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Bonjour, c’est Sarah pour votre newsletter sciences. A moins d’une semaine d’un dimanche de votation où plane le spectre d’un trois fois non sur les deux initiatives environnementales et contre la loi sur le CO2, il sera question aujourd’hui de révolution verte et de pesticides.

Nous vous parlons également de la quête d’un mystérieux neutrino qui se déplace de l’Europe vers les Etats-Unis et d’une étonnante prothèse robotique pour la main.

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Sarah Sermondadaz, Genève

07.06.2021

«Il n’y a jamais eu de volonté de transparence sur les pesticides»

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Pesticides. Le 13 juin, les citoyens suisses sont appelés à se prononcer sur trois objets en lien avec l’environnement: le référendum contre la loi sur le CO2, mais aussi les initiatives «Eau propre» et «Pour une Suisse libre de pesticides de synthèse». Directeur du laboratoire de biodiversité du sol à l’Université de Neuchâtel, le professeur Edward Mitchell est membre du comité de l’initiative anti-pesticides de synthèse. Il explique à Heidi.news ses motivations, et comment l’engagement politique peut compléter le travail du chercheur.

Heidi.news — Vous êtes chercheur et en même temps engagé dans le débat public. Qu’est-ce qui vous a décidé à franchir le pas?
Edward Mitchell – Traditionnellement, il est vrai que les chercheurs prennent peu position dans le débat public. Mais si la société fonctionnait correctement, ils n’auraient pas à le faire! Le problème, c’est qu’il ne suffit pas de générer de nouveaux savoirs et d’attendre passivement qu’ils soient repris par la société. Trop souvent, les politiciens font la sourde oreille ou mine de ne pas comprendre. On a pu le voir à travers l’exemple du climat au cours des dernières décennies. Le résultat, c’est que c’est un bien commun, notre environnement, qui en pâtit.

Comment vous êtes-vous intéressé aux pesticides?
J’ai d’abord étudié l’écologie des tourbières et ai retracé leur développement sur les 10’000 dernières années, ainsi que les impacts des activités humaines par l’analyse des restes d’organismes préservés dans la tourbe. L’indicateur paléoécologique que j’ai utilisé est un type de microorganismes, les amibes à coquille. En effet, les coquilles produites par les amibes sont conservées dans la tourbe, ce qui permet de documenter les changements de leurs communautés au cours du temps.

Ces microorganismes sont très sensibles à leur environnement; comme chaque espèce a des préférences écologiques particulières, on peut reconstituer les changements passés des conditions écologiques, par exemple les variations de l’humidité, du pH, de la température… Mais ils sont bien sûr aussi sensibles à la pollution ce qui m’a amené à étudier l’impact des métaux lourds, des pollutions azotées et finalement des pesticides — et même des cadavres en décomposition!

De fil en aiguille, j’ai été contacté par la task force sur les pesticides systémiques (TFSP) (dont le mandat a été fixé par l’Union internationale pour la protection de la nature, ndlr) pour participer à une revue de littérature pour ce qui est de l’effet sur les sols. Depuis, j’ai reçu de nombreuses sollicitations des médias, et j’ai également réalisé qu’il y a peu de chercheurs qui s’expriment publiquement sur ces questions.

Les évaluations des phytosanitaires, en Suisse, mais aussi en Europe, sont-elles suffisamment transparentes?
Elles ne le sont pas, c’est un énorme scandale. Nous avons demandé à l’Office fédéral de l’agriculture (OFAG) sur la base de quelles études les autorisations de mise sur le marché des pesticides de synthèse ont été accordées, mais la liste que nous avons reçue était incomplète (caviardée). Le système d’homologation n’est clairement pas assez transparent, ce qu’une analyse de la firme KPMG a d’ailleurs clairement relevé en 2019.

Un des problèmes, c’est que les pesticides de synthèse actuels sont à trop large spectre. Pour tuer un ravageur des cultures, on tue aussi les auxiliaires bénéfiques, comme les prédateurs naturels des ravageurs, les pollinisateurs, les vers de terre… Aucun pesticide de synthèse n’a une action réellement ciblée. A l’inverse, les méthodes utilisés en agriculture biologique comportent des solutions spécifiques, comme l’utilisation de phéromones, de prédateurs ou de parasitoïdes.

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La climatologue Valentine Python appelle à une révolution verte

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Valentine Python | Gaetan Bally/ Keystone

Ecologie. L’élue vaudoise est entrée au Conseil national à l’automne 2019. En 18 mois, Valentine Python a dû concilier impartialité scientifique et travail partisan pour son parti, Les Verts. Une tâche difficile que la climatologue raconte dans «Une climatologue au Parlement», livre paru aux éditions de L’Aire. Son bilan est mitigé et elle évoque un «sentiment d’impuissance» face à l’urgence climatique «ou comment la politique des petits pas ne répond pas à l’urgence écologique».

Son livre, en trois grands chapitres, raconte les liens entre l’urgence, l’engagement politique et la nécessité de rapprocher la science de la politique. Son message principal est très engagé: il appelle à une révolution des idées et à la construction d’un nouveau mythe commun, pour l’environnement et pour le vivant, duquel l’humain ne peut être extrait. Entretien à quelques jours des votations sur les lois CO2 et pesticides.

Heidi.news – Pourquoi cet ouvrage?
Valentine Python – En tant que climatologue, j’ai une conscience aiguë de l’urgence climatique: elle a bien émergé au niveau planétaire et même au sein des élites. Malheureusement, cette urgence ne se limite pas au réchauffement climatique, c’est bien pour cela que j’insiste sur urgence écologique dans mon livre. En plus du réchauffement climatique, l’humanité est confrontée à huit autres limites planétaires.

Le concept scientifique des neuf limites planétaires a été présenté en 2009, puis en 2015. Il définit un espace de développement sûr et juste pour l’humanité fondé sur neuf processus biophysiques qui, ensemble, régulent la stabilité de la planète. L’espace fini dans lequel nous évoluons tous ne permet pas la croissance à l’infini.

C’est ce que j’enseigne à l’Université de Neuchâtel. J’attache une grande importance à l’éducation et à la formation aux enjeux de développement durable. Je vise avant tout à apporter à chaque individu les connaissances et les outils nécessaires pour qu’il puisse se faire sa propre opinion: il n’est pas du tout question pour moi d’aborder l’écologie comme un formatage, mais de diffuser les connaissances scientifiques.

L’urgence climatique devient un enjeu majeur, mais pas les neuf limites planétaires théorisées par Will Steffen et Johan Rockström. En quoi est-ce si important?
Ce concept permet de comprendre les grands mécanismes du système Terre et ce qui en garantit la viabilité pour l’espèce humaine. Cela parle de notre habitat commun. Dans ces neuf limites, il y a notamment le réchauffement climatique, la question de l’usage des ressources (sol, eau, air), celles de l’acidification des océans, de la pollution, etc.

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Une raison d'espérer

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Une campagne pour montrer la place centrale des chercheuses. Lancée par les 22 pôles de recherches nationaux (PRN) actifs en Suisse, la campagne #NCCRWomen commémore le 50e anniversaire du droit de vote des femmes en Suisse en montrant comment les femmes en sont venues à occuper une place centrale dans la recherche dans presque tous les domaines scientifiques. Les PRN s’alternent chaque semaine pour publier plusieurs témoignages de chercheuses. De quoi offrir des modèles aux jeunes filles et femmes dans le secondaire et en début d’études universitaires.

La campagne #NCCRWomen sur YouTube (FR)

En sciences aujourd'hui

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Le détecteur ICARUS au Gran Sasso, en Italie, après être passé par le CERN, voyagera vers les Etats-Unis | INFN

Sur la piste des neutrinos stériles. Après avoir officié à Gran Sasso, en Italie, puis avoir été rénové au CERN, le détecteur de neutrinos à argon liquid ICARUS va bientôt reprendre du service au laboratoire Fermilab près de Chicago. Il permettra peut-être de détecter un type de neutrino encore hypothétique, mais dont la découverte lèverait bien des mystères de la physique: le neutrino stérile.

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Un troisième pouce pour la route? Pas de quoi dérouter le cerveau. Que se passe-t-il si on vous ajoute un pouce à la main droite? Voilà la question étonnante à laquelle se sont frottés des chercheurs britanniques. D’après leur étude, quelques jours d’entrainement suffisent pour que l’appropriation du doigt robotisé débute… Les chercheurs pensent même avoir observé une évolution du schéma corporel. Le cerveau semble capable de gérer ce doigt surnuméraire presque les doigts dans le nez.

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L’Europe accusée de conflits d’intérêts sur les pesticides. Le réseau Pesticides Action Network (PAN) publie ce 7 juin un rapport au vitriol qui remet en cause l’indépendance de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) dans l’approbation de douze pesticides potentiellement dangereux pour la santé humaine. Les failles dans le processus d’autorisation de l’EFSA seraient dues à des conflits d’intérêts, selon le PAN.

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Les tiraillements américains face à l’hypothèse du laboratoire. C’est une longue et riche enquête qu’a produite Vanity Fair. Le magazine américain revient sur la théorie qui postule que Sars-CoV-2 se serait échappé par accident d’un laboratoire de recherche chinois, de façon chronologique et détaillée. Il met notamment en lumière le rôle majeur joué par quelques chercheurs indépendants, réunis au sein du collectif Drastic, revient sur le rapport commandé puis désavoué par l’OMS sur l’origine zoonotique de la pandémie. Enfin, il montre surtout les tiraillements internes à l’administration américaine sur cette question aux répercussions politiques lourdes.

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Un foyer Covid-19 à l’IHU de Marseille. A l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) de Marseille, dirigé par le controversé professeur Didier Raoult, ce sont pas moins de sept collaborateurs qui auraient été contaminés par Covid-19 entre mi-mars et début avril 2021, dont l’un a dû être placé en réanimation. Les témoins cités par L’Express, qui ont tenu à s’exprimer de façon anonyme pour éviter des représailles, font état d’un climat de peur.

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Séance de rattrapage

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Markus Spiskel/unsplash

La Suisse peut encore s’accorder avec l’Europe sur la recherche. Les craintes se sont concrétisées: le 26 mai, Berne a mis un terme aux négociations sur l’accord-cadre, qui devait régir certaines relations bilatérales entre la Suisse et l’Union européenne (UE). La question en suspens, pour le monde académique suisse, concerne désormais sa participation aux programmes de recherche et d’innovation de l’UE, dont le programme-cadre Horizon Europe. Mais pas de panique: les chercheurs suisses peuvent continuer à soumettre des projets, en tout cas pour l’instant.

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Quiproquo sur le fourrage dans l’initiative «eau propre». Dans la bataille pour les votations du 13 juin, chaque détail compte. Au point que l’interprétation des textes soumis au peuple peut être drastiquement différente d’un lecteur à l’autre. Illustration avec l’initiative «eau potable» et la question du fourrage. Et cette question: si elle était acceptée, cette initiative mal rédigée aurait-elle un quelconque effet contraignant?

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Le climat, en data. Comment, sans simplification excessive, représenter au mieux quelques grands enjeux du climat, champ ô combien complexe à l’interface de plusieurs sciences? En guise de réponse, nous vous proposons notre tableau de bord, découpé en quatre chapitres interactifs.

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«Parlons franchement de la crise climatique.» Pour contrer la diffusion de fausses informations sur les changements climatiques, nous devons laisser les faits scientifiques parler d’eux-mêmes selon Thomas Stocker, professeur à l’Université de Berne, où il dirige la division de physique du climat et de l’environnement. Co-auteur des rapports du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) depuis 1998 et ancien président du groupe de travail I du GIEC entre 2008 et 2015, Il explique dans cette tribune pourquoi la votation du 13 juin sur la loi sur le CO2 est essentielle.

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90’000 bâtiments à rénover par semaine, la nouvelle urgence européenne. L’Europe va devoir se retrousser les manches. Le Conseil consultatif scientifique des académies européennes (Easac) s’est penché sur l’empreinte carbone des bâtiments dans l’UE dans un rapport rendu public ce mercredi 2 juin. Les auteurs ne sont pas tendres dans leurs conclusions et appellent à des changements profonds.

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«La loi sur le CO2, une question de crédibilité internationale» Au niveau international, la Suisse s’engage pour une politique climatique cohérente, nous explique Karin Ingold, professeure à l’Institut de sciences politiques de l’Université de Berne et affiliée au Centre Oeschger pour la recherche climatologique et à la tête du groupe PEGO (Policy Analysis and Environmental Governance), rattaché à l’Université de Berne et à l’EAWAG. Dans cette tribune initialement publiée sur le site de l’Académie des sciences naturelles, elle s’exprime sur la votation du 13 juin sur la loi sur le CO2.

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Sport et dépression: et si le lactate avait un effet positif? Des chercheurs du pôle de recherche romand Synapsy, qui s’intéresse aux bases biologiques des maladies mentales, ont identifié un mécanisme faisant le lien entre lactate, une molécule produite pendant l’exercice physique, et un effet antidépresseur lié à la production de nouveaux neurones dans l’hippocampe. Leurs travaux, publiés le 14 mai dans la revue Molecular Psychiatry, éclairent l’effet de la pratique sportive sur la dépression.

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Sur Heidi.news

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Jean-Christophe Bott/ Keystone

A quoi ressemble le certificat Covid. Le certificat covid est arrivé. Les personnes pleinement vaccinées contre Covid-19, celles guéries et celles dotées d’un test PCR négatif récent pourront l’obtenir. Familiarisez-vous avec lui.

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Comment les Vaudois pourront obtenir le certificat Covid. Les vacanciers vaudois devront attendre encore quelques semaines pour obtenir leur certificat d’immunité. Après Genève, c’est au tour du canton de Vaud de dévoiler le dispositif qui permettra à sa population de se procurer le document. Conformément au calendrier souhaité par Berne, une phase pilote est prévue dans le canton entre le 7 et le 22 juin.

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L’incidence en Suisse repasse sous le seuil de 100: les grandes étapes de la pandémie. Signée des ex-Premiers ministres britanniques Tony Blair et Gordon Brown, de l’ancien secrétaire général des Nations unies Ban-Ki Moon ou encore de quinze anciens dirigeants africains, une lettre appelle les gouvernants des pays du G7 à s’acquitter des deux tiers des 66 milliards de dollars nécessaires pour vacciner les pays pauvres contre Covid-19. Elle préfigure le sommet qui doit se tenir à partir du 11 juin en Angleterre.

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Séance de rattrapage avec l'édition du 31.05.2021

À bientôt

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