Bonjour, c’est Amaury à Marseille, où vient de débuter la Saison Méditerranée: six mois d’expositions et événements culturels. Amis suisses, venez en weekend!

Ce matin, je vous parle de Raúl Castro inculpé aux Etats-unis, du plus long trajet ferroviaire de France, de membres de la flottille pour Gaza agenouillés et d’une star canine qui sauve les koalas.

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Amaury Hauchard à Combotte
21.05.2026

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Les infos que j'ai retenues pour vous

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Capture d’écran de la vidéo postée par Itamar Ben Gvir sur Telegram.

Scandale après le traitement «inhumain» des membres de la flottille pour Gaza. Et ce, même au sein du gouvernement d’Israël de Benyamin Nétanyahou. En cause, une vidéo postée par son ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir. On y voit des dizaines de militants de la flottille de la liberté agenouillés et les mains liées, après leur interception en mer et leur placement en détention dans le sud d’Israël. «Bienvenue en Israël, nous sommes chez nous», dit-il. Plusieurs gouvernements européens, dont Rome et Paris, ont qualifié les faits d’«inadmissibles».

Al Jazeera (EN)

Premier vote vers une dissolution du Parlement israélien. Nétanyahou a enclenché le processus, qui doit aboutir à des législatives anticipées. Le texte il doit encore passer devant une commission avant trois nouveaux votes devant l’assemblée. Mais suite à un premier vote hier 110 députés sur les 120 de la Knesset l’ont approuvé.

Haaretz (EN)

Branle-bas le combat en Lituanie. L’armée du pays a appelé hier la population aux abris dans plusieurs régions en raison d’une alerte au drone. Les vols ont été suspendus à l’aéroport international de Vilnius. L’alerte, finalement levée en fin de matinée, a abouti à des scènes peu communes sur le sol européen, avec des responsables politiques — parmi lesquels le président, le Premier ministre et les députés— conduits dans un abri souterrain. C’était le premier incident de ce type dans un pays membre de l’UE et de l’OTAN depuis le début de l’invasion en 2022, selon The Guardian.

The Guardian (EN)

Raúl Castro inculpé aux Etats-unis. L’ancien dirigeant cubain a été inculpé hier soir pour meurtre et complot. Les Etats-unis l’accusent d’avoir ordonné la destruction de deux avions civils de l’organisation anticastriste Brothers to the Rescue en 1996, qui avait fait quatre morts. C’est une nouvelle escalade des tensions entre Washington et La Havane.

The Guardian (EN)

Qui a violé Véronique à Savièse, la suite

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Vue de Sion. Image Keystone, modifiée par la rédaction.

La justice a-t-elle confondu deux soirées? On a vu, dans l’épisode précédent, que le statut d’une femme arrêtée en 2020 lors d’une grande opération anti-drogue en Valais a basculé. Véronique était prévenue, la voilà victime. Lors d’un interrogatoire, elle a en effet raconté aux policiers un viol collectif dont elle aurait été victime deux ans plus tôt. Des suspects sont condamnés. On va voir ce qui ne colle pas, dans les déclarations des uns et des autres. On verra aussi que la date des faits est tout sauf certaine.

Le 3e épisode de notre enquête

Il est temps de raconter le monde

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🎙️ Un échange en direct avec Romaine Jean. Après le succès de la première édition de «Nos correspondants en pâture», nous vous invitons à un échange avec Romaine Jean, que vous lisez dans Heidimanche (voir une de ses newsletters).

Elle vous ouvrira les coulisses de l’édition dominicale pour une discussion exclusive en amont des votations fédérales de juin.

🗓 Jeudi 4 juin | 13h - 14h (en ligne)
⚠️ Places limitées — sur inscription

Une rencontre réservée aux abonnés et donateurs de Heidi.news.

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Dans mon radar aujourd'hui

Chez Samsung, on s’écharpe au sujet de l’IA. Et le groupe va entrer dans une grève historique et massive aujourd’hui Corée du Sud. Environ la moitié de ses salariés dans le pays sont concernés. L’impact économique pourrait être important. A lui seul, Samsung Electronics génère 12,5% du PIB coréen. Le groupe est également le plus grand fournisseur mondial de puces essentielles aux centres de données, smartphones et véhicules électriques. Au cœur du conflit, le boom de l’IA. Le bénéfice net de Samsung a été multiplié par six sur un an, et les salariés réclament d’en toucher les dividendes.

Libération (FR)
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09h04 à la gare Marseille Saint-Charles.

Ca m'est arrivé cette semaine

Le drame de 21h37. Au début, ça a commencé comme ça: le train a freiné, s’est arrêté, les passagers ont à peine levé les yeux de leurs tablettes ou portables, et c’est tout. En France, les convois s’arrêtent souvent, pour toutes sortes de raisons: un embouteillage sur la ligne, un souci technique, un accident sur la voie. C’est ce dernier point qui a été annoncé quelques secondes plus tard par le contrôleur. Il était 21h38, une minute après le drame.

A 21h37, lundi soir, un homme est mort. Selon la presse du lendemain de la région de Macon Loché, en Saône-et-Loire, il s’est jeté sur les rails et a percuté un train à grande vitesse. Il avait 28 ans.

Moi, j’étais dans le train. Il était 21h38, je lisais et le train s’est arrêté. Après quelques minutes, le contrôleur a repris la parole, il a annoncé un «accident voyageur» — le cache-sexe pour ne pas dire suicide, mais comprenez, sur le moment, le contrôleur de la SNCF, dans son micro, il n’en sait rien si c’est un suicide, un accident ou un meurtre… Alors il dit «accident voyageur».

Tout ce qu’on sait, c’est que sur une ligne à grande vitesse, avec un monstre de ferraille lancé à 320 km/h, un «accident voyageur» signifie qu’il y a eu mort d’homme. Dans ma voiture, la numéro 8, mon voisin a soupiré, et les premiers signes de mécontentement ont grondé. Il était 21h38, on était lundi soir, tout le monde était fatigué.

Jusqu’à la fin de cette histoire, plus personne ne repensera au pauvre homme de 28 ans qui est mort sur la voie. C’est triste.

Durant deux heures, on est resté là, sur la ligne, chacune et chacun enfoncé(e) dans notre siège, à attendre des détails. Le contrôleur a assuré que la police et les pompiers étaient sur les lieux, qu’il n’en savait pas plus que ça et qu’on devait patienter. Le gars ne le savait pas encore, mais il peut aujourd’hui se targuer d’être doté d’un calme à toute épreuve. Durant les neuf heures qui allaient suivre, à aucun moment il n’a élevé la voix, malgré les grondements de centaines de passagers exténués.

A 23h30, on a fait demi-tour, direction Dijon, en Bourgogne, d’où notre train devait bifurquer sur un itinéraire bis, celui des trains de transport de marchandises. «Je vous préviens, on ne pourra pas dépasser les 100 km/h et on devra s’arrêter pour laisser passer les trains de marchandises, mais c’est notre seule option», dit le contrôleur. Au ton utilisé, j’ai eu l’impression qu’on était en mission. Je me suis dit que c’était peut-être notre version à nous de Il faut sauver le soldat Ryan.

Je me suis endormi, ça a duré trente minutes, un labrador a aboyé, je me suis réveillé. Le chien était comme un dingue, il voulait sortir, il aboyait. Bref, il en avait marre. Bénie fut sa propriétaire qui multiplia les papouilles toute la nuit, faisant s’endormir la bête.

03h05, Dijon en vue. On s’y est arrêtés, car un des 500 passagers du train avait fait un malaise. Les pompiers devaient l’évacuer. Le contrôleur: «15 mn de pause, tout le monde peut descendre sur le quai prendre l’air, ça fera du bien, allez-y!»

La scène était un peu ubuesque. Des clopes étaient fumées frénétiquement sur le quatrième quai de la gare de Dijon. Un réverbère inondait la foule d’une lumière jaune poussin, on se les caillait, mais tout le monde était heureux – ça commençait à sentir le fauve, à l’intérieur. Des jeunes coururent sur les rails pour aller acheter à manger au distributeur. Cela causa l’effroi de ma voisine, qui se tourna vers moi pour me dire que c’étaient des fadas, qu’ils pourraient eux aussi être renversés par un train. Mais la triste réalité – j’ai eu envie de le dire à voix haute, mais la voisine en question avait l’air de vouloir parler et moi pas du tout, alors je n’ai rien dit – la triste réalité, donc, c’est qu’on était seuls dans cette foutue gare.

On est reparti, direction Valence par l’itinéraire-bis. Je me suis rendormi, ça a duré dix minutes, je me suis de nouveau réveillé, cette fois en raison d’une odeur de clopes. J’ai ouvert les yeux et reniflé: peut-être que je me trompais d’odeur. Une dame avec son bébé était debout, furieuse: qui fume dans les chiottes? a-t-elle crié, réveillant quasiment toute la voiture.

«Et en plus, c’est pas que des cigarettes, si je peux me permettre», glissa un type, visiblement content de sa vanne.

Le contrôleur, quelques minutes plus tard: «Je demande à tous les fumeurs de ne pas fumer dans les toilettes, cela se répand dans les rames avec les conduits d’aération. Je comprends votre frustration, mais on s’arrêtera bientôt, à Lyon, il y aura aussi des plateaux-repas».

Finalement, on s’est tellement arrêtés au passage de trains de marchandises que plus personne ne nous attendait à Lyon. Le contrôleur a dit à un moment dans son micro que lui et ses collègues étaient en train de distribuer des bouteilles d’eau dans la voiture 4, que chaque voiture pouvait envoyer un émissaire pour en récupérer. Dans les trains Ouigo, le service low cost de la SNCF française, il n’y a pas de voiture-bar. Donc pas de nourriture ni d’eau disponibles.

Lyon, en fait, on a traversé sans s’arrêter. Je me suis demandé à quoi pouvait ressembler un plateau-repas offert par le service low-cost de la SNCF. Je me suis dit que je mangerais sans doute mieux à l’arrivée.

A 5h35, on a appris par le haut-parleur – en mode Big Brother qui fait des annonces, ou la Voix de la Star Academy, au choix – que l’heure d’arrivée était estimée à 9h, 9h30, en fonction. Et qu’on serait remboursés, aussi, à hauteur de 200%. Je fis le calcul rapidement, me suis dit que c’était bien la seule fois qu’il m’aurait fallu prendre un billet cher. Il n’avait coûté que 29 euros, cela ne me fera que 58 euros en bons d’achat SNCF.

On est arrivé à Valence, puis Avignon. Hourra, le soleil s’est levé! J’ai essayé de me rendormir, sans succès, alors j’ai regardé bêtement une série sur mon ordinateur, capuche sur la tête, avec les yeux d’un zombie, tel que je me l’imagine errer au milieu d’une banlieue américaine.

9h04, finalement, j’ai pris cette photo sur le quai de Marseille Saint Charles. Le trajet le plus long de France, 12 heures et 56 minutes de train. Enfin arrivés. On marchait tous gaiement sur le quai, le sourire jusqu’aux oreilles, quand le haut-parleur a repris la parole – celui de la gare, pas du train, cette fois.

Je ne me rappelle pas exactement de tous les mots, mais en bref, cela disait ceci : «Chères passagères, chers passagers (…) le train (…) Toulon (…) retardé (…) accident voyageur».

Moment terrible sur le quai: tout le monde s’est regardé, certains ont ri, d’autres ont promis de ne plus jamais prendre le train. J’ai filé me coucher.

N’oublions pas ces humaines et ces humains derrière les «accidents voyageurs».

Mon labo africain

Plus on en sait sur l’épidémie d’Ebola en RDC, plus c’est inquiétant. Les jours passent et les informations se précisent. L’épidémie d’Ebola a «probablement» commencé il y a quelques mois, a déclaré l’OMS hier. Elle a déclenché son plus haut niveau d’alerte, ajoutant qu’il n’y a pas à ce stade de pandémie mondiale. Reste que, selon tous les experts, les chiffres sont largement sous-estimés, et le variant nouveau n’a pas de vaccin. Les derniers bilans font état de 136 morts et plus de 500 cas probables.

Actualité.cd (FR)

Le prix du pétrole s’envole au Kenya, et la colère gronde. Le pays d’Afrique de l’Est a été paralysé cette semaine par une grève nationale des transports et des manifestations contre la hausse record des prix du carburant, conséquence de la guerre déclenchée par les Etats-Unis en Iran. Au moins quatre personnes ont été tuées et plusieurs grandes villes bloquées, notamment Nairobi et Mombasa. Mardi, la grève a été suspendue et des négociations ont débuté entre acteurs du secteur des transports et autorités.

Africanews (EN)

Back to pirates. Autre conséquence inattendue de la guerre au Moyen-Orient, le retour des pirates. Ils sévissent près des côtes somaliennes, dans l’océan Indien et le golfe d’Aden. Le niveau des détournements est encore loin du pic enregistré entre 2008 et 2012, mais leur nombre augmente rapidement (huit depuis la mi-avril). L’agence de sécurité maritime britannique a relevé son niveau de menace. Pour CNN, cette hausse est directement liée au blocage du détroit d’Ormuz. En effet, de nombreux navires ont changé d’itinéraire pour contourner la pointe sud du continent africain, ce qui les contraint à traverser le bassin somalien.

CNN (EN)

Une raison d'espérer

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Le boss des incendies australiens, Bear | Jimmy Malecki/IFAW

Record à battre: plus de 100 koalas sauvés en dix ans. Le champion est nommé Bear. Ce n’est pas un ours, mais un chien qui vient de prendre sa retraite en Australie. Il était la mascotte du Fonds international pour la protection des animaux (IFAW), et travaillait comme «chien détecteur de koala». Un job certes niche, mais si beau: il sauvait les koalas dans les incendies australiens. Ces derniers ont comme réflexe de survie de grimper au sommet des eucalyptus dont ils se nourrissent pour fuir le danger en cas d’incendie. Sauf que ces arbres… brûlent. Bear est officiellement retraité, et l’IFAW cherche son remplaçant.

Le Monde (FR)
En direct de la Trumposphère
«Des monstres»

Pedro Almodóvar n’y va pas avec le dos de la cuillère. En lice pour la Palme d’or à Cannes avec Autofiction, le réalisateur espagnol a profité de la croisette pour se payer les trois dirigeants Vladimir Poutine (qu’il ne nomme pas), Benyamin Netanyahou et Donald Trump.

«En tant qu’Européens, nous sommes […] obligés de devenir une sorte de bouclier contre des monstres comme Trump, Nétanyahou ou le Russe. Nous y sommes obligés parce qu’ici, nous respectons le droit international», a-t-il dit.

Votre correspondant. Il est temps de faire évoluer cette bio! Après dix ans de correspondance pour des médias francophones en Afrique de l’Ouest et centrale, voilà que je me découvre une passion pour le calme méditerranéen, les cadratins dans les textes que j’écris et les projets au long cours. Ils ont tous une empreinte africaine: pour la plupart d’entre eux je les mène avec des confrères qui sont d’abord des ami.e.s. Bon, bien sûr, je reste malgré moi un scribouillard qui aime bouger, une sorte de pigeon voyageur dans l’âme — un gabian voyageur en provençal — on ne se change pas en quelques mois — mais vous me verrez souvent du côté de Marseille dans les prochains mois.

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