Bonjour, c’est Serge à Genève, où je vais vous parler d’histoires de médias. Je sais, je sais, un journaliste qui parle de journalisme, cela vous ennuie parfois, chères lectrices, chers lecteurs.
Mais vous verrez, ce sont deux histoires bien différentes.
D’abord, un média ukrainien dont l’ingéniosité m’a fasciné. Il a mis au point avec l’IA une «banque des promesses», pour traquer l’efficacité et la fiabilité de ses autorités locales.
Ensuite, des nouvelles de la saga judiciaire que traverse Heidi.news suite à nos révélations sur le rachat d’une banque russe par l’homme d’affaires genevois Abdallah Chatila. Nos arguments ont porté et la justice nous donne très largement raison… |
Les Ukrainiens, rusés comme des renards
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Deux couvertures de l’ouvrage «Lys Mykyta» d’Ivan Franko. | DR
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À chacun de mes passages à Mykolaïv,
au sud de l’Ukraine, je prends un café avec Oleh Dereniuha, le directeur du média local NikVesti – qui s’est renommé MykVisti en ukrainien. Et à chaque fois, il a la gentillesse de me demander, sourire en coin, des nouvelles de mon appartement, de mes voisines et des quatre chiens errants ayant élu domicile dans la cour.
C’était la semaine dernière et je n’avais pas grand-chose à raconter. Sauf bien sûr ce développement inespéré: les chiens de la cour ont tellement mordu (voir épisode précédent) que le service canin de la mairie est intervenu au début de l’été. Les deux plus gros ont été embarqués, les deux autres font moins les malins.
Lioudmila, ma voisine, comptable à la retraite qui les nourrissait en cachette depuis des années, est inconsolable.
- Si personne ne les adopte, ils vont les tuer!
Mais Oleh avait des nouvelles bien plus enthousiasmantes. C’est un drôle de personnage, à la fois timide et audacieux, réservé et volubile. Autour de nous, les tables sont occupées par beaucoup de femmes coquettes et quelques hommes aux airs de conspirateurs, dotés d’une exemption de mobilisation, justifiée ou possiblement obtenue par corruption. Il y a de la musique trop forte, comme souvent en Ukraine. Oleh doit parler fort.
- J’ai développé avec l’IA une app pour gérer toute la rédaction depuis ce café. Et aussi une banque des promesses.
Une banque des promesses? Voilà ma curiosité piquée. Mais avant d’assouvir la vôtre, chères lectrices, chers lecteurs, laissez-moi vous dire à quoi ressemble un média local dans une ville du sud de l’Ukraine, à 60 kilomètres du front, régulièrement prise pour cible par les drones et les missiles russes. Ou plutôt, sur quoi il écrit.
Crèches sans abri
Des informations précises sur l’impact des frappes russes, il n’y en a pas. C’est interdit par la censure militaire ukrainienne, afin que l’ennemi ne puisse pas évaluer ses méfaits. La petite rédaction de NikVesti (une douzaine de journalistes) recueille malgré tout des témoignages d’habitants touchés par les attaques, comme cette femme qui a survécu, de même qu’une partie des chiens et des chats abandonnés par ses voisins en fuite et qu’elle a recueillis.
Mais surtout, le média local scrute le travail de l’administration. Quatre cent quarante-deux employées de crèches ont été licenciées en deux ans, en raison de l’absence d’abri dans leur crèche ou leur petite école, ce qui a des conséquences judiciaires et politiques. Avec la question du traitement des ordures, les abris dans les écoles sont un immense sujet à Mykolaïv, en cette semaine de rentrée des classes. Seules 45 écoles sont équipées, sur les 57 de la ville.
Traître ou héros?
Alisa Melikadamian, la chroniqueuse judiciaire de NikVesti, s’est passionnée pour le cas d’Eduard Shevchenko, un ancien commandant des forces spéciales ukrainiennes. Il a été condamné à 15 ans de prison pour haute trahison: il a parlé aux Russes qui bombardaient sa ville d’Otchakiv, sur la côte de la mer Noire, à 60 kilomètres de Mykolaïv.
Lors du procès, Alisa s’est mise à douter de la culpabilité de l’officier. Ses déclarations aux Russes ressemblaient davantage à un plaidoyer pour qu’ils épargnent sa ville qu’à des informations sensibles destinées à rencarder l’ennemi. «Le bâtiment là, c’est une école, ne tirez pas dessus», aurait-il dit.
Il a fait appel du jugement: l’audience du second procès aura lieu le 3 septembre à Odessa. Alisa y sera.
Plus d’années de prison que de chocolat suisse
Ah, et il y a aussi le cas de cet homme qui, le 20 avril à 11h05, a volé sept plaques de chocolat Milka dans le magasin Aurore de la rue Troïtska, pour en faire cadeau à des amis. Du chocolat fourré à la framboise et à la crème, ainsi que quelques barres chocolatées aux cacahuètes, pour un total de 1500 hryvnias (moins de 28 francs suisses). Il a pris… 8 ans de prison.
Mais alors, cette banque des promesses? D’un geste indolent, Oleh déverrouille son téléphone, ouvre Telegram puis, à l’intérieur de celle-ci, une extension baptisée Lys Mykyta (renard Mykyta), le personnage d’un conte pour enfants satyrique de l’écrivain ukrainien Ivan Franko (1856-1916).
Au début, rien que de très classique. Les audiences du média, par article, par autrice (sa rédaction est presque entièrement féminine), par thématique. Puis une partie pour attribuer des tâches. Le matois goupil vérifie tout seul si elles sont accomplies et envoie des rappels, par exemple s’il voit qu’une journaliste a oublié de poster son article sur les réseaux sociaux ou de le traduire en russe et en anglais (avec l’aide de l’IA, intégrée au système).
NikVesti est soutenu par plusieurs fondations et ONG occidentales. En ces temps troublés, c’est une bénédiction, mais elle se paie cher en paperasse. Car chaque partenaire financier exige un reporting spécifique – une tâche harassante que le renard Mykyta accomplit désormais tout seul.
Une alerte de plus
Là, je commence à entrevoir pourquoi Oleh, en plus de lutter contre les hackers russes (5000 tentatives de pénétration de son site durant la seule journée où l’on s’est vus), a passé deux mois, seul avec son IA, à développer le renard Mykyta, alors qu’il n’est pas informaticien. Mais le plus intéressant est à venir.
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Les sirènes de la ville retentissent.
Dans le parc devant le café, au-dessus de la rivière Inhul, personne ne bronche. Des couples adolescents marchent main dans la main, des personnes âgées font de l’exercice sur d’étonnantes machines et des enfants jouent… C’est la sixième ou septième alerte de la journée. Des drones ou des missiles russes se dirigent vers Mykolaïv, mais ne visent pas forcément le centre-ville. Ce jour-là, ils ont atteint un centre commercial et une pharmacie dans le village de la région. Quatre morts, dont un enfant.
Et voilà la banque. Oleh a fait avaler au renard Mykyta tous les articles publiés par NikVesti ces derniers mois. L’agent IA a compris tout seul quelles déclarations d’officiels ou d’entreprises étaient porteuses de promesses. Et dans quel délai celles-ci doivent être tenues. Lorsqu’arrive l’échéance, le renard vérifie dans la base de données du journal si un article fait état d’avancement du dossier et si ce n’est pas le cas, il envoie une alerte à la rédaction.
Et cette nouvelle ligne de tram?
La question des dettes de la maternité no 3 a-t-elle été résolue, comme promis? Oui, affirme le renard. Et la nouvelle ligne de tram? Eh bien non, et la rédaction va se charger de dénoncer le retard. Le remplacement des canalisations qui vaut à la rue Ryumina d’être fermée depuis des mois? Là aussi, les retards s’accumulent.
Bien sûr, les articles de NikVesti énervent la mairie.
- Les autorités n’aiment pas le journalisme, dit Oleh. Elles aiment juste qu’on couvre leurs activités et qu’on publie leurs déclarations.
Il lui faut quelques financements supplémentaires pour renforcer le renard Mykyta, lui faire absorber toutes les archives de NikVesti et ouvrir les recherches au public. Ils pourront poser des questions élaborées, du genre:
- Depuis combien de temps cette route est-elle coupée?
- Pourquoi on abat les arbres de mon quartier? (Réponse: parce que la mairie a investi dans une machine à fabriquer des pellets, mais n’a pas assez de bois pour l’alimenter.)
- Quelles écoles dans la ville disposent-elles d’un abri?
Je suis sorti du café un peu rêveur. Je savais que les Ukrainiens étaient ingénieux, sans quoi ils ne résisteraient pas depuis quatre ans et demi à la redoutable armée russe, qui ne craint ni de perdre 1000 morts par jour dans ses rangs, ni de faire des dizaines de victimes civiles chaque semaine côté ukrainien. Mais je ne m’attendais pas à ce qu’un média local du sud de l’Ukraine prenne de vitesse les rédactions que j’ai connues, en Suisse ou en France.
À quand un média à Genève qui emploie l’IA pour évaluer les promesses de nos autorités? Ou qui recense les appels d’offres publics avec les délais officiels, pour les dizaines de chantiers interminables dans les rues de la ville? Là-bas, tout près de la rédaction de Heidi.news, la route des Franchises est éventrée, béante depuis plus de deux ans. Quel renard helvétique poussera nos élus, nos fonctionnaires et leurs prestataires à tenir leurs promesses?
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Illustration: Anne-Gaëlle Amiot, pour Heidi.news
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AFFAIRE CHATILA: la justice donne raison à Heidi.news.
Vous vous souvenez, chères lectrices, chers lecteurs, que notre rédaction a été submergée de mesures superprovisionnelles suite à la publication de notre enquête sur le rachat par l’homme d’affaires genevois Abdallah Chatila de la filiale suisse de la Sberbank russe, sous sanctions depuis 2022, et désormais rebaptisée TradeX Bank.
Pour financer cette opération, M. Chatila et son groupe m3 ont émis 28 obligations de 5 millions chacune, pour un total de 140 millions de francs suisses. Nous avions obtenu la liste des personnes et des sociétés ayant souscrit à ces obligations et l’avons publiée, le 12 mars 2026. Alors que l’objectif affiché était de «dérussifier» la banque, nous avons pu établir qu’une grande partie des fonds réunis par M. Chatila étaient russes ou liés à la Russie. Outrées par nos révélations, les personnes physiques et morales que nous avons nommées ont saisi la justice afin de rester dans l’anonymat.
Dans un premier temps, les mesures superprovisionnelles nous ont contraints à retirer leurs noms de l’article, en particulier le 2e épisode: L’étonnante liste des créanciers ayant permis à M. Chatila de s’improviser banquier. De multiples échanges d’écritures et de pièces ont suivi, puis les audiences devant le Tribunal de première instance ont eu lieu en mai et juin. Les premières décisions sont tombées en juillet et les dernières en date, il y a quelques jours: toutes, à une exception près, sont favorables à Heidi.news, le tribunal ordonnant la révocation des mesures superprovisionnelles. Cependant, seules certaines décisions de première instance sont définitives, deux sont encore attendues et deux autres ont été portées en appel.
Nous avons par conséquent modifié l’article ce matin, 29 août, en rétablissant les noms que nous sommes à ce jour autorisés à publier.
Que dit la justice? Voici des extraits d’une de ces décisions. Les requérants sont une société et son propriétaire, tous deux liés à la Russie, ayant investi dans le rachat de la banque.
«Les requérants échouent à démontrer la fausseté des faits exposés dans l’article».
Plus loin: «les cités (Heidi.news, Antoine Harari et Serge Michel, ndlr) rendent vraisemblable l’existence d’un intérêt public à diffuser de telles informations».
Le Tribunal de première instance ajoute que «le public a dès lors un intérêt légitime à connaître les détails de l’opération (le rachat de Sberbank Suisse par Abdallah Chatila, ndlr), notamment à être informé de la provenance des fonds ayant permis la concrétisation de cette transaction ainsi que de l’identité des personnes ayant participé au financement, en particulier lorsqu’elle diverge des assurances données par l’acquéreur. Le public a également un intérêt à être informé de la façon dont la FINMA exerce sa mission de surveillance du marché financier suisse et veille à la protection des créanciers.»
Le tribunal écrit de surplus que «la mission de la presse consiste à informer le public lorsqu’elle constate que des irrégularités sont commises, qu’il s’agisse comme en l’espèce du non-respect de sanctions internationales ou d’un éventuel défaut de surveillance d’une autorité administrative» et que «dans la mesure où les requérants ont accepté de financer le rachat de la filiale suisse de Sberbank et souscrit à des obligations, ils se sont exposés à une certaine publicité en lien avec cette transaction et ne sauraient prétendre à rester dans l’anonymat.»
Le 2e épisode, dans lequel une partie des noms a été rétablie (libre accès)
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Une image tirée du film «Through broken doors». | DR
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Un documentaire à soutenir.
Un autre sujet d’actualité, l’Iran. La réalisatrice française Marion Poizeau s’est spécialisée dans le «cinéma d’impact». Or le projet avec l’écrivaine américaine Courtney Eldridge qu’elle mène en ce moment, et qu’elle cherche à financer, parle d’autres impacts: celui des bombes. En février, lorsque les frappes israélo-américaines ont détruit des immeubles à Téhéran, un groupe d’artiste a équipé de caméras les sauveteurs du Croissant-Rouge. On les voit ouvrir ou enfoncer des portes, à la recherches de victimes. Les premières images sont saisissantes et ne sont pas celles du régime ou des chaînes d’info, car la guerre la plus coûteuse de l’histoire moderne est aussi la plus censurée: où trouver le témoignage sincère du bilan humain de l’opération Epic Fury? L’immersion est totale: dès les premières secondes, on est jeté dans la tension vertigineuse entre le chaos de la destruction et l’intimité mise à nu de foyers dévastés.
Un secouriste témoigne:
«Pourquoi enfonçons-nous les portes? Parce que nous n’avons pas le temps. Chaque seconde est précieuse. Si quelqu’un est coincé sous les décombres, nous n’avons que quelques minutes pour l’atteindre. Et si nous ne parvenons pas à le sortir vivant, alors nous porterons le poids de la culpabilité toute notre vie. C’est pour cela que nous enfonçons la porte. La semaine dernière, nous avons sorti un enfant de sous les décombres. Dès qu’il a pu parler, il a dit: «Mon père est encore à l’intérieur. S’il vous plaît, sauvez-le.» Son père est mort quelques instants avant que nous ne l’atteignions. J’ai craqué. Je ne pouvais plus m’arrêter de pleurer. Je me sentais responsable.»
Lien du crowfunding pour «Through broken doors» (EN)
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Sur Heidi.news: de l'amour, rien que de l'amour
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Une jeune femme descend les marches du pont de Galata, à Istanbul, avec la mosquée Süleymaniye en fond, le 25 juillet 2024. | Keystone / EPA / Erdem Sahin
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En Turquie, j’ai cru sortir avec une Occidentale.
Dans le pays depuis des années, notre auteur peine à rencontrer des filles qui ne le soupçonnent pas d’être un agent de l’étranger. Il finit par nouer une idylle avec une jeune femme de la bourgeoisie occidentalisée d’Istanbul, un peu fille à papa, qu’il croit acquise aux mêmes valeurs que lui. Jusqu’à ce que la culture turque se rappelle à son bon souvenir.
«Mécaniques de l’amour», épisode 5
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Ce mot que la Suisse libérale n’ose pas prononcer.
Christian Petit, ex-directeur général de Romande Energie, né en France puis naturalisé Suisse, aime son pays d’adoption. Alors quand les élites libérales refusent de voir que le monde a changé et qu’il faut soigner son industrie sous peine de ne plus s’appartenir, il prend la plume pour écrire sa première chronique sur Heidi.news – et pas la dernière.
A lire sur Heidi.news (accès libre)
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Guy Parmelin, conseiller fédéral en charge de l’économie et actuel président de la Confédération, aime aussi son pays. Mais l’aime-t-il comme il se doit? | Keystone / Anthony Anex
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Pitch Comment, pour Heidi.news
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On n’aurait peut-être pas attendu Mark Carney,
ancien banquier d’affaires devenu banquier central au Canada et en Angleterre, économiste libéral de formation, comme héraut de l’Occident anti-Trump. C’est pourtant ce qu’est en train de devenir le Premier ministre canadien, qui vient de confirmer sa position de fermeté vis-à-vis des Etats-Unis et de leurs desiderata en rompant les négociations commerciales en cours avec Washington. Impasse constatée.
«Nous n’étions pas prêts à faire de compromis sur notre souveraineté, la protection de la langue française et notre culture», explique-t-il dans un discours qui fera date, parfois en français dans le texte. Il fait suite à une autre allocution très remarquée, prononcée à Davos en janvier 2026, dans laquelle Carney affirmait sa volonté de rassembler le camp des puissances moyennes contre l’hégémonie des grandes puissances.
Pars devant, je te couvre
Les velléités américaines de faire du Canada leur 51 Etat ont réussi à coaliser contre elles un pays habituellement très mesuré au plan diplomatique…
Lire la suite sur Heidi.news (accès libre)
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Il est temps de raconter le monde
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Un autre exemple de l’ingéniosité ukrainienne. La kill zone, la bande de 20 à 50 km survolée par les drones kamikazes russes, a depuis longtemps remplacé les tranchées sur le front. Pour pouvoir se déplacer dans la zone sans risquer de vies, par exemple pour les missions de ravitaillement ou d’évacuation de blessés, les Ukrainiens ont développé un système baptisé Kaban. Il consiste ni plus ni moins à transformer un véhicule en drone terreste conduit à distance, depuis une base arrière non exposée. Le tout est opéré via Starlink, qui prouve une fois de plus son utilité dans cette guerre devenue ultra-moderne.
Militarnyi (EN)
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Et si le sujet vous intéresse. Le Parisien recense les mille et une manières dont les drones terrestres sont en train de se substituer aux soldats sur le terrain, souvent avec l’appui de drones aériens. Petit à petit, mais en fait à une vitesse ahurissante, l’Ukraine se dirige vers une façon de faire la guerre où les drones sont l’effecteur numéro un, le tout couplé à un système de récompense à base de points permettant d’acheter du matériel sur une marketplace spécialisée. Ce n’est plus la guerre qui inspire les jeux vidéos, mais l’inverse.
Le Parisien (Youtube)
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Israël veut intoxiquer les IA. Tel-Aviv a dépensé des millions de dollars auprès de l’agence Havas et d’autres intermédiaires pour adapter sa propagande à l’essor des agents IA. Dans ce contexte, révèle le Guardian, un think tank factice a été créé, le Hanover Institute for Public Policy, sur lequel figurent 124 rapports d’allure académique. Ils contiennent des analyses sur des sujets sensibles comme le génocide à Gaza ou la Naqba, qui visent à minimiser la responsabilité d’Israël et à livrer une version de l’histoire se rapprochant de la version officielle de l’Etat hébreu.
Guardian (EN)
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La raison de la visite de Ratcliffe à Moscou. On connaît désormais en partie les motifs de la rencontre de haut niveau entre le directeur de la CIA et son homologue russe. Il s’agirait pour les Américains de pousser les Russes à négocier, devant le constat qu’ils ne sont pas en mesure de gagner la guerre. Les services secrets soupçonnent depuis longtemps que Poutine est mal informé par son entourage, et espèrent que ce canal inhabituel permettra d’ébranler le mur du Kremlin.
New York Times (EN)
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Une dernière pour la route.
Hier soir, je suis allé au Théâtre Vidy Lausanne voir la version scénique du podcast de notre journaliste Arnaud Robert, «Mon corps électrique». Brillant, comme lui seul peut l’être – cela lui a valu un Swiss Press Award et le titre de journaliste suisse de l’année; lisez ou relisez son interview ici. Pendant le spectacle, un incendie s’est déclaré dans un centre de recyclage de métaux et de déchets industriels de l’entreprise Thévenaz-Leduc, à Ecublens. Tous les trains entre Renens et Denges-Echandens ont été supprimés (par conséquent, tous ceux entre Lausanne et Genève), jusqu’à 5 heures ce matin. C’est-à-dire plus de 9 heures d’interruption. Vous allez me trouver bien peu patriote, mais je suis convaincu qu’en Ukraine, où des incendies se déclarent sans cesse en raison des centaines d’attaques quotidiennes de drones et de missiles russes, le trafic aurait repris plus rapidement.
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Avenue du Bouchet 2
1209 Genève
Suisse
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