Bonjour, c’est Amaury à Marseille, où l’on vient de lancer un chantier XXL de dépollution des calanques.
Il s’agit de s’attaquer à une contamination ancienne. Des usines qui, jusqu’au début du 20e siècle, ont déversé dans la nature des résidus de plomb, d’arsenic, de zinc et d’autres métaux lourds.
Ce matin, je vous parle aussi du sommet panarabe à Doha, de négociations sino-américaines à Madrid et de propagande télévisuelle au Sahel. |
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Les infos que j'ai retenues pour vous
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L’Emir du Qatar lors de son discours d’ouverture du sommet de Doha, hier. KEYSTONE / EPA / NOUSHAD THEKKAYIL
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Frappes israéliennes au Qatar: sommet arabo-islamique à Doha, Rubio à Jérusalem.
La Ligue arabe et l’Organisation de la coopération islamique ont réuni leurs membres en urgence à Doha hier pour condamner l’opération ayant visé la semaine dernière à Doha des dirigeants du Hamas. En ouverture du sommet, l’émir du Qatar, le cheikh Tamim Ben Hamad Al Than, a estimé que ces frappes avaient pour but de «faire échouer les négociations». Une résolution doit être adoptée en fin de sommet. Au même moment, le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, rencontrait Benjamin Netanyahou en Israël pour réitérer le soutien américain. Il se rendra aujourd’hui au Qatar.
AP (EN)
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Les Etats-Unis frappent un 2e bateau vénézuélien.
Donald Trump a annoncé hier sur son réseau social qu’un deuxième bateau transportant, selon lui, de la drogue à destination des Etats-Unis, a été ciblé dans les eaux internationales des Caraïbes, tuant trois «narcoterroristes» vénézuéliens. Le 2 septembre, une première frappe similaire sur un autre bateau avait tué 11 personnes à bord.
Le Monde (FR)
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Un accord trouvé sur TikTok entre la Chine et les Etats-Unis.
Des délégations chinoise et américaine étaient réunies depuis deux jours à Madrid pour «des discussions sur les questions économiques et commerciales», selon l’agence de presse chinoise. Finalement, c’est TikTok plutôt que les droits de douane qui ont occupé les conversations. Un accord aurait été trouvé, a annoncé Washington. Les deux présidents devraient l’entériner en fin de semaine.
CNN (EN)
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Un accord de défense pour contrer l’influence chinoise.
En plein milieu des célébrations marquant le 50e anniversaire de l’indépendance de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, les autorités du pays et celles du voisin australien ont annoncé un traité inédit: Canberra accordera aux ressortissants de l’archipel la citoyenneté australienne s’ils servent dans son armée. Qualifié d’historique, le traité s’inscrit dans la velléité de l’Australie de renforcer ses alliances dans la région face à Pékin. Son armée est déjà ouverte aux Néo-Zélandais, Canadiens, Britanniques et Américains depuis l’an dernier.
ABC News (EN)
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Dans mon radar aujourd'hui
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Réunion d’urgence au Conseil des droits de l’homme de l’ONU après les frappes israéliennes au Qatar.
En parallèle de la diplomatie internationale en cours, dont je vous parle plus haut, l’ONU a annoncé que son Conseil des droits de l’homme se rassemblera aujourd’hui, suite à une double demande, «par le Pakistan, au nom des Etats membres de l’Organisation de la coopération islamique, et par le Koweït, au nom du Conseil de coopération des Etats arabes du Golfe». Les deux organisations s’étaient réunies hier à Doha. Il s’agit du dixième débat urgent depuis la création du Conseil des droits de l’homme en 2006. A Genève, la délégation israélienne l’a qualifié d’«absurde».
Reuters (EN)
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Capture d’écran du journal télévisé du mercredi 10 septembre de la Radio-Télévision du Niger. | RTN / YOUTUBE
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Ca m'est arrivé cette semaine
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Drôle de propagande.
«Salut Amaury ça va bien?
Il parait que c’est chaud chez vous là-bas?
J’espère que ça s’est calmé maintenant?»
Vendredi, 19h20, messages envoyés sur WhatsApp depuis Tombouctou, au Mali.
Je fronce les sourcils, me demande si mon camarade ne s’est pas trompé d’Amaury, et puis on s’appelle. Oui, c’était bien de moi qu’il parlait, il a vu les images des manifestations de mercredi à la télévision nationale. Les voitures brûlées, les arrestations, etc. Je me dis qu’il exagère un peu, mais il dit que non, c’est ce qui est passé à la télé. Il m’envoie un lien Facebook pour regarder le reportage.
Je découvre une réalité parallèle. Je me suis plongé dedans tout le week-end: les télévisions nationales de l’AES –l’Alliance des Etats du Sahel, la fédération autoproclamée des Mali, Niger et Burkina Faso – enchaînent les sujets sur la situation politique française. Jusque-là, pourquoi pas, bien entendu. Normal que le monde regarde avec dédain la triste évolution de notre vie politique.
Sauf qu’il y a de la rancoeur, beaucoup de rancoeur envers la France, dans ces trois pays. Ce sentiment est un outil de propagande des trois régimes militaires. Les traits sont grossis, la mobilisation de mercredi dernier devient un embryon de révolution, les poubelles et voitures brûlées deviennent barricades. Globalement, tous les maux du Sahel sont désormais à imputer à Paris.
Un détail: les sujets concernant la France sont diffusés en même temps sur les trois chaînes, avec le même commentaire, le même lancement. «Est-ce encore du journalisme?», a demandé sur sa page Facebook un confrère malien.
Pour trouver le paroxysme de cette opération d’influence, il faut remonter au 17 août à 20h30, dans le journal d’Etat à Niamey. A l’époque, le sud de la France —et de l’Europe— brûlait. Je vous partage in extenso le papier prononcé par le présentateur, sans broncher, face caméra:
«Pendant que le Niger prend son envol et emprunte irréversiblement le chemin de la souveraineté et du développement, les pays opposés, qui sont fermement opposés à cette indépendance économique et politique, brûlent. Ce sont en effet des hectares de terres qui partent en fumée en France. Certes ça se passe en période de chaleur, mais c’est sans doute aussi un châtiment divin qui s’abat sur ce pays ennemi grâce à nos prières collectives.»
Je comprends mieux pourquoi mon ami tombouctien s’inquiétait.
Pour qui veut creuser, le lien du journal télévisé de la Radio-Télévision du Niger, mercredi dernier, soir des manifestations (à 3 min.). (FR)
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Un navire-usine «Karpowership» déployé à Beyrouth, en 2018 | KEYSTONE / EPA / NABIL MOUNZER
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Des navires-usines turcs pour apporter la lumière.
La première fois que j’en ai vu un, c’était à Bissau en 2020, la capitale portuaire de la Guinée-Bissau. Il trônait dans la rade, gigantesque paquebot-usine floqué d’un drapeau turc et surmonté d’étranges cheminées. Il faisait partie de la flotte des «Karpowership»: d’immenses navires-usines qui produisent de l’électricité et la revendent à des nations n’ayant pas les capacités pour subvenir à leurs besoins. Ils sont déployés dans de nombreux pays d’Afrique. Le libéralisme, me direz-vous. Le média Africa Is a Country explore dans un passionnant article les retombées possibles: la dépendance à une puissance étrangère, la non-incitation à investir dans l’énergie et, surtout, les conséquences environnementales.
Africa Is A Country (EN)
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La galère pour sauver les fossiles au Niger.
Le pays saharien regorge d’ossements de dinosaures. Mais il peine à les excaver, étudier et conserver. La faute à la situation politique et économique du pays, mais aussi à l’appétit féroce de marchands (trafiquants?) Occidentaux. Le «Niger est devenu une zone de trafic culturel, où des ossements et des objets anciens sont exportés clandestinement vers l’Occident et vendus à des prix exorbitants sur les marchés noirs», nous dit Al Jazeera.
Al Jazeera (EN)
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Les soirées Dior à Bamako, c’est fini.
Mais ça avait commencé quand? Nul ne le sait. Le Mali a découvert la semaine dernière l’existence de ces «soirées Dior» —sans lien avec la marque, mais avec le fantasme de luxe qui y est accolé— à l’occasion d’une bien étrange polémique. Des vidéos d’une «soirée entre copines», telle qu’elle est décrite par le média Benbere, ont fait le tour du web sahélien début septembre. Avec son lot de mécontents: comment des femmes peuvent-elles faire la fête ainsi, dans de belles tenues, certaines jugées «trop osées»?! Le gouvernement est entré dans la danse. Il a interdit par communiqué ces «soirées Dior», qui auront eu une existence aussi brève que fugace. Le texte ne dit pas si les femmes ont encore le droit de s’amuser.
Benbere (FR)
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Un koala dans un parc dédié à Sydney, en 2023 | KEYSTONE / AP / MARK BAKER
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En Australie, tout pour sauver les koalas!
176’000 hectares, c’est la taille du futur Great Koala National Park, avec un seul objectif: créer des zones refuges pour les populations en déclin. Selon les autorités, il y aurait aujourd’hui entre 95’000 et 238’000 koalas en Australie. Les effectifs ne cessent de décroître en raison des incendies de forêt récurrents et de la déforestation. Et puis, comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, le premier vaccin au monde pour sauver ces marsupiaux de la chlamydia a été approuvé après dix ans de recherche. Elle n’est pas belle, la vie?
Fox Weather (EN)
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En direct de la Trumposphère
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«L’une des plus sûres» villes du monde.
Toujours dans la retenue, Donald Trump a posté hier matin avoir fait de Washington, la capitale fédérale, «l’une des villes plus sûres» au monde. Avant qu’il agisse, selon lui, Washington était «l’une des villes les plus dangereuses et les plus meurtrières des États-Unis, voire du monde entier».
Désormais, affirme-t-il, Washington est «en plein essor, avec des restaurants, des magasins et des entreprises bondés et, pour la première fois depuis des décennies, pratiquement AUCUNE CRIMINALITÉ.»
Bon, tout ce blabla, c’est parce qu’il était mécontent que la maire Muriel Bowser ait décidé que la police de la capitale ne coopérerait pas avec le Service de l’immigration et des douanes. Face à ses réticences, il a dit avoir l’intention «si nécessaire» de «déclarer l’état d’urgence national et fédéraliser Washington DC».
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Votre correspondant.
Il ne faut pas gâter l’affaire! C’est ce qu’on dit aux journalistes toubab débarquant sur le continent africain en quête d’histoires aussi exotiques qu’extravagantes. Alors depuis sept ans, j’essaie de raconter la normalité. Parisien d’origine, j’ai roulé une petite bosse ici et là en Afrique, du Malawi à la Guinée-Bissau, du Mali à la Centrafrique, du Cameroun à Sao Tomé. Depuis le début de l’année dernière, mes valises sont posées au Tchad mais aussi à Marseille, un pas ici, un pas là-bas.
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Avenue du Bouchet 2
1209 Genève
Suisse
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