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Bonjour, c’est Florent pour votre premier Point fort scientifique de l’année.

Aujourd’hui, nous discutons avec le président de l’Académie suisse des sciences naturelles de la place de la science dans le débat public. Nous nous penchons également sur la difficulté de capturer le CO2 dans l’air et sur des satellites permettant de limiter la déforestation.

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Florent Hiard, Lausanne

04.01.2021

«Nous manquons de recul sur la pandémie, mais pas sur le climat»

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Philippe Moreillon

L’Académie suisse des sciences naturelles (Scnat) s’exprime de plus en plus régulièrement dans le débat public et politique sur les sujets associés à la science et à l’environnement. Elle donnait encore récemment son avis sur la loi sur le CO2. Philippe Moreillon, son président depuis l’été dernier, revient pour Heidi.news sur ce rôle de conseil de la Scnat et les projets de l’Académie.

Heidi.news — Vous avez été nommé président de la Scnat en juin dernier, en plein milieu de la pandémie de Covid-19. En tant que microbiologiste et infectiologue, comment voyez-vous la situation?

Philippe Moreillon — Nous avons, paradoxalement, la chance incroyable que ce virus ne tue que peu les jeunes et les enfants. Ce sont les personnes âgées et les personnes fragiles qui en souffrent le plus directement. Mais nous ne connaissons pas encore tous les effets à plus long terme du virus sur les plus jeunes. Les efforts sociétaux extraordinaires que nous fournissons pour bloquer sa propagation sont historiques, avec des conséquences dramatiques, rappelant d’autres grandes crises sanitaires et économiques ou des conflits planétaires du siècle dernier.

Ce que je trouve fascinant dans cette pandémie, c’est que même si on a pu faire des avancées remarquables dans la connaissance du virus, de ses protéines de surface, de son mode d’infection et même sur la façon de développer un vaccin, la véritable réponse à cette crise est pour l’instant comportementale et s’inspire de mesures sanitaires remontant à plusieurs siècles, telles le confinement, appelé «serrade» pendant la peste des années 1700. Sur le plan comportemental, le vaccin est déjà remis en doute par certains. Vous aurez beau développer une réponse élaborée, à la fin c’est le citoyen qui décide.

Que ce soit avec la pandémie ou la crise climatique, les questions scientifiques ont rarement été autant présentes dans le débat public. Quel rôle la Scnat joue-t-elle à ce niveau?

Les buts de la Scnat sont multiples. Il s’agit évidemment de répandre la culture scientifique mais aussi d’être un interlocuteur pour les acteurs politiques et la population. L’avantage lorsque la Scnat donne son avis, que ce soit spontanément ou suite à une sollicitation, c’est qu’il n’y a pas de conflits d’intérêts. Nos règles internes sont très strictes sur ce plan. C’est ce qui permet d’être libre dans le rôle de conseil et de ne pas être politiquement correct lorsque c’est nécessaire pour pointer ce qui ne va pas.

C’est ce que la Scnat a fait pour ses dernières prises de position vis-à-vis des stratégies climatiques et énergétiques?

Oui. Les propositions récentes de nos autorités sur la loi sur le CO2, l’énergie et l’initiative sur le climat et les glaciers sont certes louables, mais ces lois ou projets de lois manquent d’une stratégie globale. Par exemple la loi sur CO2 n’évoque pas les autres gaz à effet de serre, et la stratégie énergétique n’intègre pas la biodiversité et l’environnement, qui eux sont évoqués dans l’initiative sur le climat et les glaciers. Chacun de ces thèmes se retrouvent ainsi dans une loi ou un texte différents alors qu’ils convergent tous vers une même question, à savoir l’évolution à court et moyen terme de l’environnement au sein duquel nous vivons

A cela s’ajoute le manque d’objectifs intermédiaires clairs. On ne peut pas attendre 2050 pour voir si les décisions prises 30 ans plus tôt ont été respectées ou non. Les politiques peuvent pourtant appliquer des mesures contraignantes lorsque les enjeux le nécessitent. Elles l’ont fait avec succès entre 1985 et 2000 en limitant de façon stricte les chlorofluorocarbures réfrigérants et le souffre dans les énergies fossiles, responsables du trou dans la couche d’ozone et des pluies acides, respectivement.

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Nettoyer l’atmosphère de son CO2, est-ce bien réaliste?

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Installation de Climeworks dans le canton de Zurich | GAETAN BALLY/KEYSTONE

Alors qu’un groupe de chimistes a annoncé, mi-décembre, la mise au point d’un procédé de production de carburants d’avion à partir de CO2, les efforts se multiplient capturer ce gaz dans l’air, et ainsi lutter contre le réchauffement climatique. Si l’idée est séduisante sur le papier, ces «arbres artificiels» ont-ils réellement la capacité d’agir sur le climat?

Pourquoi c’est important. De nombreuses startups se sont lancées dans l’aventure de la capture directe dans l’air (DAC) à l’image de la firme suisse Climeworks, fondée en 2009. Elles tablent sur l’essor des politiques publiques de taxation du carbone pour faire fructifier leurs technologies et leurs revenus, avec la promesse de contribuer de manière efficace au respect des engagements climatiques pris par la communauté internationale en 2015 à Paris. Mais pour que ces technologies nous permettent de rester sous la barre des +2°C, il faudrait y consacrer pas moins de la moitié de notre consommation d’énergie actuelle…

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Les mots pour mieux comprendre la croissance exponentielle du Covid-19

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Les chiffres suisses du Coronavirus en Suisse au 10.12.2020. Photo: corona-data.ch

Le nombre de cas de Covid-19 croît de manière exponentielle. «Exponentiel» est un terme que le grand public a redécouvert à la faveur de la pandémie. Mais pourquoi nous avons tant de mal à évaluer correctement ce type de croissance?

Pourquoi c’est important. Qu’il s’agisse de nombre de cas de Covid-19, d’algues sur la surface d’un lac ou même d’argent sur notre compte d’épargne, si quelque chose croît de manière exponentielle, nous en sous-estimons systématiquement l’ampleur. Car la croissance exponentielle est contre intuitive, et cela a pu poser problème pendant la pandémie. Certaines personnes qui estimaient mal la vitesse de propagation du virus ont considéré que les mesures de distanciation sociales étaient exagérées, et étaient donc moins disposées à les respecter.

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Une raison d'espérer

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Global Forest Change/ Université du Wisconsin

La surveillance satellite permet de réduire la déforestation en Afrique. La mise en place d’une surveillance par satellite de la déforestation a permis de faire chuter la probabilité de celle-ci de 18% dans plusieurs pays d’Afrique. C’est la conclusion de l’équipe à l’origine du projet Global land analysis and discovery de l’université du Wisconsin qui publie ses résultats ce lundi 4 janvier dans Nature Climate Change. Les auteurs notent cependant que cette réussite n’est pas au rendez-vous sur d’autres continents où le projet est également testé.

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En Sciences pendant les vacances

Si vous les aviez ratés, voici quelques articles publiés durant les fêtes sur le Flux Sciences de Heidi.news.

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Aqtaw, Kazakhstan, en bordure de la mer Caspienne | AnastassiyaL (Creative Commons)

Lacs et mers intérieures: les oubliés du changement climatique. Qui se soucie vraiment du devenir des lacs et mers intérieures, victimes pourtant eux aussi des effets du changement climatique? Pas grand monde, s’inquiètent un groupe d’experts allemands et néerlandais.

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Ce que nous avons fait face au Covid, pourrait-on le faire pour le climat? Début 2020, le monde découvrait le virus SARS-Cov-2 et les mesures drastiques pour contrer la pandémie de Covid-19. Une crise globale et sans précédent entraînant des difficultés internationales, cela devrait pourtant nous rappeler quelque chose: la crise du climat.

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Les enfants savent lire les émotions malgré le masque. Bonne nouvelle! Le masque n’altère pas plus la capacité des enfants à lire les émotions que les lunettes de soleil, selon une étude américaine.

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Comment l’intelligence artificielle traque le travail forcé. En analysant des images satellite à l’aide d’un algorithme d’intelligence artificielle, l’ONG Global Fishing Watch et l’Université de Californie parviennent à repérer les bateaux de pêche les plus susceptibles d’employer des travailleurs forcés. Les deux partenaires montrent que cette activité criminelle concernerait près d’un quart des navires analysés.

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Dix bonnes nouvelles pour le climat en 2020. L’année 2020 a-t-elle de quoi rendre optimiste face au changement climatique? Au milieu du flot de mauvaises nouvelles de 2020, nous avons listé, de manière non exhaustive, dix raisons importantes de continuer à espérer pour le climat.

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Pourquoi les applications de rencontre ne tuent pas l’amour. Il faut se résoudre à revoir ses préjugés sur les applications de rencontre pour smartphones. Une étude de l’Université de Genève prend un malin plaisir à démonter les a priori et l’affirme haut et fort: ces outils, bien que fonctionnant sur le principe du «balayage» motivé par des critères exclusivement esthétiques, «ne détruisent pas l’amour». Bien au contraire.

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Pendant ce temps sur Heidi.news

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Les vaccins aussi efficace contre la contagion? Efficace contre les Covid graves, le vaccin de Moderna le serait aussi pour limiter la contagion. C’est important car si les personnes vaccinées peuvent quand même attraper la maladie sans développer de symptômes mais en étant contagieuses, la protection collective indirecte induite par la vaccination verrait son efficacité diminuer. Et le seuil nécessaire pour atteindre l’immunité collective augmenterait.

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La confiance et le vaccin. «La frustration de grands pans de la société induit une résistance à la vaccination jusque dans des cercles qui dépendent de manière vitale de son application généralisée comme les soignants», nous explique Thierry Courvoisier, astrophysicien et ancien président des Académies suisses des sciences. «Ces personnes ne sont pas à compter parmi celles qui ignorent les bénéfices de la vaccination en général. Leur refus est à chercher ailleurs.»

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Retour en mer pour l’Ocean Viking. En juillet 2020, le BD Reporter Hippolyte, qui devait embarquer à bord de l’Ocean Viking de SOS MEDITERRANEE, se rend durant plus d’un mois à Marseille, puis en Sicile pour documenter et raconter ce navire bloqué à quai par les autorités italiennes. C’est finalement en ce début 2021, qu’il prend la mer et reprend son journal de bord sur le navire enfin libéré.

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Florent Hiard est journaliste scientifique chez Heidi.news, et ancien assistant-diplômé en géosciences à l’Université de Fribourg. Pour lui écrire, c’est par ici

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Séance de rattrapage avec l'édition du 21.12.2020

À bientôt

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