Bonjour, c’est Annick pour ce nouveau Point fort dédié à la pollution aux dioxines constatée à Lausanne.
Des analyses pour évaluer la concentration de dioxines dans l’organisme des Lausannois ont été annoncées la semaine dernière. Mais tout est encore très flou. |
Avant d'entrer dans le vif
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Quelle dose de dioxines dans le corps des Lausannois?
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Keystone / Laurent Gilliéron
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➢ La semaine dernière, le canton de Vaud et la ville de Lausanne ont présenté les résultats des analyses, effectuées en 2022, de la présence de dioxines dans les sols de la capitale vaudoise. Vassilis Venizelos, conseiller d’Etat en charge de l’environnement a été très clair:
«Il s’agit d’une pollution d’une ampleur inédite, dans un contexte urbain dense.»
➢ La pollution provient de l’ancienne usine d’incinération de déchets du Vallon (photo ci-dessus) et de nouvelles émanations n’ont pas été constatées. Les autorités sanitaires se sont voulues rassurantes. On est loin de la catastrophe de Seveso de 1976.
➢ Mais on est face à une exposition prolongée et à bas bruit de la population vivant dans les zones polluées. La particularité des dioxines est de s’accumuler dans l’organisme. Une longue exposition représente donc des risques pour la santé résumés ainsi par l’OMS:
«Les dioxines sont très toxiques et peuvent provoquer des problèmes au niveau de la procréation, du développement, léser le système immunitaire, interférer avec le système hormonal et causer des cancers.»
➢ Des analyses sont donc nécessaires auprès de la population lausannoise pour en avoir le cœur net et agir en conséquence. Les questions auxquelles les études doivent répondre sont les suivantes:
● Quelle concentration de dioxines les Lausannois ont-ils dans l’organisme?
● Comment quantifier cette dose et selon quels critères?
● Quels risques encourent-ils avec cette exposition prolongée?
Un projet a été annoncé la semaine dernière et un second est également discuté.
A Unisanté.
➢ L’institut de santé publique a été mandaté pour mener une étude d’imprégnation grâce à un questionnaires et à des analyses sanguines.
➢ Le sujet est tellement sensible que la méthodologie annoncée doit être repensée suite à l’intervention d’une commission d’éthique. Elle devrait néanmoins débuter en mars, sans qu’il soit possible aujourd’hui de connaître le protocole d’étude et comment, concrètement, les analyses seront menées.
Au CHUV.
➢ Lors de l’inauguration du Lactarium (banque de lait maternel) en mai 2022, l’hôpital universitaire assurait que le lait des donneuses était sûr et de qualité.
➢ Mais dans ce lait, on n’analyse pas les concentrations de dioxines, substances qui s’accumulent dans les graisses. Un projet de recherche était envisagé. Si «l’intention d’investiguer cette question» est toujours d’actualité au CHUV, la «démarche n’en est qu’au stade des réflexions».
➥ Les Lausannois devront donc patienter encore avant de savoir à quel point ils sont chargés de dioxines.
Heidi.news (FR)
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Capture d’écran du guichet cartographique cantonal
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Cinq zones de pollution = cinq recommandations.
Depuis la découverte de la pollution aux dioxines à Lausanne, les autorités ont adapté les recommandations sanitaires et aussi le périmètre concerné. Entre octobre 2021 et janvier 2022, on passe ainsi de quatre à cinq zones de contamination et les régions concernées sont élargies. Les plus foncées sont les plus polluées, les plus claires les moins touchées.
➢ Chaque catégorie est associée à des recommandations sanitaires que l’on peut découvrir sur une carte interactive.
● Zone V (la plus foncée) = Renoncer à la consommation d’œufs et de cucurbitacées. Peler les légumes racines. Consommation sans restriction des autres fruits et légumes. Limiter les risques d’ingestion involontaire de terre.
● Zone IV = Renoncer à la consommation d’œufs et de cucurbitacées. Peler les légumes racines. Consommation sans restriction des autres fruits et légumes.
● Zone III = Renoncer à la consommation d’œufs. 100g cucurbitacées/semaine/personne. Peler les légumes racines. Consommation sans restriction des autres fruits et légumes.
● Zone II = 1 œuf/personne/semaine. 100g cucurbitacées/semaine/personne. Consommation sans restriction des autres fruits et légumes.
● Zone I (la plus claire) = 1 œuf/personne/semaine. Consommation sans restriction des fruits et légumes.
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Nettoyage de l’héritage toxique suisse.
La vaste pollution à la dioxine découverte à Lausanne en a surpris plus d’un et a suscité des inquiétudes quant aux conséquences sanitaires, aux coûts de nettoyage et à l’ampleur du problème. La Suisse est peut-être connue pour sa beauté naturelle époustouflante, mais des milliers de sites contaminés par divers autres polluants doivent encore être assainis.
Swissinfo (EN)
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Des dioxines dans l’alimentation.
Comment l’affaire des dioxines dans le porc irlandais en 2008 a bouleversé l’évaluation de ces substances par l’Efsa, autorité européenne de sécurité des aliments. Un historique récent qui a permis de mieux évaluer le risque d’une exposition prolongée pour la santé humaine.
EFSA (FR)
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