Bonjour, c’est Lionel à New York, où je tente de vous parler d’autre chose que de la guerre en Iran, qui occulte tout le reste de l’actualité. Je crains d’avoir échoué…

Au menu ce matin : une crise du gaz à l’horizon, Cuba dans le viseur de Washington et un sinistre Nouvel An persan.

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Lionel Pousaz à New York
20.03.2026

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Les infos que j'ai retenues pour vous

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Le président américain et la première ministre japonaise hier à la Maison-Blanche. EPA / Aaron Schwartz / POOL

Trump ne veut pas déployer de troupes terrestres au Moyen-Orient. Il l’a assuré hier en pleine conférence de presse avec la Première ministre japonaise Sanae Takaichi, en visite officielle. La question agite tant les pro que les anti-guerre, tant il est vrai que les experts peinent à comprendre ce qu’Israël et les Etats-Unis comptent accomplir en se contentant d’opérations aériennes. «Je n’envoie nulle part des troupes», a asséné le président américain, avant d’ajouter «Si c’était mon intention, je ne vous le dirais certainement pas». Mercredi, Reuters évoquait pourtant un projet de l’administration Trump visant à déployer des milliers de soldats dans la région.

Reuters (EN)

200 milliards de dollars pour la guerre en Iran. C’est ce que le département de la Défense aurait réclamé à la Maison-Blanche, laquelle devrait passer la demande au Congrès, selon Donald Trump. La somme n’a pas été confirmée par le secrétaire à la Défense Pete Hegseth, qui s’est contenté hier de déclarer à la presse qu’il «faut de l’argent pour tuer des méchants».

BBC (EN)

Après la crise pétrole, le gaz. La guerre au Moyen-Orient a pris une dimension supplémentaire, avec le bombardement hier par Téhéran d’un complexe gazier au Qatar. Ces installations fournissent un cinquième de la demande mondiale de gaz naturel liquéfié et risquent de se retrouver longtemps à l’arrêt. Les frappes de la République islamique faisaient suite aux opérations israéliennes de mercredi contre ses champs gaziers iraniens de South Pars. Hier, Donald Trump aurait obtenu de Benjamin Netanyahou la promesse qu’il s’abstiendra de futures attaques contre South Pars.

France 24 (FR)

Sur Heidi.news

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À ce jour, 28 chats sauvages d’Écosse ont été réintroduits dans le parc national des Cairngorms. | Laurie CampbellÀ ce jour, 28 chats sauvages d’Écosse ont été réintroduits dans le parc national des Cairngorms. | Laurie Campbell

En Écosse, le chat sauvage est revenu mais le lynx attendra Troisième épisode de notre Exploration *Retour vers le sauvage» au parc naturel des Cairngorms, dans les Highlands: la reconnexion des écosystèmes laisse envisager la réintroduction de prédateurs disparus. Le biologiste David Hetherington rêve de voir le lynx parcourir de nouveau les sommets. C’est déjà le cas pour le chat sauvage d’Écosse, grâce à une méthode inspirée de réensauvageurs suisses et espagnols.

Il est temps de raconter le monde

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Dans mon radar aujourd'hui

Renouveau difficile au Nouvel An persan. Noruz a lieu cet après-midi à 15 h 46 et 20 secondes — soit le moment exact de l’équinoxe de printemps, calculé par l’Institut de géophysique de l’Université de Téhéran. D’ordinaire dédiées à la famille, la sérénité et le renouveau, ponctuées par un grand nettoyage printanier censé marquer un nouveau départ, les festivités prendront cette année une tonalité particulière, alors que l’Iran, cœur du monde persan, est plongé dans la tourmente et l’incertitude. Et donc, plus que jamais, il importe de se souhaiter un joyeux Noruz (Nowruz Mobarak !  !نوروز مبارک) !

Compte à rebours de Noruz (EN)
Ca m'est arrivé cette semaine

«Tu ne trouves pas de pain décent ici ?» La remontrance de ma sœur, en visite ces derniers jours, m’a frappé comme un poignard en plein cœur. Y a-t-il pire signe de déculturation, pour un Européen de langue française, que de renoncer au bon pain ? A vrai dire, je n’ai pas tout à fait abandonné la cause. Sauf cas d’urgence, je continue de bouder les productions industrielles, façonnées à partir de farines blanchies au peroxyde de benzoyle et au gaz chloré, augmentées d’une quantité de sucre à faire pâlir un diabétologue, agrémentées d’additifs interdits en Europe et si pleines d’air — il n’y a pas de petites économies — que la miche semble prête à s’envoler dans son enveloppe plastique comme une baudruche gonflée à l’hélium.

Je fais un petit effort, donc. Il n’empêche, elle a raison, ma sœur : mon pain n’est pas terrible. Passable, tout au plus, en comparaison des horreurs ordinaires de l’agroalimentaire ricain.

Il est vrai qu’après 10 ans aux Etats-Unis, j’ai un peu baissé les bras. C’est forcé. Les premières années, j’étais prêt à me déplacer à l’autre bout de la ville et à débourser 10 dollars pour un pain de campagne au levain dans la petite boulangerie chic d’inspiration française — «Farine & Co», «La Baguette de Paris», «Le Petit Four des Amis» (1). Et puis, je suis passé à autre chose. Je confesse mon crime de lèse boulange. Saint Honoré d’Amiens, épargne mon âme.

A défaut de mieux, je me suis rabattu sur l’offre la plus bobo du supermarché local. Ca vaut ce que ça vaut. Et ma sœur, la vile, de tourner la lame de son couteau dans ma plaie d’expatrié. Pendant quelques minutes, cette meurtrissure a suppuré de honte et de culpabilité. Je l’ai pansée, ni une ni deux, avec un sandwich au beurre de cacahuètes.

(1) Noms absolument fictifs

Mon labo américain

Les forages pétroliers reprennent au large de la Californie. C’est l’une des conséquences indirectes du conflit en Iran. Profitant de la crise pétrolière, l’administration Trump a invoqué une loi sur la sécurité nationale, datant de la guerre froide avec l’Union soviétique, pour reprendre les opérations sur la côte ouest du pays. Le gouverneur de la Californie et archennemi du président, Gavin Newsom, a dénoncé la mesure. En 2015, des plateformes de forage offshore avaient accidentellement déversé près de 400 000 litres de brut le long des côtes californiennes, provoquant l’une des pires catastrophes écologiques de l’Etat.

Los Angeles Times (EN)

Le triste sort du bureau des Affaires du Proche-Orient. Il aurait dû se trouver au cœur de la crise actuelle, pour conseiller politiques et militaires en pleine guerre avec l’Iran. Las, le bureau a été largement démantelé par une administration qui se fie aux instincts du président plus qu’aux compétences de ses experts. Environ 80 employés du bureau auraient été poussés vers la sortie, et de multiples diplomates forts de décennies d’expérience ont été remplacés par des bleus ou des partisans de la cause MAGA. Une inquiétante manifestation de plus de la disparition de l’expertise, au sein d’un gouvernement qui fonctionne de plus en plus comme une république bananière à la solde de son «commandante».

Associated Press (EN)

Après Téhéran, La Havane? A vrai dire, c’est plutôt le scénario du Venezuela que la Maison-Blanche tente de rejouer ici. Cette semaine, Donald Trump s’est gargarisé par avance d’avoir «l’honneur de prendre Cuba», sans plus de clarifications. Les Etats-unis menacent leur voisin communiste d’une intervention militaire, s’il n’écarte pas du pouvoir le président Miguel Díaz-Canel. Sans déclarer de blocus officiel, Washington assèche les importations cubaines par voie maritime. En mars, aucun tanker étranger n’a accosté sur l’île, et les importations de pétrole ont été divisées par cinq, plongeant le pays dans une crise énergétique sans précédent.

CNBC (EN)

Une raison d'espérer

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Un castor européen à Oerlikon, Suisse. KEYSTONE / Christian Beutler

Les castors pour stocker du CO2. Le rongeur est d’ordinaire le bien-aimé des protecteurs de l’environnement et des planificateurs du territoire — on connaît notamment son rôle contre les sécheresses et les inondations. Or, dans les zones humides, il multiplierait par 10 la quantité d’oxyde de carbone séquestrée, ont calculé des scientifiques. Publiée dans Nature Communications Earth and Environment, l’étude décrit plus de 10 ans d’observations sur un cours d’eau suisse. Les castors optimisent le piégeage du CO2 en ralentissant les cours d’eau, ce qui favorise la sédimentation et permet au gaz de se déposer plus facilement dans le sous-sol. Résultat : plus de 10 tonnes de carbone sont séquestrées par hectare et par an, contre une petite tonne seulement en l’absence de l’animal.

Reporterre (FR)
A votre service
L’ex président fantôme

Jamais en mal de flagorneries, même imaginaires, Donald Trump s’est probablement inventé une conversation flatteuse avec l’un de ses prédécesseurs à la Maison-Blanche, cette semaine, en pleine conférence de presse.

«J’ai parlé avec un certain président, que j’aime bien en fait, un ex-président, un ancien président, il m’a dit “j’aurais aimé le faire, j’aurais aimé”, mais il ne l’a pas fait. Moi, je le fais», a-t-il raconté dans son style inimitable à propos de la guerre en Iran.

«Quel président?», a naturellement demandé un journaliste.

«Je ne peux pas vous le dire. Ce ne serait pas bon pour sa carrière. Même s’il n’a plus de carrière.»

Et CNN de contacter dans la foulée les représentants des quatre anciens présidents américains toujours vivants. Tous ont nié qu’une telle conversation ait eu lieu.

Votre correspondant. Journaliste et communicateur scientifique, procrastinateur professionnel, je fais tout à la dernière minute. Cet autoportrait bâclé ne fait pas exception, aussi réjouissant qu’un pain toast industriel américain aux agents conservants à base de plutonium.

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