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Bonjour, c’est Rinny à Lausanne, où les gens s’aiment, paraît-il, comme partout ailleurs.

Aujourd’hui, Heidi.news lance une nouvelle Exploration intitulée «Mécaniques de l’amour».

J’étais en vacances quand mon collègue Yvan a passé cette commande auprès de nos correspondants à l’étranger:

«L’idée c’est que la séduction, les jeux de l’amour et du falzard sont des fenêtres intéressantes sur d’autres cultures, qui gèrent ces choses-là avec souvent d’autres enjeux que les nôtres: le ficante au Brésil, le kokuhaku au Japon, le fremmedhaill en Norvège… Bref, c’est l’occasion de relater des histoires passionnantes de chasse, de râteau ou de coup d’une vie, qui en disent long sur vos cultures d’adoption respectives.»

Aujourd’hui, Yvan est en vacances et moi, je coupe les cheveux en quatre, je vous dis pourquoi juste après…

photo journaliste

Rinny Gremaud à Lausanne
08.08.2026

L'amour est un chapeau ou un couvercle

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Des gens s’aiment à Macao. | Keystone / Ym Yik

Je coupe les cheveux en quatre, disais-je. Parce que, dans les textes divers et formidables que nous avons reçus, il est question de rencontres, de séduction, de fulgurances, de corps-à-corps, de désirs et d’hédonisme.

Mais peut-on placer tout cela sous le chapeau trompeur de l’amour?

Comprenons-nous: l’idée n’est pas de sacraliser le mot. Mais de prendre acte de réalités sociales autrefois taboues et désormais heureusement vécues en pleine conscience: oui, parfois, des gens couchent sans amour. Ou draguent sans aimer. Ou aiment sans coucher.

Il existe autant de formules et de situations qu’il y a de couples, de trouples ou de communautés. Et tant mieux.

Nommer une relation avec nuance et réalisme – comme on l’apprendra au Brésil dans l’épisode 3 – ce n’est pas la fin des problèmes, mais peut-être le début d’une entrave aux malentendus.

De toute manière, c’est toujours mieux que de tout mettre sous un seul et même couvercle hermétiquement scellé par la religion, comme au Moyen-Âge ou au Pakistan, où l’amour, le sexe et le désir se confondent obligatoirement – sans doute pour le pire, et généralement au détriment des femmes.

Finalement, le nom de cette Exploration restera «Mécaniques de l’amour». Ma foi, je m’accommoderai de cette imprécision – qui ne l’est peut-être que sous nos latitudes occidentales, libérées et déconstruites.

A la fin, ce qui compte, c’est que vous allez lire des textes touchants, drôles, sincères et instructifs. Ce qui s’y joue ne s’appelle peut-être pas de l’amour – même s’il y en a, ne serait-ce que dans le texte qui suit – mais on est là entre grandes personnes, et vous saurez faire le tri.

Bonne lecture, et bon week-end!

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Au Pakistan, des manifestantes anti-Saint-Valentin militent pour le respect de la religion. (Karachi, 2010) | Keystone / Fareed Khan


Au Pakistan, du coup de foudre à la vendetta


Depuis une chambre d’hôtel bon marché, sur une artère passante de Lahore, je scrolle sur mon téléphone. Le papier peint est défraîchi, la couverture polaire douteuse. Une notification s’affiche sur mon écran: «Un utilisateur Linkedin a consulté votre profil».

J’ouvre. C’est Farhan. Mon cœur s’emballe. Cela fait six mois que nous avons coupé tout contact.

Cinq minutes plus tard, une deuxième notification. Lui, encore.

Je pianote: «Je suis à Lahore pour une conférence, voyons-nous pour un chai?» Puis je précise presque aussitôt: «En tout bien tout honneur».

Quelques heures plus tard, nous sommes pourtant dans cette même chambre d’hôtel. Près de la fenêtre, Farhan enchaîne les cigarettes.

– Je voulais te voir ici pour te dire qu’il ne faut plus qu’on se voie…

– T’avais vraiment besoin d’un hôtel pour me dire ça?, je réponds.

– Dans un café on pourrait nous voir.

– T’es parano.

Il secoue la tête.

– Il y a quelque chose que je ne t’ai pas dit.

– Quoi?

Silence.

Quelques mois plus tôt…

Une brume matinale s’élève au-dessus des champs de cannes à sucre. La voiture progresse lentement sur une piste en terre. Après des kilomètres de cahots, elle s’arrête devant une vaste propriété agricole. Deux hommes en shalwar kameez, la tenue traditionnelle pakistanaise, m’attendent. Lequel est Farhan (prénom modifié)? Celui vêtu de bleu s’avance, une main sur la poitrine, l’air solennel. «Farhan, enchanté.»

Le journaliste me présente à l’autre, Hamid, le propriétaire terrien que je suis venue interviewer. Il nous guide dans ses champs.

Farhan traduit mes questions, donne des consignes au caméraman, enjambe les canaux d’irrigation de ses élégants mocassins. Son accent n’est pas celui des Pakistanais passés par les écoles anglaises, qui naviguent avec aisance entre Londres et New York.

Je l’observe discrètement. La sueur perle sur son visage rond. Un sourire doux découvre une incisive ébréchée. Sa tunique entrouverte laisse deviner son torse. Mon pouls s’accélère légèrement. Je me surprends à chercher son regard.

Lui aussi me jette des coups d’œil, tout en conservant cette distance presque cérémonieuse que les hommes traditionnels de la région observent envers les femmes.

– Tu es marié?, je demande.

– Oui, depuis 5 ans.

Évidemment. Cela aurait été étonnant qu’il ne le soit pas. Au Pakistan, les femmes se marient en moyenne à 21 ans, les hommes à 26 ans. Quatre-vingts pour cent des unions sont arrangées.

Dès le lendemain, contre toute attente, Farhan m’écrit…

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Pendant ce temps sur Heidi.news...

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Un F-35A quitte son usine d’assemblage au Texas. | Keystone

Quand les F-35 défaillent… La semaine dernière, un avion de combat F-35B s’est écrasé en Californie après l’éjection son pilote. Sur Heidi.news, nous venions de commencer à publier une Exploration racontant un accident similaire qui s’est déroulé en 2023 en Caroline du Sud. Une défaillance technique qui a coûté sa carrière à son pilote d’élite. Alors que la Suisse attend toujours la livraison d’une trentaine de F-35A (un modèle cousin de chez Lockheed Martin) pour un budget de 6 milliards de francs, le Pentagone vient de faire interdire la publication d’un rapport de la cour des comptes américaine portant sur ces avions de chasse.

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Le dessin de la semaine

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Pitch Comment, pour Heidi.news

Forêts: la Suisse fait le contraire de ses voisins Nos voisins européens renforcent presque tous leurs investissements dans les forêts. Pendant ce temps, le Conseil fédéral prend la direction opposée. La France vient de réserver de nouveaux moyens à l’adaptation des massifs en 2027, l’Allemagne a augmentél’année dernière son programme climatique et l’Autriche a très récemment prolongé son Fonds forestier.

Le Conseil fédéral, lui, a décidé de ne pas reconduire les 25 millions de francs annuels consacrés à l’adaptation des forêts aux changements climatiques. Ce supplément demandé par une motion parlementaire, déjà ramené à 17,5 millions pour 2025 et 2026, devrait donc disparaître dès 2027…

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Il est temps de raconter le monde

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🔴 Rencontre exclusive avec Amaury Hauchard. Après le succès des premiers rendez-vous «Nos correspondants en pâture», nous vous invitons à un échange avec Amaury Hauchard, que vous retrouvez chaque jeudi dans le Point du jour.

Une occasion unique de découvrir son regard sur le terrain et son expérience de correspondant sur l’Afrique, et de lui poser vos questions.

🗓 Jeudi 27 août | 13h - 14h (en ligne)
⚠️ Places limitées — sur inscription

Une rencontre réservée aux abonnés et donateurs de Heidi.news.

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De bonnes lectures

Les relations amoureuses n’intéressent plus les jeunes. Même le sexe ne présente plus d’intérêt pour une part grandissante de la population. En 2019, 42% des personnes de moins de 40 ans aux Etats-Unis déclaraient n’avoir jamais été engagées dans une relation romantique. Ce n’est pas un renoncement conscient ou politique, mais plutôt les conséquences d’une fatigue: les applications de rencontre sont frustrantes et désagréables, elles demandent de s’investir beaucoup pour peu résultats gratifiants. A la longue, on préfère rester chez soi à regarder des séries ou s’adonner à d’autres hobbies. Dans ce podcast, la journaliste relate le témoignage d’une femme qui, après avoir longtemps idéalisé le couple, a réalisé qu’être engagée avec un homme, c’était comme avoir un enfant supplémentaire, et qu’elle était plus heureuse en y renonçant complètement. Un homme témoigne du sentiment frustrant de ne jamais être le genre de personne que les femmes attendent, et a lui aussi préféré renoncer et s’en porter mieux.

Radio Atlantic (podcast) (EN)

L’agroindustrie se bat pour rendre les gens malades. Il y a deux semaines, The Guardian et d’autres médias d’investigation publiaient cette enquête édifiante: partout dans le monde, les fabricants d’aliments ultratransformés saisissent la justice pour invalider les politiques de santé publiques. Qu’il s’agisse de lutter contre des taxes sur les boissons sucrées, des restrictions sur la promotion des produits ou la labellisation obligatoire sur les emballages, les géants de l’agroindustrie ont saisi la justice 235 fois pour faire valoir leur droit au libre commerce. Coca-Cola, PepsiCo, Mondelēz, Kellogg’s, Danone, Ferrero, et d’autres groupes qui font très attention de ne pas être identifiables dans ces actions, sortent souvent perdants mais cherchent ainsi à gagner du temps, repoussant souvent de plusieurs années les mises en oeuvre de ces politiques de santé.

The Guardian (EN)

Le «soldat» Ros, intrépide chien détecteur d’explosifs devenu l’un des héros à quatre pattes de l’armée française Des chameaux de Napoléon aux chiens parachutistes du Débarquement, Le Monde consacre une série d’articles aux animaux soldats. Dans le troisième épisode, Ros, un berger allemand incorporé dans le 132e régiment d’infanterie cynotechnique, reçoit la croix de la valeur militaire avec étoile de bronze après avoir fait preuve d’un comportement fidèle et exemplaire lors du décès de son binôme humain au Liban.

Le Monde (abonnés) (FR)

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