Bonjour, c’est Florent à Nuuk, au Groenland, où j’ai atterri il y a peu pour de nouvelles aventures.
Vous n’allez pas le croire, mais ici, il fait dix degrés de plus qu’à Kyiv… et c’est inquiétant !
Au menu du jour : les déboires énergétiques à Cuba, ceux de Keir Starmer à Londres, mais aussi notre labo arctique, où je vais garder un œil sur la région. |
|
Les infos que j'ai retenues pour vous
|
Faute d’essence, les voitures ont quasiment déserté les rues de La Havane. Adalberto ROQUE/AFP
|
|
Sans pétrole, Cuba en mode survie.
Depuis hier, plus aucune compagnie aérienne desservant l’île ne peut se ravitailler en carburant, une situation qui devrait durer un mois et concerner l’ensemble des aéroports. L’arrêt des livraisons de pétrole vénézuélien, après la capture de Nicolás Maduro début janvier, a plongé le pays dans une grave crise énergétique. Washington menace désormais d’imposer des taxes aux pays fournissant du carburant à La Havane. Moscou, pour sa part, a dénoncé les «méthodes asphyxiantes» américaines, assurant que la Russie discute d’une aide possible avec ses «amis cubains». Sur place, le gouvernement tente de freiner l’hémorragie avec une semaine de quatre jours, du télétravail et des restrictions massives sur les carburants. L’autre fournisseur de La Havane, le Mexique, serait sur le point de mettre un terme à ses exportations, selon Donald Trump. Un cocktail explosif pour une économie déjà exsangue.
France Info (FR)
|
|
Keir Starmer s’enfonce dans l’affaire Epstein.
Hier, Anas Sarwar, patron du Labour en Écosse, a appelé le Premier ministre britannique à quitter Downing Street. Un coup dur de plus pour un dirigeant déjà fragilisé par le départ de son directeur de la communication et son chef de cabinet. En cause : la nomination en 2024 de Peter Mandelson comme ambassadeur à Washington, alors que Starmer connaissait ses liens avec le pédocriminel américain Jeffrey Epstein. À moins d’un mois d’une législative partielle cruciale et face à la poussée de Reform UK, le Premier ministre tente d’éteindre l’incendie.
France 24 (FR)
|
|
L’Iran à la recherche du compromis.
Après la reprise des discussions nucléaires avec Washington, le chef de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique a assuré hier que Téhéran est prêt à «diluer» son uranium enrichi à 60%, mais seulement si «toutes les sanctions» américaines sont levées. Une offre loin de répondre aux exigences de Donald Trump, partisan d’une interdiction totale de l’enrichissement, bien plus dure que le désormais caduc accord de 2015. Avant les frappes israélo-américaines de juin 2025, l’Iran avait accumulé plus de 400 kg d’uranium hautement enrichi – de quoi produire en théorie plus de neuf bombes si le seuil est poussé à 90%.
Euronews (FR)
|
|
Il est temps de raconter le monde
|
|
Heidimanche, la newsletter du week-end.
Découvrez Heidimanche, la newsletter qui fait le point sur les infos incontournables du week-end et annonce les grands événements de la semaine à venir. Inscrivez-vous, c’est gratuit!
|
|
Non, ce n’est pas Genève.
|
|
Ca m'est arrivé cette semaine
|
Le voyage était long.
Très long. Quatre jours de train, d’avions et d’escales, dans un tourbillon de rencontres et de réunions. Kyiv, Chelm, Varsovie, Paris, Reykjavik… La tête chargée d’informations, je ne savais plus comment je m’appelais, ni où j’habitais. Puis je l’ai vue, par le hublot, sous les nuages, morcelée, bleue et blanche: la banquise.
Le moment s’est suspendu, le silence s’est fait. C’est la vue des fjords glacés qui m’a fait prendre conscience, pour la première fois, que j’allais vivre au Groenland pour un temps.
À l’aéroport, la réalité me rattrape déjà. Dans la salle d’attente, des journalistes. Uniquement des journalistes. Et deux touristes chinois aussi, un peu perdus au milieu des caisses de matériel et des trépieds. Avant mon arrivée, mes collègues m’avaient prévenu. À Nuuk, on en a ras le bol des caméras. «Les Groenlandais sont des gens tranquilles, taiseux, discrets», m’avait-on dit. Ils vivent sur un bout de glace qui fond, fragile comme de la porcelaine. Et Trump, l’éléphant républicain, a tout renversé dans un vacarme assourdissant.
Nous autres journalistes en sommes presque l’émanation. Je m’en rends compte le premier soir, au restaurant. On est nombreux à être du métier, on parle fort, on analyse, on débat, on rit. Quand je me tais, je remarque qu’on n’entend que nous. Je sors, la porte de l’établissement se referme sur le silence ouaté, la neige nouvellement tombée, l’air frais et les fantômes verts des aurores boréales dans un ciel d’encre.
Pour le reste, le naturel revient vite au galop. J’enchaîne les dîners et les verres, je rencontre les uns et les autres. Je m’invite à une soirée quiz dans un pub avec des Danois, où l’on m’apprend qu’il n’y a que trois feux de signalisation sur toute l’île — je découvrirai plus tard que l’information est fausse. Beaucoup travaillent dans l’administration et vivent au Groenland depuis plusieurs mois, d’autres depuis plusieurs années. «Quel est l’artiste groenlandais le plus primé ?», «Quelle est la plus vieille ville du Groenland ?» La plupart n’en ont aucune idée. Je ressens un léger malaise que j’ai du mal à identifier, de prime abord. Quand un type de la table appelle un serveur en danois, qui ne comprend pas la requête, je mets enfin le doigt dessus. En tant que Français, c’est une étrange chose que de rencontrer un autre peuple colonialiste.
On finit par me demander ce que je fais là. Je réponds. Puis on m’interroge sur les pays en guerre où j’ai vécu. Je donne la liste. Les yeux s’écarquillent. «Mais du coup quel rapport avec le Groenland…?» Trois semaines plus tôt, Washington avait placé les «Artics Angels» – une unité d’élite dédiée aux zones polaires – en état d’alerte, officiellement en raison de la situation dans le Minnesota. Une demi-douzaine de paires d’yeux me dévisagent pleins d’incompréhension: l’invasion américaine est inenvisageable. La tempête Trump n’aura été qu’un peu de bruit et beaucoup de stress, mais tout est terminé. En attendant, le gouvernement groenlandais recommande à ses citoyens de préparer un sac d’urgence «au cas où», sans préciser la nature du risque.
Une dernière bière, je rentre chez moi. La première nuit fut difficile. Tranquille. Pas d’alarme antiaérienne. Pas de détonation. Quand j’ouvre la fenêtre, c’est le silence de la neige qui tombe, des icebergs sur la mer. Et c’est tout.
|
|
Des enfants jouent dans la neige, à Nuuk, Groenland, le 7 février 2026. Florent VERGNES/AFP
|
|
Une délégation bipartisane au Groenland pour ramasser les pots cassés.
Quatre sénateurs américains étaient hier à Nuuk pour tenter de colmater la fissure diplomatique ouverte par Donald Trump. «En quelques mots, la confiance construite depuis la Seconde Guerre mondiale s’est érodée», a reconnu la républicaine Lisa Murkowski à Nuuk, voulant rassurer les Groenlandais en rappelant le «poids» du Congrès face aux ambitions de la Maison-Blanche. Le sénateur indépendant Angus King a, pour sa part, avoué sa crainte de voir le président court-circuiter le Parlement. Sur place, la tension au sein de la population semble diminuer, mais «la crise n’est pas finie», ont averti samedi les diplomaties groenlandaise et danoise.
TVA Nouvelles (FR)
|
|
A Nuuk, des ouvertures de consulats fortes de symboles.
Le Canada et la France ont inauguré vendredi leurs représentations au Groenland. Paris a mené l’opération en toute discrétion, mobilisant le consul Jean-Noel Poirier, toujours sans bureau fixe. Ottawa, a en revanche, a choisi une approche plus démonstrative en dépêchant un brise-glace et en conviant la ministre canadienne des Affaires étrangères, accompagnée de ses homologues danois et groenlandais. L’atmosphère n’était toutefois pas à la fête, alors que se poursuivent les discussions entre le Groenland, le Danemark et les États-Unis pour tenter de convaincre Washington de renoncer à ses ambitions sur l’île. «Nous n’en sommes pas encore arrivés là où nous voulons», a déploré la ministre groenlandaise des Affaires étrangères, Vivian Motzfeldt.
The Guardian (EN)
|
|
Sur les îles Féroé, le calme avant la tempête diplomatique.
Si les projecteurs sont, depuis plusieurs semaines, braqués sur le Groenland, le New York Times s’est rendu sur un autre territoire danois stratégique qui pourrait se retrouver au centre de rivalités internationales. Cet archipel de 55’000 habitants prospère grâce au saumon, nourrit depuis des décennies des ambitions d’indépendance. Mais autour des Féroé, navires de guerre américains et sous-marins russes sillonnent les eaux. La menace grandissante et la crise groenlandaise ont poussé Tórshavn, la capitale, à geler les discussions d’autonomie avec Copenhague. Redoutant les ambitions russes, les yeux de l’île se tournent aujourd’hui vers l’Otan. Pour l’heure, les dirigeants privilégient la solidarité avec le Groenland et le Danemark, sans renoncer à leur horizon souverainiste.
The New York Times (EN)
|
|
Rex Chouk, pour Heidi.newsRex Chouk, pour Heidi.news
|
|
|
A Nuuk, un élan de solidarité inuit.
Ils étaient une centaine vendredi, les pieds dans la neige et les drapeaux rouges et blancs à la ceinture, à venir clamer leur joie à l’ouverture du consulat canadien de Nuuk, au Groenland. Le peuple Kalaallit, qui compose la majorité de l’île arctique, possède des liens culturels forts avec les Inuits du Canada. «Nous voulons nous rassembler en signe de solidarité avec le Groenland pour montrer notre soutien et dire : cette terre n’est pas à vendre», déclare Susie-Ann Kudluk, représentante des jeunes Inuits du Nunavik, dans le nord du Québec.
Regard sur l’Arctique (FR)
|
|
|
En direct de la Trumposphère
|
«Route Trump» et «prix Nobel» : quand la paix repose sur l’ego d’un gars.
JD Vance était hier en Arménie pour consolider l’accord de paix signé avec l’Azerbaïdjan, avec lequel le pays est opposé dans une guerre territoriale et sanglante depuis des décennies.
«Nous avons arrêté la guerre entre l’Aberbadjian et l’Albanie», s’était d’ailleurs vanté Donald Trump en 2025, dissipant les doutes sur ses aptitudes en géographie.
L’accord, torché en trois coups de cuillère à pot, prévoit notamment la création de la «Route de Trump pour la paix et la prospérité Internationales», le «TRIPP»… rien que ça. Les droits de ce corridor entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan sont garantis aux États-Unis pour 99 ans, qui comptent le louer à des entreprises pétrolières, gazières et de fibre optique.
Comme si la marchandisation de la paix ne suffisait pas, Nikol Pachinian, Premier ministre d’Arménie, a profité de la présence de JD Vance pour caresser l’ego fragile du maître de la Maison-Blanche, exprimant son «grand espoir» qu’il reçoive un jour le prix Nobel de la paix.
France 24 (FR)
|
|
|
Votre correspondant.
Plus ou moins journaliste, plus ou moins photographe, j’aime les pancakes et les bonnes histoires. Historien de formation, aussi organisé que l’armée russe et ponctuel qu’un bus malien, je fuis les lourdeurs de l’administration dans les pays où il n’y en a plus. Après douze palus et trois typhoïdes en Afrique, je suis allé prendre un peu de repos en Ukraine. Je suis maitenant au Groenland, où je dois choisir la meilleure façon de me faire pousuivre en justice par la WWF : nems de phoque ou curry de baleine? (véridique..)
|
|
|
|
Avenue du Bouchet 2
1209 Genève
Suisse
|
|
|
|