jaunes…
|
|
Il est temps de raconter le monde
|
|
🎙️🇮🇹 Comment Giorgia Meloni a-t-elle transformé l’Italie?
La dirigeante d’extrême droite avait tout de l’épouvantail. Elle a pourtant réussi à imposer ses thèmes en Europe, à acquérir une stature internationale et à battre un record de longévité. Et maintenant?
Notre correspondante Caroline Bordecq est journaliste en Italie, où elle vit depuis 8 ans. Elle sera l’invitée de notre prochaine séance des «Correspondants en pâture», le 22 octobre 2026.
Venez lui poser toutes vos questions!
🗓 Jeudi 22 octobre | 13h - 14h (en ligne)
⚠️ Places limitées — sur inscription
⭐ Pour les abonnés et donateurs de Heidi.news.
|
|
Pour les yeux et les oreilles
|
|
Vers une société post-lettrée. Le déclin rapide de la lecture comme loisir laisse présager une ère obscurantiste. C’est l’idée que défend l’écrivain britannique James Marriott, auteur de The New Dark Ages, dans le podcast Interesting Times. Il suffit, dit-il, de regarder ce que font les gens dans les transports publics: il y a quelques années, on y lisait encore, notamment les app des médias. Aujourd’hui, tout le monde regarde des vidéos. Or, tout comme l’imprimerie a permis les Lumières, la disparition de la lecture verra l’émergence d’une société plus mystique, tribale, autocratique. Car elle permet la mise à distance de l’information, la réflexion et la pensée complexe, tandis que la vidéo repose avant tout sur l’émotion, la subjectivité et une forme d’adhésion avec l’auteur.
Interesting Times, un podcast du New York Times (EN)
|
|
Punk is vieux d’un demi-siècle! Cet article est pour toutes celles et ceux ont grandi en écoutant les Ramones, Dead Kennedys, Bad Religion et les Sex Pistols. Sous la forme d’un réjouissant tour du monde, on découvre l’incroyable vivacité de la scène punk en Ukraine, en Chine, en Inde, au Maroc, au Brésil, en Lituanie ou au Groenland. Une révolte sonore et politique qui essaime depuis 50 ans et n’a rien perdu de son urgence.
The Guardian (EN)
|
|
Ragekit, des outils pour la colère. Le podcast de l’ONG Public Eye reçoit Marie, l’une des sept membres du collectif Ragekit, un jeune média romand qui compte plus de 100’000 abonnés. Ouvertement positionné à gauche, ce média s’engage avec des enquêtes factuelles sur un terrain journalistique souvent délaissé: la prison, les sans-abris, la drogue, les luttes sociales, l’impérialisme et la Palestine. Une formule qui connaît un succès remarquable, et s’appuie entièrement sur le financement participatif. Si bien qu’il peut désormais compter sur trois postes salariés pour faire son travail.
Mon Œil, un podcast de Public Eye
|
|
Ça vient de tomber… et c’est un séisme. Donald Trump vient de conclure un accord avec Vladimir Poutine, en vertu duquel Moscou lui fournira ce mois 300’00 tonnes de gazole, avant de monter à 500’000 puis possiblement 1 million les mois suivants. La manœuvre, destinée à l’évidence à faire baisser les prix à la pompe avant les midterms, prend les Ukrainiens par surprise. Il y a là de quoi remplir les caisses russes de plusieurs milliards de dollars par an, alors que Kyiv vit un hiver déjà terrible. S’estimant floué, Volodymyr Zelensky a fustigé «une décision faible» de la part d’un «partenaire fort». Reste à voir si l’Ukraine pourra continuer à cibler les raffineries russes dans ces conditions.
AP (EN)
|
|
|
|
Avenue du Bouchet 2
1209 Genève
Suisse
|
|
|
|