Je partage | Je m'inscris

Bonjour, c’est Florent pour votre Point fort dédié aux sciences et au climat. Ce soir, nous parlons d’une mouche ayant volé un gène à des plantes normalement toxiques pour elle. Une tactique qui pourrait cependant se retourner contre elle.

Nous explorons également le microbiote des animaux, qui s’avère très peu connu. Profitez de votre lecture, car le Point fort sciences sera en congé la semaine prochaine, lundi de Pâques oblige.

photo journaliste

Florent Hiard, Lausanne

29.03.2021

Elle vole un gène, ça finit mal

Photo article

Jixing Xia et Zhaojiang Guo

Génétique. Comment un puceron peut-il se nourrir de plantes normalement toxiques pour lui? En lui volant un gène neutralisant les-dites toxines, selon une étude réalisée par deux équipes chinoise et neuchâteloise. Il ne s’agit pas tout à fait d’une première, mais la méthode employée ouvre une nouvelle piste de lutte contre ce ravageur présent sur toute la planète.

Pourquoi c’est important. Les mouches blanches — ou aleurodes —sont des ravageurs proches des pucerons. Originaires d’Asie, ils ont profité des activités humaines pour se disperser à travers le globe. Friands d’un large panel de végétaux, ils sont capables de se nourrir de plantes comme la tomate ou le tabac qui produisent pourtant des toxines, les glycosides phénoliques. Ils provoquent de nombreux dégâts dans les champs et dans les serres.

Le jeu de l’arroseur arrosé. L’intention des chercheurs était de déterminer comment s’y prend l’insecte pour neutraliser ces toxines. En parcourant son génome, les auteurs ont remarqué un gène étonnamment proche de celui présent chez les plantes qui produisent les glycosides phénoliques… et qui leur permet e ne pas s’intoxiquer elles-mêmes avec leurs propres défenses chimiques.

Aucun gène similaire n’a pu être trouvé chez les autres groupes d’insectes, les auteurs en ont donc déduit que la mouche blanche l’avait acquis au cours de son évolution en le récupérant directement chez les plantes dont elle se nourrit… par transgénèse, autrement dit un «vol» de gène.

Lire la suite sur Heidi.news (FR)

Le journalisme de précision qui répond à vos questions. Abonnez-vous!

Le microbiote animal, un monde à explorer

Photo article

E. Coli | Domaine public

Animaux. En analysant le microbiome — c’est-à-dire, la diversité génétique du microbiote — de plus de 180 espèces animales sauvages, des chercheurs y ont découvert des centaines de bactéries… dont près de 75% étaient totalement inconnues! Et si l’humain arrêtait de se regarder le nombril?

Pourquoi c’est intéressant. La recherche sur le microbiome est aujourd’hui presque uniquement tournée vers le microbiome humain et ses applications biomédicales. Ce microbiome animal a pourtant aussi du potentiel, non seulement pour inventer de nouveaux médicaments, mais aussi pour comprendre la façon dont s’adaptent les espèces, mieux protéger la biodiversité, voire dégrader certains produits toxiques dans l’environnement.

Plongée dans l’inconnu. Ces recherches, qui résultent d’un effort considérable de collecte et de séquençage d’échantillons de fèces d’origine animale, sont publiées dans la revue Science. Les microbiomes de pas moins de 180 espèces différentes ont été analysés.

Résultat: les biologistes y ont détecté quelque 5000 génomes, dont au moins 1200 espèces bactériennes.

Heidi.news (FR)

Une raison d'espérer

Photo article

Jean-Christophe Bott/ Keystone

Détecter les laves torrentielles avant qu’elles ne frappent. En couplant des capteurs sismiques à une intelligence artificielle, l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ) et de l’Institut fédéral de recherche sur la forêt, la neige et le paysage (WSL) ont mis au point un nouveau système de détection des laves torrentielles, un des principaux dangers naturels de montagne. Le but, détaille la RTS, est de pouvoir prévenir à temps les habitants des zones menacées de l’arrivée d’un de ces torrents boueux et chargés de roches.

Heidi.news (FR)

Le média qui explique & explore le 21e siècle

Photo article

Abo Jeune - prix libre. Heidi.news s’engage pour permettre l’accès des jeunes à une information de qualité. Les moins de 26 ans peuvent s’abonner gratuitement, ou au prix désiré.

Je m’abonne

Séance de rattrapage

Si vous les aviez ratés, voici quelques articles publiés la semaine dernière sur le Flux Sciences et le Flux Climat de Heidi.news.

Photo article

Manuel Ruedi

«En Suisse, la petite faune s’éteint en silence.» Le nouvel atlas des mammifères de Suisse et du Liechtenstein compte désormais 99 espèces, soit 12 de plus qu’en 1995. Mais derrière ces chiffres se cachent surtout une meilleure amélioration des connaissances zoologiques et la disparition discrète des petites espèces.

Heidi.news (FR)

«A Genève, on loue tout si cher qu’il n’y a aucune incitation à rénover.» Le président du Conseil d’Etat genevois Antonio Hodgers a dressé le bilan de son action à mi-législature. L’exécutif s’est fixé l’objectif extrêmement ambitieux de réduire de 60% les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 (par rapport à leur niveau en 1990) et de viser la neutralité carbone en 2050. Cette société à 2000 watts par habitant suppose de diminuer significativement la consommation énergétique de l’habitat.

Heidi.news (FR)

Contre l’inaction climatique, des chercheurs prônent la désobéissance à l’université. Du 25 au 28 mars était organisée une vaste opération internationale, suivie par une centaine de chercheurs issus d’une dizaine de pays. Regroupé sous la bannière Scientist Rebellion, le mouvement prône notamment quelques jours de désobéissance civile dans les activités d’enseignement. Plusieurs universités et grandes écoles suisses, dont l’Université de Genève, l’Université de Lausanne et l’ETH Zurich, y ont participé.

heidi.news (FR)

Pourra-t-on un jour faire grandir des bébés génétiquement modifiés en éprouvettes? Entre le développement d’embryons de souris dans des utérus mécaniques et la croissance in vitro des modèles d’embryons humains à partir de cellules de peau humaine, peut-on imaginer les prémices de naissances n’ayant nécessité aucune fécondation, ni même le ventre d’une mère – et encore moins la présence d’un père?

Heidi.news (FR)

Aujourd'hui sur Heidi.news

Photo article

H_Ko/ Shutterstock

Les troubles de l’érection dus au Covid se confirment. Le Covid-19 est décidément plein de surprises symptomatiques. S’il est désormais établi qu’il provoque pertes de goût et d’odorat, éruptions cutanées et encore décolorations des doigts ou des orteils, il semble qu’il soit également responsable de troubles de de la fonction érectile.

Heidi.news (FR)

Les grandes étapes de la pandémie. Si les tests positifs augmentent, ce n’est ni le cas des hospitalisations ni des décès.

Heidi.news (FR)

Les apps de tracing sont-elles interopérables en Europe? Par courriel, en marge de SwissCovid, un lecteur nous interroge sur les apps de tracing numérique en Europe, et sur leur manque d’interopérabilité supposé. Notre journaliste Sarah Sermondadaz lui répond.

Heidi.news (FR)

Le parcours des combattants. Suite de notre exploration à bord de l’Ocean Viking, à suivre SOS Méditerranée et la mission qu’elle s’est donné, sauver des vies. Au 1er mars, l’équipage arrivait enfin à Marseille, après quatorze jours de quarantaine à Augusta, en Italie, et le débarquement de 423 rescapés.

Heidi.news (FR)

Florent Hiard est journaliste scientifique chez Heidi.news, et ancien assistant-diplômé en géosciences à l’Université de Fribourg. Pour lui écrire, c’est par ici

Vous avez aimé? Partagez:

Facebook Twitter Linkedin Instagram

Séance de rattrapage avec l'édition du 22.03.2021

À bientôt

b696e884-f624-429e-91a6-1af20f5cf9e3.png

Avenue du Bouchet 2
1209 Genève
Suisse