Bonjour, c’est Lionel dans la campagne romande, où je poursuis un tour de Suisse aussi reposant que pauvre en événements. Hegel disait que «les peuples heureux n’ont pas d’histoire», mais je vous en raconte tout de même une petite.

Au menu ce matin: menaces iraniennes contre ses voisins du Golfe, déboulonnage d’un robot-instit à New York et virage à gauche toute pour les démocrates au Michigan.

photo journaliste

Lionel Pousaz à Cambrousse romande
07.08.2026

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Les infos que j'ai retenues pour vous

Les frappes ukrainiennes continuent contre les infrastructures pétrolières russes. Volodymyr Zelensky a déclaré hier avoir mené des opérations contre une raffinerie de Bashkortostan, plus de 1300 kilomètres derrière le front, ainsi qu’à Yaroslavl. Pour sa part, le ministère russe de la défense a affirmé avoir neutralisé 605 drones ukrainiens dans l’espace aérien national ou des territoires occupés.

Kyiv Independent (EN)

La justice israélienne poursuit un colon accusé d’avoir tué un Palestinien. Ce genre d’affaires est assez rare pour être souligné. Hier, des procureurs israéliens ont entamé une procédure contre Yinon Levi, colon de Cisjordanie, pour le meurtre du militant palestinien Awdah Hathaleen en juillet 2025. C’est la première fois en plus de trois ans qu’un Israélien est poursuivi pour un tel crime.

France 24 (EN)

L’Iran met la pression sur les Etats du golfe. Convainquez Trump de négocier une fin au conflit ou préparez-vous à ce que nous vous frappions fort: c’est en substance le discours tenu ces derniers jours par les diplomates iraniens à leurs homologues arabes. L’Iran aurait explicitement menacé ses voisins de frappes contre leurs infrastructures pétrolières, les réseaux d’électricité, d’eau ou de transport, s’ils n’interférent pas auprès du président américain. Reuters a collecté plusieurs témoignages anonymes qui semblent confirmer la manoeuvre iranienne.

Reuters (via Market Screener) (EN)

Un rapport critique sur le F-35 interdit de publication aux Etats-Unis. C’est une première, assure à la RTS l’expert aéronautique Bill Sweetman. Le document interdit de publication, rédigé par le Government Accountability Office (GAO), référence les principaux défis de production et de modernisation de l’avion furtif pour l’exercice fiscal 2025. «Il a été jugé qu’il ne pouvait pas être rendu public», confirme une source du GAO au Pôle enquête de la RTS. Le Pentagone serait à l’origine de cette décision: une manœuvre pour passer sous silence les problèmes de modernisation de l’avion commandé par la Suisse, selon l’expert.

L’Exploration en cours de Heidi.news sur le crash d’un F-35

Il est temps de raconter le monde

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🔴 Rencontre exclusive avec Amaury Hauchard. Après le succès des premiers rendez-vous «Nos correspondants en pâture», nous vous invitons à un échange avec Amaury Hauchard, que vous retrouvez chaque jeudi dans le Point du jour.

Une occasion unique de découvrir son regard sur le terrain et son expérience de correspondant sur l’Afrique, et de lui poser vos questions.

🗓 Jeudi 27 août | 13h - 14h (en ligne)
⚠️ Places limitées — sur inscription

Une rencontre réservée aux abonnés et donateurs de Heidi.news.

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Keystone / AP Photo / Michael Probst

Ca m'est arrivé cette semaine

Drame du terroir. Plus ou moins dans ma famille éloignée, il y a un vieux paysan bougon et solitaire. Vous n’aurez pas d’autres détails sur sa personne, car j’ai promis de n’en rien révéler, même si je doute que nous ayons des abonnés dans son village. La campagne suisse est taiseuse, surtout quand l’histoire implique des parcelles agricoles, des chasseurs et des tribunaux. La passion de la terre, la crainte du fusil et la défiance face aux juges, voilà de quoi faire tourner les têtes. Mieux vaut se taire, donc.

Ledit paysan possède des champs et des forêts. Il y a quelque temps, à la période des récoltes, on a fait voler un drone sur ses parcelles, repéré des faons cachés entre les épis. On a ainsi évité le drame affreux et routinier des moissons qui traumatise plus d’un agriculteur. Depuis, ledit paysan se serait découvert une forme d’amour pour ces tendres animaux.

Et de pester contre les chasseurs qui viennent les tirer sur ses terres. La loi cantonale les y autorise, pour autant qu’ils garent leur véhicule en dehors de la parcelle privée. Un jour, il entend retentir des pétoires dans ses bois. Ni une ni deux, il monte dans sa voiture. Il roule au pas le long d’un chemin domanial, en bordure de la forêt, et donne du klaxon, autant qu’il le peut, pour faire fuir les bêtes.

Les chasseurs ont tôt fait de le dénoncer au juge. Et le voici condamné à quelques centaines de francs d’amende. La loi fédérale sur la chasse et la protection des mammifères et oiseaux sauvages, article 18, alinéa 1, lettre h, prévoit une peine pécuniaire pouvant aller jusqu’à 20’000 francs pour quiconque, intentionnellement et sans raison valable, «entrave l’exercice de la chasse». Je me serais bien plongé dans les détails de la décision de justice, mais je n’ai pu mettre la main que sur l’arrêt final, lequel rejette la «raison valable» invoquée par le prévenu. Je n’en saurai pas plus sur les aspects légaux de l’affaire.

Les chasseurs, quant à eux, ont bien respecté la loi. Ils se sont garés en dehors des terres du vieux paysan, devant la ferme d’un autre agriculteur qui ne voit pas de mal à tirer les faons – peut-être récompensé pour son bon geste d’une selle ou d’un cuissot. Et là, je dois m’arrêter, au risque de révéler des détails personnels. C’est bien dommage parce que, vous le pressentez peut-être, il y a là tous les protagonistes et les ingrédients d’un petit drame à la Jean de Florette. J’en appelle à votre imagination pour terminer l’histoire.

Mon labo américain

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Keystone / AP Photo / Julia Demaree Nikhinson

Abdul El-Sayed: l’élection qui pourrait tout changer (ou pas). Porté par la vague progressiste qui a vu l’arrivée de Zohran Mamdani à la tête de New York, El-Sayed représentera les démocrates du Michigan pour les élections au Sénat des midterms. Un pari à haut risque lancé par la base du parti, qui a préféré ce candidat controversé à son adversaire centriste. L’Etat est un terrain de bataille majeur des élections de cet automne, un swing state qui oscille entre gauche et droite. Cette victoire donne aussi le ton de la campagne à venir. Les républicains hurlent à la terreur communiste, Donald Trump a publiquement déclaré qu’El-Sayed ne «raconte que de la merde», tandis que certains militants de gauche, bien en vue sur les réseaux, taxent d’ores et déjà d’islamophobie quiconque ose remettre en question les vues du candidat, y compris à gauche. Ca promet et, franchement, ça n’est pas très rassurant.

BBC (EN)

Levée de boucliers contre un robot-enseignant. Propulsé à l’IA, il aurait dû prendre ses fonctions dans un district rural de l’Etat de New York, mais le projet a été mis sur pause. Le directeur de l’établissement scolaire avait vanté ses capacités pédagogiques dans le domaine des technologies. «Sally» est un robot humanoïde fabriqué par la firme Realbotix. Si l’on retrouve des opposants au robot-prof tant au niveau de l’Etat que parmi les enseignants ou dans la communauté locale, il est à craindre que le débat finisse par esquiver le cœur du problème. En effet, c’est surtout l’activité de Realbotix dans le domaine des robots à usage sexuel qui occupe le centre de la polémique.

NPR (EN)

Cyberattaques contre la distribution d’eau aux Etats-Unis. Au moins 12 Etats ont communiqué sur de telles opérations visant leurs infrastructures d’eau potable ou d’assainissement. Aucune contamination ne serait à déplorer. Certains résidents ont toutefois reçu des avertissements leur intimant de ne pas consommer l’eau, tandis que d’autres ont vu chuter la pression au robinet. Selon les autorités, les pirates seraient parvenus à évincer du système les opérateurs pendant un temps limité. L’Iran figure en tête des suspects. Par le passé, des groupes affiliés à la République islamique s’étaient déjà attaqués aux systèmes américains de distribution d’eau.

The Time (EN)

Une raison d'espérer

Le solaire, première source d’électricité en Utah. L’Etat conservateur de l’Ouest américain a longtemps dépendu du charbon, qui fournissait près des trois quarts des besoins il y a un peu moins de 10 ans. Il représente toujours 28% du mix énergétique, mais c’est le photovoltaïque qui se taille aujourd’hui la part du lion, avec un tiers de la production. Le secteur des énergies renouvelables représente plus de 8000 emplois en Utah, contre moins de 1300 pour le fossile.

Grist (EN)
En direct de la Trumposphère
Fuites ou mensonges?

De nombreuses rumeurs émanant du Pentagone font état d’un niveau d’approvisionnement en munitions extrêmement bas, après cinq mois de guerre contre l’Iran. La pénurie concernerait tant les éléments d’offensive que les dispositifs de défense. De quoi inquiéter tant l’armée américaine que ses alliés du Golfe soumis aux frappes iraniennes.

S’agit-il de fuites d’informations ou de mensonges délibérés visant à nuire à la Maison-Blanche? Difficile de trancher après la dernière déclaration du Donald, qui ne s’embarrasse pas de clarté argumentative. Ainsi, sur son réseau social Truth:

«Les Etats-Unis disposent de quantités massives de “munitions”, en particulier de certains types. De plus, de grandes quantités sont fabriquées et expédiées vers les Etats-Unis selon les besoins. Les entreprises de défense construisent le plus grand nombre d’usines et d’installations de l’histoire de notre pays. Les “fuiteurs” de ces déclarations traîtresses sont recherchés. De lourdes peines de prison seront requises! Président DJT»

Votre correspondant. Journaliste et communicateur scientifique, procrastinateur professionnel, je fais tout à la dernière minute. Cet autoportrait bâclé ne fait pas exception, tout juste esquissé comme les dialogues frustes d’un drame du terroir.

Heidi sorry

Myopie dystopique: Amaury a-t-il voulu piéger Zizou? Dans le Point du Jour d’hier matin, il écrivait que l’affiche géante de Zinédine Zidane récemment installée à Marseille était du fait de Nike. Eh bien, il a menti, c’est évidemment Adidas, l’équipementier historique de Zidane, fier avec ses trois bandes, qui a eu l’idée marketing. Amaury plaide sa myopie mais on est en droit de se poser la question: a-t-il voulu remplacer Adidas par Nike? Surtout que les deux marques ont récemment eu des sueurs dans le dos concernant le génie marseillais: pendant qu’Adidas sponsorise Zidane, Nike est le sponsor officiel de l’équipe de France. Zidane étant le nouveau sélectionneur des Bleus, vous voyez le binz… Devra-t-il s’habiller en l’un ou l’autre? Ce fut un débat, tranché fin juillet par le président de la fédération: quand il est coach, Zizou vient en Nike —sauf pour les chaussures, il fait ce qu’il veut— et le reste du temps, c’est les trois bandes.»

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