Bonjour, c’est Amaury, à Paris, où le ciel bleu pousse les autochtones à s’aventurer dans les parcs et jardins comme de petits renardeaux sortant de leur tanière après des semaines de grisaille. Un avant-goût de printemps, youpi!
Ce matin, je vous parle de l’Iran, bien sûr, mais aussi de la joyeuse flûte de Boncana Maïga et de cinéma avec Abou Sangaré. |
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Les infos que j'ai retenues pour vous
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La frégate iranienne Dena coulée mercredi par un sous-marin américain, alors en février | 2026 KEYSTONE / AP
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Une frégate iranienne coulée dans l’océan Indien.
Les Etats-unis ont déclaré hier avoir envoyé par le fond un navire battant pavillon de la République islamique, au large du Sri Lanka. C’est le premier bâtiment à être ainsi coulé par une torpille depuis un sous-marin américain depuis la Seconde Guerre mondiale. Les corps de 87 marins iraniens ont été récupérés, ont indiqué les autorités sri-lankaises. Les recherches se poursuivent pour retrouver 61 membres d’équipage toujours portés disparus. 32 autres ont été secourus.
Al Jazeera (EN)
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L’hommage national pour Khamenei prévu hier soir à Téhéran a été «reporté».
Alors que les bombardements se poursuivent en Iran, Israël a indiqué que «tout dirigeant nommé par le régime terroriste iranien sera une cible sans équivoque pour élimination». Dans ce contexte, les honneurs au défunt Guide suprême Ali Khamenei ont été repoussés, tandis que Reuters rapporte que son fils, Mojtaba Khamenei, serait favori à la succession de son père.
Al Jazeera (EN)
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Un méthanier russe coule au large de la Libye: Moscou accuse Kyiv.
Selon Tripoli, on aurait entendu des «explosions soudaines» d’origine inconnue, suivies d’un incendie et du naufrage de l’Arctic Metagaz. Ce navire, parti de Mourmansk, est soupçonné de faire partie de la flotte fantôme russe. Moscou accuse l’Ukraine d’avoir envoyé des «navettes sans équipage» — dirigées à distance, en d’autres termes – depuis les côtes libyennes. A l’heure d’écrire ces lignes, Kyiv n’a pas encore réagi.
Agenzia Nova (FR)
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Il est temps de raconter le monde
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🦬 Retour vers le sauvage- Tome 2.
Dans le Montana, American Prairie restaure depuis 20 ans un écosystème de steppes grand comme trois fois le Valais. Parfois contre les ranchers, cette ONG rachète des terres pour remplacer les vaches par des bisons. Les chiens de prairie et les castors sont aussi en train de revenir dans ces vastes plaines du Grand Ouest, abîmées par l’élevage industriel.
Notre grand reporter Fabrice Delaye a sillonné la planète à la rencontre des pionniers se battent pour restaurer activement les écosystèmes. Il en a tiré une enquête exceptionnelle par sa taille et son ambition, dont voici le second tome, dédié aux grands espaces.
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Dans mon radar aujourd'hui
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Réunion UE-Pays du Golfe.
Les divergences européennes se font de plus en plus clairement jour sur la question iranienne, avec notamment les positions espagnole et allemande, qui semblent diamétralement opposées. C’est dans ce contexte que les ministres des Affaires étrangères des 27 seront aujourd’hui en visioconférence avec leurs homologues des pays du Golfe. L’objectif est double: les assurer du plein soutien européen, et coordonner ensemble une réponse adéquate, alors que les frappes iraniennes sur plusieurs de ces pays font craindre un élargissement du conflit.
TF1 (FR)
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Ca m'est arrivé cette semaine
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J’avais envie de co-écrire un papier.
Cela fait plusieurs jours que je discute avec un copain, brillant journaliste nigérien, qui dispose d’un réseau de sources aussi impressionnant que dangereux, dans une région du pays que l’Etat central ne contrôle pas. Une zone grouillante d’hommes en armes, qui n’ont cesse d’attaquer en paroles et en actions les représentations du régime (des publications TikTok, aux bases militaires).
Nous avons réfléchi à un format d’écriture à quatre mains pour raconter une dynamique transfrontalière. Il ferait son récit du côté nigérien de la frontière, moi du côté tchadien, avec pour chacun des perspectives différentes qui se compléteraient à merveille, j’en suis sûr.
A l’heure où je vous écris, j’ai peur que ça n’aboutisse pas. Je me dis que c’est sans doute la meilleure preuve que la liberté de la presse a bel et bien disparu dans cette région du monde.
Première limite, il est parti acheter une nouvelle carte SIM pour pouvoir m’écrire sans craindre d’être lu par les autorités nigériennes. Plusieurs activistes et journalistes ont déjà été arrêtés pour des propos tenus jugés offensants par le régime.
Puis on est passé d’une application cryptée à une autre. Pris de doute (est-ce que Signal est vraiment plus sécurisé que Telegram au Sahel?), on a fini par revenir à la première.
Puis on a réfléchi à un pseudo pour qu’il ne soit pas exposé à la sortie du papier. Mais on a songé à nos liens d’amitié, qui durent depuis plusieurs années. On s’est dit qu’il serait possible de remonter à lui, si jamais mon nom à moi était en signature.
Puis on a pensé à ce que moi aussi je prenne un pseudo, histoire d’être sûrs à 100% d’être invisibles. Mais notre papier aura-t-il le même poids? Les lecteurs croiront-ils deux témoignages sous nom d’emprunt, alors que la défiance envers la presse est si grande? J’ignore moi-même quel crédit j’accorderai à un article cosigné par deux pseudonymes.
Puis on a décidé de chercher une autre formule. On ne l’a pas encore trouvée, et ça m’attriste pas mal.
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Une capture d’écran du film «Africa Mia» réalisé par Richard Minier et Edouard Salier sur le groupe Maravillas de Mali | Capture d’écran / Page Facebook Richard Minier
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Le roi de la musique afro-cubaine s’éteint.
L’histoire est belle: à l’orée des indépendances ouest-africaines, les nouveaux régimes socialistes, parmi lesquels le Mali, se rapprochent de l’URSS et de Cuba. Boncana Maiga part avec des camarades étudier à La Havane. Il y fonde un groupe, Las Maravillas de Mali, dans lequel la joyeuse bande mêle les musiques de part et d’autre de l’Atlantique. Ayant poursuivi par la suite une carrière en solo, Boncana Maïga était le plus connu du groupe. Il s’est éteint samedi dernier à Bamako.
Instagram du journaliste Georges Attino (FR)
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Un an après, Abou Sangaré en galère.
Vous vous souvenez? On en parlait il y a un an tout pile, il avait reçu le César du meilleur espoir masculin pour «L’Histoire de Souleymane». A l’époque, après un discours puissant, médias et observateurs prédisaient que le jeune acteur, arrivé illégalement de Guinée, visé par une obligation de quitter le territoire français (OQTF), allait voir sa situation régularisée. Un an plus tard, il bénéficie d’un permis de séjour temporaire, travaille, mais n’a pu jouer dans un autre film, faute d’un titre de longue durée. Sa prestation dans le prochain opus de Ladj Ly a dû être annulée.
Le Parisien (FR)
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L’homophobie africaine est-elle un relent colonial?
Le chercheur nigérien Rahmane Idrissa, dans sa passionnante lettre virtuelle, explore les ressorts de la construction politique de l’homophobie dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest. Dans cette enquête socio-anthropologique et super accessible, il creuse la relation occidentale-africaine pour expliquer pourquoi on raconte dans tous les bars de la région que l’homosexualité a été «importée par les Blancs». Il propose, en miroir à l’Orientalisme d’Edward Saïd, d’ériger en concept «l’occidentalisme» soit, selon ses termes, «comment les intelligentsias du Sud ont construit une image de l’Occident qui les maintient dans l’histoire coloniale».
Lettre Substack de Rahmane Idrissa (FR)
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Les mille vies de la peau de bouleau.
En Suisse, dans les Franches-Montagnes, deux archéologues expérimentaux essaient de reproduire les usages multiples et insoupçonnés de la peau de bouleau par nos ancêtres du néolithique. Pourquoi? «Pour son esthétique, sa légèreté et le fait qu’elle est solide et imputrescible», dit Lara Driscoll, l’une des deux archéologues. Pêle-mêle, on la retrouve dans les huttes samies, les tipis amérindiens, des chaussures et vêtements en Russie, dans le lest à filet de pêche sur les bords du lac de Neuchâtel, dans le büchel ou même dans une sorte de goudron servant de colle préhistorique. Dingue, non?
Reporterre (FR)
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En direct de la Trumposphère
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«Ce n’est pas à Winston Churchill que nous avons affaire.»
Donald Trump en veut à Keir Starmer et le fait savoir. Tout ça parce que le Royaume-Uni a refusé aux Etats-unis le droit d’utiliser la base militaire conjointe de Diego Garcia, au cœur de l’océan Indien, pour lancer son offensive aérienne sur l’Iran.
Finalement, Londres a donné son accord, mais Trump l’a mauvaise. «Il nous a fallu trois, quatre jours pour décider où nous pouvions atterrir.» Alors, comme à son habitude, il a tapé là où ça fait mal, bang sur l’icône nationale!
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Votre correspondant.
Il ne faut pas gâter l’affaire! C’est ce qu’on dit aux journalistes toubab débarquant sur le continent africain en quête d’histoires aussi exotiques qu’extravagantes. Alors depuis sept ans, j’essaie de raconter la normalité. Parisien d’origine, j’ai roulé une petite bosse ici et là en Afrique, du Malawi à la Guinée-Bissau, du Mali à la Centrafrique, du Cameroun à Sao Tomé. Depuis le début de l’année dernière, mes valises sont posées au Tchad mais aussi à Marseille, un pas ici, un pas là-bas. En ce moment, j’ai mon sac à dos et je suis à Paris.
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Avenue du Bouchet 2
1209 Genève
Suisse
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