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Bonjour c’est Fabrice à Londres, où je teste une clinique de longévité. C’est un secteur en plein boom, surtout pour ma génération de… boomers, mais on en reparlera!

Parce qu’aujourd’hui, je voudrais vous partager une analyse visant à expliquer cette politique extérieure de Trump qui a envahi nos esprits.

Je pense qu’il se joue un duel entre le pétrole américain et les batteries chinoises.

Et à mon avis, le gagnant ne fait aucun doute.


Oh, et la publication du dossier Epstein vient de reprendre. J’en parle tout en bas.

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Fabrice Delaye à Londres
31.01.2026

L’idiot regarde le pétrole, le sage les batteries chinoises

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Présentation d’un nouveau modèle de batterie par CATL à Xiamen (Fujian), en Chine, le 18 décembre 2024. | Keystone / AP Photo/Ng Han Guan

Quand on cherche un dénominateur commun aux aventures désordonnées de la politique extérieure de Donald Trump, un suspect numéro un s’impose rapidement: la sécurisation des ressources naturelles, et au premier chef d’entre elles, le pétrole.

L’enlèvement du dictateur vénézuélien Nicolás Maduro au troisième jour de l’année a été suivi de l’annonce par la Maison-Blanche d’une prise de contrôle de la compagnie nationale Petróleos de Venezuela et de la livraison prochaine de 50 millions de barils depuis le pays, qui disposerait des plus grandes réserves d’or noir du monde.

Du Venezuela à la flotte fantôme

Les spéculations abondent sur les motivations de la politique de Trump depuis la répression en Iran. Mais, là aussi, l’ombre des derricks s’étend à mesure que se rapproche l’armada.

Enfin, de la saisie de tankers de la flotte fantôme russe à la cour assidue faite aux monarchies pétrolières du Golfe (un tiers des pays ayant rejoint le douteux Conseil de la paix de Donald Trump appartiennent à l’OPEP+) en passant par les œillades appuyées aux indépendantistes de l’Alberta, on retrouve de l’or noir dans la plupart des initiatives extérieures de l’administration Trump. (Au Groenland, où se trouve aussi du pétrole, l’enjeu est plutôt celui des terres rares, stratégiques du point de vue américain pour fabriquer des puces d’IA.)

Vous me direz que cette obsession pétrolière n’est pas vraiment une nouveauté s’agissant des États-Unis… Certes, mais cette fois cela pourrait surtout être une grosse erreur d’appréciation.

La Chine dans le viseur

Pour un certain nombre d’analystes, l’intervention au Venezuela, de même que l’arraisonnement de tankers fantômes russes et les pressions sur l’Iran seraient destinés à couper le robinet d’un pétrole sous sanction acheté bon marché par la Chine. Elle est donc destinée avant tout à affaiblir Pékin.

Les arguments ne manquent pas. Quinze pour cent de la production mondiale de pétrole fait actuellement l’objet de sanctions occidentales. Le marché noir est estimé à 6 millions de barils par jour (5% du marché total). Et la flotte des pétroliers fantômes (russes, mais pas seulement) transporterait jusqu’à un cinquième du fret maritime de pétrole, selon le marché d’assurance Lloyds.

Premier importateur mondial de pétrole aujourd’hui (11,4 millions de barils par jour), la Chine tirerait le tiers de ses importations du Venezuela, de l’Iran et de la Russie. Les raffineries indépendantes chinoises de la région du Shandong achèteraient jusqu’à 90% du pétrole brut iranien sous sanctions. Couper ce robinet reviendrait donc à couper les ailes de Pékin.

Sauf que la Chine a stocké bien au-delà de ses besoins à court terme ce pétrole. Et que même si elle épuise ses réserves, rien ne lui interdit d’acheter son pétrole au prix du marché. C’est 10% plus cher qu’au marché noir actuellement. Mais avec plus de 1000 milliards de dollars d’excédents commerciaux, elle a largement de quoi se le permettre.

La Chine peut aussi trouver d’autres fournisseurs comme le Canada, dont le brut lourd risque d’être remplacé par le pétrole soufré venu du Venezuela dans les raffineries texanes du golfe du Mexique. De ce point de vue, le récent voyage à Pékin du Premier ministre canadien Mark Carney n’a probablement rien d’une coïncidence.

Un baril en chute libre

Qui plus est, la stratégie américaine pour faire encore baisser les cours de l’or noir sert Pékin. Depuis l’élection de Trump il y a un an, le prix du baril se comporte en effet de manière surprenante. Historiquement, quand le dollar baisse, les cours du brut augmentent. Comme ils sont payés en dollars, les pays producteurs réduisent leur production afin de récupérer la même manne en faisant gonfler les cours…

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Pendant ce temps, sur Heidi.news

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Rex Chouk, pour Heidi.news

Riyad va-t-elle évincer la Genève internationale? Sous les ors du Ritz-Carlton, la première édition du Beyond Profit Forum, qui s’est tenue en décembre 2025 dans la capitale saoudienne, veut faire du royaume wahhabite un hub pour les organisations à but non lucratif. Et si le régime peut se refaire une virginité au passage, c’est toujours ça de pris. Notre reporter y était, décidé à saisir les ressorts de cette philanthropie à la saoudienne.

«Jouvence d’Arabie», épisode 2

Expat nanti ou travailleur pauvre: en Arabie saoudite, deux salles, deux ambiances. L’Arabie saoudite attire un nombre croissant de travailleurs étrangers qualifiés et grassement payés – ce sont les «expats». À l’autre bout du spectre de cette société très stratifiée, les petites mains du royaume, venues d’Asie du Sud, construisent le pays à moindre frais – ce sont les «travailleurs étrangers».

«Jouvence d’Arabie», épisode 3
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Rex Chouk, pour Heidi.news

Le dessin de la semaine

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Pitch Comment, pour Heidi.news

Des nouvelles de l’ICE. Le shutdown (la fermeture du gouvernement américain et de ses administrations) a été évité cette semaine suite à un accord in extremis entre Républicains et Démocrates au Congrès. La question spécifique du financement de la police de l’immigration (ICE) est renvoyée à plus tard. Toutefois, le pays se prépare à un shutdown citoyen – des manifestations et une grève de la consommation – ce week-end. Les huit décès attribués à l’ICE depuis le début de l’année seront-ils suffisants pour convaincre les citoyens américains de se mobiliser au-delà des opposants à Trump?

Pendant ce temps, devinez qui la délégation américaine a l’intention d’emmener dans ses bagages, aux Jeux olympiques de Milan-Cortina qui commencent dans une semaine? Ni plus ni moins que l’ICE… Des agents du service des enquêtes de la sécurité intérieure, une des deux principales branches de la police de l’immigration, seront chargés d’apporter leur soutien à la sécurité des athlètes américains et de leur entourage. La nouvelle a suscité une levée de boucliers en Italie, et confirme s’il en était besoin que l’ICE fonctionne de plus en plus comme une milice politique à tout faire.

Guardian (EN)

Il est temps de raconter le monde

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De bonnes lectures

Pourquoi la patronne de l’espionnage américain enquête-t-elle sur le trucage des élections? L’opération de saisie des bulletins de vote du comté de Fulton en Georgie, qui a joué un rôle crucial pour faire basculer l’élection américaine de 2020 en faveur de Joe Biden, a curieusement été supervisée non par le FBI, dont ce devrait être le rôle, mais par la patronne du renseignement extérieur des États-Unis, Tulsi Gabbard. Soupçonne-t-on une ingérence étrangère dans ce suffrage contesté par Trump? Ou la politicienne qui supervise la CIA tente-t-elle de retrouver les faveurs de son boss, après avoir été écartée de l’intervention au Venezuela? Le Wall Street Journal s’interroge.

Wall Street Journal (EN)

Qui est Gestapo Barbie? Elle est la patronne du département américain de l’Intérieur, et donc des polices de l’immigration (ICE) et des frontières (CBP) responsables des meurtres de deux civils américains à Minneapolis ces derniers jours. Kristi Noem, que les Américains surnomment au choix ICE Barbie ou Gestapo Barbie, pourrait faire les frais de ce fiasco sécuritaire si Trump se décide à en faire son fusible. Serait-ce une grande perte? Le Guardian tire le portrait de l’intéressée, qui s’est vantée dans un livre d’avoir euthanasié son chien à coup de fusil et a pris la pose avec une Rolex à 50’000 francs devant un camp de prisonniers de la dictature salvadorienne.

Guardian (EN)

Une ministre de la Justice qui fait enfin son travail? La ministre de la Justice américaine Pam Bondi se recentre-t-elle sur sa mission essentielle? Elle vient de lancer un programme qui offre une récompense d’un million de dollars aux lanceurs d’alerte témoins de pratiques monopolistiques ou de fraudes sur la concurrence d’entreprises. Peut-être a-t-elle été échaudée par la démission du procureur de Virginie Lindsay Halligan suite à ses échecs à poursuivre des ennemis politiques du président, ou par les six procureurs fédéraux écartés des enquêtes sur les exécutions de Renee Good et Alex Pretti à Minneapolis. L’arrestation du présentateur de CNN Don Lemon par le Département de Pam Bondi suggère néanmoins qu’il lui est est difficile de se défaire de certaines habitudes d’abus de pouvoir…

The Hill (EN)

Dernière minute. Vous l’attendiez, le DoJ l’a fait: 3 millions de pages supplémentaires du dossier Epstein viennent d’être publiées par le ministère américain de la Justice sur son site dédié. S’y ajoutent 2000 vidéos et 180’000 images. Le ministère précise qu’il existe dans le lot de «fausses accusations» contre Donald Trump. «Pour être clair, ces allégations sont infondées et fausses, et si elles avaient la moindre once de crédibilité, elles auraient très certainement déjà été employées pour porter atteinte au président Trump», conclut le communiqué. On vous laisse juges… En tout cas, certains documents (comme celui-ci) comportent des accusations absolument gravissimes à l’encontre du président américain, qui pourrait cette fois avoir du mal à échapper à une procédure de destitution.

Minstère américain de la Justice (EN)
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Une des accusations extrêmement compromettantes contre Trump contenues dans ce nouvel ensemble de fichiers. https://www.justice.gov/epstein/files/DataSet%2010/EFTA01660651.pdf

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