Bonjour, c’est Florent à Kyiv, où les gens continuent de disparaître du jour au lendemain. Je vous en parle dans cette édition particulièrement sombre.
Au menu ce matin: la Colombie panse les plaies d’un séisme meurtrier, les drones ukrainiens frappent le cœur industriel de la Russie, tandis que la planète continue de battre des records dont elle se passerait volontiers. |
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Les infos que j'ai retenues pour vous
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Un homme marche au milieu des débris après le séisme survenu à Manizales, en Colombie, lundi 10 août 2026. / Andres Valencia / AFP
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Violent séisme en Colombie.
Ressenti jusqu’en Equateur et au Panama, un tremblement de terre d’une magnitude de 7,4 a frappé hier l’ouest du pays, faisant au moins 111 morts et provoquant d’importants dégâts dans plusieurs grandes villes. Six aéroports ont suspendu leurs opérations et une vingtaine d’immeubles se sont effondrés. Les secours recherchent toujours des survivants sous les décombres, l’état d’urgence a été déclaré par le président.
BBC (EN)
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Frappes ukrainiennes meurtrières en Russie.
Une attaque de drones ukrainiens a fait 13 morts, dont un enfant, et 39 blessés à Nijnekamsk, en république russe du Tatarstan, à quelque 1600 km de la frontière ukrainienne, selon les autorités locales. L’état-major ukrainien a confirmé par la suite la frappe contre la raffinerie de la ville, où un incendie s’est déclaré. La vague de frappes, d’une ampleur inédite, a visé des infrastructures industrielles d’une quinzaine de régions de Russie. En Ukraine, une attaque russe nocturne sur Zaporijjia (sud-est) a fait au moins cinq morts et 20 blessés tôt mardi, selon les autorités.
Al Jazeera (EN)
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Le monde brûle.
Le mois de juillet 2026 a été le plus chaud jamais enregistré dans une myriade de pays, ont annoncé plusieurs agences météorologiques hier. A commencer par les Etats-Unis dont les températures moyennes ont été de 24,9°C, soit plus chaud que les 132 années précédentes. En Europe, l’Espagne a atteint un record avec 25,7°C de moyenne, soit 2,6°C au-dessus des normales. Pour le pays, juillet a aussi été le mois le plus sec depuis 1961, avec des incendies inédits qui ont ravagé près de 245’000 hectares depuis le début de l’année. La France, la Suisse et la Grande-Bretagne ont atteint des records absolus de sécheresse des sols.
NCEI (EN)
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Il est temps de raconter le monde
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🔴 Rencontre exclusive avec Amaury Hauchard.
Après le succès des premiers rendez-vous «Nos correspondants en pâture», nous vous invitons à un échange avec Amaury Hauchard, que vous retrouvez chaque jeudi dans le Point du jour.
Une occasion unique de découvrir son regard sur le terrain et son expérience de correspondant sur l’Afrique, et de lui poser vos questions.
🗓 Jeudi 27 août | 13h - 14h (en ligne)
⚠️ Places limitées — sur inscription
Une rencontre réservée aux abonnés et donateurs de Heidi.news.
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Dans mon radar aujourd'hui
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La Hongrie choisit un nouveau président.
Le parlement hongrois doit élire aujourd’hui son chef de l’Etat, après la chute anticipée de Tamas Sulyok, proche de Viktor Orban. Alors que le nouveau premier ministre chasse les derniers fidèles de son prédécesseur, il a proposé la candidature d’Andras Baka, juge à la Cour européenne des droits de l’homme de 1991 à 2008, et ex-président de la Cour suprême en 2009, avant d’être destitué par le gouvernement Orban. Andras Baka sera probablement le seul candidat à apparaître sur le bulletin de vote lors des prochaines élections présidentielles, aucun autre candidat n’ayant été déclaré.
Mr EAST (EN)
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Lui et sa famille au bord de l’eau, fin juillet, à Izioum, une semaine avant sa mort. / Florent Vergnes pour Heidi.news
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Ca m'est arrivé cette semaine
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L’homme dont je vous parlais la semaine dernière est mort.
Vous vous souvenez peut-être. Je l’avais rencontré près de la rivière à Izioum, dans l’est de l’Ukraine. Je vous avais raconté sa femme déposant une couronne de fleurs dans l’eau. Le lendemain de la publication de ce Point du Jour, elle annonçait sur Facebook que son mari n’était plus.
Quand le message est apparu, il y a d’abord eu l’abattement. On essaie de comprendre le pourquoi du comment. Une mine visiblement. Puis il a fallu publier quelque chose. Je suis alors allé creuser dans mes cinq disques durs, où s’agglutinent des années d’images et d’interviews, à la recherche des vidéos que j’avais tournées de lui en 2024. J’ai remonté les dossiers antédiluviens, les fichiers corrompus et les prises inutiles. Puis, au hasard des vignettes, j’ai aperçu un crâne posé dans un linceul de vêtements. Trouvé. J’exhume les fichiers et regarde les prises que j’avais oubliées.
Il était là, enterré au milieu de centaines d’autres vidéos, Lui, vivant, dans le Donbass. En train de fouiller la terre pour en extraire les cadavres du passé, les identifier, leur rendre une histoire. Apparaissent alors des os privés de mains, autour desquels s’enroulent des prières orthodoxes. Des écussons «Z», des montres, des briquets, des carnets de notes contenant des noms, des numéros de téléphone et quelques dernières pensées. Un casque russe, avec le mot «Kosmonot» inscrit au feutre noir. Il le retire délicatement. La peau du front vient avec. C’est profondément dégueulasse.
«Je n’ai jamais perçu les corps des morts comme de simples cadavres», dit-il à ma caméra, encadré par sa barbe rousse et son regard habité. «Pour moi, c’est une âme. Elle est juste là, à côté d’eux.»
Derrière lui, les sacs mortuaires noirs s’alignent. Lui trouve le temps de philosopher: «Tu vois qu’en temps de guerre, les gens cessent d’être humains. Je pense que nous commencerons à comprendre comment tout cela nous a affectés seulement quand la guerre sera terminée.»
Je me souviens que j’avais froid. Ma collègue voyait des corps pour la première fois. L’atmosphère était lourde. Non pas à cause des mots, mais de l’odeur insoutenable de décomposition qui montait de l’herbe souillée par un liquide brunâtre et visqueux. Pendant ce temps-là, lui parlait de muay-thaï, dont il était passionné. Il racontait aussi que les corps lui racontaient le passé.
«Je ferai tout ce que je peux pour sortir tout le monde de là, pour les retrouver, qu’il s’agisse de nos gars ou de leurs soldats. Je les retrouverai et je les ramènerai tant que j’en aurai la force»: ces mots semblent traverser le temps et la caméra pour rester suspendus dans l’air. «Je pense que je n’aurai tout simplement pas assez d’une vie pour ça.»
A l’image, il sort alors une plaque militaire d’identification. Il la fait tourner entre ses doigts, puis note soigneusement. C’était aussi son métier, rendre une identité aux morts. La semaine dernière, j’avais soigneusement évité de nommer ce volontaire croisé à Izioum, par souci de sécurité, car il était important aux yeux de Moscou. Dans les champs gris du Donbass, il cueillait les dépouilles de généraux et de commandants de l’armée russe.
Sa mort me permet aujourd’hui d’écrire son nom.
Oleksiï Ioukov.
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Un portrait de Vladimir Poutine est accroché à l’entrée de la base militaire syrienne de Hmeimim, louée par la Russie, dans la province de Lattaquié, le 29 décembre 2024. / Aaref Watad / AFP
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L’avenir syrien de la Russie s’assombrit.
Après dix-huit mois de négociations avec le nouveau pouvoir d’Ahmed al-Charaa, Damas a annoncé hier que des installations clés des bases russes de Hmeimim et Tartous passeront sous contrôle civil syrien d’ici trois mois. Les infrastructures militaires russes ne disparaissent pas totalement, mais seront transformées en «centres conjoints de formation» pour les forces syriennes. Ancien pilier du régime Assad, Moscou, omniprésent dans le pays, conserve finalement une présence réduite sur le littoral méditerranéen, après un accord qui acte le recul de son influence militaire en Syrie.
RFI (FR)
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Un clou de plus dans le cercueil des libertés russes.
La Cour suprême russe a interdit hier au seul parti pro-paix du pays de participer aux élections législatives qui se tiendront en septembre. Iabloko (la pomme en russe) était le plus ancien parti libéral et le seul à s’opposer à la guerre en Ukraine. La décision est tombée après que Rodina, petit parti nationaliste sans envergure, ait accusé, pêle-mêle, la formation d’être financée par des «étrangers», de «violations de droit d’auteur» et «d’extrémisme».
The Moscow Times (EN)
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Nouvelles tensions entre la Russie et la Moldavie.
Chisinau a rappelé hier son ambassadeur à Moscou pour «consultations» au lendemain d’un incident impliquant un drone russe, qui s’est écrasé et a explosé dans le village de Crocmaz, près de l’Ukraine. Après cette «puissante explosion», les autorités moldaves ont dénoncé une «grave violation» de leur souveraineté. «La guerre de la Russie contre l’Ukraine nous affecte directement», a pour sa part réagi la présidente Maia Sandu. C’est la première fois qu’un drone russe est identifié sur le territoire moldave, malgré plusieurs violations de son espace aérien ces dernières années.
Kyiv Independent (EN)
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Une opération russe déjouée en Suède.
Les services de sécurité suédois ont dit hier avoir neutralisé une action pilotée par le SVR, le renseignement extérieur russe, visant à influencer les décisions politiques du pays et à «discréditer» la Suède, l’OTAN et l’UE. Stockholm affirme qu’un agent opérant sous couverture diplomatique était impliqué dans l’opération, nouveau signe des tensions persistantes entre la Russie et les pays nordiques depuis l’adhésion suédoise à l’Alliance atlantique en 2024. Depuis plusieurs mois, de nombreux pays occidentaux alertent quant à l’intention russe de déstabiliser la région dans un futur proche.
Reuters (EN)
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OnlyMarms, pour reluquer des bêtes à poil.
Je ne sais pas si vous connaissez OnlyFans. En général, on y croise des femmes nues, des sexes en érection et un nombre incalculable de pieds. Pour accéder à ce sympathique contenu, il faut sortir sa bourse (pas celle-ci). Alors sur la paille, faute de financements fédéraux, le biologiste californien Daniel Blumstein et son équipe ont eu l’idée de lancer «OnlyMarms», le compte chaud qui diffuse des vidéos de marmottes. Vous pouvez y voir les petites bêtes velues évoluer dans leur habitat naturel, et verser des pourboires pour soutenir la recherche. Lancée en juin, la page a déjà généré quelques 4000 francs suisses.
The New York Times (EN)
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En direct de la Trumposphère
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Nouvelle offensive des réseaux Trump sur le Groenland
A Jameson Land, dans l’est de l’île, on ne croise d’ordinaire que des ours polaires et des narvals. Pourtant, ces derniers jours, du matériel de forage est apparu comme par magie sur ces terres hostiles. Acheminé par la société texane Greenland Energy, il doit servir à explorer des réserves de pétrole que l’entreprise estime à 1000 milliards de dollars.
A la tête de cette équipée, figurent Larry Swets, proche des réseaux trumpistes, et Phil McGraw, ex-animateur de talk-show devenu ami du président. Ce dernier doit en tirer une série documentaire célébrant la mission de ces «prospecteurs des temps modernes».
Petit problème: c’est illégal. Nuuk n’a jamais autorisé l’entreprise à mener des explorations dans la région, pourtant protégée et particulièrement fragile.
Pour montrer à quel point il se tape de la loi, deux jours plus tard, Donald Trump publiait un photomontage le montrant dominant un village groenlandais, accompagné d’un sobre: «Hello, Greenland!»
Les Etats-Unis cherchent-ils à coloniser l’île par sa côte est, peu habitée, comme la Norvège avait tenté de le faire dans les années 1920? Seul l’avenir le dira.
The Guardian (EN)
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Votre correspondant.
Plus ou moins journaliste, plus ou moins photographe, j’aime les pancakes et les bonnes histoires. Historien de formation, aussi organisé que l’armée russe et ponctuel qu’un bus malien, je fuis les lourdeurs de l’administration dans les pays où il n’y en a plus. Après douze palus et trois typhoïdes en Afrique, je redécouvre les saisons en Ukraine.
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Avenue du Bouchet 2
1209 Genève
Suisse
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