Bonjour, c’est Eric à Hong Kong, où Rebecca Choong Wilkins, une journaliste de Bloomberg enceinte de 8 mois et résidente depuis 6 ans, vient de se voir refuser son visa de journaliste. L’administration locale refuse de «commenter les cas individuels».
Ce lundi, je vous parle d’un sommet hautement symbolique entre la Corée du Sud et le Japon, du fléau du doxxing chez les ados chinois et du sauvetage numérique des langues minoritaires en péril au Bangladesh. |
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Les infos que j'ai retenues pour vous
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Rencontre entre le nouveau président sud-coréen, Lee Jae-myung, et le premier ministre japonais, Sigeru Ishida, à Tokyo, dimanche 24 août 2025. © Keystone / EPA / Kim Kyung-Hoon
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Sommet historique entre le Japon et la Corée du Sud, avec Donald Trump en toile de fond.
De façon exceptionnelle et symbolique, le nouveau président sud-coréen, Lee Jae-myung, n’a pas effectué son premier voyage diplomatique à l’étranger aux Etats-Unis, mais au Japon, ce grand voisin et ancien colonisateur honni, devenu avec la montée en puissance de la Chine un partenaire indispensable. Le sommet qui s’est tenu samedi a donné lieu à une déclaration commune – une première depuis 17 ans – engageant les deux pays à renforcer leur coopération sur l’IA, le commerce et la dénucléarisation de la péninsule coréenne. Mais qu’on se rassure, l’étape de Tokyo conduit également à Washington, où le président sud-coréen rencontrera aujourd’hui, et aussi pour la première fois, Donald Trump, avec qui les discussions en matière de commerce et de défense s’annoncent particulièrement délicates.
CNN (EN)
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Les frappes israéliennes sur Sanaa font six morts et 86 blessés.
Elles ont notamment visé le palais présidentiel, des centrales électriques et un dépôt de carburant. La capitale yéménite a été ciblée en représailles à des tirs houthis – missiles sol-sol et drones – contre le territoire israélien. Un responsable de l’armée de l’air israélienne a par ailleurs indiqué hier qu’un missile transportant probablement plusieurs sous-munitions destinées à exploser à l’impact avait été tiré ce vendredi depuis le Yémen, une «première» pour ce type d’engin, selon lui.
The Guardian (EN)
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L’Ukraine célèbre son indépendance.
Le premier ministre canadien, Mark Carney, et l’émissaire américain Keith Kellogg étaient à Kyiv hier pour les célébrations de l’indépendance de l’Ukraine, acquise en 1991. Une journée marquée par l’échange de 146 prisonniers entre la Russie et l’Ukraine, selon l’armée russe, mais aussi par la poursuite des hostilités, notamment dans la région orientale de Donetsk. Dans son allocution prononcée par vidéo depuis la place de l’Indépendance, le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est montré déterminé: «Nous construisons une Ukraine qui aura suffisamment de force et de puissance pour vivre en sécurité et en paix», a-t-il déclaré, appelant à une «paix juste». Il a par ailleurs rappelé que toute issue au conflit devait se faire avant tout dans le respect des intérêts ukrainiens: «Notre avenir ne dépend que de nous.»
France 24 (FR)
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Il est temps de raconter le monde
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Du 5 au 7 septembre se tiendra Le livre sur les quais, à Morges. Tout le programme est à découvrir ici.
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Et d’autres surprises encore… À très bientôt à Morges!
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Dans mon radar aujourd'hui
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Trajectoire du typhon Kajiki © APAC DTN.
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Vietnam: près de 600’000 personnes sommées de partir à l’approche du typhon Kajiki.
Selon la BBC, le typhon devrait s’affaiblir à mesure qu’il se déplace vers l’intérieur des terres du Vietnam, mais il devrait tout de même frapper le pays ce matin avec des vents de 200 km/h et des précipitations attendues de 300 à 400 mm. La crainte, c’est de voir se répéter les dégâts engendrés par Yagi en septembre 2024, lequel s’était soldé par la mort de centaines de personnes dans la région, dont 300 pour le seul Vietnam.
BBC (EN)
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Ça m'est arrivé cette semaine
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L’obsession sécuritaire, encore et toujours.
Le refus d’accorder un visa à Rebecca Choong Wilkins, une journaliste de Bloomberg, comme je le mentionnais en introduction, est loin d’être un cas isolé, puisque, en réalité, ces refus sont devenus plus fréquents, et cela même avant l’imposition au forceps, depuis Pékin, d’une loi sur la sécurité nationale en juin 2020.
Pour mémoire, un journaliste britannique confirmé du Financial Times, Victor Mallet, s’était vu refuser le renouvellement de son visa de travail en 2018, et avait même été refoulé plus tard à la frontière en tant que simple «visiteur» au mois de novembre de la même année. A l’évidence, son plus grand tort avait été d’organiser, durant l’été, une table ronde au Club des correspondants de presse de Hong Kong, dont il était l’un des vice-présidents, en présence du militant indépendantiste Andy Chan – dont le parti n’était alors pourtant pas interdit…
Et d’autres ont suivi: la photographe française Louise Delmotte, primée et travaillant pour Associated Press, n’a pas vu son visa renouvelé en septembre 2023. Ses clichés exclusifs de Jimmy Lai, pris à la dérobée dans une prison à sécurité maximale en août de la même année, n’avaient manifestement pas plu aux autorités.
J’assiste d’ailleurs depuis une semaine aux audiences finales du procès de Jimmy Lai pour sédition et conspiration de collusion avec des forces étrangères, et tout le dispositif, une fois de plus, semble à la fois disproportionné et en décalage radical avec ce que la ville est devenue. La sécurité, en particulier policière, est omniprésente, et ce sur plusieurs pâtés d’immeubles, tandis que les entrées et sorties du palais de justice de West Kowloon sont filtrées de façon drastique. Le procureur général Anthony Chau ne se déplace jamais sans quatre gardes du corps, crâne rasé et oreillette apparente. Impossible de le suivre de trop près dans les escalators.
Pourtant, le public venu assister à ces audiences, censées reprendre les principaux arguments du ministère public et de la défense, ne semble pas vraiment hostile : diplomates et journalistes, membres de la famille, mais aussi cohortes de personnes âgées venues témoigner de leur soutien et de leur solidarité. C’est d’ailleurs bien pratique pour obtenir un siège dans le tribunal n° 3 où comparaît Jimmy Lai en personne, puisqu’elles cèdent volontiers leur place à quiconque s’intéresse à l’affaire.
Le décalage est d’autant plus frappant que tout le procès se tient en anglais – dans un anglais plutôt «Oxford» avec un noble bégaiement – et que se font face les perruques à robe noire, avocats et procureurs côte à côte, et celles à robe rouge – les trois juges spécialement désignés pour ce type de procès. Un procès hautement chinois, donc, selon des principes imposés par Pékin, mais reposant sur un dispositif largement hérité de l’ancien colonisateur, dont les modes opératoires constituent aujourd’hui, au moins théoriquement, la plus sûre des garanties d’équité. Est-ce cela que les autorités de Hong Kong considèrent comme de la «résistance passive»? Clairement, elles n’en ont pas fini…
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© Sixth Tone
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Un fléau difficile à endiguer: le doxxing chez les ados chinois.
Dévoiler les données personnelles d’autrui en ligne constitue avant tout un moyen de gagner en reconnaissance et d’affirmer son pouvoir sur les réseaux. A la racine du mal, la solitude numérique, des phénomènes d’exclusion ou des conflits scolaires poussent un nombre croissant d’adolescents à basculer du statut de souffre-douleur à celui de cyberharceleur, trouvant dans les communautés en ligne une pseudo-famille. Les failles légales et l’impunité des mineurs alimentent l’essor de ces pratiques, malgré l’intensification des campagnes de répression de Pékin depuis mai. Pour beaucoup, ce pouvoir virtuel n’offre qu’un bref répit face à leur isolement, avant qu’ils ne se retrouvent à nouveau confrontés à leur propre vulnérabilité.
Sixth Tone (EN)
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Documenter la censure en ligne: l’exemplarité de Jiangyou.
En août, cette petite ville du Sichuan a été le théâtre de manifestations importantes après l’agression d’une adolescente, provoquant une vague d’indignation contre la gestion policière de l’affaire. La réponse officielle, jugée trop indulgente envers les agresseurs, a suscité des rassemblements et des altercations violentes avec les forces de l’ordre, accompagnées d’arrestations. Des vidéos montrant la répression et des hashtags cumulant plusieurs centaines de milliers de vues ont rapidement été censurés sur les réseaux sociaux. Le China Digital Times a collecté et mis à disposition des lecteurs neuf essais en chinois s’y rapportant, dont deux ont depuis été censurés. Comme l’indique un commentateur, «une manifestation qui n’a rien d’inhabituel, [mais pour laquelle], cette fois, ils ont été un peu lents à censurer les informations».
China Digital Times (EN)
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Taïwan a-t-elle perdu le soutien de l’administration Trump?
Cette question a largement rebondi dans les médias taïwanais après la publication d’un texte de Christian Whiton, ancien conseiller du président américain, y répondant par l’affirmative, alors que le président taïwanais Lai Ching-te venait de se voir interdire une «visite de transit» à New York et que le pays subissait un doublement des droits de douane – à 20% – sur la plupart de ses exportations vers les Etats-Unis. Pour Whiton, la faute en incombe à Lai et au gouvernement du Parti démocrate progressiste: trop à gauche, trop «woke», pas assez sérieux en matière de défense et peu disposés à faire des concessions commerciales. Le texte du journaliste Tanner Greer remet les pendules à l’heure dans le détail, en montrant que, si Lai et son administration portent bien une part de responsabilité, c’est surtout celle de ne pas avoir su cultiver les appuis républicains au bon moment. Cela ne signifie en aucune façon un abandon de la primauté de Taïwan dans les débats géostratégiques sur l’Extrême-Orient.
Scholar’s Stage (EN)
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Pékin intensifie la surveillance de son secteur des terres rares.
De nouvelles règles, publiées vendredi, encadrent l’extraction, la transformation et l’exportation de ces matériaux stratégiques. Elles s’appliquent aussi bien aux terres rares originaires de Chine qu’à celles envoyées en Chine pour y être raffinées. Selon ces dispositions «intérimaires», les producteurs devront désormais enregistrer chaque étape de la chaîne d’approvisionnement sur une plateforme nationale de suivi, avec des contrôles mensuels obligatoires. L’accès au secteur sera réservé aux seules entreprises agréées, sous contrôle des autorités locales, qui pourront sanctionner toute infraction. La Chine fournit près de 90% des terres rares mondiales, même si elle n’en extrait qu’environ 70%.
ABC News (EN)
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Enregistrement pour le «Multiling.cloud». © Gallerie photos du Multiling.cloud
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Sauvegarder la diversité linguistique au Bangladesh par le Cloud.
Si le Bengali est bien la langue officielle du pays, parlée par 99% de la population, le Bangladesh compte également de nombreuses langues de groupes ethniques minoritaires. Certaines, comme le khasi, une langue austroasiatique, ne possèdent ni alphabet ni écriture propres. D’autres, comme le kharia, ne sont plus parlées que par une poignée de personnes – cinq dans ce cas précis. D’où l’importance du référentiel numérique «Multiling.cloud» mis en place par le gouvernement en juillet, lequel vise à préserver quelque 42 langues menacées. Une plateforme numérique qui comprend près de 8000 sujets servant d’échantillons de préservation pour chaque langue et qui documente la prononciation correcte de près de 100’000 phrases grâce à l’alphabet phonétique international. Selon l’Unesco, une langue disparaît tous les 14 jours dans le monde.
Global Voices (EN)
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En direct de la Trumposphère
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Vers un état fédéral policier et prédateur?
«La menace de Trump d’envoyer la Garde nationale à Chicago n’est pas une question de sécurité – c’est un test des limites de son pouvoir et un ballon d’essai vers l’imposition d’un Etat policier.»
Cette remarque, postée sur X samedi par le gouverneur démocrate de l’Illinois, Jay Robert Pritzker, fait suite aux déclarations de Donald Trump dans le Bureau ovale indiquant que le gouvernement fédéral pourrait, sous peu, adopter à New York et Chicago la même méthode que celle récemment employée à Washington, en déployant des centaines de membres de la Garde nationale afin, soi-disant, d’y éradiquer le fléau de la criminalité.
Selon Donald Trump, «Chicago est un vrai désastre. Vous avez un maire incompétent, profondément incompétent. Et nous allons probablement régler ce problème prochainement». Des déclarations qui viennent contredire les plus récents chiffres sur la criminalité de la troisième plus grande ville des Etats-Unis, laquelle est, par ailleurs, à l’avant-garde des stratégies les plus innovantes en matière de lutte contre la criminalité dans les quartiers.
NPR (EN)
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Votre correspondant.
J’ai découvert l’univers chinois dans les années 1980, avant de m’installer à Hong Kong en 1994. Depuis, je m’efforce de rendre cet Orient de moins en moins lointain aussi accessible que compréhensible. A l’approche du 80e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale en Asie, et de la débauche de commémorations qui se mettent en place en Chine à cette occasion, l’historien anglais Rana Mitter, qui exerce aujourd’hui à Harvard, fait un excellent tour d’horizon de la façon dont ce conflit continue de façonner les esprits et le roman national en République populaire de Chine.
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Avenue du Bouchet 2
1209 Genève
Suisse
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