Bonjour, c’est Lionel à New York, d’où tout le monde veut foutre le camp. J’exagère à peine, comme je vous le raconte plus bas.

Au menu ce matin: l’Iran jure de préserver son programme nucléaire, la crise américaine des opioïdes s’approche d’un dénouement et Politico décode le discours tout en non-dits de Charles III à Washington.

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Lionel Pousaz à New York
01.05.2026

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Les infos que j'ai retenues pour vous

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Les militants de la flotille lors de leur interception par les forces israéliennes. / Global Sumud Flotilla / Handout

Israël arraisonne la flottille de militants en partance vers Gaza. Tel-Aviv aurait arrêté, hier, 175 activistes propalestiniens à bord des 22 bateaux transportant de l’aide humanitaire à la bande. Les embarcations ont été appréhendées en eaux internationales, au large de la Crète, à plus de 950 kilomètres de Gaza. Les organisateurs dénoncent un acte de «piraterie» et Israël «une opération de com’».

BBC (EN)

L’Iran promet de préserver son programme nucléaire et balistique. Voilà qui n’augure rien de bon pour une prochaine fin négociée au conflit. Lue à la télévision publique par un présentateur, la déclaration a été attribuée au Guide suprême Mojtaba Khamenei – dont on ignore à ce jour s’il est gravement défiguré, dans le coma voire décédé.

Associated Press (EN)

La Louisiane ne comptera pas les votes à la primaire à la chambre des représentants. ​​ C’est la première conséquence du verdict de mercredi de la Cour suprême, qui a révoqué une loi interdisant de diluer les voix des minorités en redessinant les districts électoraux. Une victoire pour les républicains qui espèrent ainsi conserver la majorité au Congrès lors des élections de mi-mandat (midterms) cet automne. La Louisiane vote ce week-end sur divers objets, dont les primaires au Congrès. Le gouverneur républicain de l’Etat a annoncé hier que les bulletins relatifs à ce thème ne seraient pas décomptés.

NPR (EN)

Il est temps de raconter le monde

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Dans mon radar aujourd'hui

Dernier délai aujourd’hui pour que Trump cesse sa guerre en Iran. C’est du moins ce que prévoit la loi dite War Powers Resolution, votée en 1973, et qui stipule que le président ne peut lancer une guerre sans approbation du parlement que pendant 60 jours. Or le Congrès n’a jamais avalisé l’entrée du pays dans le conflit. Que va-t-il se passer ce vendredi?

The Conversation (EN)
Ca m'est arrivé cette semaine

Tout le monde veut quitter New York. Je ne passe pas une soirée entre amis sans que le sujet ne s’impose dans la conversation. C’est ce couple de copains qui vivent entre Manhattan, où elle a son job de prof, et la banlieue de Boston, où il monte une start-up de biotechnologie. C’est aussi mon voisin du dessus, qui a décampé à Miami – «avec le même salaire, quelle affaire!» se félicitait-il, la dernière fois que je l’ai croisé dans la cage d’escalier. Ce sont encore ces amis partis depuis peu dans une petite ville du bord de l’Hudson.

C’est qu’à vivre dans des clapiers à lapins, on finit par en avoir un peu sa claque, de New York et de ses merveilles. Des loyers exorbitants, des notes de restaurant prohibitives, des taxes supplémentaires… Autant de flots de pépètes, de flouze et de pognon qui, au final, aboutissent tous (sauf les taxes) dans les comptes des propriétaires immobiliers. De pécunieux milords, que j’imagine volontiers, rougeauds boomers liftés et républicains, tannés sous le soleil de Floride. On a la vengeance qu’on peut.

Ce n’est pas qu’une histoire de fric. C’est aussi une forme de féodalisme moderne que subissent la plupart des New-Yorkais, le joug écrasant du libre marché que l’Amérique, à force de le confondre avec la liberté tout court, n’a jamais osé toucher. La situation s’empire au premier marmot. Nos deux enfants nous coûtent pas loin de 5000 dollars le mois en frais de garde. Là aussi – j’ai mené l’enquête – personne, si ce ne sont les propriétaires des murs, ne s’enrichit vraiment dans le business de la petite enfance. Du coup, tels des serfs pouilleux et écrasés de travail, nous fantasmons tous d’en finir avec nos barons.

Cette semaine, ce sont des parents à la crèche de ma fille. Ils lorgnent du côté de la Floride, où ils ont de la famille. «Et vous, c’est quoi le plan?», demandent-ils tout de go, comme s’il était évident que, nous aussi, cherchons à nous barrer. «La Suisse, peut-être», répond ma femme. Et eux de nous regarder avec de gros yeux ronds – ou peut-être contemplent-ils, dans l’espace de leur pensée, un paradis de vertes montagnes, de Rolex en or, de comptes à numéros ou de caquelons à fondues. «Et qu’est-ce que vous foutez encore ici?» Ce jour-là, on n’a pas su trop quoi leur dire.

Mon labo américain

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EPA / KYLIE COOPER / POOL

Décryptage de l’allocution du roi Charles III au Congrès américain. Si l’Amérique et le Royaume-Uni partagent une langue, ils n’en diffèrent pas moins par l’esprit: autant la première cultive la franchise jusqu’à la balourdise, autant le second pratique l’art retors de l’implicite. C’est donc dans un anglais tout en non-dits que le souverain britannique, en visite d’Etat cette semaine, s’est exprimé face aux élus du Parlement, à Washington. Et Politico de décoder le cauteleux sabir d’Albion à travers lequel le roi, sans se donner l’air d’y toucher, a critiqué tant la politique d’America First que les revendications territoriales au Groenland ou les menaces de départ de l’OTAN.

Politico.eu (EN)

Un verdict clé dans la crise des opioïdes. Purdue Pharma a été condamnée lundi, cinq ans après avoir plaidé coupable d’avoir passivement inondé le marché de son antidouleur OxyContin et d’avoir incité les médecins à prescrire le médicament à outrance. Ces 24 dernières années, on estime que près de 800’000 Américains sont morts dans ladite crise des opioïdes – 217 décès par jour en 2023. Ce scandale majeur de santé publique pourrait bientôt trouver son épilogue avec la condamnation des grands vilains de l’histoire, à savoir la richissime famille Sackler, propriétaire de Purdue. Ils pourraient avoir à verser plus de sept milliards de dollars de dommages et intérêts, mais ils échapperont à la case prison.

CNBC (EN)

James Comey de nouveau dans le collimateur de la Maison-Blanche. L’ancien directeur du FBI avait été licencié en 2017, alors qu’il enquêtait sur la collusion potentielle du président américain avec les services secrets russes. Le département de la justice a lancé contre lui une procédure pour menaces de mort contre le locataire de la Maison-Blanche – un post Instagram représentant les chiffres 86, pour «éliminer», et 47, en référence au 47e président. Il y a quelques mois, une première instruction avait été lancée contre James Comey, également par le département de la justice, pour parjure au Congrès. Le rejet de la procédure pour vice de forme aurait pesé dans le récent licenciement de la procureure générale des Etats-Unis Pam Bondi. Son successeur Todd Blanche remet la compresse.

New York Times (EN)

Une raison d'espérer

Science citoyenne à Hawaï. L’archipel polynésien et 50e Etat de l’Union est envahi par le scarabée rhinocéros du cocotier. Originaire d’Asie tropicale, ce gros coléoptère ravage, à l’état larvaire, les palmiers de Kauai. Pourvu d’un modeste budget public de 25’000 dollars, un projet regroupe une trentaine de participants volontaires qui dénombrent quatre fois par année la présence de l’insecte en divers endroits de l’île, ainsi que les dommages infligés aux arbres. Une première carte d’environ 700 points montre, pour l’heure du moins, des dégâts plutôt contenus.

Civil Beat (EN)
En direct de la Trumposphère
«On a besoin de plus de gens comme ça»

C’est en ces termes pour le moins étrange que Donald Trump s’est exprimé à propos de Charles d’Angleterre et Camilla, peu après leur royal départ.

«On a besoin de plus de gens comme ça dans notre pays. Des gens formidables, vraiment formidables.»

Comprenne qui pourra.

Votre correspondant. Journaliste et communicateur scientifique, procrastinateur professionnel, je fais tout à la dernière minute. Cet autoportrait bâclé ne fait pas exception, et d’ailleurs je le prouve en le terminant comme ça.

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