Bonjour, c’est Sami à Lausanne, où je suis de retour après avoir passé près d’une année sans interruption dans le monde arabe. Mais je ne reste pas longtemps: au moment où vous lisez ces lignes, je suis déjà reparti à vélo, direction la Norvège!
Ce matin, je vous parle de l’Afrique du Sud où ont lieu de grandes manifestations anti-étrangers, du Liban où le nouvel accord avec Israël risque de rester théorique et des Emirats arabes unis qui continuent de financer la guerre au Soudan. |
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Les infos que j'ai retenues pour vous
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Des membres de la communauté Zulu ont défilé hier à Durban contre les étrangers. / Keystone / EPA / Stringer
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En Afrique du Sud, des marches pour réclamer le départ des sans-papiers.
Hier, plusieurs milliers de personnes ont défilé dans les rues de Durban. C’est le point culminant de plusieurs semaines d’une campagne xénophobe lancée par des groupes de citoyens, qui accusent les sans-papiers de voler le travail des Sud-Africains. Depuis le début de ces actions, 25’000 immigrés sont partis. Face au chômage de masse et à la pauvreté, certains partis tentent de transformer la colère en bulletins de vote, alors que les prochaines élections municipales sont prévues pour novembre.
RFI (FR)
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En Espagne, la régularisation des migrants sans-papiers dépasse l’objectif.
A contre-courant du reste de l’Europe, le gouvernement de Pedro Sanchez a lancé en avril un programme visant à régulariser un demi-million de personnes en situation irrégulière, uniquement celles qui résidaient déjà en Espagne avant le 1er janvier 2026. Le programme s’est achevé hier avec, selon les estimations, un nombre de candidats supérieur aux objectifs du gouvernement: 900’000 dossiers déposés et 360’000 déjà admis. Cette régularisation, soutenue par les syndicats, l’Eglise, de nombreuses ONG et le patronat, vise à intégrer des migrants majoritairement originaires d’Amérique latine qui travaillent sans contrat.
RTS Info (FR)
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L’Iran écarte des négociations directes avec les Etats-Unis.
Après un week-end marqué par de nouvelles frappes, les deux pays ont annoncé avoir envoyé une délégation de négociateurs au Qatar, afin de définir les termes de la trêve après l’approbation d’un accord-cadre. Alors que Trump assure que l’Iran avait demandé l’ouverture de pourparlers directs, Téhéran assure n’avoir accepté aucune rencontre directe avec les émissaires de Washington, et ne négocier que via les médiateurs qataris. Les discussions concernent notamment la libération des avoirs iraniens gelés et la levée des sanctions sur les exportations de pétrole iranien.
Euronews (FR)
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Il est temps de raconter le monde
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🔬 Hors-série: Le futur s’invente à Genève.
À Genève, l’horlogerie, la pharma ou les parfums se renforcent à coup d’innovations radicales. De nouvelles PME et des start-up font émerger des secteurs high-tech comme les neurotechnologies, l’IA médicale et même l’énergie nucléaire.
Du Wyss Center sur le Campus Biotech à l’école d’ingénieurs Hepia, des laboratoires de Rolex et dsm-Firmenich à la myriade de PME sous-traitantes, c’est un feu d’artifice d’innovations qui s’est allumé ces dernières années au bout du lac. Allons voir les coulisses du spectacle.
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Dans mon radar aujourd'hui
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Hausse des retraites en Egypte.
Dès aujourd’hui, les pensions augmentent de 15%, ce qui devrait bénéficier à plus de 11 millions de personnes, sur une population d’environ 120 millions. La mesure concerne également l’assurance invalidité des personnes ayant subi des accidents du travail. Le coût de cette augmentation, qui tente de rattraper la vitesse de l’inflation galopante, se chiffre à 1,4 milliard de dollars.
Al Ahram (EN)
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Le Quai d’Orsay, à Paris. / Wikipedia
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Ça m'est arrivé cette semaine
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L’enfer des concours diplomatiques français.
Ça y est. Après 10 mois d’affilée passés entre l’Egypte, l’Arabie saoudite, l’Irak et les Emirats arabes unis, 43 newsletters et 94 articles écrits lors de cette troisième saison dans le monde arabe, me voilà de retour à Lausanne depuis lundi. Mais je ne reste pas longtemps: au moment où vous lisez ces lignes, je suis certainement en train de pédaler quelque part dans le Gros-de-Vaud, en direction de la Norvège!
Mais avant de plonger dans mon nouveau périple de vélocamping, j’aimerais vous raconter l’enfer des examens diplomatiques français. Si je vous en parle, c’est parce que Laurence (appelons-la ainsi), la fille à qui je sous-loue mon appartement cairote en juillet, sort de cette machine à broyer et m’en a raconté les rouages.
Lourdes cernes sous les yeux, elle retrace le parcours du combattant du fameux concours de «Cadre d’Orient», le Graal des Sciencepistes français que je me retrouve à côtoyer depuis que je suis au Caire, où ils viennent apprendre l’arabe littéraire dans le seul but de passer ce concours d’excellence: 350 candidats pour un seul élu!
Outre une épreuve écrite de deux heures qui comprend des dissertations en arabe et en français et un QCM à points négatifs, l’épreuve comprend un grand oral d’une heure. Devant un jury composé d’ambassadeurs, il faut non seulement être incollable sur tous les dossiers de la région, mais également savoir faire preuve de tact lors de mises en situation diplomatique, faute de quoi vous êtes éliminé pour des questions de personnalité.
Pour la plupart des étudiants, 2 ou 3 ans de leur vie, ainsi que plusieurs dizaines de milliers d’euros investis en eux, se jouent lors de ces 60 minutes à l’issue desquelles ils sont presque sûrs d’être recalés. Alors, pour tenir le coup lors des mois de révisions intensives sans voir ni amis ni lumière du jour, la plupart des étudiants sont sous anti-dépresseurs, me confie Laurence. Douée et dotée d’une bonne mémoire, formatée pour ces examens (elle connaît sur le bout des doigts n’importe quelle expression diplomatique idiomatique en arabe littéraire mais ne sait pas comment dire le sel ou le poivre), Laurence a fini pour sa première tentative à une très impressionnante quatrième place, au prix d’un burn-out.
Elle tentera à nouveau sa chance l’année prochaine, comme l’ont fait tous les récents lauréats. J’en ai justement croisé un à l’ambassade de France l’autre jour. Il m’expliquait avoir dédié 4 ans de sa vie à ces examens, ce qui n’a été possible que grâce au soutien de sa famille aisée. Car oui, dans ce système d’excellence, la reproduction sociale et économique est inévitable.
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Des supporters du Hezbollah pleurent la mort de l’imam Hussein, lors des célébrations de l’Ashoura, vendredi dernier à Beyrouth. / Keystone / AP Photo / Hussein Malla
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Entre Israël et le Liban, un accord «mort-né».
Vendredi, les négociateurs israéliens et libanais ont signé à Washington un accord-cadre «pour une paix et une sécurité durable», après 4 mois de guerre qui ont fait 4200 morts au Liban, et alors que l’armée israélienne occupe toujours 6% du territoire libanais. Le deal prévoit l’instauration de deux «zones pilotes», l’une au sud et l’autre au nord du fleuve Litani, où Tsahal se retirera pour laisser à l’armée libanaise le soin de démanteler le Hezbollah. Mais le parti de Dieu rejette avec véhémence cet accord qu’il considère comme «mort-né». Il s’oppose à son désarmement et il conditionne son retrait du territoire au sud du fleuve Litani à la fin de l’occupation israélienne. L’accord, déjà fragile, a été encore écorné dimanche, avec le rejet du texte par le président du parlement libanais et de nouvelles frappes israéliennes au sud du pays.
L’Orient-Le-Jour (FR)
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Comment les Emirats continuent de soutenir les rebelles au Soudan.
Soutien des paramilitaires soudanais depuis l’éclatement de la guerre en 2023, Abou Dabi continue d’appuyer les Forces de soutien rapides (FSR) via la Libye. Ces derniers mois, l’Egypte avait pourtant haussé le ton, bombardant des convois militaires émiratis dans l’ouest de la Libye (pourtant sous le contrôle du Maréchal Haftar, allié du Caire) et mettant la pression sur les Emirats pour cesser le conflit. Selon une enquête conjointement menée par plusieurs médias d’investigation en source ouverte et publiée lundi, les Emirats ont ouvert récemment quatre nouveaux camps dans l’ouest de la Libye, où ils fournissent et forment les combattants des FSR.
Middle East Eye (EN)
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Plus que jamais, Israël tue les enfants en Cisjordanie.
Dans un rapport sur les mineurs tués par l’armée israélienne en Cisjordanie occupée, l’ONG B’Tselem a identifié 12 exemples d’enfants et adolescents grièvement blessés par balles par des soldats en 2025, puis laissés sans soins, parfois plusieurs dizaines de minutes, sans que des secouristes soient autorisés à intervenir – tous sont finalement morts. Une pratique corroborée par l’ONU et de nombreuses sources palestiniennes: depuis le 7 octobre 2023, en Cisjordanie, l’armée israélienne a empêché ou ralenti les secours à 240 reprises, après avoir touché par balles des mineurs et des adultes, tous morts de leurs blessures.
B’Tselem (EN)
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Du Yémen à l’Angleterre, l’épopée d’un jeune homme réchappé quatre fois de la mort.
The Guardian raconte l’histoire d’Amal (prénom d’emprunt), un Yéménite aujourd’hui âgé de 23 ans qui a fui la guerre dans son pays. A 15 ans, il a vu ses trois amis mourir devant ses yeux après avoir manipulé une bombe non explosée. Parlant bien anglais, il a par la suite fait l’objet de plusieurs tentatives de recrutement de la part des Houthis, ce qu’il a refusé. Ne voulant pas mourir bêtement, il est ensuite parti au Caire, puis en Turquie, et a failli se noyer au moment de rejoindre les côtes grecques. Après un périple à travers l’Europe, il est arrivé à Calais, où il a échappé de peu à un règlement de compte armé, avant de finalement rejoindre l’Angleterre, où il vit actuellement.
The Guardian (EN)
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En direct de la Trumposphère
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Camouflet pour Trump: la Cour suprême rejette la réforme du droit du sol
La plus haute juridiction américaine a rendu son arrêt le plus attendu depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche. Dans la masse des décisions prises dans les premières semaines de son second mandat, le président américain avait signé un décret supprimant le droit du sol pour les enfants d’immigrés en situation irrégulière, dans le cadre de sa lutte contre l’immigration clandestine, dont il a fait une priorité absolue.
Hier, la Cour suprême, pourtant majoritairement conservatrice (elle est composée de 6 juges conservateurs contre 3 progressistes), a déclaré ce décret inconstitutionnel, après que toutes les juridictions inférieures saisies soient arrivées à la même conclusion.
Le principe du droit du sol dispose que tout enfant né aux Etats-Unis est automatiquement citoyen américain, en vertu du 14e amendement. Ce dernier, adopté en 1868, après la guerre de Sécession, avait pour but de garantir les droits des esclaves affranchis et de leurs descendants. Appliqué depuis plus de 150 ans, ce principe a été sanctuarisé en 1898 par un arrêt de la Cour suprême reconnaissant qu’un fils d’immigrants chinois né en Californie était bien citoyen américain par sa naissance.
Dans son arrêt rédigé au nom de la Cour, le président John Roberts conclut que les enfants nés aux Etats-Unis de parents «présents illégalement ou temporairement» sont néanmoins «citoyens par la naissance en vertu du 14e amendement» de la Constitution.
The Hill (EN)
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Votre correspondant.
Lausannois aimant à me définir comme un «arabe raté», je me suis installé en Egypte il y a deux ans pour enfin apprendre cette langue que feu mon père tunisien ne m’a jamais transmise. Au Caire, je suis correspondant pour Le Temps et Libération. Mais cet été, je prends le frais en Europe.
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Avenue du Bouchet 2
1209 Genève
Suisse
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