Bonjour, c’est Serge à Genève où s’est ouvert hier soir le GIFF, le Geneva International Film Festival.
C’est pour Heidi.news l’occasion de démarrer la publication d’une Exploration de longue haleine, sur les industries créatives à Genève. En particulier dans l’audio-visuel et la création numérique.
C’est un écosystème important, auquel ses membres n’ont pas toujours conscience d’appartenir. 27’000 emplois dans le canton! Nous avons interrogé Emilie Bujès, nouvelle directrice artistique du GIFF, mais aussi des costumières, des producteur·trices, des scénaristes, des réalisateur·trices, la directrice de la HEAD, Lada Umstätter, des sound designers, des entrepreneurs et même une coordinatrice d’intimité.
Les épisodes seront publiés en ligne au fur et à mesure. Ils sont rassemblés dans une revue que vous pouvez déjà commander! |
Genève, une ville d’histoires
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Sur le tournage de «Station Horizon», une série signée Romain Graf et Pierre-Adrian Irlé (deuxième depuis la gauche), aujourd’hui directeur exécutif du groupe Le Temps SA. | © RTS
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De la Genève calviniste à la Genève créative,
c’est davantage qu’un grand saut: une immense surprise. Comment cette ville de pasteurs qui protégeaient Voltaire tout en interdisant ses pièces de théâtre au 18e siècle a-t-elle pu devenir, de nos jours, le chaudron créatif que vous allez découvrir dans cette Exploration?
Mon hypothèse tient à l’histoire de Genève et à un secteur, le livre, absent de cette Exploration parce que nous avons choisi de nous concentrer sur les nouvelles formes narratives, audiovisuelles et numériques. Néanmoins, c’est essentiel. En 1478, Genève imprime son premier best-seller européen: L’Histoire de la Belle Mélusine. Une fée qui accepte d’épouser un chevalier et de bâtir pour lui de gigantesques châteaux, à condition qu’il ne cherche pas à la voir le samedi. Ce jour-là, elle se transforme en serpent…
Une usine à livre
Oui, une histoire fantastique, qui trouverait facilement sa place 550 ans plus tard dans les expériences de réalité virtuelle du Geneva International Film Festival. Genève devient alors une véritable usine à livres. Dès 1550, de grands imprimeurs français, comme Robert Estienne, s’installent au bout du lac, parce qu’ils y sont plus libres qu’à Paris. Ils diffusent la Réforme avec un succès inouï. En 1565, les Psaumes traduits par Théodore de Bèze sont tirés à 27’400 exemplaires, la meilleure affaire dans l’édition du 16e siècle.
Sept ans plus tard, le massacre de la Saint-Barthélemy leur ferme le marché catholique français. Si bien que Genève, qui compte alors 200 imprimeurs pour 20’000 habitants ainsi que les presses les plus compétitives d’Europe, se met à publier des livres profanes. Aventures, poésie, ouvrages scientifiques, en français, en allemand, en italien, en latin, en grec, en hébreu. Ils se vendent si bien qu’ils sont systématiquement piratés par la concurrence des imprimeurs lyonnais.
La voie est libre
Bref, le livre. Son industrie florissante sera l’appel d’air pour le développement de la typographie, de l’iconographie, mais aussi, bien sûr, de l’écriture. Genève devient une ville d’autrices et d’auteurs. Dans une cité qui sait compter, l’imagination prend de la valeur et les tristes façades de molasse grise de la Vieille Ville se font paysage littéraire – la voie est libre pour les Rodolphe Toepffer, les Albert Cohen, les Nicolas Bouvier.
Vous me pardonnerez les raccourcis – le sujet mériterait davantage que ces quelques lignes. Retenez simplement que si les industries créatives sont aujourd’hui, pour le Département de l’économie, de l’emploi et de l’énergie, un des trois piliers de croissance avec les sciences de la vie et l’économie numérique, c’est que le terreau, ici, est fertile.
Bonne lecture!
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Sur le tournage de la série «Quartier des banques» | RTS
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Une série télévisée, c’est une longue histoire.
C’est aussi un budget qui se calcule en millions, des années de développement et des centaines d’emplois engagés. À la fin, chacune, chacun, est libre de dire «j’aime/j’aime pas». Mais il y a une chose qui mettra tout le monde d’accord: pour en arriver là, une chaîne économique s’est mise en place, avec des gens rémunérés ou salariés, pour un grand nombre de prestations diverses et invisibles.
Le produit final – cette longue histoire – est donc intrinsèquement porteur d’une valeur actuelle et future, car il est commercialisé, s’ajoute aux statistiques du PIB et à celles des exportations de services, et en tant qu’œuvre de création, vient augmenter de facto le patrimoine culturel national, contribuant à l’exercice de cette forme particulière de pouvoir qu’est le soft power.
Un secteur à part entière
Cette économie du projet est emblématique des industries créatives, un vaste ensemble de métiers dont les intrants (input) sont la créativité, les talents et les savoir-faire. Les extrants (output), ce sont des biens et des services à haute valeur ajoutée, comme des logiciels, des jeux vidéo, des longs métrages ou des séries de fiction ou documentaires, des vidéos promotionnelles, des œuvres d’art musicales, sonores, numériques, plastiques, éphémères ou hybrides, des créations événementielles ou immersives, des arts vivants ou des captations, du design d’espaces, de l’architecture de grande ou de petite envergure, de la création de contenus ludiques, journalistiques, fictionnels, éducatifs ou promotionnels, diffusés sur du papier – livre, journal, mook, magazine, affiche, brochure – ou sur des plateformes, des applications, de grands ou de petits écrans, en formats auditifs, visuels ou audiovisuels, avec ou sans but lucratif.
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Sur le tournage de la série «Uniformes» | © RTS
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Episode 1: Pourquoi les histoires romandes doivent aussi séduire à l’étranger.
Si vous ne l’avez pas vue à la télévision ou sur l’un de vos écrans portatifs, vous l’aurez au moins remarquée dans l’espace public, où elle était incontournable ce printemps: la série Uniformes.
Sur les grandes affiches publicitaires qui en faisaient la promotion posaient une demi-douzaine de représentants des forces de l’ordre, dont certains visages étaient étrangement familiers. En Suisse romande, nous sommes nombreux, au premier coup d’œil, à l’avoir confondue avec une campagne de recrutement pour la police – la faute au réalisme des costumes.
Coproduite par Alva Film et la RTS, réalisée par Romain Graf (Station Horizon, 2015; Helvetica, 2019), cette mini-série qui raconte la vie d’une équipe de police secours à Genève a aussi bénéficié de l’engagement de deux sociétés, Hélicotronc et Ikonë Studio, respectivement belge et kosovare.
Une deuxième saison?
Des Wallons et des Balkaniques sur le tournage d’une série policière genevoise? Que sont-ils venus faire là? Et d’abord, comment la RTS décide-t-elle des sujets de ses séries? A-t-elle été payée par la police genevoise pour faire sa promo? Et admettons maintenant que l’on se soit attaché aux personnages, y aura-t-il une deuxième saison? D’ailleurs, pourquoi n’y a-t-il que six épisodes dans la première?
Ces questions candides vont nous servir de point d’entrée dans la fabrique des fictions sérielles dans notre coin de pays, une activité à la fois familière et mystérieuse.
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Genève, ça tourne – la série
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À Genève, les industries créatives
représentent plus de 10’000 structures et 27’000 emplois. Du cinéma au logiciel, de la musique au design, de l’édition aux jeux vidéo, elles composent un pan considérable de l’économie cantonale. Pourtant, derrière les œuvres et les images, les entreprises et les métiers restent souvent méconnus.
Cette Exploration, réalisée avec le soutien du Département de l’économie, de l’emploi et de l’énergie de Delphine Bachmann, tire l’un des nombreux fils de ce vaste ensemble: la production de séries télévisées. Des premières intentions du scénario au dernier mixage, l’enquête rencontre celles et ceux qui fabriquent ces fictions romandes d’un nouveau genre. Elle entre dans les stocks de costumes et les studios de post-production, suit la recherche de financements et d’équilibre budgétaire. On y découvre des savoir-faire pointus, des entreprises inventives, des producteurs déterminés et des ambitions internationales.
La page qui rassemblera tous les épisodes de la série
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Emilie Bujès, directrice artistique du GIFF | © Nikita Thevoz
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Emilie Bujès: «J’aimerais faire du GIFF un laboratoire de la création contemporaine».
Cinéma, séries et création numérique: comment faire de ce festival qui marche sur trois jambes inégales un rendez-vous à l’identité marquée et aux contours désirables? En poste depuis août 2026, la nouvelle directrice artistique esquisse quelques-unes de ses ambitions.
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Le Geneva International Film Festival présente des films, des séries, et aussi des oeuvres numériques et des expériences immersives. | GIFF
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Le GIFF, un festival qui voit au-delà du cinéma.
De tout écran, le GIFF est devenu tous formats. Chaque année, le festival genevois explore de nouvelles manières de raconter des histoires, en mobilisant des formats connus ou émergents: longs métrages, séries télévisées, réalité immersive ou virtuelle. Cette diversité en fait un rendez-vous unique en son genre, pour le grand public et les professionnels de l’audiovisuel.
Un premier «Pour aller plus loin»
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Pitch Comment pour Heidi.news
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Céline Amaudruz est-elle devenue la Jeanne d’Arc de Genève?
Guy Parmelin pensait-il susciter une telle bataille rangée en renonçant à son fauteuil? La députée genevoise Céline Amaudruz peut déjà compter les couteaux dans son dos. L’ancienne vice-présidente de l’UDC s’est vite déclarée au sein du parti pour briguer la place laissée vacante au Conseil fédéral. Jusqu’à la veille du jour de clôture, la voie semblait dégagée.
Et puis s’est dressée devant elle une herse de sept concurrents — tous des hommes. Embuscade.
En matière d’équilibre politique, pourtant, le ticket Amaudruz n’a rien d’insensé: le Conseil fédéral ne compte plus qu’un seul Romand et une seule femme, fusionnés en la personne d’Élisabeth Baume-Schneider. Et aucun Genevois n’y a siègé depuis le départ de la socialiste Micheline Calmy-Rey, il y a de cela 15 ans. Mais à l’évidence, les caciques de l’UDC n’entendent pas laisser le champ libre à la politicienne du bout du lac.
Ces voix qu’on entend
La presse alémanique bruisse de critiques plus ou moins feutrées, sur l’emploi du temps de l’intéressée (qui siège dans de nombreux CA, en plus d’avoir deux enfants), ses positions sociétales jugées trop progressistes (congé parental, mariage pour tous), ou ses rares casseroles (une interpellation pour alcool au volant en 2017).
Lire la suite sur Heidi.news (libre accès)
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Il est temps de raconter le monde
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De bonnes lectures pour le week-end
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Chine: les racines socialistes d’une superpuissance capitaliste. Et si le capitalisme chinois devait sa réussite aux structures du communisme? Cet article retrace les bouleversements de la classe ouvrière, les expropriations paysannes et les migrations vers les villes qui ont accompagné l’essor du pays. Une lecture qui éclaire la puissance chinoise par son histoire sociale, et par les inégalités creusées au nom du développement.
Le Grand Continent (FR)
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Sheikh Tahnoon: un prince dans la bataille de l’IA. Membre de la famille régnante d’Abu Dhabi, Sheikh Tahnoon se situe au croisement du renseignement, de la finance et des ambitions technologiques des Émirats. Dans ce portrait, le Guardian explore l’influence internationale de cet homme discret et sa quête de puissance dans l’intelligence artificielle.
The Guardian (EN)
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Binance, un braquage à 6,3 milliards de dollars. Une vingtaine de minutes aurait suffi pour dérober l’essentiel des milliards envolés de Binance. WIRED retrace les premiers éléments de l’attaque et la course pour geler les fonds. Plusieurs spécialistes soupçonnent une unité de hackers nord-coréens, sans confirmation officielle à ce stade: derrière le casse se dessinent les enjeux géopolitiques du vol de cryptomonnaies.
Wired (EN)
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L’assassinat de Novaïa Gazeta. Voici, librement traduit, le début du dernier texte publié par l’équipe de ce journal, bastion historique de la presse russe indépendante. J’ai rencontré son fondateur et directeur, Dmitri Mouratov, prix Nobel de la paix, à plusieurs reprises ces dernières années – la dernière fois cet été en France. Il était de plus en plus sombre. Il y a deux ans, il me disait: «Le pouvoir [russe] appartient au parti de la mort». Il pressentait sans doute que son propre journal en ferait les frais.
Nous avons été tués.
Le 9 novembre, nous éteindrons les lumières de notre maison, où nous avons vécu pendant 30 ans, nous arrêterons les serveurs et nous partirons. Le journal aura disparu. Les autorités et les services de renseignement russes ont contraint la rédaction à cesser ses activités.
Trente années de vie partagées avec le pays et ses citoyens s’achèveront pour nous dans la rue, sans moyens de subsistance, sous la menace constante de la répression.
Nos années furent heureuses – remplies de créativité et d’espoir, de lecteurs, d’amis, de textes, de films. Parfois, elles furent aussi terriblement amères.
C’est amer, car c’est sous le règne de ce régime, et non dans les années 1990 de gangsters, que nos collègues ont été tués pour des raisons politiques, pour avoir accompli leur devoir professionnel et civique: Igor Domnikov, Yuri Shchekochikhin, Anna Politkovskaya, Stas Markelov, Anastasia Baburova, Natalya Estemirova.
En même temps que la lettre d’expulsion, ils ont désactivé le système de dons qui nous permettait de recevoir les contributions de nos lecteurs. Autrement dit, ils nous ont privés de tout financement. Complètement.
Il s’agit d’une opération coordonnée. Personne ne sera convaincu par la justification des banques selon laquelle elles agissent selon des règles internes. Ce sont des règles externes, établies par l’appareil répressif de l’État, par des agents du FSB infiltrés dans toutes les organisations. Ils considèrent le pays comme leur propriété.
Après le début des hostilités [invasion de l’Ukraine, en février 2022, ndlr], nous avons été, comme tous les autres journalistes, privés de la possibilité de couvrir les événements les plus importants et les plus tragiques de notre époque. Des lois ont été promulguées, rétablissant la censure dans le pays. Cette censure s’est ensuite étendue à pratiquement tous les aspects de la vie humaine.
Les autorités ont bloqué toutes nos ressources en ligne. L’État a saisi notre imprimerie, et des agents du renseignement et des censeurs infiltrés dans d’autres administrations nous ont interdit de publier le journal. Nombre de nos employés ont été contraints à l’exil…
Le texte complet (en russe)
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À Genève, les industries créatives représentent plus de 10’000 structures et 27’000 emplois. Du cinéma au logiciel, de la musique au design, de l’édition aux jeux vidéo, elles composent un pan considérable de l’économie cantonale. Pourtant, derrière les œuvres et les images, les entreprises et les métiers restent souvent méconnus.
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