Bonjour, c’est Lionel à New York, où depuis hier les masques poussent sur les visages comme à la grande époque du covid. Mais pourquoi? J’ai mené l’enquête pour vous (en fait, pour moi).

Au menu ce matin: des sous-marins russes au large du Royaume-Uni, le chef de l’OTAN qui presse les Européens d’aider Trump et l’action du géant américain Palantir qui part en vrille.

photo journaliste

Lionel Pousaz à New York
10.04.2026

Play Podle

Les infos que j'ai retenues pour vous

Des submersibles russes aux abords de câbles sous-marins britanniques. Londres a communiqué hier à propos d’activités «pernicieuses» de Moscou dans l’Atlantique, au nord de l’archipel. «Nous vous avons à l’oeil. Nous avons à l’oeil vos activités autour de nos câbles ou pipelines, et il faut que vous sachiez que toute tentative de les endommager ne sera pas tolérée et sera suivie de sérieuses conséquences», a déclaré le ministre britannique de la défense, John Healey. Le pays insulaire est particulièrement dépendant de ses infrastructures sous-marines pour ses communications et son énergie.

BBC (EN)

Israël cherche à entamer des pourparlers avec le Liban. Le premier ministre Benyamin Netanyahou a déclaré hier vouloir embrayer des négociations directes avec Beyrouth, au lendemain d’une journée de bombardements massifs sur le Pays du Cèdre. Derrière ces déclarations, plane sans doute la pression de la Maison-Blanche, soucieuse de conclure au plus vite une trêve durable avec l’Iran. En effet, Téhéran a conditionné la signature d’un accord à l’arrêt des opérations israéliennes au Liban.

Axios (EN)

Le chef de l’OTAN presse les Européens d’assister les Etats-Unis à Ormuz. Mark Rutte n’en a pas fini d’avaler des couleuvres avec Donald Trump. Après l’avoir loué pour avoir rendu le monde «plus sûr», mercredi en conférence de presse après sa visite à la Maison-Blanche, le chef de l’Alliance atlantique presse les Européens de venir au secours de l’Amérique. Dans le même temps, le mercurial président américain fustige à tour de bras ses (anciens?) alliés, qui ont refusé de lui prêter main forte. Rappelons que le Royaume-Uni dirige une collation de 40 pays pour sécuriser Ormuz et Emmanuel Macron a évoqué mercredi une initiative multilatérale pour assurer la reprise du trafic dans le détroit.

Reuters (EN)

Sur Heidi.news

Photo article

Alyssa Babasa pour Heidi.news

Mode d’emploi: comment attraper un pédocriminel en ligne. Les abus sexuels d’enfants sur Internet méconnaissent les frontières, d’où l’importance d’une coordination internationale. Sur le terrain, ce sont bien souvent des opérations sous couverture qui permettent d’interpeller les auteurs. Mais l’IA et les contenus autoproduits posent de nouveaux défis.

Heidi.news (FR)

Il est temps de raconter le monde

Photo article

🕵️ Découvrez nos enquêtes. Retrouvez nos enquêtes sur le parcours d’Abdallah Chatila, les prédateurs suisses et la pédopornographie aux Philippines, la métamorphose de l’Arabie saoudite, et des dizaines d’autres à découvrir sur notre site.

Voir les enquêtes

Dans mon radar aujourd'hui

Pourparlers entre l’Iran et les Etats-Unis. Ils devraient avoir lieu aujourd’hui à Islamabad, au Pakistan. Mais nombre de questions restent en suspens. D’abord sur le contenu d’un possible accord – quid des activités d’enrichissement de l’uranium de l’Iran ou des garanties sur Ormuz? – mais aussi sur la composition des délégations. Alors que les pourparlers doivent être dirigés côté américain par JD Vance, Donald Trump a laissé entendre que ce dernier ne pourrait pas se rendre au Pakistan pour des raisons de sécurité. A propos de la délégation iranienne, un expert cité par France 24 estime que Téhéran «va avoir besoin d’assurance de la part des Etats-Unis que ses membres ne vont pas se faire assassiner par Israël».

France 24 (FR)

Les élections qui pourraient changer l’Europe. Pour Bruxelles et les autres membres de l’UE, la Hongrie a longtemps fait figure de caillou dans la chaussure. Depuis 16 ans, Viktor Orban a refusé de s’aligner avec ses homologues, entraînant souvent un blocage du fait de la règle de majorité absolue, sur des questions comme le soutien à l’Ukraine et les sanctions contre la Russie, mais aussi en disputant les budgets ou la politique migratoire de l’Union. Ce dimanche, le populiste premier ministre n’est plus favori des urnes, et les sondages donnent le candidat de centre-droit Peter Magyar pour favori. A Bruxelles, des élus ont fait part de leurs inquiétudes quant au déroulement de ces élections, évoquant des «tentatives d’intimidations exercées par l’Etat» contre les votants et des ingérences russes.

Euronews (EN)
Ca m'est arrivé hier

Air de déjà-vu. Jeudi matin dans le bus, il ne m’a pas fallu longtemps pour remarquer une étrange recrudescence de masques. Ces trucs bleus, moches et inconfortables, dont il fallait parler en bien à l’époque du covid, et dont on ne parle heureusement plus beaucoup. Après avoir déposé ma fille à la crèche, je débarque à la bibliothèque du quartier pour bosser sur ce Point du Jour. Un bon dixième des visiteurs ont le visage barré de l’indigne serviette à élastiques. Le cerbère du guichet, qui ne fait jamais rien à moitié, est équipé d’un respirateur de chantier.

Et de me lancer illico presto dans une recherche sur Internet. Une nouvelle souche du covid sème-t-elle la panique sans que je le sache? C’est peu probable que ça m’ait échappé. Certes, il y a bien le variant «cicada» qui fait un peu parler de lui depuis une vingtaine de jours, mais on en parlait plus il y a une semaine qu’aujourd’hui. Peut-être une dernière poussée grippale avant le printemps, qui tarde un peu à se montrer à New York? Non plus.

Parce que je ne peux pas rester là sans savoir – c’est une maladie et la première raison de ma carrière journalistique – j’envoie un sms à ma femme.

«Tu te rends compte, lui écris-je. La femme en face de moi le porte sous le nez. C’est ce qui me déconcerte le plus. Je veux dire, si personne ne t’y oblige, pourquoi accomplir un acte purement symbolique et absolument inutile en pratique?»

Ah! Encore une fois, me voici coupable de juger avant d’essayer de comprendre! Car pour vous chers lecteurs (enfin, plutôt pour moi, en fait), j’ai fini par poser la question à ma voisine masquée. Les allergies! Oh… C’est vrai, l’Amérique du Nord est particulièrement riche en pollens éternuables.

Chez les arbres, il y a des masses de bouleaux, comme de l’autre côté de l’Atlantique, mais aussi de considérables populations d’érables, d’ormes et de frênes – jusque dans les parcs de la ville – et les caryers, au pollen redoutable, inconnus sur le Vieux continent, dont le bois est censé fumer le meilleur bacon. Des graminées, aussi, comme la fléole des prés, le pâturin du Kentucky et la ray-grass (traduction un peu maladroite de l’anglais ryegrass, soit «herbe-seigle»).

Et voici que je plonge dans un terrier de lapin – traduction directe de l’anglais going down a rabbit hole, référence au passage d’Alice du côté du pays des merveilles. Me voici maintenant à demi-expert sur les allergènes printaniers, leur dissémination entre Europe et Amérique du Nord par les colons (saviez-vous que le Pâturin du Kentucky est, en fait, d’origine européenne?). En bon procrastinateur, je ferais n’importe quoi plutôt que de commencer à rédiger cette lettre. Mais je sais aussi, comme vous vous en rendez compte, mettre à profit mes efforts. Et pendant que je rédige cette phrase, la dernière de ma journée, ma voisine de table aux yeux rouges et gonflés dépose un Kleenex sale de plus sur la pile, à côté de son portable. Atchoum.

Mon labo américain

Photo article

La Terre depuis la capsule Orion de la mission Artemis 2. / NASA

La mission Artemis 2 de retour au bercail. Les quatre astronautes ont accompli leur tour de Lune. Ils auront contemplé des portions de sa face cachée qu’aucun humain n’avait pu voir directement jusqu’alors. Leur retour en plein Pacifique est prévu ce vendredi – samedi à 2h07 du matin, heure suisse. C’est la première fois en plus de 54 ans que des humains s’aventurent au-delà de l’orbite terrestre basse, et la plus lointaine mission habitée de l’Histoire. Le record précédent était tenu par la mission Apollo 13, en 1970.

Gizmodo (EN)

L’action de Palantir dévisse dans l’ombre d’Anthropic. C’est un combat financier et technologique entre deux géants du monde de l’IA. Palantir, la société de Peter Thiel, perdait plus de 8% en bourse hier dans la foulée d’innovations du moteur d’IA Claude d’Anthropic. Cette dernière a déployé plusieurs innovations dans son module Claude Cowork permettant d’automatiser nombre de tâches administratives ou de débusquer des failles de sécurité informatique. Des tâches qui empiètent sur le territoire de son rival. L’action de Palantir affiche l’un des ratios cours/bénéfice (RCB) les plus élevés du monde pour une compagnie publique avec 237x. En d’autres termes, pour vous en payer une tranche, il vous faudra débourser 237 dollars pour chaque dollar de profit annuel. A ce prix et ce niveau de spéculation (le RCB moyen à la bourse américaine est de 18x, et entre 30x et 50x pour les compagnies de technologie à forte croissance), le moindre nuage à l’horizon suffit à faire dévisser le cours.

Business Insider (EN)

CNN face aux menaces de la Maison-Blanche. Mardi, en amont des menaces apocalyptiques de Trump contre Téhéran, la chaîne américaine avait publié un document du gouvernement iranien concernant une possible trêve. «Cette soi-disant déclaration révélée par CNN est une FRAUDE, comme CNN le sait bien», s’était alors emporté le président sur son réseau social Truth. La chaîne a depuis confirmé l’authenticité du document. Plus inquiétant, le chef de la Commission fédérale des communications, chargée d’accorder des licences de diffusion aux télévisions, a plussoyé son maître. «Les fake news sont déjà suffisamment néfastes pour le pays, mais diffuser un titre mensonger dans un moment aussi sensible pour la sécurité nationale exige une reddition de compte», a-t-il déclaré. Et ainsi, dans le monde des républiques bananières en devenir, la censure proprement dite commence-t-elle toujours par la peur et l’autocensure.

The Hill (EN)

Une raison d'espérer

Des villes-éponges pour nous sauver du déluge. A Copenhague ou à Hoboken, dans le New Jersey, des villes optimisent leur capacité d’absorption des eaux. Les municipalités combinent espaces verts et approches traditionnelles du génie civil pour faire d’une pierre deux coups: réduire les inondations et offrir aux résidents de petites tranches de nature.

The New Yorker (EN)
En direct de la Trumposphère
La poutre, la paille et tout ça

«Il ne devrait jamais y avoir un chef de gouvernement étranger ou un chef d’Etat étranger qui profère des menaces à l’encontre du dirigeant d’une nation alliée. C’est absurde. C’est inacceptable.»

Ainsi s’exprimait JD Vance cette semaine, en Hongrie, à propos des menaces proférées en mars dernier par un Zelensky ulcéré à l’encontre du premier ministre hongrois. Des menaces qui, en son temps, lui avaient d’ailleurs valu une volée de bois vert des dirigeants européens.

Il n’en reste pas moins que, même de la part du numéro deux de l’administration américaine la plus prédatrice de l’histoire récente (et sans doute de l’Histoire tout court), le culot du double standard a de quoi surprendre. Cette considération ne semble pas déranger le vice-président américain. Pendant cette même journée JD Vance, à Budapest pour soutenir un Viktor Orban en difficultés électorales, a également accusé Bruxelles d’ingérences dans les affaires hongroises.

Votre correspondant. Journaliste et communicateur scientifique, procrastinateur professionnel, je fais tout à la dernière minute. Cet autoportrait bâclé ne fait pas exception, rédigé entre deux éternuements dans une bibliothèque de Manhattan.

Vous avez aimé? Partagez:

Facebook Twitter Linkedin Instagram
b696e884-f624-429e-91a6-1af20f5cf9e3.png

Avenue du Bouchet 2
1209 Genève
Suisse