Bonjour, c’est Lionel à New York où, pour l’instant du moins, la Coupe du Monde n’a même pas l’air d’avoir lieu. Ce qui n’est d’ailleurs pas pour me déplaire.

Au menu ce matin: diplomatie de la girouette avec Trump et l’Iran, entrée en bourse de SpaceX et fronde des médecins américains contre RFK Jr.

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Lionel Pousaz à New York
12.06.2026

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Les infos que j'ai retenues pour vous

Voltefaces à gogo de Trump sur l’Iran. Hier, le président américain a menacé de s’emparer des infrastructures pétrolières iraniennes, laissé planer une saisie de l’île de Kharg et de son port «dans un futur pas si distant» et assuré sur les réseaux que les Etats-Unis frapperaient l’Iran «TRES FORT DANS LA SOIREE» avant de se rétracter. En fin de journée, il évoquait un possible «accord» ce week-end – une déclaration démentie par Téhéran.

CNBC (EN)

Ouverture de la Coupe du Monde au Mexique. La cérémonie avait lieu à l’Estadio Azteca de Mexico City. En guise de sifflet de départ, Shakira et Burna Boy ont entonné Dai Dai, l’hymne officiel de la compétition. «Un spectacle époustouflant et une musique qui transcende les générations», dixit une journaliste sportive sur le fil live de la BBC. Il s’est ensuivi le premier match de la Coupe opposant l’hôte mexicain à l’Afrique du Sud (2 à 0).

BBC (EN)

Le lait suisse ne fait plus son beurre. Cremo, second transformateur de lait en Suisse, enregistre des pertes pour la sixième année consécutive. L’entreprise a réuni la crème de ses actionnaires hier pour une séance à huis clos. «Si Cremo tombe, l’industrie laitière suisse tombe», a lancé le président de la Fédération laitière valaisanne au micro de la RTS.

RTS (FR)

Sur Heidi.news

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En même temps que la présidence de la FIS, Johan Eliasch perd son statut de membre du CIO. | Keystone / EPA / Andrej Cukic

Pour une toute petite voix, Johan Eliasch perd la tête de la FIS. C’est l’épilogue de notre récente Exploration «Carton rouge dans le cirque blanc»: hier, le milliardaire suédo-britannico-géorgien a très chèrement vendu sa peau. Il s’est incliné d’un souffle (65-64) devant le Liechtensteinois Alexander Ospelt, élu jusqu’en 2030, avec énormément de pain sur la planche.

Heidi.news (FR)

Il est temps de raconter le monde

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Dans mon radar aujourd'hui

Entrée en bourse de SpaceX. Hier, à la veille de son introduction, l’entreprise muskienne était valorisée à 1,8 billion. Si les actions se vendent au montant de 135 dollars l’unité, comme l’espère la société, son sémillant patron deviendra aujourd’hui le premier humain à dépasser le millier de milliards (c’est-à-dire le billion) de dollars de fortune personnelle.

Marketwatch (EN)
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Des blocs de climatisation aux fenêtre d’un bâtiment new-yorkais.

Ca m'est arrivé cette semaine

Vous m’avez déjà entendu pester contre la climatisation aux Etats-Unis. Aux premières grimpées du thermomètre, on grelotte dans le bus, les bâtiments publics, les supermarchés. Au point de devoir parfois prendre un pull avec soi en pleine canicule. En hiver, c’est l’inverse. Les chauffages tournent à fond. Vous passez sans transition d’un blizzard venu tout droit du Grand Nord canadien à la serre tropicale des intérieurs. C’est qu’en Amérique, on n’apprécie guère les demi-mesures. Du coup, le  potentiomètre de la clim ou de la chaudière, on le tourne à coin.

Mais aujourd’hui, c’est jour de coming-out. Et donc, sachez que la clim, je ne suis pas contre. En ce moment, mon monosplit souffle une petite brise ravigotante. Je suis assis tout confort à mon bureau, tandis qu’au dehors la température frise les 35C. Je pense à vos misérables étés, de l’autre côté de l’Atlantique, et, pour les avoir vécus, je ne vous envie pas. Mon aveu, je le crains, nous vaudra la perte d’une dizaine d’abonnements et quelques courriers de lecteurs excédés. Pardonne-moi, Serge.

Aux Etats-Unis, circule d’ailleurs depuis quelques années le nom d’un pays devenu, pour une certaine frange de l’opinion, un symbole de l’irrationalité européenne. D’un pays qui a truffé ses lois de tracasseries et d’interdictions pour celles et ceux qui auraient l’outrecuidance de vouloir échapper à la fournaise. On y expierait la crise climatique comme un flagellant du Moyen Âge se lave de l’épidémie de peste noire, en souffrant dans l’extase, au purgatoire dans son petit appart chauffé à blanc (j’ai entendu peu ou prou cet argument à plusieurs reprises). Il s’agit bien sûr de la Suisse. 

Fédéralisme et sens du compromis obligent, la réalité est nuancée. Il n’empêche, dans les grandes villes, la plupart des locataires – la plupart des gens, donc – sont condamnés à essuyer les canicules du 21e siècle avec les moyens du 20e: ouvrir la fenêtre, faire souffler un ventilo sur une serviette mouillée, serrer les dents et attendre que ça passe. Pour certains, le traumatisme est réel. Des amis à moi, anciens Lausannois terrifiés à l’idée d’un été de plus dans leur bloc locatif des années 1950, ont déménagé sur les hauts du Jura. Et passé ainsi leur “meilleur été depuis dix ans”. Des réfugiés climatiques internes, en quelque sorte.

Il y a, je vous l’accorde, une certaine ironie à dépenser plus d’énergie pour mieux supporter un réchauffement dû à notre gabegie d’énergie. Mais l’impact climatique de la climatisation – au contraire des grosses cylindrées et du béton que l’on affectionne outre mesure en Suisse – dépend au final des sources d’électricité. Une climatisation sinon verte, du moins inscrite dans une certaine durabilité, ne relève pas du fantasme. Et je m’interroge sur les raisons sociales et culturelles qui font que l’air conditionné, plus que bien d’autres postes de dépenses énergétiques, soit devenu un tel enjeu moral.

Mon labo américain

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Les pères fondateurs en train de deviser. | Domaine public

Les pères fondateurs des Etats-Unis étaient-ils adeptes de la picole? Le Wall Street Journal propose une plongée teintée de sarcasme dans les délibérations de la Cour suprême. Par exemple, avec des débats sur l’alcoolisation supposée de certains des fondateurs du pays, pour savoir si les toxicomanes bénéficient du droit constitutionnel au port d’armes. Il faut dire que la plus haute instance du pays est dominée par un courant ultraconservateur dit «orginaliste», selon lequel le sens de la Constitution ne doit pas évoluer avec le temps – un peu comme la Bible pour les chrétiens fondamentalistes. Et donc, pour trancher sur des problèmes contemporains, les juges font plus que jamais appel au passé, quitte à se perdre en conjectures sur les intentions et la personnalité des auteurs du texte sacro-saint. Difficile de trouver une meilleure illustration du puritanisme qui sous-tend la société américaine.

Wall Street Journal (EN)

Des réfugiées iraniennes expulsées en République centrafricaine. Légalement, elles ne peuvent être renvoyées vers leur pays d’origine, où elles pourraient faire l’objet de représailles, voire de la peine de mort. Qu’à cela ne tienne. L’administration Trump les aurait expédiées hier en Centrafrique, pays avec lequel elles n’ont aucun lien. L’opération a été menée dans l’opacité. On ignore le nombre de ces malheureuses – elles seraient au moins deux dans un groupe d’une vingtaine de migrants iraniens, syriens et afghans à avoir été embarqués de force vers l’Afrique. L’avocat de l’une d’elles a témoigné de la «totale incrédulité» de sa cliente à la veille du départ. Pour se débarrasser des réfugiés inexpulsables vers leur pays d’origine, la Maison-Blanche a conclu des accords avec la Centrafrique, le Ghana, la Guinée équatoriale et l’Eswatini.

New York Times (EN)

Les médecins partent en guerre contre Robert Francis Kennedy Jr. C’est du moins le signal donné par la puissante American Medical Association, qui a élu à sa tête une présidente très remontée contre le secrétaire à la Santé et complotiste notoire. Sandra Fryhofer avait œuvré comme conseillère au sein du comité sur la vaccination, démantelé l’année dernière par Kennedy Jr. Elle l’a emporté auprès des plus de 200’000 membres de l’association contre son ancien président Michael Suk, adepte du compromis, en prônant la confrontation directe. Elle a notamment blâmé le secrétaire pour le retour de la rougeole, la chute du budget de l’assurance santé publique Medicaid et des paiements inadéquats aux médecins.

Politico (EN)

Une raison d'espérer

Une curieuse bibliothèque transnationale rouvre ses portes aux Canadiens. C’est une petite histoire à la fois drôle, un peu tragique, franchement absurde et pleine d’espoir. La Haskell Free Library and Opera House avait été ouverte en 1904 à cheval sur la frontière américano-canadienne. Pendant plus d’un siècle, les visiteurs venant du Vermont et du Québec circulaient librement dans l’établissement, où la frontière est marquée d’une ligne noire au sol. Depuis 2025, en application d’une directive de Washington sur la sécurité internationale, l’accès, situé du côté américain, était fermé aux Canadiens. Des résidents de la région se sont cotisés pour ménager une nouvelle entrée depuis le territoire québécois. L’histoire ne dit pas si les visiteurs de la Belle Province seront autorisés à outrepasser la ligne noire.

CBC (EN)
En direct de la Trumposphère
Pas à une contradiction près

Votre correspondant. Journaliste et communicateur scientifique, procrastinateur professionnel, je fais tout à la dernière minute. Cet autoportrait ne fait pas exception, bâclé depuis sa toute première édition, éternel et immuable dans sa médiocrité comme la Constitution américaine dans sa grandeur.

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