Bonjour, c’est Jade pour vous parler de culture avant ce long week-end (pas de Point Coronavirus lundi pour cause de Pentecôte).

Après la série de manifestations annulées, place aux «irréductibles», ces festivals qui muent pour continuer d’exister. Je donne aussi la parole à l’actrice suisse Noémie Schmidt, pour qui cette période est propice à l’émergence d’un nouveau cinéma.

Jade Albasini, Sion
29.05.2020


«Le Festival de Cannes annulé, c’est le cadet de mes soucis»

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Noemie Schmidt en mars 2019 à Renens. Photo: KEYSTONE/Jean-Christophe Bott

Actrice suisse au firmament à Paris, Noémie Schmidt garde des idées bien ancrées dans la réalité. Plus proche des mouvements sociaux comme Extinction Rebellion que des soirées paillettes sur la Croisette, la Valaisanne ne mâche pas ses mots. L’industrie du cinéma souffre, mais pour elle, la vraie crise, c’est le manque d’eau, d’air pur et de culture alternative. Elle revient avec nous sur cette période hors du commun et les conclusions qu’elle en tire.

Après avoir connu un succès fulgurant en quelques années - elle a partagé la tête d’affiche aux côtés de Claude Brasseur dans L’étudiante et Monsieur Henry, a explosé à l’international dans la série Versailles de Canal+ avant de revenir en force dans la comédie Radin avec Dany Boon- Noémie Schmidt prend une autre direction. Ce qui inspire cette âme rebelle? Des productions indépendantes. Elle s’engage dans des projets plus expérimentaux, comme Paris est à nous en 2019, une oeuvre originale à voir sur Netflix. «Avec mon collectif, on essaie de contribuer à une autre version du cinéma. Pendant la crise, on a finalisé un scénario qui reflète les contraintes de notre époque. On va filmer le déconfinement, le pays qui se réveille, des gens qui rêvent autrement.» Pour répondre aux restrictions de cette période inédite, l’équipe se relayera. «Le film mettra en abîme ce que la pandémie a révélé. Le rôle de l’art, c’est de dénoncer mais aussi de créer des ponts».

Un confinement alternatif
«Les salles de cinéma fermées ou le Festival de Cannes annulé, c’est le cadet de mes soucis. Ça n’a pas de prégnance sur moi car ça fait longtemps qu’on se bat pour que les rapports de force se modifient dans ces sphères, et cette crise nous offre une occasion de nous remettre en question», ose celle qui revient sur le point de rupture de la cérémonie des Césars quelques semaines avant le confinement. A l’ère post-MeToo, le fait que le réalisateur Roman Polanski, alors accusé de viol, soit récompensé l’a piquée à vif. «C’était un symbole absolu, et je l’ai vécu personnellement. Comme l’a brillamment dit la comédienne Adèle Haenel: Ils voulaient séparer l’homme de l’artiste, ils séparent aujourd’hui les artistes du monde.»

Quelques jours plus tard, c’est à la campagne, séparée du monde parisien, qu’elle passera son confinement drastique à la française. «Tout le monde a souhaité fuir dans la nature. J’ai eu la chance d’avoir des bons copains pour pouvoir le faire. Je suis ravie d’entendre de plus en plus de proches parler d’autosuffisance, d’autonomie par rapport au système. Il y a une prise de conscience, surtout dans ma génération car nous morflons», clame la jeune femme de 29 ans.

Entre la précarité lancinante, le manque de perspectives professionnelles ou les dégâts écologiques, l’actrice constate les misères. Et pas seulement pour les travailleurs du 7ème art mais dans tous les milieux. En France et en Suisse. Pour cette volontaire, l’heure est au changement. Et ce n’est pas une utopie d’«hippie anticapitaliste» mais bel et bien une urgence. «C’est sûr, l’industrie du cinéma paie cher. C’est l’occasion de faire émerger des systèmes alternatifs», explique la Sédunoise, consciente qu’elle perdra des opportunités professionnelles, mais que ce n’est pas la priorité.

Touchée par la détresse du milieu culturel suisse -uni, il demande dans une lettre ouverte au Conseil Fédéral le maintien des mesures d’aides pour une période prolongée malgré la réouverture des théâtres au 8 juin- Noémie Schmidt revient sur la protection de la profession avec un statut d’intermittent (et sa caisse de cotisation indépendante) comme dans l’Hexagone. Elle pense que les Suisses devraient aussi pouvoir en bénéficier. «J’envoie du courage et de la force à tous les artistes. J’ai aussi envie de leur dire que c’est le moment d’inventer, de se surpasser. Ça va être dur, mais on va s’entraider», conclut l’enfant du Vieux-Pays qui prévoit un retour dans ses terres cet été pour retrouver ses grands-parents.


Ces festivals qui muent pour exister en 2020

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Photo: quephotographique - Palp Festival

Été 2020, tous les festivals sont annulés pour cause de Covid-19… Tous? Non! Des événements culturels peuplés d’irréductibles comme le PALP en Valais, le far° à Nyon ou le Belluard à Fribourg résistent encore et toujours à l’envahissant virus.

Les assouplissements annoncés le 27 mai par le Conseil Fédéral ont levé la contrainte portant sur les regroupements de plus de 5 personnes. Dès le 6 juin, 300 individus pourront se retrouver dans un même espace, non sans quelques restrictions. Une décision accueillie avec tiédeur par le monde culturel puisqu’une partie du secteur reste encore bloquée. Mais cette nouvelle jauge relance concerts et performances qui s’inscrivent à nouveau dans le calendrier.

Plusieurs jours avant que l’annonce tombe, une poignée de festivals romands bravaient déjà «seuls» le fléau Covid-19 qui a terrassé l’offre culturelle. Leur dessein? Pallier au désert artistique qui a suivi la cascade d’annulations. Ces «irréductibles» ont tenu à maintenir leur présence dans l’agenda 2020. De plus petite taille que les géants comme Paléo ou le Montreux Jazz qui n’avaient d’autres choix que de biffer l’année, ils ont décidé -envers et contre tout- de remodeler leur programmation, transformant de manière créative leurs plans initiaux. Alors qu’ils réfléchissaient à des formats pour «mini-public», ils peuvent dorénavant envisager une plus grande audience. Tour d’horizon de ces festivals résistants…

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Une raison d'espérer

Accès illimité à la culture pour les jeunes L’AG culturel, c’est un abonnement illimité pour 100 francs par an à plus de 200 lieux artistiques répartis dans plusieurs cantons romands. Touchant d’abord les adolescents jusqu’à 20 ans, cette offre découverte s’étend dès le mois de juin aux jeunes adultes jusqu’à 25 ans. Et les premiers chiffres sont encourageants. En comparant le mois de mai 2019 et mai 2020, il y a 50% d’abonnés supplémentaires malgré le coronavirus. «C’est un excellent signal», se réjouit Mathieu Bessero-Belti, l’administrateur du projet.

L’AG culturel (FR)

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397 personnes en quarantaine et un nouveau Monsieur coronavirus. Stefan Kuster, responsable de la division des maladies transmissibles de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), a mené son premier point de situation sur le coronavirus ce 29 mai. Pour se première conférence de presse, il a annoncé le décès d’un nourrisson des suites du Covid-19. Une première en Suisse. Il a également présenté les chiffres du nombre de personnes placées en isolement et en quarantaine dans le pays. Le médecin généraliste et infectiologue zurichois a officiellement repris les rênes de la division Maladies transmissibles le 1er avril 2020. Il remplace de Daniel Koch et devient le nouveau Monsieur coronavirus du pays. C’est un visage qui va devenir familier, comme celui de son prédécesseur.

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«L’industrie pharmaceutique jouera le jeu pour les pays pauvres.» Dans un appel rendu public ce vendredi, l’OMS et trente pays appellent la communauté internationale à mettre en commun les connaissances et les données concernant la pandémie de Covid-19 afin d’y mettre fin le plus vite possible. Surtout, elle propose que la fondation Medicines Patent Pool, basée à Genève, soit l’instrument qui rendra accessible à une large population les futurs médicaments et vaccins. Sa présidente Marie-Paule Kieny connaît bien l’industrie pharmaceutique, où elle a commencé sa carrière, mais surtout l’OMS, dont elle fut numéro deux. Entretien exclusif.

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Comment un projet de surveillance a presque prédit le virus. La biologiste belge Anne Laudisoit est épidémiologiste au sein d’Ecohealth Alliance, une ONG américaine qui travaille sur les maladies émergentes, en particulier les zoonoses virales. Confinée en Ouganda, elle nous raconte comment un ambitieux projet de surveillance virale a presque prédit l’émergence du virus responsable de Covid-19 en étudiant les pathogènes circulants chez les animaux.

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L’application SwissCovid à l’épreuve du feu. Pour l’application de contact tracing numérique suisse, c’est une forme d’épreuve du feu. L’OFSP a en effet indiqué le 28 mai 2020 débuter un test public de sécurité de son application smartphone SwissCovid. Celle-ci peut d’ores et déjà être téléchargée, en tout cas pour les smartphones Android compatibles. Il s’agit d’un test grand public, où l’application ainsi que sont code source sont dévoilés aux futurs utilisateurs.

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Le Conseil fédéral refuse de trancher sur le remboursement des soins. Face à la répartition complexe des coûts de la santé relatifs au coronavirus, la Commission de la santé publique du Conseil national a déposé une motion demandant que le Conseil fédéral invite les assureurs, les hôpitaux et les cantons à négocier rapidement et de façon définitive la répartition de ces coûts. À défaut d’accord, la motion demandait au gouvernement d’édicter des règles. Le texte, destiné à mettre fin aux inégalités de traitement, notamment sur le remboursement des dépistages, a été rejeté par le Conseil fédéral, pour qui la situation est suffisamment claire.

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Le Tribunal fédéral contraint-il vraiment les employeurs à verser une indemnisation aux employés en cas de télétravail? La crise du coronavirus met de nombreuses entreprises et salariés en grande difficulté. Des mesures de soutien ont été décidées et connaître ses droits est plus important que jamais. C’est pour ça que Heidi.news a créé un espace de questions-réponses juridiques.

Heidi.news (FR)

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