Bonjour, c’est Sami à Lausanne, où les policiers ne trouvent rien de mieux à faire que de me coller une prune pour avoir roulé à vélo sur la place Saint-Laurent, apparemment interdite aux petites reines depuis que j’ai quitté le pays. J’ai bien tenté de négocier, blaguer, minimiser, mais la Suisse n’est pas l’Egypte. Ça fera 30 francs!

Ce matin, je vous parle de l’idée d’une rencontre entre Zelensky et Poutine à Genève, des détails du plan de trêve à Gaza, sur lequel doit se prononcer Israël d’ici la fin de semaine, ainsi que de l’immense charnier de Daesh que commencent à exhumer les autorités irakiennes à Mossoul.

photo journaliste

Sami Zaïbi à Lausanne
20.08.2025

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La possible fin de la guerre en Ukraine

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Ignazio Cassis hier, lors d’une conférence de presse organisée à Berne lors de la visite officielle du ministre italien des Affaires étrangères. Crédits: Keystone / Peter Klaunzer

Vue de Suisse: Cassis offrira l’immunité à Poutine s’il vient à Genève pour parler de paix. La Suisse est «plus que prête» à accueillir un sommet entre la Russie et l’Ukraine, a déclaré hier le conseiller fédéral en charge des Affaires étrangères Ignazio Cassis. Lors d’un point presse organisé avec son homologue italien, le Tessinois a expliqué que les sept Sages ont décidé que l’immunité pouvait être octroyée à une personne sous mandat d’arrêt international – c’est le cas du président russe – à condition qu’elle vienne pour une conférence de paix. Emmanuel Macron a d’ailleurs déclaré lors d’une interview avec Darius Rochebin qu’il verrait bien ce sommet avoir lieu à Genève. Mais la reprise des sanctions européennes par Berne risque de refroidir Moscou. Istanbul est aussi dans les starting-blocks.

RTS Info (FR)

Vue de Russie: pour la première fois, Poutine ouvre la porte à une rencontre avec Zelensky… mais à Moscou. Selon une source proche du dossier, le président russe aurait proposé, lors de son appel avec Trump lundi soir, de rencontrer Zelensky dans la capitale russe. Ce dernier, présent dans la pièce lors de l’appel, aurait tout de suite décliné. Il s’agit toutefois de la première fois depuis 2019 que Poutine fait mine d’accepter de rencontrer son homologue ukrainien, dont il conteste la légitimité.

HuffPost (FR)

Vue des Etats-Unis: Trump exclut l’envoi de troupes américaines en Ukraine. Interviewé hier par Fox News, le président américain estime qu’il revient à la France, à l’Allemagne et au Royaume-Uni d’envoyer des troupes sur le territoire ukrainien. «Vous avez ma garantie et je suis président», a-t-il martelé aux trois journalistes qui l’ont eu au téléphone en direct. Il imagine une rencontre bilatérale entre Poutine et Zelensky, qu’il rejoindrait éventuellement à la fin, et prévient que le président ukrainien devra se montrer «flexible».

BBC (EN)

Vue d’Ukraine: «Ce ne sont que des réunions pour décider de nouvelles réunions». Hier matin à Kiev, la population n’était pas aussi optimiste que les médias occidentaux. Sergui, fonctionnaire, en est convaincu: Poutine «veut poursuivre la guerre», et «toutes les réunions qui ont lieu actuellement en présence de Trump n’aboutissent à aucun résultat concret». Les Ukrainiens se réjouissent en revanche que leur président soit resté ferme pour le moment. Dans le Donbass, cœur des négociations, ils ne veulent rien céder. «Jamais nous ne partirons», tonne le retraité dans sa petite maison en briques.

France Info (FR)

Il est temps de raconter le monde

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🏔️ Trail, la montagne en courant: nouvelle édition augmentée! Et si courir en montagne était une façon de retrouver le souffle de l’aventure dans nos vies routinières? Charlie Buffet et Sophie Guignard racontent le trail comme une traversée intime.
De l’UTMB à la Diagonale des Fous, d’Aristote à Kilian Jornet ou Mathieu Blanchard, cette édition augmentée interroge le sens de la course, la nature du dépassement et la part animale qui se réveille – ou pas – en nous.
Un récit incarné, illustré par les meilleurs photographes de trail, pour comprendre ce que ce sport dit de nous – et ce qu’il fait naître en nous.

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Dans mon radar aujourd'hui

Le parlement israélien se prononce sur le nouveau projet de colonie du gouvernement. Il répond au doux nom de «E1». S’il est accepté aujourd’hui par la Knesset, il rendra impossible ou presque la création d’un Etat palestinien. Ce plan, à l’étude depuis les années 1990 et gelé en raison de vives oppositions internationales, prévoit d’installer 3400 logements dans un corridor situé entre Jérusalem-Est et la colonie de Maale Adumim. Une telle colonie couperait en deux la Cisjordanie occupée et empêcherait les Palestiniens de circuler entre Ramallah, Jérusalem-Est et Bethléem.

Times of Israel (EN)
Ça m'est arrivé cette semaine.

Accident de personne. Ce weekend, j’étais sur les hauteurs de Verbier pour l’«électroclette», un concept simple et pourtant génial du festival Palp: une scène perchée dans les alpages, accessible uniquement après quelques heures de rando, où coulent à flots raclette et électro. Un bonheur complet si l’on met de côté le fait que les Suisses ont toujours beaucoup de peine à bouger leur popotin, malgré le fendant qui coule aussi à flots. Rien à voir avec les soirées égyptiennes, où tout le monde shake son booty dès les trois premières notes de musique, et ce sans alcool ni autre substance. Après avoir dansé des heures, fait de longues randos et campé près des vaches, avec mon amie nous redescendions dimanche vers Martigny en fin de journée, la tête pleine de soleil.

Arrivés à la gare, nous apprenons que notre train aura un quart d’heure de retard en raison d’un «accident de personne», selon l’expression consacrée qui m’a toujours fascinée par sa pudeur. Sauf que contrairement à d’habitude, le malheureux n’a pas décidé de mettre fin à ses jours au milieu de la campagne sur un tronçon quelconque, mais en pleine gare, à l’extrémité des quais. Là, un wagon spécial a été dépêché sur la voie parallèle, une équipe en a déroulé un tuyau et pulvérise à grande eau les rails souillés. A côté, sur le quai, le cercueil en plastique est déjà refermé et placé sur son chariot. Autour de lui, une nuée de policiers et d’employés des CFF s’affairent, selon une chorégraphie qui semble rodée, routinière, presque lassante. En une dizaine de minutes, la zone est nettoyée, le cercueil est évacué, et tout ce beau monde quitte la scène comme si de rien n’était, les documents de la procédure dûment remplis sous les bras.

Notre train arrive là même où un être humain s’est ôté la vie il y a peut-être une demi-heure. Je sens mon amie fébrile, son visage est livide. Elle m’explique qu’à Martigny également s’est suicidé le copain d’une amie proche l’année dernière: un mec passionné de VTT, qui traversait certes un burnout, mais dont son amie n’a jamais soupçonné l’envie de mettre fin à ses jours. Forcément traumatisée et paumée, l’amie en question, elle aussi grande sportive, a décidé quelques mois plus tard de traverser la Nouvelle-Zélande en vélo et de se faire parrainer au profit de l’association Stop Suicide.

Qu’est-ce qui pousse une personne à se jeter sur les rails, un après-midi ensoleillé d’août dans l’un des pays les plus riches et stables au monde? En rentrant à la maison, je ne peux m’empêcher de demander à ChatGPT de comparer les statistiques de suicide entre la Suisse et l’Egypte. Verdict: 12 suicides pour 100’000 personnes en Suisse, seulement 3 en Egypte. Pourtant, Dieu sait que les soucis de la vie sont plus intenses là-bas. Le suicide est-il un luxe? Se trouve-t-il quelque part au sommet de la pyramide de Maslow? Est-ce une question de religion, le suicide étant particulièrement Haram dans le Coran? Ou peut-être est-ce une histoire de lien social, les malheureux Suisses étant plus isolés que les malheureux Egyptiens?

Je n’ai pas la réponse. Mais j’ai une petite pensée pour cette personne du quai numéro trois et ses proches.

Mon labo arabe.

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Hier, devant l’hôpital Nasser à Khan Younis, des funérailles de Palestiniens tués par un raid israélien: Crédits: Keystone / AP / Mariam Dagga

Ce que prévoit le nouvel accord de trêve à Gaza. Lundi soir, le Hamas a annoncé accepter les termes d’un accord proposé par le Qatar et l’Egypte. Celui-ci inclut un retrait israélien 800 mètres derrière les frontières, l’entrée quotidienne de 600 camions d’aide via des organisations internationales reconnues, l’échange de 10 otages israéliens vivants contre 1700 prisonniers palestiniens, ainsi qu’une trêve de 60 jours au cours de laquelle doivent se tenir des discussions de paix sérieuses. Israël, qui dans le même temps envisage une occupation totale de Gaza, se donne jusqu’à vendredi pour répondre à la proposition. L’extrême droite a déjà appelé Nétanyahou à refuser l’offre.

Middle East Monitor (EN)

Nétanyahou ravive le spectre du Grand Israël. Lors d’une interview télévisée la semaine dernière, le président israélien s’est dit investi d’une «mission historique et spirituelle» pour faire advenir un «Grand Israël», référence aux frontières bibliques sous les règnes des rois David et Salomon. Cette vision, déjà évoquée par Ben Gourion en 1956, comprend non seulement Gaza, mais aussi la Cisjordanie, Jérusalem-Est, ainsi que des parties de l’Egypte, la Jordanie, la Syrie et le Liban. Ces propos, condamnés à l’unisson par les voisins arabes, ne sont pas que des vœux pieux. Lundi, un groupe de colons juifs a organisé une cérémonie en territoire syrien, au-delà du plateau du Golan, dans l’espoir d’y établir un avant-poste, tandis que le gouvernement israélien est en pourparlers avec le Soudan du Sud pour y déplacer les habitants de Gaza.

The New Arab (EN)

En Irak, l’excavation d’un immense charnier de Daesh. A Mossoul, bastion de l’Etat islamique entre 2014 et 2017, ont commencé les travaux d’exhumation d’une gigantesque fosse commune, qui renfermerait entre 4000 et 15’000 corps, dont des militaires exécutés par Daesh, des membres de la minorité yézidie et des habitants de Mossoul. Selon les autorités locales, le site avait fait l’objet en 2016 de 280 exécutions en un seul jour, principalement des employés du ministère de l’Intérieur. Les opérations s’annoncent compliquées en raison de la présence d’eaux sulfureuses qui rendent la terre très poreuse.

France 24 (FR)

Une raison d'espérer

L’IA Grok s’élève contre son créateur Elon Musk et dénonce un «génocide» à Gaza. La semaine dernière, le compte X de Grok, que le robot conversationnel gère tout seul, a été suspendu. L’IA a dénoncé une «censure» de la part de son créateur Elon Musk, également propriétaire du réseau social, et impute cette suspension temporaire à sa position sur la guerre à Gaza: il estime qu’«Israël et les Etats-Unis commettent un génocide», selon un post publié précédemment sur X, citant des documents de la Cour internationale de justice, des Nations unies et de l’ONG Amnesty International. Cette version des faits, rapportée par Grok à des utilisateurs, est balayée par Elon Musk qui n’y voit qu’une «bête erreur».

20 Minutes (FR)
En direct de la Trumposphère.
Trump est convaincu d’avoir mis fin à six guerres.

Il s’autoproclame «faiseur de paix en chef», prêt à tout pour placer le prix Nobel de la paix sur son étagère, à côté de la casquette «4 more years» qu’il a fièrement exhibée face à Zelensky et Macron. Le président américain s’estime à l’origine de pas moins de six accords de paix depuis son retour à la Maison-Blanche. C’est ce qu’il a déclaré hier, toujours lors de son entretien avec Fox News.

Lui et son administration estiment donc avoir mis fin aux conflits entre:

- Israël et l’Iran (après que les USA ont bombardé ce dernier)
- la RDC et le Rwanda (où les deux parties s’accusent mutuellement d’avoir rompu la trêve)
- le Cambodge et la Thaïlande (où les deux parties s’accusent mutuellement d’avoir rompu la trêve)
- l’Inde et le Pakistan (l’Inde a toujours réfuté que Trump ait joué un rôle dans la trêve)
- la Serbie et le Kosovo (l’accord signé à Washington en 2020 n’est qu’une normalisation économique)
- l’Egypte et l’Éthiopie (il n’y a jamais eu de guerre ou d’accord de trêve, mais Trump considère qu’il y aurait eu une guerre sans lui)

Axios (EN)

Votre correspondant. Lausannois aimant à me définir comme un «arabe raté», je me suis installé en Egypte il y a deux ans pour enfin apprendre cette langue que feu mon père tunisien ne m’a jamais transmise. Au Caire, je suis correspondant pour Le Temps et Libération. Mais ces jours, je suis de retour dans la plus belle ville de Suisse pour prendre le frais.

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