Bonjour, c’est Amaury à Marseille où, ça y est, l’été arrive. La région des Bouches-du-Rhône vient de passer en vigilance élevée pour les risques d’incendie.

Ce matin, je vous parle d’Omar Artan privé de Mondial parce que Somalien, du Pape aux Canaries, de débats politiques autour d’Ebola en RDC et de solaire en fulgurance aux Etats-Unis.

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Amaury Hauchard à Marseille
11.06.2026

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Les infos que j'ai retenues pour vous

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Un soldat de l’armée libanaise à Dibin, dans le sud-ouest du Liban, hier | KEYSTONE / AP / HASSAN AMMAR

Une mission au Liban pour enquêter sur les violations du droit international. «Je vais prochainement déployer une équipe afin de recueillir des informations et des éléments de preuve», a annoncé hier le haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk. Depuis le début de la guerre déclarée par Israël le 2 mars, le bilan humain au Liban s’élève à 3613 tués, 11’072 blessés et plus de 1,2 million de déplacés, selon le ministère de la Santé libanais.

L’Orient Le Jour (FR)

Jean Ziegler s’est éteint. Le sociologue et ex-conseiller national est décédé hier à 92 ans. Adopter comme credo de vie l’idée que le capitalisme néo-libéral est «la source de tous les malheurs du monde», surtout depuis la fin de la Seconde Guerre, relève d’un courage particulier: voilà ce qu’avait décidé Jean Ziegler. Si l’Histoire est ironique (son grand-père fonda l’UDC), elle restera résolument intellectuelle, avec un héritage d’une vingtaine d’ouvrages, faisant de Ziegler l’auteur suisse le plus traduit après Max Frisch et Friedrich Dürenmatt.

RTS (FR)

De nouveaux bombardements sur la frontière Afghanistan-Pakistan. Après plusieurs semaines d’accalmie, Islamabad a repris les opérations contre son voisin hier. Elle évoque au moins 26 victimes des frappes dirigées contre le mouvement des talibans pakistanais, alors que Kaboul a déploré plus d’une dizaine de morts, dont onze enfants. Près de 400 Afghans ont été tués entre début janvier et fin mars, selon l’ONU.

Al Jazeera (EN)

Sur Heidi.news

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Haim Taib reçoit la Médaille de la Paix et du Développement des mains du président de l’Angola João Lourenço, en novembre 2025 | DR

La Suisse se compromet en soutenant les investissements d’un puissant Israélien en Afrique. En Angola et au Sénégal, l’homme d’affaires Haim Taib est impliqué dans des projets de développement agricoles controversés, et aussi dans la vente d’armes et d’outils de surveillance. Le siège de son entreprise Mitrelli se trouve à Frauenfeld, en Thurgovie. Ce qui lui vaut d’être soutenu par l’Assurance suisse contre les risques à l’exportation, une garantie de la Confédération.

Heidi.news (FR)

Il est temps de raconter le monde

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🏖️ Offre d’été: bonnes affaires pour bonnes lectures. L’été arrive, pensez à mettre de bonnes lectures dans vos bagages! Jusqu’au 28 juin, profitez de notre sélection de revues à CHF 15 (jusqu’à 50% de rabais). Trail, la montagne en courant, Qui nourrira la Suisse demain?, Razzia sur nos data, Retour vers le sauvage… découvrez plus d’une vingtaine d’enquêtes et grands reportages à (s’)offrir. Bonne lecture!

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Dans mon radar aujourd'hui

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Johan Eliasch peut-il survivre à l’élection du 11 juin? | (APA/EXPA/ Johann Groder

Qui sera à la tête de la FIS? La Fédération internationale de ski et de snowboard désigne aujourd’hui son prochain président à Belgrade. Johan Eliasch, en poste depuis 2021, brigue un nouveau mandat. Derrière cette élection, comme nous l’avons raconté dans une Exploration à lire sur notre site, il y a un président arc-bouté sur son fauteuil et par ailleurs propriétaire de Head — la marque d’équipement sportif — des caisses qui se vident et des accusations qui fusent à couvert. En coulisses, une cabale pour faire chuter Johan Eliasch a pris place… Le milliardaire arrivera-t-il à se maintenir au poste?

Carton rouge dans le cirque blanc (FR)
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Ciel orageux sur le palais épiscopal de Las Palmas, aux Iles Canaries, à la veille de l’arrivée du Pape Léon XIV | KEYSTONE / EPA EFE / QUIQUE CURBELO

Ca m'est arrivé cette semaine

Le Pape, Albakaye et ma grand-mère. Hier, je me suis réveillé avec un an de plus. Pardon, non : ma mère m’a souvent dit qu’il fallait attendre 14h55, l’heure de ma naissance, pour se réjouir. Alors je me suis réveillé comme chaque matin, j’ai commencé la journée comme si de rien n’était. Une amie écrivaine avait dormi à la maison. Avec un café et des cerises pour petit-déjeuner, on a parlé de son nouveau livre, à paraître fin août.

Après son départ, en milieu de matinée, j’ai lu son texte d’une traite. Au détour d’une page: «Je ne connais pas la guerre. Je viens d’un pays sans guerre. Je balbutie que la guerre est dans ma vie, pourtant. Et pourtant, je n’en sais rien. Je me tais. J’ai chaud, mes joues brûlent.» J’ai l’impression de m’y reconnaître. Lire ses amis, c’est comme continuer les conversations qu’on a eues ensemble. Cela m’a rempli de joie.

Voilà comment j’ai passé les dernières heures de cette année désormais écoulée. Autour de 14h55, j’ai reçu deux appels consécutifs. Le premier était de ma grand-mère, qui ne rate jamais la date, alors qu’elle a oublié celle de son mari, parti il y a dix ans. On en a ri. Elle avait une voix légère, peu conséquente, cela m’a fait du bien. Le second, d’un ami journaliste qui était dans le nord du Mali il y a quelques semaines. «Tu sais, j’ai rencontré un gars dont on avait parlé, Albakaye, tu vois?» Sueur froide: c’est cet homme qui, derrière son appartenance à l’antenne sahélienne d’Al-Qaïda, a organisé le rapt d’un autre ami journaliste. Contrairement à l’appel précédent, on n’a pas ri. Mon ami ne savait pas que c’était mon anniversaire, alors on a raccroché, en se souhaitant bonne santé, et à bientôt.

Finalement, ces deux coups de fil font office de transition cohérente vers cette nouvelle année. Je n’ai jamais vraiment voulu célébrer cette date, et à chaque fois, c’est la même chose. Je reçois des appels de ma famille, très portée sur ce genre d’événements, et j’avance dans ma journée par ailleurs sans trop y penser.

En milieu d’après-midi, c’est Oumar qui m’a contacté. Vous l’avez sans doute oublié : il est le traducteur sénégalais du tribunal de Las Palmas, aux Canaries. On l’avait rencontré lors de l’Exploration des Migrants TikTok, et depuis, on s’appelle parfois, comme ça, pour prendre des nouvelles. Avant-hier, je lui avais envoyé un article sur la visite du Pape à Las Palmas, en lui demandant s’il avait prévu d’aller lui serrer la pince.

«Non mais c’est de la politique ça, et même je dirais: de la politique et de la religion mixées.»

«C’est possible de dissocier les deux?» j’ai demandé.

«Tu n’as pas vu les infos? Depuis quelques semaines, les Espagnols et les Mauritaniens ont multiplié les contrôles sur les côtes africaines, il n’y a quasiment plus personne qui arrive ici.»

C’est bien vrai, ça. Je vous en avais parlé la semaine dernière déjà, et ça ne s’est pas arrêté depuis. Mardi, une dépêche AFP a titré: «Au large de la Mauritanie, plus de 1000 migrants ont été sauvés au cours des dix derniers jours».

«Mais ce n’est pas qu’il y a plus de gens qui partent, c’est juste qu’il y a plus de moyens déployés pour les arrêter lol. Il faudrait dire aux gens d’attendre que le Pape reparte pour prendre la mer en fait.»

Et voilà, merde, encore une journée d’anniversaire entachée de cynisme. Mon voeu pour cette nouvelle année — on m’a toujours dit qu’il ne fallait pas les révéler, mais ça n’a pas l’air de fonctionner plus que ça, alors essayons l’inverse – et donc, je fais le voeu que d’ici au 10 juin 2027, le monde soit fait de moins de politique politicienne et plus de politique humaine.

C’est mon anniversaire, laissez-moi le droit de contrebalancer le cynisme avec de la naïveté.

Mon labo africain

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Omar Artan à son retour à Mogadiscio, accueilli par la foule et un drapeau somalien (à droite). Juste après son arrivée, il a dit qu’il serait là au prochain Mondial | KEYSTONE / AP / FARAH ABDI WARSAMEH

Un arbitre somalien privé de Mondial. Hier matin, un ami m’a envoyé l’édition du jour de L’Equipe, le journal sportif français. La Une: «Welcome to the USA», avec la tête d’Omar Artan. Cet arbitre somalien devait officier durant la Coupe du monde. Mais il a été refoulé à la frontière après onze heures d’interrogatoire. Il a été désigné meilleur arbitre d’Afrique en 2025. «En fait, l’arbitre somalien est juste victime de l’animosité que le président Donald Trump voue à son pays qu’il avait qualifié fin novembre dernier, de pays pourri», dit le journal burkinabé Le Pays. En réponse, l’ONU a appelé Washington à revoir «en profondeur» l’application de sa politique migratoire. Et la Somalie a organisé un match de gala au stade de Mogadiscio en son honneur.

Le Pays (FR)

«Si le ridicule pouvait tuer». Le journal Wakat Sera s’insurge: en République démocratique du Congo, épicentre d’une nouvelle épidémie d’Ebola, des manifestations prennent place à Kinshasa… contre un hypothétique troisième mandat que pourrait briguer le président Félix Tshisekedi. «C’est un comportement qui frise l’inconséquence de manipulateurs et de manipulés qui placent l’intérêt personnel et égoïste au-dessus de la santé publique», juge le journal, égrenant un chapelet d’initiatives prises pour contenir l’épidémie… par des acteurs internationaux, Union européenne en tête. «Il est temps que Félix Tshisekedi et ses collaborateurs rangent au placard leurs sombres desseins de pouvoir à vie pour chercher à barrer le chemin à Ebola», demande le journal. Dont acte?

Wakat Sera (FR)

Au Mali, toujours moins de liberté de parole. Une figure de la presse, Chahana Takiou, directeur de publication du journal Le 22 Septembre, a été embastillé. Son tort: avoir déclaré qu’une instance judiciaire censée juger les délits de presse ne respectait pas les procédures prévues. Triste ironie du sort: sur la base de ces mots, cette même instance l’a accusé d’«atteinte au crédit de l’Etat».

Journal du Mali (FR)

Une raison d'espérer

Malgré Trump, le solaire gagne du terrain aux Etats-unis. Dans un océan de régression trumpienne, voilà une raison d’espérer: alors qu’en 2021, le photovoltaïque représentait 6% de l’électricité américaine, et le charbon 20%, «les courbes se sont croisées pour la première fois au mois de mai», raconte RFI, et ce, malgré la politique pro-charbon de l’administration Trump. Le solaire est notamment dopé par une baisse des coûts des panneaux. En dépassant le charbon, il devient la troisième source d’électricité en Amérique, après le gaz et le nucléaire.

RFI (FR)

Votre correspondant. Après dix ans de correspondance pour des médias francophones en Afrique de l’Ouest et centrale, voilà que je me découvre une passion pour le calme méditerranéen, les cadratins dans les textes que j’écris et les projets au long cours. Ils ont tous une empreinte africaine: pour la plupart d’entre eux je les mène avec des confrères qui sont d’abord des ami.e.s. Bon, bien sûr, je reste malgré moi un scribouillard qui aime bouger, une sorte de pigeon voyageur dans l’âme — un gabian voyageur en provençal — on ne se change pas en quelques mois — mais vous me verrez souvent du côté de Marseille dans les prochains mois.

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