Bonjour c’est Fabrice à Torgon en Valais où la canicule à peine atténuée par 1000 mètres d’altitude a fini avec un orage de grêle. Avant une nouvelle vague de chaleur?
Je discute de ces températures record avec John van Thuyne, un ami chercheur à l’UNIL. Il les observe d’encore plus haut: le Alp’Lab, nouvelle station de recherche à 1930 mètres, au pied du glacier de Ferpècle dans le Val d’Hérens. Il vient d’y bouillir une semaine, il faisait 30 degrés…
En 2022, la rédaction de Heidi.news s’était mobilisée pour publier «Requiem pour nos glaciers». Quatre ans plus tard, leur disparition s’accélère au point que se pose une nouvelle question: que faire des espaces libérés par les glaciers alpins, déjà quatre fois la surface du Léman. Des barrages ou des réserves naturelles? |
Cet été, les glaciers disparaissent à toute vitesse. Que faire de l’espace qu’ils libèrent?
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Disparition de la neige sur le glacier d’Aletsch, entre le 11 et le 29 juin. Images: Copernicus
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Regardez bien l’image ci-dessus
(qui bouge). Il s’agit de deux images satellites du glacier d’Aletsch le 11 et le 29 juin cette année, prises par le service européen Copernicus. Les couleurs ont été modifiées pour mettre en évidence la neige (en blanc), l’eau et la glace (en bleu) et la végétation (en rouge). Une immense étendue de neige a fondu en seulement deux semaines.
Pour sa part, Laurent Horvath, délégué valaisan aux questions relatives à l’eau, a posté sur les réseaux sociaux une image particulièrement frappante de la dernière canicule: des cascades torrentielles au sommet du Cervin. À 4478 mètres d’altitude, pareil phénomène est rarissime. Il a été rendu possible par deux conditions qui inquiètent l’ensemble de la communauté alpine et en particulier les glaciologues: une absence totale de neige et un isotherme à 5000 mètres. Si bien que tout ce qui est en dessous fond et le bébé avec l’eau du bain, c’est-à-dire ce qui a longtemps fait la spécificité de la Suisse: le château d’eau de l’Europe.
En septembre 2022, la rédaction de Heidi.news faisait déjà le constat de ces menaces mortelles dans notre Exploration «Requiem pour nos glaciers». L’été 2022 avait été particulièrement dévastateur pour les glaciers suisses et les scientifiques interviewés ne cachaient pas leur pessimisme sur l’avenir de ces géants des cimes. Peu pensaient cependant que les choses s’accéléreraient pour donner ce que l’on constate en ce début d’été 2026.
Le jour de l’épuisement des glaciers
«Les glaciers suisses ont épuisé le 29 juin toute la neige accumulée pendant l’hiver», explique Stuart Lane, professeur à la Faculté des géosciences et de l’environnement de l’Université de Lausanne (UNIL). «C’est très inhabituel, parce que normalement ce basculement n’intervient qu’à la mi-août. En 2022, il s’était produit le 26 juin mais il y avait eu très peu de chutes de neige cette année-là. Alors qu’en 2026, il y a eu de la neige en mars, avril et jusqu’à la mi-mai.»
La disparition précoce de cette neige et les températures record en altitude s’associent pour faire reculer les glaciers par le haut et par le bas. «D’abord, la neige qui a disparu ne sera pas transformée en glace. Par conséquent, le phénomène d’accumulation qui régénère les glaciers ne se produira pas, même si la météo redevient maussade. Ensuite, les fortes températures font fondre la glace de manière accélérée parce qu’elle n’est plus protégée par l’effet d’albédo qui voit la neige réfléchir une partie du rayonnement solaire.»
Résultat: 400 mètres cubes d’eau par seconde s’écoulent des glaciers suisses, selon Matthias Huss, le responsable du réseau de surveillance des glaciers (Glamos) à l’Ecole polytechnique de Zurich (EPFZ). C’est assez pour remplir une piscine olympique toutes les six secondes.
Sans précédent, ce niveau de fonte intervient de surcroît très tôt dans l’été. «En 16 jours le glacier du Rhône a perdu 1,60 mètre de glace alors qu’on n’est que début juillet», écrit Matthias Huss sur LinkedIn.
Un territoire vierge de quatre fois le Léman
La Suisse a perdu 1200 glaciers au cours des cinquante dernières années et n’en compte plus qu’environ 1300. Le recul s’est accéléré depuis les années 1990 avec une perte de volume de 2% par an en moyenne, selon le programme Glamos. Les Alpes sont la région du monde où le recul est le plus rapide, avec une perte de 40% du volume des glaciers entre 2000 et 2025.
Ce recul ne laisse cependant pas place au vide. Dans une étude soumise à Nature Climate Change mais pas encore publiée, le glaciologue et géomorphologue formé à l’UNIL Jean-Baptiste Bosson estime que ce qui a été libéré par le recul des glaciers entre 1850 et 2025 représente 2370 km2 (900 km2 pour la Suisse). C’est plus de quatre fois la surface du Léman (580km2).
Le futur de ces territoires vierges est cependant pris dans des contradictions dignes des récents débats sur la climatisation. En résumé: faut-il privilégier des résultats immédiats (de l’eau pour l’agriculture et la production électrique) au risque de perturber encore plus les équilibres naturels?
Lire la suite sur Heidi.news (accès libre)
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Samedi 27 juin 2026 à Oberwald, des activistes sur le glacier du Rhône et vont remettre symboliquement au gouvernement valaisan une pétition pour «libérer et protéger» ce glacier. (KEYSTONE/Cyril Zingaro)
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Pendant ce temps, sur Heidi.news
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Autocollant antifasciste et antisioniste, 8x8 cm, en vente sur le web pour 1,69 euros
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Et si le sionisme était une erreur… sémantique?
Le mot sionisme, né au XIXe siècle, provoque aujourd’hui la haine des uns et l’adhésion forcenée des autres. Pour une partie de l’opinion publique, il est désormais associé au génocide à Gaza, à la guerre au Liban, au colonialisme, au fascisme. Si bien qu’être juif devient une charge impossible à porter. Entre rejet et adhésion forcée, notre chroniqueuse explore une troisième voie, salutaire, ouverte par l’ancienne conseillère fédérale suisse, Ruth Dreifuss. Laquelle consiste à mettre au rebut le terme sionisme, c’est-à-dire le restituer d’urgence à son époque.
La chronique sporadique de Malka Gouzer, épisode 9
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Bushra et Houda dans les rues de leur village natal d’Al-Musayfirah, dans le sud de la Syrie. | Céline Martelet, pour Heidi.news
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Pitch Comment pour Heidi.news
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Le monde vu d’Israël.
Quand l’ONU déclare l’état de famine à Gaza, le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou estime que son pays est victime d’une campagne antisémite orchestrée par le Hamas, des ONG, les Nations unies et de grands médias internationaux. Quand la France reconnaît la Palestine, il accuse Emmanuel Macron de «nourrir le feu antisémite». Quand des intellectuels israéliens dénoncent les exactions des colons en Cisjordanie, ils sont accusés d’être des «juifs antisémites».
Bien sûr, des voix raisonnables estiment que c’est Benyamin Nétanyahou lui-même qui attiser le fléau. Un intellectuel emblématique comme Alain Finkielkraut, qu’on ne peut soupçonner d’islamo-gauchisme, a déclaré: «je suis inquiet devant la montée de l’antisémitisme, mais c’est Nétanyahou qui aujourd’hui donne des munitions». Autre personnalité qui compte, le géopolitologue Dominique Moïsi, fils de déporté, ayant enseigné à l’université hébraïque de Jérusalem, a estimé que la politique du gouvernement d’Israël faisait passer le pays «du statut d’Etat miraculé à celui d’Etat paria, voire d’Etat voyou», ajoutant que le massacre «sans considération de proportionnalité des civils palestiniens» avait «tué la Shoah et la protection qu’elle représentait encore (…) pour l’Etat hébreu et le peuple juif dans son ensemble.»
Pour sa part, le ministre de la défense israélien, Israel Katz, a déclaré, mercredi que l’armée israélienne resterait «pour une durée indéterminée» dans ce qu’il qualifie de «zones de sécurité» au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza. Au Liban, on dénombre plus de 4000 morts dans des frappes israéliennes, des civils en très grande majorité.
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Il est temps de raconter le monde
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🔬 Hors-série: Le futur s’invente à Genève.
À Genève, l’horlogerie, la pharma ou les parfums se renforcent à coup d’innovations radicales. De nouvelles PME et des start-up font émerger des secteurs high-tech comme les neurotechnologies, l’IA médicale et même l’énergie nucléaire.
Du Wyss Center sur le Campus Biotech à l’école d’ingénieurs Hepia, des laboratoires de Rolex et dsm-Firmenich à la myriade de PME sous-traitantes, c’est un feu d’artifice d’innovations qui s’est allumé ces dernières années au bout du lac. Allons voir les coulisses du spectacle.
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Des bonnes lectures pour le week-end
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Tourisme de la dernière chance Le Monde revient sur l’effet dramatique de la canicule sur les glaciers suisses et en particulier le glacier du Rhône. Un phénomène qui n’est pas perdu pour tout le monde puisqu’on y apprend que Suisse Tourisme mène une campagne contestée qui fait de la disparition des glaciers un argument de visite. Selon une étude de l’Université de Lausanne chaque année, plus de 14 millions de personnes visitent les 10 sites glaciaires les plus connus au monde (Alpes, Alaska, Groenland, Antarctique). «La prise de conscience du changement climatique a transformé les glaciers en attractions touristiques dans des proportions que des siècles de tourisme n’avaient jamais atteintes », écrivent les chercheurs cités par le quotidien du soir qui s’interroge aussi sur les effets délétères, y compris pour les glaciers, de ce tourisme de la dernière chance.
Le Monde (FR)
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Liberté, dignité, habitabilité Dans un petit essai publié en avril dernier, le philosophe Baptiste Morizot et le juriste Laurent Neyret élaborent la notion d’habitabilité, soit un droit à protéger le vivant parce qu’il nous est indispensable. Partant du constat que le droit de l’environnement est limité parce qu’il fait de la nature une externalité, les auteurs proposent avec le concept d’habilité de réintroduire dans le droit l’interdépendance entre les humains et la nature vivante. «La dignité a nommé ce qu’on ne doit jamais faire à un humain, le principe d’habitabilité nomme ce qu’on ne doit jamais faire à un monde», écrivent-ils. Ce faisant, il déplace le droit de l’environnement du terrain des normes vers celui des valeurs avec à la clé une nouvelle définition de ce qu’est l’intérêt général.
Gallimard (FR)
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Air, huile sur cuivre de Jan Brueghel l’Ancien — Domaine public, Web Gallery of Art
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Un tableau de Jan Brueghel l’Ancien, datant de 1621 et intitulé Air, a permis aux naturalistes de mieux comprendre la grande noctule, la plus grande chauve-souris d’Europe. L’œuvre de Brueghel est allégorique: elle représente la muse grecque Uranie en compagnie des dieux Apollon et Diane. Cependant, le nuage d’oiseaux qui l’entoure comprend plus de 60 espèces, ainsi qu’une chauve-souris en train de s’attaquer à l’un d’entre eux en plein vol. On la voit avec un petit passereau dans la bouche. Cette chasse nocturne aux oiseaux n’a été mise en lumière qu’au cours des deux dernières décennies, suite à la découverte de plumes de passereaux dans les excréments de cette espèce de chauve-souris.
Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America (EN)
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Sputnik via IMAGO / Scanpix / LETA
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La militarisation à outrance des enfants russes. Moins bucolique que la grande noctule et ses étourneaux, le média russe en exil Vazhnye Istorii(Histoires importantes) a analysé un rapport gouvernemental et établit que pour la seule année 2025, 45’000 réunions entre des soldats participants à la guerre russe en Ukraine et des élèves ont été organisées, soit 250 par jour. Par ailleurs, 18’000 musées, expositions et espaces thématiques consacrés à la guerre en Ukraine ont été créés dans les écoles russes. 70’000 rencontres supplémentaires ont été organisées à l’intention de 1,5 million de parents sur le thème «De quoi parler avec ses enfants à l’occasion du 80e anniversaire de la Victoire». Ces événements ont surtout lieu dans les républiques décentrées de la Fédération de Russie, notamment au Daghestan et dans la région de l’Altaï.
iStories (en russe)
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Avenue du Bouchet 2
1209 Genève
Suisse
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